L'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est devenu problématique à l'hôpital de Fougères, soulevant des questions sur le droit des femmes et l'organisation des services de santé publique. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation, notamment le départ à la retraite de personnel médical clé et l'invocation de la clause de conscience par des praticiens.
Contexte de la situation
Au début de l'année 2018, le départ à la retraite d'un gynécologue de l'hôpital de Fougères a mis en lumière des difficultés d'accès à l'IVG. Cette situation a été exacerbée par le fait que deux praticiens du service invoquent leur clause de conscience, les dispensant de pratiquer cet acte médical. Le Groupe féministe fougerais a exprimé son indignation face à cette situation, rejetant « l’excuse d’un départ en retraite » comme justification suffisante.
Clause de conscience et droit à l'IVG
La clause de conscience, inscrite dans le code de déontologie de la médecine, permet aux médecins de refuser de pratiquer un avortement. Cependant, des voix s'élèvent pour dénoncer l'utilisation de cette clause comme un frein à l'accès à l'IVG, un droit pourtant garanti par la loi française. Pour Céline Santo, du collectif féministe fougerais, « pratiquer un avortement chirurgical, cela devrait figurer dans la fiche de poste d'un gynécologue en hôpital public ». Son collègue, Yann Chauvière, estime « qu'on entend de plus en plus souvent cet argumentaire du côté des gynécologues, alors que l'accès à l'interruption volontaire de grossesse est un droit ».
Impact sur les patientes
La réduction du nombre de médecins pratiquant l'IVG a des conséquences directes sur les patientes. Selon Hélène Hocquard, membre du collectif féministe, « ce sont des femmes qui nous ont indiqué que l'hôpital les renvoyait sur Rennes ». David Chambon, directeur de l'hôpital de Fougères, reconnaît que chaque semaine « des patientes doivent être adressées à Rennes ». Il a conscience des difficultés dans son service : « Je comprend l'émoi du collectif. J'ai moi-même constaté cette difficulté, dès mon arrivée à la tête de l'établissement, en mai dernier ».
Données chiffrées et types d'IVG
Avant le départ du gynécologue, l'hôpital réalisait en moyenne quatre à cinq avortements chirurgicaux par mois. Ce nombre a diminué, avec seulement un à deux actes pratiqués mensuellement grâce à un médecin à temps partiel. Toutefois, il est important de noter que « l’IVG médicamenteuse est toujours possible à Fougères ». L’IVG médicamenteuse peut se faire par prise de médicaments jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse soit 9 SA.
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Solutions envisagées
Face à cette situation, la direction de l'hôpital de Fougères cherche des solutions. David Chambon souhaite développer un réseau de médecins libéraux pour assurer des vacations au sein de l'hôpital, en lien avec le CHU de Rennes. Il précise que l’hôpital va mettre en place un réseau compétent grâce à des médecins libéraux « formés à cet acte simple ». Il ajoute : « Nous sommes un service public, il faut qu’on puisse répondre à la demande ».
Numéro de téléphone dédié
En attendant la mise en place de solutions pérennes, un numéro de téléphone dédié a été mis en place depuis le mois de juillet. Des sages-femmes de l'hôpital répondent du lundi au vendredi de 9h à 17h au 02.99.17.71.69. Ce service permet d'orienter et d'informer les femmes sur les différentes options possibles.
Autres services proposés par l'hôpital
Bien que l'accès à l'IVG soit un enjeu majeur, il est important de rappeler que l'hôpital de Fougères propose d'autres services de gynécologie, tels que :
- Echographie pelvienne
- Colposcopie: La colposcopie est un examen non douloureux qui consiste à observer le col à l’aide d’un microscope après application de 2 colorants et à réaliser si besoin une ou plusieurs biopsies.
- Prise en charge du Prolapsus : un prolapsus est une descente d’organe par le vagin.
- Chirurgie laparoscopique (coelioscopie): qui se réalise par le biais de petites incisions de 5mm à 1cm avec une récupération rapide.
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