La procréation médicalement assistée (PMA) est un parcours complexe qui implique souvent des traitements de stimulation ovarienne. Parmi les outils utilisés, le stylo PMA occupe une place centrale. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète du fonctionnement du stylo PMA, de son utilisation, des précautions à prendre et des risques potentiels associés.

Introduction à la Stimulation Ovarienne et au Stylo PMA

La stimulation ovarienne est une étape cruciale dans de nombreux protocoles de PMA, tels que l'insémination artificielle (IA) et la fécondation in vitro (FIV). Elle a pour but de stimuler les ovaires afin de produire un ou plusieurs follicules matures contenant les ovocytes. Le stylo PMA est un dispositif d'injection utilisé pour administrer quotidiennement les médicaments nécessaires à cette stimulation.

Votre médecin vous a prescrit un traitement de stimulation ovarienne impliquant des injections quotidiennes. Une sage-femme vous aura expliqué en détail ce traitement et le mode d'emploi des médicaments. En cas de besoin, une infirmière à domicile peut être prescrite. Bien que ces produits soient généralement faciles à manipuler, il est essentiel de respecter scrupuleusement les modalités de stockage et d'utilisation. En cas de doute, des tutoriels vidéo peuvent être consultés.

Les Différents Types d'Injections en PMA

De manière simplifiée, il existe trois types de produits injectables utilisés dans les protocoles de PMA :

  1. Le traitement qui stimule la croissance des follicules : Souvent à base de FSH (hormone folliculo-stimulante) ou d'un mélange FSH-LH (hormone lutéinisante), ce traitement est administré pendant plusieurs jours. Exemples de médicaments : Gonal-F, Puregon, Ovaleap, Bemfola, Pergoveris, Menopur, Fertistart, Elonva.
  2. Le traitement qui bloque l'ovulation : Il met les ovaires au repos en agissant au niveau du cerveau. Il existe deux types :
    • Agonistes de la GnRH : Decapeptyl, Synarel.
    • Antagonistes de la GnRH : Fyremadel, Cetrotide, Orgalutran.
  3. Le traitement qui déclenche l'ovulation : L'injection mime le pic de LH et prépare les ovocytes à être expulsés. Exemples de médicaments : Ovitrelle et/ou Decapeptyl.

Le choix de la combinaison de ces produits dépend des causes de l'infertilité, de l'âge de la patiente, de sa réponse ovarienne lors de cycles précédents et de la technique d'AMP envisagée.

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Fonctionnement et Utilisation du Stylo PMA

Respect de l'Horaire d'Injection

Votre médecin précisera l'heure d'injection pour chaque traitement. Pour le déclenchement de l'ovulation, il est crucial de respecter l'horaire au quart d'heure près, car l'injection déclenchera l'ovulation entre 38 et 40 heures plus tard. La ponction est généralement prévue 36 heures plus tard. Pour les autres injections, une certaine souplesse est possible.

Protocole d'Injection

  1. Préparation : Lavez-vous soigneusement les mains et disposez le matériel sur un plan propre.
  2. Nettoyage : Nettoyez la zone d'injection avec un antiseptique sur un coton.
  3. Pincement : Pincez votre peau entre le pouce et l'index pour vous assurer que l'injection se fait bien sous la peau (dans le tissu graisseux) et non plus profondément (dans le muscle).
  4. Injection : Enfoncez l'aiguille perpendiculairement dans le pli de la peau jusqu'à ce qu'elle soit entièrement sous la peau. Le geste peut être rapide ou non.
  5. Administration : Injectez le produit lentement et attendez 10 secondes avant de retirer l'aiguille pour permettre une diffusion complète.
  6. Retrait : Retirez l'aiguille perpendiculairement et relâchez le pli après. Il n'est pas nécessaire de nettoyer à nouveau ou de masser.
  7. Élimination : Jetez l'aiguille dans un collecteur fourni par votre pharmacien.

Zones d'Injection

Les zones les plus accessibles pour une auto-injection sont le ventre ou la cuisse, en sous-cutané. En cas de surpoids, la zone au-dessus du genou peut également être utilisée. Il est préférable de changer de zone chaque soir pour éviter la douleur.

Vidéos Tutoriels

De nombreux centres d'AMP mettent à disposition des QR codes spécifiques au produit prescrit, permettant de visualiser des vidéos expliquant la manipulation des stylos et des produits à reconstituer. Il est recommandé de suivre les instructions des laboratoires fabricants.

Différents Produits et Leur Administration

Différents produits sont disponibles sur le marché, notamment :

  • Stylos pré-remplis :
    • À 300 UI + 8 aiguilles
    • À 450 UI + 12 aiguilles
    • À 900 UI + 20 aiguilles
    • 1 injection sous-cutanée par jour de 75 à 450 UI
  • Flacons de poudre :
    • Flacon à 75 UI + seringue pré-remplie de solvant
    • Flacon multidose à 450 et 1050 UI + seringue pré-remplie de solvant + aiguille pour reconstitution + 6 ou 15 seringues avec aiguilles pour injection
  • Cartouches :
    • Cartouches de 300, 450 ou 900 UI/ml
    • 1 injection sous-cutanée par jour
  • Autres :
    • Boîte de 1 ou 10 flacons poudre à 150/75 UI (FSH/LH)
    • 1 injection sous-cutanée ou intra-musculaire par jour de 75 à 300 UI
    • Boîte de 5 flacons poudre à 75 UI + ampoules de solvant
    • 1 injection sous-cutanée unique
    • Boîte de 1 seringue pré-remplie à 250µg avec aiguille

Que Faire en Cas de Problèmes ?

  • Oubli d'injection : Appelez votre centre d'AMP dès que vous constatez l'oubli, avant de faire quoi que ce soit.
  • Saignement après l'injection : Cela signifie que vous avez traversé un petit vaisseau. Ce n'est pas grave et cela n'a pas d'impact sur l'administration du produit. Appuyez avec une compresse pour arrêter le saignement.
  • Produit qui coule après le retrait de l'aiguille : Restez 10 secondes avant de retirer l'aiguille. Si une gouttelette coule, cela n'a pas d'impact.
  • Chaleur ou douleur à la zone d'injection : Cela signifie que votre corps assimile le produit. Vous pouvez appliquer un glaçon ou une compresse chaude pour soulager.
  • Boursouflure (induration) après l'injection : C'est une réaction cutanée normale liée à l'assimilation du produit. Elle disparaîtra progressivement.
  • Hématome : Vous avez piqué dans un capillaire ou un petit vaisseau. Il n'y a rien à faire pour le prévenir ou l'estomper.
  • Phobie des aiguilles : Demandez à un infirmier libéral de faire l'injection ou demandez à votre conjoint ou à un proche. Des techniques comme la respiration ou l'hypnose peuvent aider.

Conservation des Traitements de Fertilité

La plupart des produits doivent être conservés au réfrigérateur, sur une étagère. Une fois reconstitués ou entamés, ils peuvent être conservés pendant 28 jours à une température ne dépassant pas 25°C. D'autres, comme le Decapeptyl et le Fyremadel, peuvent être conservés à température ambiante. L'Ovitrelle doit impérativement être conservé au réfrigérateur. Si vous devez vous déplacer, seul l'Ovitrelle doit être transporté dans un contenant isotherme avec un pain de glace pour maintenir une température entre 2 et 8 degrés. Ne gardez pas un stylo déjà entamé plus de 28 jours.

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Risques et Complications Potentielles

Comme tout geste médical, la PMA comporte des risques. Il est essentiel d'être informé et de les contrôler.

Risques Liés à la Femme

  • Échec de grossesse : L'analyse de l'échec permettra de mieux préparer la tentative suivante. En moyenne, plus de 70 % des femmes obtiennent une grossesse évolutive en moins de 4 tentatives.
  • Facteurs défavorables : L'âge, le tabac et l'excès pondéral peuvent gêner la stimulation ovarienne et l'anesthésie. Le surpoids rend la ponction folliculaire plus délicate et augmente le risque de fausses couches.
  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) : C'est la complication la plus fréquente. Il correspond à une réponse ovarienne importante à la stimulation. Les symptômes incluent :
    • Pesanteur abdominale
    • Douleurs ovariennes et/ou gastriques
    • Augmentation du volume de l'abdomen
    • Difficultés à uriner ou à respirer (formes sévères)

Dans les cas sévères, une hospitalisation peut être nécessaire. Le médecin qui vous suit connaît bien cette pathologie et saura la diagnostiquer et prendre les mesures nécessaires. Les alternatives pour éviter ce risque sont la maturation in vitro et la FIV en cycle spontané, mais leurs taux de grossesse sont inférieurs aux techniques de FIV classique et d'ICSI.

  • Fausse couche : Le risque est légèrement augmenté en raison de l'âge biologique plus élevé des femmes en AMP et des diagnostics de grossesse très précoces. Il est estimé à 15 % des grossesses.
  • Grossesse extra-utérine (GEU) : La GEU se produit lorsque la grossesse s'implante en dehors de l'utérus. Ce type de grossesse concerne 1 à 5 % des grossesses obtenues après FIV. Le diagnostic est généralement fait par l'échographie réalisée 4 à 6 semaines après le transfert. Le traitement est habituellement chirurgical.
  • Grossesse multiple : Les grossesses multiples sont des grossesses plus « à risque ». Elles peuvent être responsables de complications hypertensives, de prématurité et de faible poids à la naissance. C'est pourquoi le transfert de 1 ou 2 embryons est conseillé pour limiter ce risque.

Risques Liés à l'Enfant

  • Prématurité : Le risque est statistiquement plus élevé chez les femmes fumeuses, âgées de plus de 38 ans ou présentant une grossesse à risque. L'infertilité féminine (et dans une moindre mesure l'infertilité masculine) pourrait être un facteur de risque indépendant de prématurité.
  • Anomalies génétiques :
    • Anomalies chromosomiques : Elles peuvent être liées à la technique, mais aussi aux anomalies génétiques portées par les gamètes. Le dépistage des anomalies chromosomiques est proposé à toutes les femmes en début de grossesse.
    • Anomalies génétiques : Certaines anomalies des gènes portées par les parents risquent d'être transmises à l'enfant. Un conseil génétique est recommandé dans ces situations.
  • Malformations : Le fait de manipuler les gamètes et les embryons in vitro entraîne un stress cellulaire et des modifications épigénétiques sur l'ADN. Plusieurs études sur le risque de cancer chez les enfants conçus avec AMP affichent des résultats plutôt rassurants. Les experts étudient néanmoins de près l'incidence des maladies épigénétiques. Le nombre de malformations congénitales observées chez les enfants issus d'une FIV ou d'une ICSI est légèrement supérieur (5,3 %) à celui observé dans la population générale (4%). L'origine des malformations est la plupart du temps imputable à des facteurs génétiques héréditaires ou maternels.

Risques à Long Terme

Depuis la première naissance d'un enfant obtenu par FIV en 1978, de nombreux enfants ont vu le jour grâce aux techniques d'AMP. Les données épidémiologiques sur la santé et le développement de ces enfants sont toutes rassurantes.

Les Différents Protocoles de Stimulation

La stimulation hormonale vise à stimuler les ovaires afin de produire des ovocytes matures qui pourront être fécondés. Elle peut être réalisée "seule" (stimulation hormonale simple ou induction de l'ovulation) ou dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation (AMP), en vue de réaliser une insémination artificielle (IA) ou une fécondation in vitro (FIV).

Stimulation Hormonale Simple ou pour Insémination Artificielle

L'objectif est la libération d'un à trois ovocyte(s) pour obtenir une fécondation in vivo (dans le corps de la femme, soit suite à un rapport sexuel soit suite à l'insémination de spermatozoïdes).

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  • Antioestrogènes : Agissent au niveau de l'hypophyse et de l'hypothalamus pour freiner la sécrétion de FSH et de LH. La substance active est le citrate de clomifène. Le protocole consiste à prendre 1 (éventuellement 2) comprimé(s) quotidiennement pendant 5 jours (éventuellement 10 ou 15 jours) à partir de J+2 ou de J+4 du cycle.
  • Gonadotrophines : Agissent directement au niveau des ovaires pour favoriser le développement des ovocytes. Ces hormones ont une action de type FSH et/ou LH. Plusieurs substances actives existent. Les gonadotrophines se présentent sous des formes injectables. Le protocole consiste en une injection quotidienne à heure fixe le soir pendant environ 10 jours (entre 5 et 15 jours en général) à partir de J+2 ou J+4 du cycle. La dose journalière est typiquement comprise entre 50 et 150 UI. L’injection est réalisée en sous-cutanée.

Médicaments Utilisés

  • Urofollitropine : Fostimonkit, Fostimon, Fertiline, Métrodine HP.
  • Follitropine Alfa : Bemfola, Gonal-F, Ovaleap, Pergoveris.
  • Follitropine Bêta : Puregon.
  • Corifollitropine Alfa : Gonadotrophine à durée d’activité prolongée sur 7 jours.

L'injection peut être réalisée à l'aide d'une seringue ou d'un stylo. Pour les injections à l'aide d'une seringue, la solution doit être reconstituée à partir d'une poudre et d'un liquide (le solvant).

La stimulation hormonale est "monitorée" à l'aide de dosages hormonaux (prises de sang) et d'échographies folliculaires qui permettent de suivre le développement folliculaire et de déterminer le bon moment pour l'ovulation. Ce monitorage permet également de contrôler les deux risques principaux du traitement par stimulation hormonale: l'hyperstimulation ovarienne et les grossesses multiples.

Autres Médicaments

  • Estradiol (Provames) : Pour préparer l’endomètre.
  • Antagoniste de la GnRH :
    • Synarel (Nafaréline) : Pulvérisé dans le nez.
    • Décapeptyl (Triptoréline Pamoate) : En dosage 3 mg, injection intramusculaire par un professionnel de santé. En dosage 0,1 mg, injection sous-cutanée avec une seringue.
    • Suprefact (Buséréline).

Protocoles de Stimulation

  • Protocole Long : Un blocage de la fonction ovarienne est réalisé au 20ème jour du cycle par Synarel (spray nasal) ou Decapeptyl (injection sous cutanée). Ces traitements doivent être poursuivis jusqu’au déclenchement. Lorsque les règles surviennent sous Synarel ou Decapeptyl, il faut prévenir le médecin afin de programmer le premier monitorage. Les injections de Gonadotrophines (Gonal, Puregon, Menopur, Fertistart, Fostimon, Rekovelle, Fostimon) ne doivent jamais débuter avant ce premier monitorage.
  • Protocole Court : Un prétraitement par Provames est administré au 20ème jour du cycle. Un jour de premier contrôle est communiqué. Le médecin indique quand débuter les Gonadotrophines (Gonal, Puregon, Menopur, Fertistart, Fostimon, Rekovelle, Fostimon). Au bout de 5-6 jours de Gonadotrophines seules, une deuxième injection est nécessaire pour bloquer l’ovulation : Antagoniste (Orgalutran, Fyremadel ou Cetrotide).

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