Le métoclopramide, commercialisé sous le nom de Primpéran et d'autres marques, est un médicament antiémétique couramment prescrit pour soulager les nausées et les vomissements. Son utilisation pendant la grossesse fait l'objet de discussions en raison des effets secondaires potentiels. Cet article examine en profondeur les risques et les précautions associés à l'utilisation du métoclopramide pendant la grossesse, en s'appuyant sur des données scientifiques et des recommandations d'experts.

Qu'est-ce que le métoclopramide ?

Le métoclopramide est un neuroleptique qui agit à la fois comme antiémétique et stimulant de la motricité du tube digestif. Il inhibe les centres nerveux de la nausée situés dans le cerveau et accélère la vidange de l'estomac dans le duodénum. Il est utilisé chez l'adulte pour la prévention des nausées et des vomissements provoqués par une chimiothérapie anticancéreuse ou une radiothérapie, ainsi que pour le traitement des nausées et des vomissements, y compris lors des crises de migraine. Chez l'enfant, il est utilisé dans la prévention des nausées et vomissements retardés provoqués par une chimiothérapie anticancéreuse, lorsque les autres traitements ne conviennent pas.

Nausées et vomissements pendant la grossesse

Les nausées et les vomissements sont des symptômes courants pendant la grossesse, touchant 70 à 80 % des femmes enceintes, généralement au cours du premier trimestre. Bien qu'elles soient souvent appelées nausées matinales, elles peuvent survenir à tout moment de la journée et varier en intensité. Ces symptômes sont souvent attribués aux changements hormonaux, en particulier à l'augmentation des niveaux de l'hormone de grossesse, l'hCG (gonadotrophine chorionique humaine).

Dans la plupart des cas, les nausées matinales sont bénignes et disparaissent spontanément après le premier trimestre. Cependant, il existe des solutions et des pratiques pour les atténuer :

  • Fractionner ses repas : Privilégier de petits repas fréquents plutôt que des repas copieux.
  • Éviter les aliments et les odeurs fortes : Les aliments épicés, gras ou acides peuvent être difficiles à digérer.
  • Boire suffisamment : Boire régulièrement de petites quantités d'eau pour rester hydratée, surtout en cas de vomissements.
  • Éviter de s'allonger immédiatement après avoir mangé : Cela peut augmenter les risques de reflux acide et d'inconfort.
  • Consommer du gingembre : L'OMS reconnaît l'utilité du gingembre contre les nausées de grossesse, sous forme d'infusion ou de gingembre frais à mâcher.

Métoclopramide pendant la grossesse : données scientifiques

L'utilisation du métoclopramide pendant la grossesse est un sujet de débat. Une vaste étude danoise a analysé plus d'un million de grossesses entre 1977 et 2011, dont 40 000 femmes enceintes ayant pris ce médicament. Les résultats ont montré que les bébés nés de femmes ayant consommé du métoclopramide au cours du premier trimestre de la grossesse avaient des taux similaires de malformations congénitales comparés aux bébés dont les mères n'avaient pas pris ce médicament. L'étude a également conclu que le métoclopramide n'accroît pas le risque de fausse couche, de naissance prématurée ou de mortalité périnatale.

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L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a également déclaré qu'aucun risque de malformation ni de fœtotoxicité n'a été mis en évidence chez la femme enceinte selon un important nombre de données scientifiques.

Précautions et risques potentiels

Bien que les études suggèrent que le métoclopramide ne présente pas de risque majeur de malformations congénitales, il est important de prendre certaines précautions. L'ANSM recommande d'éviter le métoclopramide en fin de grossesse en raison du risque de syndrome extrapyramidal chez le nouveau-né (mouvements anormaux, trouble du tonus musculaire, etc.). Si un médecin juge nécessaire de le prescrire, une surveillance du nouveau-né doit être mise en œuvre.

Le métoclopramide peut provoquer divers effets secondaires indésirables tels que somnolence, troubles digestifs (diarrhée), nervosité, fatigue, dépression, hallucinations, pertes de lait et convulsions. Par voie injectable, des troubles cardiaques ont été rapportés. De plus, il peut provoquer des syndromes proches de la maladie de Parkinson, avec des blocages musculaires. Ces effets disparaissent généralement à l'arrêt du traitement, mais peuvent récidiver.

Alternatives au métoclopramide

En raison des risques potentiels, il est préférable d'envisager d'autres options pour traiter les nausées et les vomissements pendant la grossesse, en particulier pour les cas légers. Parmi les alternatives, on trouve :

  • Doxylamine-pyridoxine (Diclegis) : Un médicament spécifiquement approuvé pour le traitement des nausées et des vomissements pendant la grossesse, associant un antihistaminique (doxylamine) et de la vitamine B6 (pyridoxine).
  • Ondansétron (Zophren) : Un médicament utilisé pour prévenir et traiter les nausées et les vomissements, notamment ceux induits par la chimiothérapie. Il peut être utilisé pendant la grossesse dans certains cas, sous surveillance médicale.
  • Métopimazine (Vogalène) : Un antihistaminique utilisé pour traiter les nausées et les vomissements, souvent prescrit pendant la grossesse lorsque d'autres mesures n'ont pas été efficaces.

Métoclopramide et allaitement

Le métoclopramide passe faiblement dans le lait maternel. Par conséquent, il est déconseillé pendant l'allaitement en raison du risque d'effets indésirables chez le nouveau-né allaité. Cependant, l'allaitement est possible si la prise de ce médicament reste ponctuelle, par exemple en cas de vomissements post-césarienne, et que le nouveau-né est à terme et en bonne santé.

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Interactions médicamenteuses

Le métoclopramide ne doit pas être associé aux médicaments dopaminergiques, généralement utilisés dans la maladie de Parkinson, le syndrome des jambes sans repos ou les excès de prolactine, ni avec un médicament contenant de la lévodopa, en raison du risque d'annulation réciproque de leurs effets.

Il est important d'informer votre médecin si vous prenez un médicament susceptible de favoriser des troubles du rythme cardiaque, un autre neuroleptique, un antihypertenseur, un médicament sédatif ou un médicament contenant de la digoxine ou de la ciclosporine.

L'alcool majore l'effet sédatif du métoclopramide. De nombreux médicaments ou substances peuvent additionner leurs effets dépresseurs du système nerveux central et contribuer à diminuer la vigilance.

Posologie et mode d'emploi

La posologie usuelle chez l'adulte est de 10 mg par prise, 1 à 3 fois par jour, en respectant un intervalle d'au moins 6 heures entre chaque prise. Chez l'enfant de plus de 1 an, la dose recommandée est de 0,1 à 0,15 mg par kg, 1 à 3 fois par jour. La durée du traitement ne doit pas dépasser 5 jours.

Les comprimés ne sont pas adaptés aux enfants de moins de 30 kg. En cas de vomissements après la prise du comprimé, respectez également l'intervalle de 6 heures entre deux prises avant de reprendre un comprimé.

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