L'angoisse monte souvent chez les parents lorsque bébé refuse de manger, un sentiment légitime car l'alimentation est souvent associée à la bonne santé. Chaque parent souhaite que son bébé grandisse et progresse régulièrement, en suivant les courbes de croissance de son carnet de santé. Cependant, de nombreux bébés traversent une période, plus ou moins longue, où ils ne veulent presque plus manger. Tiraillés entre insister à chaque repas ou compenser avec des aliments "copains", les parents se sentent souvent démunis. Heureusement, il existe des solutions.

Les Causes Possibles du Refus de Manger

Le refus de manger chez les enfants peut avoir des causes multiples, souvent liées à des étapes naturelles du développement ou à des périodes de changement. Il est essentiel de comprendre les différentes causes possibles afin d'adopter la meilleure approche.

Origines Médicales

Les petites maladies hivernales (otites, gastro-entérites, etc.) ou les poussées dentaires peuvent modifier l’appétit de votre bébé pendant quelques jours. En effet, son organisme est mis à l’épreuve et la fatigue se fait sentir, alors manger un repas complet peut lui paraître être une montagne haute à gravir. Si le refus de manger est corrélé avec un petit virus saisonnier ou une poussée dentaire, il est recommandé de fractionner les repas de votre bébé et de bien penser à l’hydrater régulièrement.

D'autre part, certains bébés présentent dès la naissance (ou peu de temps après) un RGO (Reflux Gastro Œsophagien) ou sont diagnostiqués APLV (allergie aux protéines de lait de vache). Particulièrement douloureux, le RGO dans ses formes les plus sévères peut également impacter l’appétit de votre bébé notamment lorsque les mesures hygiéno-diététiques (changement de lait, etc.) sont mises en place tardivement.

Il importe de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un symptôme lié à une infection récente. Vérifiez qu’il n’a pas de fièvre, qu’il n’a pas de symptômes grippaux (fièvre, nez qui coule, mal de gorge, angine ou même diarrhée). Si la perte d’appétit s’installe jusqu’à ne plus manger du tout, qu’une perte de poids arrive et que votre bébé semble avoir un comportement anormal, vous devez impérativement consulter un professionnel de santé dans les plus brefs délais.

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Refus de la Cuillère

Depuis sa naissance, votre bébé a l’habitude d’un contact doux et chaleureux pour se nourrir (le mamelon de sa Maman en cas d’allaitement au sein ou une tétine souple s’il est nourri au biberon). Ainsi, au début de la diversification alimentaire, la transition avec une cuillère en métal peut lui sembler froide. De même, une cuillère trop grande et non adaptée à la taille de sa bouche peut le freiner d’emblée.

Vous pouvez laisser de côté la cuillère quelques temps pour encourager votre bébé à découvrir le contenu de son assiette avec ses mains. On lâche donc prise sur les bonnes manières à table et on accepte que Bébé s’en mette partout ! Enfin, le marché des cuillères pour bébé s’est adapté ces dernières années pour proposer des cuillères qui s’adaptent à leurs besoins : cuillère souple, cuillère d’apprentissage, grignoteuse, etc.

Textures Non Adaptées

En dehors de la DME, la diversification alimentaire débute souvent par des purées lisses puis évolue progressivement vers des textures moulinées et enfin écrasées. Certains bébés auront des difficultés d’oralité avec les préparations qui mixent purée lisse et petits morceaux (bien souvent le cas des préparations industrielles). Ils peuvent avoir des haut-le-cœur et cela peut jouer sur l’acceptation du repas. C’est pourquoi, nombreux sont les bébés qui préfèrent les morceaux seuls et pas en association avec une purée lisse. D’une manière générale, les professionnels de santé recommandent l’introduction des morceaux avant les 10 mois de l’enfant. Au-delà, il y a un risque que l’alimentation soit de plus en plus difficile, sélective et aussi des risques de malformations orthodontiques plus tard (la mastication est très importante pour le développement dentaire et le positionnement de la langue).

Néophobie Alimentaire et Hypersélectivité

Autour de l’âge de 18 mois, votre Bébé peut refuser certains aliments qu’il appréciait jusque-là, on parle dans ce cas d’hyper-sélectivité. Bébé peut également se montrer réticent à goûter des aliments nouveaux. Le rejet intervient bien avant le fait de mettre les aliments dans la bouche, parfois l’aspect visuel de l’assiette, l’odeur ou la texture des aliments suffisent à ce que votre enfant exprime très explicitement un « Non », repousse son assiette et vous tourne la tête. Une fois encore, ce passage est normal et ne constitue en aucun cas un trouble alimentaire. Votre médecin ou pédiatre reste l’interlocuteur privilégié. Surtout, si cette situation devient ingérable et que cela impacte la santé de votre bébé. 77 % des enfants traversent une période de néophobie alimentaire, dont le pic se situe en moyenne entre 18 mois et 3 ans. La néophobie correspond à la peur de ce qui est nouveau. Dans le domaine de l’alimentation, c’est le fait pour un enfant d’être effrayé par tous les aliments qu’il ne connaît pas. En conséquence, il va les rejeter en bloc et refuser de les manger. Attention toutefois de ne pas confondre caprice à table (chantage, prise de pouvoir sur le parent), généralement pas avant l’âge de trois ans, et néophobie alimentaire où l’enfant a vraiment peur de ce qui se trouve dans son assiette.

Recherche d'Autonomie et Phase d'Opposition

En grandissant, vers l’âge de 18 mois approximativement, votre bébé exprimera parfois la volonté de faire seul pour les moments clés de son quotidien (repas, toilette, etc.). Le refus de manger peut donc en réalité dissimuler son désaccord que ce soit vous qui lui donniez à manger. Cette quête d’autonomie passe souvent par le fait de manger avec les mains. De même, à cet âge-là, les bébés passent par la phase d’opposition avec leurs parents et avec une intensité variable d’un enfant à l’autre. Cette étape dans leur développement affectif se caractérise par le rejet quasi systématique de ce que va dire ou faire le parent. Bien que déstabilisante et difficile à gérer pour les parents, cette étape transitoire est importante et nécessaire pour le développement de l’enfant. En effet, en s’opposant, Bébé développe son autonomie, commence à se détacher progressivement de ses parents et développe sa confiance en lui en exprimant ses opinions. Le meilleur exemple de cette phase d’opposition : les repas de bébé sont compliqués à la maison alors qu’à la crèche ou chez l’assistante maternelle tout se passe bien. Inutile donc, de chercher à freiner ce passage obligé car il est nécessaire dans la construction de votre enfant. En revanche, en tant que parents votre rôle est de fixer un cadre avec des limites à ne pas franchir (ne pas jeter la nourriture, pas de grignotage, etc.) et d’aider votre enfant à comprendre et nommer les émotions qui le submergent au moment du repas notamment.

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Facteurs Émotionnels et Perturbations de la Routine

Parfois, le manque d’appétit reflète des facteurs émotionnels : l’enfant peut utiliser le repas pour exprimer ses ressentis ou son besoin de contrôle. Les perturbations dans la routine quotidienne, les tensions familiales, ou même des inconforts physiques passagers (comme une poussée dentaire ou une légère indisposition) peuvent aussi expliquer cette réaction.

Comment Réagir Face au Refus de Manger ?

Face à un bébé qui refuse de manger, la réaction des parents est cruciale. Il est important de rester calme et de ne pas exercer de pression sur l'enfant.

Zen, Soyons Zen

On inspire et on souffle pour garder son calme car s’énerver ou s’inquiéter lorsque bébé refuse de manger ne serait que contre productif… Facile à dire, pensez-vous probablement ! Il est vrai que, paradoxalement, l’alimentation reste un sujet particulièrement ambivalent. À la naissance de leur bébé, les parents sont invités à noter scrupuleusement les tétées, les quantités bues (pour les bébés allaités au biberon). Quand la diversification alimentaire se met en place, là encore la maîtrise s’invite au menu (grammage précis de protéines, une cuillère à café de matière grasse…). Cette rigueur, bien qu’indispensable pour apporter la juste dose de nutriments à Bébé, ne fait que conforter le sentiment de contrôle du parent sur l’alimentation de son bébé. Alors quand on se retrouve dans la situation où notre bébé refuse de manger, lui qui jusqu’à présent était un bon mangeur, il est normal pour le parent d’avoir le sentiment de perdre pied et de s’inquiéter.

Il est essentiel de rassurer votre enfant, de ne pas le forcer à manger en lui criant dessus et de dédramatiser. Favorisez l’expression du ressenti émotionnel de votre enfant sans le forcer à parler s’il n’en a pas envie. Écoutez, rassurez-le si besoin. Instaurez un climat serein lors des repas. Évitez de regarder votre téléphone ou la télévision durant le repas. Soyez cohérents dans vos attitudes éducatives entre les parents (même grands principes appliqués par chaque parent). Maintenez des routines ou créez de nouvelles habitudes qui favorisent un rythme de vie régulier pour l’enfant avec des horaires fixes pour les repas la semaine, peut-être différents le week-end.

7 Astuces à Suivre Côté Parents

Voici des pistes pour relativiser si votre bébé refuse de manger et aborder cette situation sous un autre angle :

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  1. Restez maîtres de vos émotions : rangez la panique ou la colère au placard.
  2. Ne forcez jamais votre enfant : s’il refuse un aliment, proposez-lui de nouveau dans les jours qui suivent et toujours avec bienveillance.
  3. Ne vous découragez pas au premier refus : il faut parfois 10 tentatives pour que votre Bébé accepte enfin un aliment.
  4. Ne tombez pas dans la surenchère : on ne félicite pas un enfant qui a terminé toute son assiette et à contrario on ne réprimande pas un enfant qui mange peu (ou pas du tout). Il en va de même pour le fameux chantage « Pas de dessert si tu ne finis pas ton assiette ».
  5. À table, évitez de surveiller ce que mange votre Bébé et dans quelles proportions. S’il en laisse dans son assiette et vous exprime qu’il n’a plus faim, prenez le comme un signe positif : votre enfant grandit et a bien intégré le principe de satiété.
  6. Si votre enfant mange peu, évitez toutefois de compenser par des aliments copains (gâteaux industriels par exemple) ou par un double dessert.
  7. Soyez fermes sur le grignotage en dehors des repas : c’est ok de ne pas vouloir goûter ou manger tout son repas. En revanche, manger se fait sur des temps définis dans la journée (matin, midi, goûter et soir). Vous êtes son modèle sur ce point, vous devez être exemplaires.

6 Pistes pour Encourager Bébé à Manger avec Envie

À vous de piocher, tester et adapter les conseils que nous vous proposons à suivre si votre bébé refuse de manger. L’objectif est de retrouver rapidement plaisir et sérénité à chaque repas.

  1. Faites-lui découvrir un maximum de saveurs sur la tranche 6-18 mois: Les professionnels de santé recommandent de profiter de la période de néophilie (à partir de 4-6 mois jusqu’aux 18 mois de l’enfant) pour lui faire découvrir un maximum de saveurs et textures (sous réserve de respecter les recommandations officielles du carnet de santé puisque certains aliments comme le miel sont à proscrire avant l’âge d’un an). Aujourd’hui, on ne conseille plus nécessairement de proposer le même légume à votre bébé pendant plusieurs jours de suite. En effet, il est plus facile pour l’enfant d’accepter de la nouveauté un peu chaque jour car cela fait partie de ses habitudes. Une étude scientifique avance même certaines prédispositions in utero. Une alimentation variée et équilibrée pendant la grossesse et l’allaitement faciliterait l’acceptation des aliments par l’enfant plus tard. Toutefois, que toutes les mamans ou futures mamans se rassurent ! Elles ne doivent en aucun cas se sentir responsables si leur enfant refuse de manger. En effet, les causes sont multiples comme nous l’avons expliqué précédemment.
  2. Chaque repas a son importance: Mangez ensemble, au calme, en pleine conscience de l’instant présent et sans distractions inutiles (pas d’écrans, de jouets…). Le repas doit être un moment privilégié avec votre Bébé où vous prenez le temps d’échanger avec lui. Montrez-lui à quel point le repas peut être un chouette moment passé ensemble !
  3. Faites participer votre bébé à la préparation du repas: Improvisez une sortie au marché pour faire découvrir les aliments bruts à votre enfant. Une belle opportunité de nommer avec lui les fruits et légumes, de lui faire sentir et toucher… De retour à la maison, la préparation du repas peut être l’occasion de faire participer votre bébé. La participation peut prendre différentes formes : pour les plus petits il peut s’agir simplement d’observer depuis leur chaise haute alors que les bébés plus grands (qui tiennent debout) peuvent participer depuis leur tour d’observation (toujours sous votre surveillance bien évidemment).
  4. Mangez la même chose que votre bébé: Souvenez-vous que votre enfant vous observe et agit par mimétisme. Alors il va de soi que si le contenu de votre assiette n’a pas la même couleur que celle qu’il a devant ses yeux, vous allez au devant d’un refus catégorique. Autrement dit, les brocolis sont au menu de tout le monde ou rien !
  5. Variez les présentations dans l’assiette et jouez sur l’aspect visuel: Laissez libre cours à votre créativité et proposez des assiettes ludiques en représentant par exemple le visage d’un bonhomme avec les aliments. Les assiettes compartimentées peuvent aussi être une solution car elles permettent à l’enfant de bien catégoriser visuellement les différents aliments et de les goûter indépendamment les uns des autres. Proposez des petites portions et ne cherchez pas à remplir entièrement l’assiette de bébé, au risque que cela lui semble insurmontable. Enfin, il y a de nombreuses manières de proposer un aliment à un bébé : cru, râpé, cuit à la vapeur, en gratin… Par exemple, le chou fleur est mieux accepté sous forme de gratin plutôt que cuit à la vapeur. Vous pouvez également ruser en proposant de la « finger food ». Il s’agit de versions salées innovantes réalisées avec des moules en silicones destinés initialement à la pâtisserie (moule à cannelés, moules bonhommes pain d’épices par exemple). Progressivement (mais sans trop attendre non plus), nous recommandons de réintégrer dans l’assiette l’aliment brut au côté d’une préparation type « finger food ». Votre enfant doit pouvoir intégrer visuellement à quoi ressemble et le goût de l’aliment dans sa version brute et non transformée.
  6. L’importance du jeu d’imitation en dehors des repas: Jouer à la dînette, improviser un repas comme au restaurant avec ses poupées, parcourir un livre sur les légumes… Autant de scènes de jeu d’imitation qui peuvent éveiller la curiosité de votre bébé et l’encourager à accepter le contenu de son assiette.

Autres Conseils Utiles

  • Faites un repas à thème, plus festif de temps en temps (exemple : des crêpes, une pizza maison…) et testez de nouvelles recettes.
  • Instaurez des règles relativement souples autour des repas.
  • Impliquez votre enfant dans la préparation des repas, même à 2 ans. Coupez par exemple des carottes et demandez-lui de les mettre dans la casserole ou préparez ensemble un cake salé.
  • Tenez compte de ses préférences mais en veillant toujours à lui proposer un menu équilibré avec des aliments variés.
  • Préparez des assiettes rigolotes (pour faire le plein d’idées, foncez sur Pinterest !), cela l’aidera peut-être à mieux manger.
  • S’il refuse un aliment, demandez-lui de goûter mais ne lui donnez rien en remplacement.
  • Gardez simplement une posture neutre face à la situation. Le moment du repas doit rester un temps de partage et de convivialité en famille. S’il ne mange pas bien à un repas, il mangera sûrement mieux au suivant, ne vous inquiétez pas.
  • Consultez votre médecin si le manque d’appétit de votre enfant vous inquiète.

Quand S'Inquiéter et Consulter un Professionnel de Santé ?

Il est normal de s'inquiéter lorsque bébé refuse de manger, mais il est important de savoir quand consulter un professionnel de santé.

  • Si la perte d’appétit s’installe jusqu’à ne plus manger du tout, qu’une perte de poids arrive et que votre bébé semble avoir un comportement anormal, vous devez impérativement consulter un professionnel de santé dans les plus brefs délais.
  • Dès que la croissance de l’enfant se ralentit ou s’arrête, consultez votre pédiatre.
  • Avant, dès que vous êtes inquiets en tant que parents, vous pouvez demander conseil à un professionnel de santé, notamment un ou une nutritionniste spécialiste de l’alimentation infantile. Il ou elle pourra les rassurer, leur redonner courage, et parler avec l’enfant.
  • Si le refus de s’alimenter perdure et se répercute sur la courbe de poids de l’enfant, il est nécessaire de consulter un médecin.

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