Les coliques représentent une source majeure de préoccupation pour les propriétaires de chevaux, étant la première cause de mortalité chez les équidés. Elles se manifestent par une douleur abdominale et peuvent avoir des origines diverses, digestives ou extra-digestives. Bien que redoutées, la plupart des cas de coliques peuvent être traités médicalement, sans nécessiter de chirurgie. Cet article aborde les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives associées aux coliques chez le cheval.

Anatomie et prédisposition aux coliques

L'appareil digestif du cheval possède des particularités anatomiques qui le rendent plus susceptible aux coliques. Son tube digestif, avec très peu de points d’attaches dans la cavité abdominale, est presque entièrement flottant. Cette caractéristique, combinée à la sensibilité du cheval au stress et à la douleur, prédispose l'animal aux coliques.

Causes et facteurs de risque des coliques

Les coliques sont des pathologies d’origine multifactorielle, résultant de la combinaison de causes diverses et multiples. On distingue des facteurs de risque propres au cheval, liés à son utilisation, à son environnement et à la conduite d’élevage. Les coliques peuvent affecter différents segments de l'appareil digestif, notamment l'estomac, l'intestin grêle, le caecum, le colon et le rectum.

Facteurs de risque liés au cheval

  • Race : Bien que non prouvé, certaines races comme les pur-sang, les arabes et les chevaux de selle seraient plus prédisposées.
  • Sexe : Les étalons et les hongres seraient plus à risque, mais cela reste à confirmer.
  • Âge : L'âge pourrait être un facteur de risque, mais les études sont contradictoires. L'âge est à considérer en relation avec le niveau d'activité et l'alimentation.
  • Tic et pica : Le tic à l'appui est souvent lié à l'ennui et à l'inactivité, qui seraient des facteurs de risque. Le pica, qui consiste à absorber de la terre et du sable, est également un facteur de risque.
  • Antécédents de coliques : Un cheval ayant déjà souffert de coliques est plus susceptible d'en développer à nouveau.

Facteurs de risque liés au mode de vie du cheval

  • Vie en box : La vie en box favorise l'inactivité, augmentant ainsi le risque de coliques.
  • Changement de lieu de vie : Les changements de lieu de vie, en particulier le passage du pâturage à la vie en box, seraient des facteurs de risque.
  • Changement d'activité : Les changements d'activité entraînent souvent des modifications de l'alimentation et du lieu de vie, qui peuvent augmenter le risque de coliques.
  • Niveau d'activité : Une activité intense ou l'inactivité peuvent accroître les risques de coliques.
  • Transports : Bien que non prouvé, le transport est un facteur de stress qui pourrait augmenter le risque de coliques.

Facteurs de risque liés à l'entretien du cheval

  • Personne s'occupant du cheval : Le risque de développer des coliques serait plus faible lorsque le propriétaire s'occupe lui-même de son cheval.
  • Parasitisme gastro-intestinal : Le parasitisme gastro-intestinal augmenterait le risque de coliques. L'efficacité des traitements antiparasitaires sur ce risque reste à évaluer.
  • État de la dentition : L'état de la dentition influence la prise alimentaire et son rendu physique, ce qui peut jouer un rôle dans l'apparition des coliques.

Facteurs de risque liés aux conditions climatiques

  • Modifications du climat : Les modifications climatiques seraient liées à l'apparition de coliques, bien que les données épidémiologiques soient contradictoires.

Facteurs de risque liés à l'alimentation et à l'abreuvement

  • Type d'aliment : La présence de concentrés dans la ration et la consommation de paille augmenteraient le risque de coliques.

Symptômes des coliques

Les coliques se manifestent par divers symptômes, dont l'intensité varie selon le cheval et sa sensibilité à la douleur. Les signes courants incluent :

  • Abattement
  • Position couchée plus fréquente que la normale
  • Refus de manger
  • Regard vers les flancs
  • Grattage du sol
  • Roulement violent et/ou répétitif
  • Piétinement du sol
  • Observation des flancs
  • Coups de pied ou morsures au ventre
  • Tient la tête dans une position inhabituelle
  • Repli répété de la lèvre supérieure
  • Transpiration
  • S'étire comme pour uriner
  • Position assise du chien
  • Allongé sur le dos
  • Dépression
  • Inappétence

Il existe une classification en 5 stades d’intensité de la douleur lors des coliques du cheval. Le cheval peut même être en état de dépression sévère.

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Outre ces signes comportementaux, l'examen clinique peut révéler :

  • Fréquence cardiaque augmentée (tachycardie) proportionnellement à la douleur
  • Muqueuses congestives (couleur rose foncé), liserées voire violacées en cas d'état de choc
  • Bruits intestinaux diminués voire absents
  • Déshydratation plus ou moins avancée

Diagnostic des coliques

Le diagnostic des coliques nécessite une évaluation approfondie par un vétérinaire. L'examen clinique comprend généralement :

  • Palpation transrectale : Permet de vérifier le bon positionnement ou le déplacement des intestins, en particulier du colon, ainsi que de juger de la distension gazeuse intestinale ou de détecter une masse.
  • Sondage naso-gastrique : Évalue le contenu de l'estomac pour déterminer l'état du transit (vidange gastrique normale, ralentie ou arrêt complet voire reflux).
  • Échographie : Complète la palpation transrectale en confirmant un déplacement du colon et en évaluant la distension et la motilité de l'intestin grêle.

Des examens complémentaires peuvent être nécessaires, tels que des analyses sanguines, une paracentèse abdominale et une échographie, pour évaluer la nécessité et l'urgence d'une chirurgie.

Traitement des coliques

Le traitement des coliques dépend de la cause sous-jacente et de la gravité des symptômes.

Traitement médical

En cas d'inconfort abdominal modéré, un traitement conservateur peut être mis en place :

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  • Retrait de tout accès à la nourriture (ou mise en place d'un panier de jeune)
  • Marche en main
  • Administration d'antalgiques simples (ex : noramidopyrine) après prescription vétérinaire

Le vétérinaire peut également administrer :

  • Des antispasmodiques et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour apaiser le transit et diminuer la douleur
  • De la morphine en cas de douleur intense
  • De la paraffine dans l'estomac via le sondage naso-gastrique

Traitement chirurgical

Si le traitement médical ne suffit pas ou si l'état du cheval est grave, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. L'opération consiste à ouvrir la cavité abdominale pour localiser la cause de la colique et, si possible, l'éliminer. Le vétérinaire examine les différentes parties de l'intestin et les autres organes abdominaux.

Le coût d'une telle intervention est élevé (en moyenne 5000€ à 15 000€) et implique une longue convalescence.

Exemples de causes et de traitements spécifiques

  • Ulcères gastriques : Fréquents, ils sont souvent peu intenses mais récidivants.
  • Impaction de l’iléon : Accumulation de particules alimentaires dans l’iléon. Traitement médical précoce (laxatifs, perfusions).
  • Hernie inguinale : Une partie de l’intestin passe au travers d’un des anneaux inguinaux et reste coincée. Nécessite une opération d’urgence.
  • Foramen épiploïque : l’intestin vient se coincer dans un petit orifice à l’intérieur de l’abdomen. Nécessite une opération d’urgence.
  • Iléus paralytique : Paralysie de l’intestin (occlusion intestinale sans obstruction physique).
  • Impaction : Surcharge du caecum ou du colon en particules solides.
  • Distension gazeuse : Souvent consécutive à un arrêt du transit.
  • Déplacement du colon à gauche ou à droite : Se résout avec un traitement médical dans 70% des cas environ.
  • Volvulus du gros colon : Torsion du gros colon sur lui-même. Colique la plus grave et la plus fulgurante.
  • Blocage de la vidange rectale : Le cheval n’arrive pas à évacuer les crottins.
  • Transit accéléré (diarrhée) : Spasmes douloureux.

Utilisation de la flunixine

La flunixine est un médicament utilisé pour soulager l'inflammation et la douleur chez les chevaux, notamment lors d'affections musculo-squelettiques et de coliques. Elle peut également être utilisée en complément du traitement de l'endotoxémie et du choc septique. La flunixine est administrée par voie intraveineuse ou intramusculaire, selon la condition à traiter. Il est important de respecter les doses prescrites par le vétérinaire et de prendre en compte les contre-indications et les précautions d'emploi de ce médicament.

Prévention des coliques

Bien qu'il soit impossible de supprimer complètement le risque de coliques, plusieurs mesures préventives peuvent être mises en place :

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  • Gestion de l'alimentation :
    • Respecter une durée minimale d’ingestion de 5 heures par jour avec au minimum 4 à 5 kg de foin par jour, si possible dans un filet à foin.
    • Fractionner la ration en plusieurs petits repas dans la journée.
    • Donner de l’eau à volonté, pas trop froide et de façon non brutale.
    • Respecter une transition alimentaire sur une semaine en mélangeant le nouvel aliment avec l’ancien.
    • Proscrire le blé qui favorise une forte fermentation.
    • Assurer une bonne conservation des aliments.
  • Exercice régulier : Favoriser les sorties régulières au pré pour éviter l'inactivité.
  • Gestion des parasites intestinaux : Mettre en place un programme de vermifugation adapté.
  • Compléments alimentaires : Pour les chevaux prédisposés aux coliques, des compléments peuvent soutenir et stimuler le transit.
  • Argile blanche : Anti-inflammatoire et antiseptique, elle permet de désinfecter, de prévenir l'inflammation et de renforcer la cicatrisation.
  • Psyllium : Régulateur de la fonction intestinale.
  • Levure de bière : Antibactérienne, elle régénère la flore intestinale.

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