L'endométriose est une affection gynécologique chronique qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer. Bien qu'une stratégie nationale ait été mise en place en 2022 pour lutter contre cette maladie, elle a longtemps été négligée, entraînant un retard diagnostique moyen de 7 ans, malgré la présence de symptômes parfois aigus chez la plupart des femmes touchées. Cet article vise à informer sur la définition, les causes possibles et les symptômes de l'endométriose.

Définition et chiffres clés

L’endométriose est une maladie gynécologique fréquente qui concerne 1 femme sur 10. Elle se manifeste par la présence inappropriée et anormale de morceaux de muqueuse utérine (appelée l’endomètre) qui s’implantent et se développent hors de la cavité utérine (utérus). L’endomètre est la muqueuse qui tapisse la paroi interne de l’utérus. Sa croissance mensuelle a pour but de créer les conditions idéales pour recevoir un embryon en cas de fécondation.

Plus précisément, l'endométriose est une pathologie caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus, provoquant douleur, inflammation, et parfois infertilité. Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, ces tissus s’épaississent et saignent sans pouvoir s’évacuer naturellement, entraînant des inflammations, de fortes douleurs et parfois des cicatrices.

Les mécanismes d’apparition des lésions d’endométriose

Le mécanisme d’apparition des lésions d’endométriose est partiellement connu, et plusieurs théories essaient de l’expliquer. Ces théories sont probablement complémentaires, et de nombreux travaux scientifiques de recherche sont en cours pour tenter d’expliquer plus clairement l’origine de la maladie.

  • Théorie de la menstruation rétrograde : Lors des règles, l’endomètre pourrait s'évacuer dans le sens inverse et remonter à travers les trompes de Fallope jusqu’à l'abdomen, au lieu de s’évacuer naturellement, de manière ascendante, par le vagin. Certaines lésions sont probablement liées au reflux du sang menstruel à travers les trompes. Chez les patientes atteintes d’endométriose, il existe probablement une fixation anormale des cellules d’endomètre sur le péritoine. Cette théorie de l’implantation a longtemps dominé la littérature scientifique. Elle explique l’apparition très fréquente des lésions d’endométriose disséminées chez les femmes présentant des malformations utérines qui gênent ou empêchent l’évacuation rapide du sang menstruel et augmentent le reflux tubaire.
  • Métaplasie : D’autres lésions sont probablement le résultat d’une transformation des cellules normales (métaplasie) en cellules pour l’endométriose. Cette théorie peut expliquer l’apparition des kystes d’endométriose des ovaires, ainsi que les lésions apparues à distance du pelvis.
  • Théorie de la mullerianose : D’autres lésions pourraient avoir origine dans des restes embryonnaires, selon la théorie de la mullerianose.

Il est évident que les cellules d’endométriose ne sont pas de simples cellules transplantées de l’utérus vers l’abdomen, et que d’autres mécanismes interviennent dans l’apparition des lésions d’endométriose.

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Causes possibles de l'endométriose

La recherche n'a pas encore trouvé l'origine précise de l'endométriose. Les causes exactes de l’endométriose ne sont pas encore clairement établies.

Facteurs Génétiques

Des antécédents familiaux d'endométriose augmentent grandement le risque d'une femme de développer la maladie. Certains syndromes génétiques et anomalies chromosomiques ont été associés à un risque plus élevé d'endométriose. Une origine génétique pourrait être en cause.

Facteurs Environnementaux

Les facteurs environnementaux, tels que l'exposition à certaines substances chimiques (dioxines, PCB) peuvent augmenter le risque d’endométriose. Les dioxines et les polychlorobiphényles (PCB) sont deux types de polluants environnementaux persistants, réputés pour leur toxicité et leur capacité à s'accumuler dans l'environnement et la chaîne alimentaire. Un style de vie impliquant un faible niveau d'activité physique ou un régime riche en graisses saturées, joue aussi un rôle.

  • Dioxines : Elles sont un groupe de composés chimiques résultant principalement de processus de combustion industriels, comme l'incinération des déchets et la production de certains herbicides et pesticides. Elles peuvent persister longtemps dans l'environnement et s'accumuler dans la chaîne alimentaire, principalement dans les tissus des animaux.
  • Polychlorobiphényles (PCB) : Ce sont des produits chimiques industriels qui s'accumulent dans l'environnement et la chaîne alimentaire. Bien qu'interdits ou restreints depuis les années 1970-1980, ils persistent dans les sols et les cours d'eau, passant des micro-organismes et plantes aux poissons et animaux terrestres. Les humains sont exposés aux PCB principalement par la consommation de poissons, de fruits de mer, de viandes et de produits laitiers contenant ces composés dans leurs tissus gras.

D’autres hypothèses suspectent un rôle des polluants et des perturbateurs endocriniens dans l’augmentation du risque d’apparition et du développement de l’endométriose.

Dysfonctionnement du Système Immunitaire

Un dysfonctionnement du système immunitaire est considéré comme un facteur clé dans le développement et la progression de l'endométriose. Le système immunitaire de certaines femmes n’est pas en mesure de combattre efficacement l'endométriose.

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Rôle des Hormones

L'inflammation joue un rôle central dans l'endométriose, non seulement en favorisant la survie et l'implantation des cellules endométriales dans les sites ectopiques mais aussi en contribuant à la douleur pelvienne chronique associée à la maladie. Les œstrogènes jouent un rôle prédominant dans la pathogenèse de l'endométriose, stimulant la croissance et la prolifération des lésions endométriosiques. Dans l'endométriose, le corps peut ne pas réagir correctement à la progestérone, une hormone qui normalement limite la croissance du tissu endométrial. En parallèle, il a été démontré que l'endométriose et ses symptômes sont plus intenses lorsqu'ils sont en présence d'œstrogènes.

Augmentation du Nombre de Règles

Les praticiens ont l’impression que la prévalence réelle de l’endométriose est en constante augmentation au cours des dernières décennies, sans que l’explication de ce phénomène fasse l’unanimité. Une de ces explications incrimine l’augmentation du nombre de règles dans la vie d’une femme. En effet, au cours des dernières décennies, l’augmentation de l’âge de la première grossesse, la réduction du nombre des grossesses, la réduction de la durée d’allaitement, ont réduit mathématiquement la durée d’aménorrhée physiologique dans la vie des femmes. L’endométriose, dont le développement est directement lié aux règles, serait donc plus à même de progresser.

Symptômes de l'endométriose

Les symptômes de l'endométriose varient d’une personne à l’autre. Cette maladie peut être silencieuse ou au contraire très invalidante. La gravité des symptômes dépend en grande partie de la localisation de l'endométriose dans le corps plutôt que de l’importance de l'endométriose (taille, degré ou stade de développement). Ainsi, un petit morceau de tissu peut-être plus douloureux qu’un plus grand. Les symptômes de l'endométriose se manifestent souvent dès le début de la puberté.

  • Douleur : L'expérience de la douleur varie selon les femmes. La plupart des femmes atteintes d'endométriose ont des douleurs dans la région située entre les hanches et le haut des jambes. Des règles très douloureuses (appelées dysménorrhées) sont le symptôme le plus courant. Il peut s’agir de douleurs au niveau du bas ventre ou du dos qui s’intensifient pendant vos règles, de douleurs menstruelles sévères qui vous empêchent de vivre normalement au quotidien, de douleurs pendant ou après les rapports sexuels ou encore lorsque vous faites pipi ou caca pendant vos règles (on parle alors d’endométriose profonde). Vous pouvez même avoir la nausée ou être constipée, avoir la diarrhée ou du sang dans votre urine pendant vos règles.
  • Infertilité : Le lien entre l’infertilité et l’endométriose n’est pas entièrement connu, mais il pourrait reposer sur la présence de kystes ovariens et d’amas tissulaires qui font barrière à la fécondation.
  • Autres Symptômes : Les signes et symptômes de l’endométriose varient d’une femme à l’autre : certaines peuvent être sévèrement affectées, tandis que d’autres peuvent avoir très peu de symptômes perceptibles, voire aucun ! Les symptômes vont d'une fatigue extrême aux mycoses vaginales fréquentes.

Diagnostic de l'endométriose

Aujourd’hui, un examen clinique, une échographie pelvienne ou un IRM, permettent de détecter l’endométriose, mais on pose le diagnostic définitif seulement après analyse d’un échantillon biologique de l’endomètre, obtenu par biopsie. Il faut savoir que la biopsie se fait lors d’une intervention chirurgicale par coelioscopie. De plus, en cas de suspicion d’endométriose sans symptômes et sans douleurs et ne posant pas de problèmes de fertilité, l’endométriose n’est en général pas détectée et donc pas traitée. La seule manière de diagnostiquer complètement l’endométriose consiste à examiner votre région pelvienne par laparoscopie.

Traitements de l'endométriose

Il n'existe aucun remède spécifique contre l'endométriose et cette maladie peut être difficile à traiter. À ce jour, il n’existe pas encore de traitement permettant de guérir définitivement l’endométriose.

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  • Traitements Médicaux : Le gynécologue peut prescrire de quoi soulager la patiente, notamment des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), paracétamol, codéine, antidouleurs. En général, lors de la découverte de la maladie, on propose en première intention un traitement hormonal associé, on parle de contraceptifs œstroprogestatifs, progestatifs, du danazol ou des analogues de la GnRH (hormone supprimant la synthèse des estrogènes par les ovaires), voire mêmes d’implants ou de stérilets hormonaux. La pilule contraceptive combinée peut également aider, en empêchant l’ovulation, ce qui rend les règles plus légères et moins douloureuses.
  • Chirurgie : En dernier recours, la chirurgie est proposée. C’est le seul traitement qui permet l'élimination complète des lésions tissulaires associées à l'endométriose. En termes de traitements chirurgicaux, la laparoscopie peut améliorer les symptômes et la fertilité, tandis que certaines femmes peuvent éventuellement décider de subir une hystérectomie, c’est-à-dire une ablation de l’utérus.

Prévention

Il n’existe pas aujourd’hui de méthode sûre pour éviter totalement l’endométriose. Cependant, certaines mesures peuvent être prises :

  • Connaître les facteurs de risque : Certains profils (règles abondantes, cycles menstruels courts, prédisposition génétique…) sont associés à un risque plus élevé.
  • Limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens : Ces substances chimiques, présentes dans certains produits du quotidien, sont suspectées d’influencer les troubles hormonaux, dont l’endométriose.

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