L'isothérapie placentaire, une préparation homéopathique issue du placenta, suscite des interrogations et des débats, particulièrement en France où son statut juridique est complexe. Cet article explore les tenants et aboutissants de cette pratique, en s'appuyant sur les données disponibles et le cadre légal français.
Origines et Objectifs de la Placentophagie
La placentophagie, ou le fait de consommer le placenta après l'accouchement, trouve ses racines dans la médecine traditionnelle chinoise et des rites anciens. Elle poursuit plusieurs objectifs :
- Apport nutritionnel : Le placenta est naturellement riche en vitamines B12 et en fer, des éléments essentiels pour la récupération post-partum.
- Stimulation de la lactation : La consommation du placenta est réputée pour augmenter la production de lait maternel.
- Prévention de la dépression post-partum : Certaines femmes espèrent éviter ou atténuer la dépression post-partum en ingérant leur placenta.
Cadre Légal Français: Collecte et Utilisation du Placenta
En France, la collecte et l'utilisation des produits du corps humain, y compris le placenta, sont strictement encadrées par la loi de bioéthique, initialement publiée en 1994 et révisée en 2011. Cette loi stipule que le placenta ne peut être collecté qu'à des fins thérapeutiques ou scientifiques, et ce uniquement si la femme accouchée ne s'y oppose pas.
Cependant, la question de la propriété du placenta par la mère est complexe. Selon la direction juridique de l'Agence de la Biomédecine, qui se base sur le code civil, le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial. Ainsi, une femme n'est pas considérée comme propriétaire de son placenta.
Après l'accouchement, le placenta change de nature juridique. Il peut être collecté à des fins thérapeutiques (comme le don anonyme de sang de placenta) ou scientifiques. Dans le cas contraire, il est considéré comme un déchet d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) et doit être obligatoirement collecté et incinéré par l'établissement de santé, conformément au code de la santé publique (art. R 1335-1 et suivants).
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L'avis 117 du Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE), publié en 2012, confirme cette position : après vérification de son intégrité en salle de naissance, le placenta et ses annexes sont placés dans un réceptacle spécifique.
Isothérapie Placentaire: Interdiction en France
L'isothérapie placentaire, une préparation homéopathique à base de placenta, est principalement destinée au nouveau-né. Toutefois, en France, les laboratoires n'ont plus le droit de pratiquer l'isothérapie placentaire depuis un arrêté du 28 octobre 1998, qui interdit "l'utilisation des médicaments homéopathiques fabriqués à partir de souches homéopathiques d'origine humaine".
Alternatives et Pratiques Alternatives
Face à ces restrictions, certaines femmes se tournent vers des alternatives ou des pratiques alternatives :
- Encapsulation du placenta : Bien qu'aucun établissement ne soit actuellement autorisé en France à fabriquer, commercialiser ou conserver des gélules de placenta, il existe un Centre d'Encapsulation du Placenta (CEP) à Paris, en attente d'un agrément de la Direction Générale de la Santé. Aux États-Unis, des laboratoires privés comme Brooklyn Placenta Services proposent ce service, qui consiste à cuire, déshydrater et réduire le placenta en poudre avant de l'encapsuler.
- Préparation à domicile : Pour éviter des dépenses importantes, certaines mères choisissent de cuisiner leur placenta à la maison.
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