Les douleurs menstruelles, ou dysménorrhées, sont un problème courant chez les femmes, mais leurs causes et leur intensité peuvent varier considérablement, surtout après 40 ans. Cet article explore les différentes causes des menstruations douloureuses chez les femmes de 50 ans et plus, en mettant l'accent sur les conditions spécifiques telles que les fibromes utérins, l'endométriose, la préménopause et les règles hémorragiques.

Identification des causes des douleurs menstruelles

Il est essentiel de distinguer les symptômes du fibrome (tumeur bénigne du muscle de l'utérus) et de l'endométriose (lésion de la paroi interne de l'utérus). Bien que l'endométriose ait fait l'objet de nombreuses campagnes de sensibilisation, le fibrome est moins souvent évoqué. Pourtant, cette tumeur bénigne est la principale raison pour laquelle les femmes entre 40 et 50 ans consultent un gynécologue.

Prévalence du fibrome et de l'endométriose

Avoir un ou plusieurs fibromes est une situation très fréquente, sans nécessairement souffrir : 80 % des femmes d'origine afro-antillaise et 70 % des femmes blanches en auront à 50 ans, l'âge de la ménopause où ces fibromes cessent d'évoluer. L'endométriose, quant à elle, concerne environ une femme sur dix.

Symptômes et diagnostic de l'endométriose

L'endomètre, la muqueuse qui tapisse la paroi interne de l'utérus, se détache (en partie) chaque mois pendant les règles. Les douleurs sont très intenses, surtout pendant les règles, ce qui est le principal symptôme de la maladie. D'autres signes, digestifs, urinaires ou sexuels, peuvent apparaître selon les organes touchés par cette colonisation endométriale. Le diagnostic est complexe et nécessite une échographie, une IRM voire une cœlioscopie (introduction d'un tube dans l'abdomen pour visualiser les lésions).

Difficultés de diagnostic

Plusieurs raisons expliquent la difficulté à diagnostiquer l'endométriose :

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  1. Les femmes pensent parfois que les règles sont naturellement douloureuses et ont du mal à évaluer la normalité de la douleur en termes de durée et d'intensité.
  2. L'accès à une filière spécifique ou à un centre expert est difficile.

Fibromes utérins : Symptômes et prévalence

Les fibromes se manifestent par une sensation de lourdeur dans le bas-ventre, des douleurs et surtout des règles abondantes. Une femme sur deux n'en parle pas à son médecin, souvent parce qu'elle ne sait pas ce que sont des règles abondantes (changement de protection toutes les deux heures, présence de caillots de sang, règles durant plus de sept jours). De plus, elles pensent souvent que leur situation est normale, car leur mère l'a vécue avant elles, le fibrome étant souvent une affaire familiale. Un quart des femmes de plus de 40 ans auraient des fibromes.

Règles hémorragiques (ménorragies)

Il est important de noter que les règles plus abondantes peuvent être le signe de ménorragies. Les règles hémorragiques sont des règles extrêmement abondantes et/ou qui durent trop longtemps. On parle de règles hémorragiques en cas de perte de sang excessive (plus de 90 ml), de difficulté à maîtriser le flux avec des protections hygiéniques classiques et/ou si la durée des règles excède 7 jours.

Causes des règles hémorragiques

Plusieurs causes, le plus souvent bénignes, peuvent provoquer des règles abondantes :

  1. Puberté : Au moment de la puberté, les règles peuvent être plus abondantes en raison de l'absence d'ovulation (anovulation), ce qui limite la production de progestérone. Les œstrogènes provoquent alors une croissance excessive de l'endomètre qui se détache de façon abondante, irrégulière et prolongée.
  2. Préménopause : Pendant la préménopause, les règles peuvent être abondantes avec la présence de caillots, en raison de l'ovulation aléatoire créant un déséquilibre entre progestérone et œstrogène.
  3. DIU en cuivre : Le dispositif intra-utérin (DIU) en cuivre peut engendrer une inflammation de l'utérus et donc de l'endomètre, provoquant des règles hémorragiques, surtout dans les premiers mois suivant la pose.
  4. Fibromes : Les fibromes utérins sont une cause fréquente de ménorragies.

Quand consulter un médecin ?

Il est conseillé de consulter un médecin, un gynécologue ou une sage-femme si vous avez présenté au moins deux fois des règles excessivement abondantes ou hémorragiques. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour détecter toute anomalie de l'utérus.

Troubles musculosquelettiques et règles douloureuses

Les femmes sont plus exposées aux troubles musculosquelettiques que les hommes. Une étude mondiale a confirmé que les femmes sont plus touchées par la lombalgie (1 265 contre 787 pour 100 000 cas en 2021), et ces différences de prévalence augmentent avec l'âge, laissant les femmes avec des pathologies à des stades plus avancés et une invalidité accrue.

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Lien entre règles, ménopause et douleurs dorsales

La ménopause, caractérisée par l'arrêt de la production d'œstrogènes, est associée à des modifications physiologiques pouvant influencer la santé articulaire. La diminution de la densité osseuse après la ménopause peut favoriser l'apparition de douleurs lombaires. De plus, plusieurs études montrent une prévalence plus marquée des douleurs lombaires chroniques chez les femmes après la ménopause.

Fibromyalgie et endométriose : Répercussions sur la région lombaire

La fibromyalgie, touchant principalement les femmes, induit une douleur chronique diffuse au niveau des muscles et des tissus mous, dans des zones extérieures à la région lombaire. L'endométriose, qui touche environ une femme sur 10 en âge de procréer, se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine se développant en dehors de l'utérus, pouvant entraîner des douleurs au moment de l'ovulation ou des règles.

Dysménorrhée : Définition et types

La dysménorrhée, selon l'Académie de médecine, représente « l'ensemble des troubles accompagnant la période menstruelle », ou plus précisément, « la douleur qui accompagne l'expulsion périodique du sang cataménial par les contractions musculaires de l'utérus ». Environ 90 % des femmes présentent une dysménorrhée, dont 40 % avec une douleur modérée à sévère.

Dysménorrhée primaire

La dysménorrhée primaire apparaît généralement dès les premières règles ou peu après, sans pathologie gynécologique spécifique. Les douleurs sont causées par des contractions utérines excessives et une hypersécrétion de prostaglandines.

Dysménorrhée secondaire

La dysménorrhée secondaire apparaît plus tard dans la vie génitale et est liée à une pathologie gynécologique, s'accompagnant de saignements entre les règles, de ménorragies et de douleurs en dehors des menstruations. La dyspareunie (douleur pendant les rapports sexuels) est également fréquente.

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Causes de la dysménorrhée

Les causes de la dysménorrhée varient selon qu'elle soit primaire ou secondaire :

  • Dysmenorrhée primaire :
    • Sécrétion excessive de prostaglandines
    • Ischémie utérine causée par des contractions prolongées
    • Orifice cervical étroit
    • Taux élevés de prostaglandine F2-alpha
    • Malposition de l'utérus
    • Facteurs psychologiques comme l'anxiété
  • Dysmenorrhée secondaire :
    • Endométriose
    • Adénomyose
    • Fibromes utérins
    • Malformations congénitales
    • Kystes et tumeurs ovariennes
    • Infections génitales chroniques
    • Adhérences intra-utérines
    • Utilisation de dispositifs intra-utérins (DIU), notamment ceux au cuivre

Symptômes de la dysménorrhée

Les symptômes de la dysménorrhée comprennent :

  • Douleur pelvienne (crampes, sensation sourde, douleurs aiguës)
  • Nausées
  • Vomissements
  • Vertiges
  • Maux de tête
  • Fatigue
  • Irritabilité
  • Ballonnements, diarrhée ou constipation

Diagnostic de la dysménorrhée

Le diagnostic repose sur :

  • Anamnèse (antécédents menstruels)
  • Examen clinique
  • Examens complémentaires (échographie pelvienne, IRM)

Traitements et solutions pour la dysménorrhée

Le traitement dépend de la gravité des symptômes et de la nature des douleurs :

  • Traitements médicamenteux :
    • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
    • Contraceptifs hormonaux
    • Traitement de la cause sous-jacente en cas de dysménorrhée secondaire
  • Mesures non médicamenteuses :
    • Application locale de chaleur
    • Exercice physique régulier
    • Repos adéquat
    • Sommeil suffisant
  • Interventions chirurgicales :
    • Neurectomie présacrée par laparoscopie
    • Ablation des nerfs utérosacrés

Prévention de la dysménorrhée

Les stratégies de prévention incluent :

  • Recommandations alimentaires (réduire les sucres raffinés et privilégier les oméga-3)
  • Gestion du stress
  • Activité physique régulière

Préménopause et douleurs menstruelles

La préménopause, période de transition hormonale, peut entraîner des règles plus douloureuses. Les ovulations deviennent irrégulières, entraînant une baisse de la progestérone et une dominance œstrogénique. Ce déséquilibre hormonal a plusieurs conséquences :

  1. L'endomètre s'épaissit davantage, car il n'est plus freiné par la progestérone.
  2. Le décollement de cette muqueuse utérine, au moment des règles, est donc plus intense et plus douloureux.

En parallèle, la baisse de progestérone rend le système nerveux plus réactif et l'utérus plus contractile. Une baisse de sérotonine peut également amplifier la perception de la douleur.

Inflammation et douleurs menstruelles

L'inflammation, notamment via la production de prostaglandines, joue un rôle clé dans les douleurs menstruelles. Plus l'endomètre est épais, plus il faut de contractions, donc plus de prostaglandines. Une dominance en œstrogènes stimule encore davantage cette production.

Importance du mouvement

La mobilité pelvienne, la circulation sanguine et le tonus musculaire jouent un rôle important dans la gestion de la douleur menstruelle. Le manque de mouvement augmente la stagnation et les tensions dans le bassin, ce qui accentue les douleurs mécaniques.

Fibromes utérins : Causes, symptômes et traitements

Le fibrome utérin est la pathologie bénigne la plus courante chez les femmes, touchant entre 30 et 50 % des femmes, essentiellement entre 30 et 50 ans. Il s'agit d'une tumeur bénigne, une « boule » de fibres musculaires qui se développe dans le muscle de l'utérus.

Causes des fibromes utérins

La cause exacte des fibromes est inconnue, mais les hormones et les facteurs de croissance semblent jouer un rôle dans leur développement. Les œstrogènes jouent un rôle dans leur évolution. Il est important de noter que les fibromes n'évoluent jamais en cancer.

Symptômes des fibromes utérins

En l'absence de symptômes, une surveillance régulière suffit. Les fibromes peuvent entraîner des saignements, des douleurs ou des envies fréquentes d'uriner.

Traitements des fibromes utérins

Le traitement des fibromes utérins dépend de la taille, de la localisation et des symptômes qu'ils provoquent. Les options de traitement comprennent :

  • Surveillance : Si les fibromes sont petits et ne causent pas de symptômes, une surveillance régulière peut suffire.
  • Médicaments : Des médicaments peuvent être prescrits pour réduire les saignements et la douleur, tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou les contraceptifs hormonaux.
  • Chirurgie : Dans les cas plus graves, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour enlever les fibromes (myomectomie) ou l'utérus (hystérectomie).
  • Embolisation des fibromes utérins : Cette procédure consiste à bloquer l'apport sanguin aux fibromes, ce qui les fait rétrécir.

Quand les règles deviennent douloureuses après 40 ans

Les règles qui deviennent douloureuses tardivement, appelées dysménorrhées secondaires, doivent toujours être prises avec le plus grand sérieux. La cause peut être une pathologie gynécologique : fibromes, polypes, maladies inflammatoires, infections, etc.

Importance du diagnostic

Les spottings, ou saignements en dehors des règles, sont courants chez la jeune fille et le sont beaucoup moins chez la femme mature. Après 40 ans, cela peut être lié à des problèmes plus organiques que fonctionnels dont il faut faire le diagnostic.

Endométriose et adénomyose

Il est possible que certaines femmes concernées par l'endométriose n'aient jamais encore fait d'examens pour acter la présence de cette pathologie. À partir de 40 ans, en lien avec l'endométriose, mais aussi parfois seulement à cause du processus de vieillissement de l'utérus, peut se développer une adénomyose, c'est-à-dire une infiltration progressive du muscle utérin par la muqueuse utérine.

Irrégularités dans le cycle menstruel

Autour de la quarantaine, certaines femmes peuvent avoir un syndrome de préménopause avec des signes qui ressemblent à ceux du syndrome prémenstruel : des seins gonflés, une prise de poids, des troubles de l'humeur, etc. Il peut arriver également que l'activité hormonale ne soit plus assez forte pour provoquer la prolifération endométriale et le déclenchement des règles ; et pour autant des symptômes plus ou moins douloureux peuvent être présents.

Solutions naturelles et conseils

Des plantes comme le Petit Houx, la Vigne rouge ou le Marronnier d'Inde peuvent se révéler très efficaces pour soulager les troubles circulatoires. Il est conseillé de conserver une bonne alimentation et un poids stable, d'éviter le tabac et l'alcool, de préserver des temps de repos et de sommeil récupérateurs, et de pratiquer régulièrement des activités physiques douces.

Plantes pour soulager les règles douloureuses

En cas de règles douloureuses, la Grande camomille et l'Achillée millefeuille sont une excellente association de plantes qui aide à réduire l'inflammation et montre une efficacité sur la gêne au niveau du bas-ventre et du dos, les états migraineux et la fatigue.

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