La nomination d'un ministre de l'Éducation nationale soulève inévitablement des questions sur sa vision de l'école et son engagement envers le système éducatif. Un aspect particulièrement scruté est le choix de l'établissement scolaire pour ses propres enfants, un choix qui peut révéler des convictions profondes et susciter des débats passionnés. La question de la scolarisation des enfants des ministres de l'Éducation nationale est devenue centrale, ravivant un vieux débat sur le rapport, ambigu et souvent méprisant, de nos élites à l’école publique.
Un Malaise Profond: Fracture Entre Discours et Pratiques
La question « Aimer l’école … publique » ne relève pas de la simple rhétorique, mais traduit un malaise profond, une fracture entre les discours officiels et les pratiques de celles et ceux qui représentent la République. La récente polémique autour d’Amélie Oudéa-Castéra, accusée de propos mensongers pour avoir justifié le choix d’un établissement privé pour son fils par des « heures non remplacées » à l’école publique, a ravivé un vieux débat. En choisissant Stanislas, établissement privé catholique, élitiste, où les élèves proviennent des milieux les plus favorisés, l’ancienne ministre avait fait un choix politique.
Cette situation met en lumière une tension persistante entre les valeurs républicaines d'égalité et de fraternité, et les réalités socio-économiques qui influencent les choix éducatifs. Le recours au privé pour ses propres enfants, justifié par le ministre Édouard Geffray par « la liberté », met à rude épreuve l’égalité et la fraternité. Les chiffres le confirment : les établissements privés accueillent deux fois plus d’élèves très favorisés que le public, et deux fois moins d’élèves défavorisés. Cette mise en concurrence organisée nourrit le séparatisme socio-scolaire et fragilise l’école publique.
Édouard Geffray: Entre Confiance Affichée et Choix Personnels
Nommé ministre de l'Éducation nationale le 12 octobre dernier, Édouard Geffray a choisi de jouer la transparence en déclarant sur BFMTV avoir des "enfants (qui) ont fait leur scolarité aussi bien dans le public que dans le privé sous contrat". Interrogé dans le détail sur le parcours scolaire de ses enfants, Édouard Geffray explique "en avoir dans les deux côtés", c'est-à-dire dans le public et dans le privé sous contrat.
Face aux interrogations sur la confiance qu'il accorde à l'enseignement public, Édouard Geffray affirme : "Si je n'avais pas confiance dans l'école publique, je ne lui aurais pas dédié un tiers de ma vie professionnelle, et je ne serais pas ministre aujourd'hui". Il se dit "garant de l'universalité de l'enseignement (…) et de la protection des élèves" et "être là pour tous les élèves de ce pays".
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Il précise : « Les enseignements sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes. Les règles y sont les mêmes. » Le ministre Edouard Geffray évoque « la liberté » pour justifier le recours au privé pour ses propres enfants. Mais au nom de la liberté de quelques-uns, l’égalité et la fraternité sont mises à rude épreuve.
La Polémique Amélie Oudéa-Castéra: Un Précédent Sensible
Ces propos interviennent alors que la question de la scolarité des enfants des ministres de l'Éducation nationale devient centrale. Amélie Oudéa-Castéra, une prédécesseure d'Édouard Geffray, avait suscité la polémique dès son arrivée au gouvernement, en justifiant sa décision de transférer ses enfants dans le privé, au collège-lycée Stanislas à Paris, par sa "frustration" devant "les paquets d'heures" d'enseignement non remplacées lors des absences de professeurs à l'école publique. Des propos qui avaient suscité l'ire des oppositions et des syndicats d'enseignants.
Cela rappelle immanquablement la polémique qui avait secoué l’Éducation nationale au début de l’année 2024. Amélie Oudéa-Castéra, alors à la tête du ministère, avait provoqué un tollé en justifiant le choix du privé pour ses enfants par sa « frustration » face aux heures de cours non remplacées dans le public.
Parcours et Engagements d'Édouard Geffray
Directeur de l'éphémère cabinet de François Bayrou au ministère de la Justice en 2017, Édouard Geffray a été ensuite directeur général des ressources humaines au ministère de l'Éducation nationale, avant d'être nommé directeur de l'enseignement scolaire par Jean-Michel Blanquer. Un poste qu'il a occupé de 2019 à 2024.
Interpellé, le ministre le ministre actuel, Edouard Geffray, a tenté de désamorcer la polémique : « Si je n’avais pas confiance dans l’école publique, je ne lui aurais pas dédié un tiers de ma vie professionnelle, et je ne serais pas ministre aujourd’hui. Très clairement. Le reste, cela relève de configurations purement personnelles. »
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L'École Publique Face aux Inégalités
Le ministre l’a dit lui-même, sur France Inter, quelques jours avant la polémique : « La situation de l’école est extrêmement inquiétante. Les inégalités scolaires, adossées aux inégalités sociales, menacent la santé psychique et physique des élèves. Alors, de quelle école parle-t-on ?
La question de la scolarisation des enfants du ministre de l’Éducation nationale est un sujet qui fait débat. Sentant probablement le potentiel polémique, Édouard Geffray a préféré prendre les devants en expliquant pourquoi certains de ses enfants sont scolarisés dans le privé et d’autres dans le public sous contrat. Les enseignements sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes .
Initiatives et Priorités du Ministre Geffray
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Carole Parmentier-Lecocq, ministre déléguée en charge de l’Autonomie et des Personnes handicapées, étaient vendredi 19 décembre à Dijon. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, n’a pas (encore) prévu d’acheter une maison à Dijon ou en Côte-d’Or. Mais pour la seconde fois en une semaine, il était de nouveau en visite dans notre département vendredi. Après l’imprévu de l’incendie au collège Champollion qui a nécessité sa visite lundi, il était cette fois au collège Gaston-Bachelard, toujours à Dijon, pour faire le point sur le déploiement des pôles d’appui à la scolarité (PAS). Il était accompagné de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée en charge de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
« La Côte-d’Or a été précurseur dans la mise en place des PAS », a rappelé le ministre de l’Éducation nationale. « Il y en a 500 désormais, puis [il y en aura] 1 000 à la rentrée prochaine et notre objectif est d’irriguer tout le territoire à la rentrée 2027. » Le PAS est porté par l’Éducation nationale et l’Agence régionale de santé (ARS). L’équipe se compose d’un binôme enseignant coordonnateur-éducateur spécialisé, d’un gestionnaire des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), d’un AESH référent et d’un enseignant référent.
Ce dispositif permet aux équipes enseignantes de demander de l’aide quand un élève présente des difficultés particulières. C’est ce qui est arrivé à Oscar, 8 ans, élève de CE2 à l’école Eiffel de Dijon. « Au cours des évaluations en classe, son institutrice a constaté qu’il avait quelques difficultés en mathématiques et un peu en français », raconte son papa, Pierre-Michel Sarrazin. « Il n’y avait pas de très gros problème, encore moins de handicap, mais l’enseignante et la directrice de l’école nous ont quand même proposé de faire appel au PAS, ce que nous avons accepté. »
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La première satisfaction du papa, c’est de voir que « le dispositif s’est mis en place très rapidement. J’ai signé notre accord aux vacances de novembre et nous avons fait un premier point à la mi-décembre avec déjà six séances réalisées. Des petits outils très simples, mais très efficaces, ont été mis en place pour aider Oscar, comme un élastique pour mieux contrôler ses émotions, un petit buvard pour mieux s’organiser dans son travail… Le résultat est très efficace. Ce que j’ai apprécié, c’est que chacun a pris ses responsabilités : on n’a pas laissé le problème sous le tapis. On s’en est saisi et il a été traité.
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