Face à l'infertilité qui touche plus de trois millions de Français, le gouvernement a détaillé un plan d'action visant à mieux sensibiliser et à offrir des solutions concrètes. Promis par Emmanuel Macron et longtemps attendu, ce plan fertilité a été présenté par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et s'articule autour de plusieurs axes majeurs.

Un Plan Attendu et Nécessaire

Cela fait deux ans qu'Emmanuel Macron avait promis ce plan, dont les racines remontent même à 2022, lorsque le gouvernement de l’époque avait commandé un rapport sur le sujet. Or, l'infertilité touche 3,3 millions de Français, et seul un volet lié à la recherche s’était concrétisé avec le lancement de plusieurs programmes pour améliorer l’efficacité des procréations médicalement assistées (PMA). Le sort même du plan était sujet à des doutes, Catherine Vautrin ayant marqué sa préférence pour un plan plus large, autour des thématiques de vieillissement et de natalité. Le recentrage sur l’infertilité est désormais assumé par sa successeure, Stéphanie Rist.

Stéphanie Rist a déclaré que « les enjeux de l’infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects » pour permettre le « lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues ».

Sensibilisation et Information : Atteindre Tous les Français

Une des mesures phares de ce plan est l'envoi d'un message à tous les Français atteignant l'âge de 29 ans. Cet âge a été choisi car il correspond à l'âge à partir duquel l'autoconservation des gamètes est possible, hors condition médicale. L'objectif est de "sensibiliser et prévenir", en fournissant des informations sur l'aide médicale à la procréation, l'autoconservation des gamètes, la contraception et la santé sexuelle.

La ministre insiste sur le fait que ce message sera délivré « sans pression aucune », soulignant que « le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ou encore à quel âge : ce qu’il faut éviter c’est continuer à entendre “si j’avais su” ». Ce message sera adressé à tous les Français, hommes et femmes, lors de leurs 29 ans, à partir de la fin de l’été. Le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé que la tonalité ne serait pas « prescriptive » et veillerait à rappeler des éléments sur la contraception pour les personnes ne souhaitant pas avoir d’enfant.

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En complément de ce message, une campagne de communication sur les enjeux de reproduction doit être lancée fin 2026 et, très prochainement, un site d’information sera disponible sur le sujet.

Accès à la Congélation d'Ovocytes : Élargir les Possibilités

Le plan prévoit également d'augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d’attente. D’ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire. Pour favoriser cette extension, le ministère envisage d’autoriser des établissements privés à aller sur ce terrain, tout en assurant que la procédure resterait gratuite pour les patientes. « On n’est pas du tout dans une logique de marchandage », a assuré le cabinet de Stéphanie Rist.

L'objectif est de démocratiser l’accès à ce processus tout en en augmentant les moyens (passer de 40 à 70 centres d’ici 2028). Le gouvernement en profite pour affirmer son ambition de devenir un leader dans la recherche et l’innovation sur la fertilité en déployant de multiples appels à projets portant sur le sujet.

Prise en Charge des Pathologies Féminines : SOPK et Endométriose

Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l’infertilité. C’est aussi le cas de l’endométriose mais, alors que celle-ci fait déjà l’objet d’un plan gouvernemental, le SOPK restait jusqu’alors largement absent des discours publics.

Réactions et Perspectives d'Avenir

Chez les patients, l’annonce de ce plan a été saluée par le collectif BAMP, qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de PMA. « On passe dans une nouvelle ère, on n’a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d’infertilité », a déclaré sa présidente, Virginie Rio, prévenant toutefois qu’il s’agissait là d’un point de départ et qu’il restait « beaucoup de travail ».

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L’organisation milite notamment pour l’autorisation en France du DPI-A, une méthode de diagnostic permettant de repérer les anomalies des embryons avant de les implanter. L’objectif est d’éviter de nombreuses PMA vouées à l’échec, mais cette technique fait l’objet de débats éthiques quant à une potentielle dérive eugéniste.

Aux côtés du plan contre l'infertilité, qui sera piloté par les auteurs du rapport de 2022 - le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux - le ministère a par ailleurs annoncé travailler sur les enjeux de santé liés à la naissance, alors que la France présente des taux de mortalité infantile et maternelle supérieurs à ceux de ses principaux voisins européens. Un bien triste bilan nous est également communiqué : "la France présente un taux de mortalité maternelle et infantile supérieur à celui de ses principaux voisins européens, la mortalité maternelle stagne et la mortalité infantile, notamment néonatale, augmente légèrement depuis 2011".

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