Le système immunitaire du nourrisson, encore immature, est un sujet crucial en matière de santé infantile. Comprendre son développement, ses vulnérabilités et les moyens de le soutenir est essentiel pour assurer une croissance saine et protégée contre les infections. Cet article explore en profondeur le fonctionnement du système immunitaire du nourrisson, les facteurs qui l'influencent et les stratégies pour le renforcer.

Qu'est-ce que le système immunitaire et comment fonctionne-t-il ?

Les défenses immunitaires, également appelées système immunitaire, sont un ensemble complexe de mécanismes biologiques qui protègent l'organisme contre les agents pathogènes, tels que les bactéries, les virus, les champignons et les parasites. Le système immunitaire a pour rôle de détecter, combattre et éliminer ces envahisseurs afin de maintenir la santé de l'organisme.

Le système immunitaire se divise en deux composantes principales :

  • L'immunité innée : C'est la première ligne de défense de l'organisme, présente dès la naissance. Elle réagit rapidement et de manière non spécifique à tout agent pathogène rencontré.
  • L'immunité adaptative : Elle se développe au cours de la vie, après la rencontre avec un microbe ou grâce à la vaccination. Elle apprend à reconnaître des agents précis et garde en mémoire ceux déjà rencontrés, pour réagir plus vite lors d’une nouvelle exposition. Grâce à cette mémoire, le système immunitaire acquis peut produire une réponse rapide et efficace si le même microbe se présente à nouveau.

Pourquoi le système immunitaire du nourrisson est-il immature ?

À la naissance, le système immunitaire du nourrisson est encore en développement. Plusieurs facteurs expliquent cette immaturité :

  • Système immunitaire silencieux à la naissance : Cela semble nécessaire pour éviter que le fœtus réponde aux antigènes non partagés de la mère et, une fois le bébé né, pour éviter une réponse immédiate à la grande avalanche d’antigènes qu’il rencontrera dans son environnement.
  • Déficience des neutrophiles : Les neutrophiles, des cellules immunitaires importantes, ont une faible capacité bactéricide, une faible réponse à l’inflammation et aux stimuli chimiques, ainsi qu’une adhérence endothéliale réduite chez les nourrissons.
  • Prédominance de la voie Th2 : Il existe une prédominance de la voie Th2 à la naissance et un défaut de Th1 par manque de maturité. Tout l’enjeu de l’accompagnement de la maturation du système immunitaire sera de tendre vers un équilibre Th1/Th2.

En conséquence, les enfants sont souvent plus sensibles aux infections. Le manque de capacité du système immunitaire infantile à se défendre contre les agents pathogènes de l’environnement explique la fréquence des infections virales ou bactériennes répétées chez les enfants.

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Comment le système immunitaire du bébé se met-il en place ?

Le système immunitaire acquis [2], lui, se développe au cours de la vie, après la rencontre avec un microbe ou grâce à la vaccination. Il apprend à reconnaître des agents précis et garde en mémoire ceux déjà rencontrés, pour réagir plus vite lors d’une nouvelle exposition.

Ainsi, il va apprendre à reconnaître et mémoriser les antigènes rencontrés (c’est-à-dire des substances étrangères à l’organisme contre lesquelles le système immunitaire déclenche une réponse de défense [2]), pour pouvoir par la suite les combattre de manière plus rapide et efficace. Ainsi, malgré les apparences, rencontrer des virus et bactéries est plutôt positif pour la santé des enfants.

Le rôle du microbiote intestinal dans le développement immunitaire

On le sait aujourd’hui : l’installation du microbiote joue un rôle fondamental dans l’établissement d’un système immunitaire robuste chez l’enfant et l’adulte en devenir. Pendant longtemps, on a pensé que le fœtus in utero évoluait dans un environnement stérile. Or, le placenta laisse passer des micro-organismes qui colonisent petit à petit le futur bébé.

Cette première “flore” physiologique encore peu diversifiée est dépendante de celle de la maman. L’accouchement par voie basse est un moment important pour le lancement du microbiote car le bébé est en contact direct avec les bactéries vaginales et fécales de la mère. Lors d’une césarienne, le bébé sera moins exposé mais exposé tout de même, notamment aux germes de l’environnement. La diversification alimentaire est un troisième grand temps dans l’installation d’un microbiote sain et robuste dans le temps. L’objectif durant cette période est d’introduire petit à petit un large panel d’aliments selon l’âge de l’enfant.

Les faiblesses du système immunitaire en automne et en hiver

Pendant l'automne et l'hiver, le système immunitaire peut présenter certaines faiblesses, pour plusieurs raisons :

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  • Moins d'expositions au soleil : La réduction de l'exposition au soleil diminue la synthèse de la vitamine D, liée à la fonction immunitaire. Un faible taux de vitamine D peut affaiblir la réponse immunitaire.
  • Des températures froides : Les températures froides peuvent affaiblir les muqueuses du nez et de la gorge, rendant plus facile l'entrée des virus respiratoires.
  • Moins de fruits et légumes frais : Les saisons froides peuvent limiter l'accès aux fruits et légumes frais, ce qui peut réduire l'apport en vitamines et minéraux essentiels.
  • Concentration en espaces clos : On passe plus de temps à l'intérieur, favorisant la propagation des virus. La proximité accrue dans des espaces clos augmente le risque d'infections.

Comment soutenir le système immunitaire d'un enfant ?

Plusieurs actions peuvent être mises en place au quotidien pour soutenir le système immunitaire de son bébé ou de son enfant en bas âge :

  • L’allaitement maternel : L'allaitement offre des anticorps et renforce le système immunitaire du nourrisson. L’OMS recommande un allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois et la poursuite de l’allaitement (avec une alimentation complémentaire appropriée) jusqu’à 2 ans ou plus4. Le lait maternel contient de nombreux anticorps, qui aident notre tout-petit à développer son système immunitaire. L’allaitement favorise en effet le transfert d’immunoglobulines A (IGa), qui permet à bébé de se protéger des infections digestives et respiratoires.
  • Une alimentation équilibrée : Favorisez une alimentation riche en fruits (vitamine C), légumes, céréales complètes et protéines pour fournir les vitamines et autres nutriments essentiels. Une alimentation variée et saine peut contribuer au bon développement du système immunitaire. Les intestins interviennent en effet à raison de 70% dans les défenses de votre enfant. Le développement de la flore intestinale Une bonne alimentation est essentielle dès le début de la vie de votre bébé, et ce pour soutenir au mieux le développement de sa flore intestinale. Des nutriments tels que les vitamines A, C et D sont très bénéfiques pour le système immunitaire.
  • Le contact régulier avec la nature : Il s’agit là d’un outil gratuit et disponible à tous. Pourtant nous passons tous trop peu de temps en nature alors que les bienfaits sont connus et reconnus par la science notamment sur l’humeur et l’inflammation. Des pratiques ludiques telles que l’earthing peuvent se pratiquer en famille. Il s’agit tout simplement de se connecter physiquement à la terre en y marchant pieds nus, ou en s'y allongeant. S’approcher des cascades qui libèrent de grandes quantités d’ions négatifs est également excellent pour notre santé en plus de participer à l’éducation des enfants.
  • Une bonne hygiène de vie : Le mode de vie et le respect des besoins fondamentaux de l’enfant sont la base dans l’établissement d’une bonne santé. Beaucoup d’enfants présentent des carences ou subcarences en micronutriments essentiels à leur bon développement, notamment en fer, zinc, et vitamine D. Le premier réflexe sera de s’assurer que l’alimentation couvre les besoins de l’enfant.
  • L'activité physique : Saviez-vous que 37 % des 6-10 ans n’atteignent pas les recommandations en matière d’activité physique journalière ? Et que ce chiffre passe à 73 % chez les 11-17 ans ? ! En termes d’activité physique chez les jeunes, la France se positionne à la 119e place sur 146 pays, une triste statistique. Il est certain qu’il existe de vraies inégalités entre les catégories socioprofessionnelles : les CSP+ sont moins exposées à la sédentarité que les autres. Néanmoins, les parents ont un rôle de modèle extrêmement important dans l’éducation au mouvement : on sait aujourd’hui que les enfants ayant eu des parents sédentaires entre 5 et 8 ans, seront sédentaires plus tard !

L'importance de la vaccination

Le pédiatre conseille aussi de vacciner son bébé puisque, rappelle-t-il, « la vaccination n’atténue pas le système immunitaire. Au contraire, elle a pour but de le stimuler ». Grâce à cette mémoire, le système immunitaire acquis peut produire une réponse rapide et efficace si le même microbe se présente à nouveau, ce qui permet d’être protégé contre certaines maladies après les avoir eues ou après une vaccination. Ainsi, il va apprendre à reconnaître et mémoriser les antigènes rencontrés (c’est-à-dire des substances étrangères à l’organisme contre lesquelles le système immunitaire déclenche une réponse de défense [2]), pour pouvoir par la suite les combattre de manière plus rapide et efficace. Ainsi, malgré les apparences, rencontrer des virus et bactéries est plutôt positif pour la santé des enfants. Les maladies infantiles sont souvent d’origine virale et très contagieuses [4]. Certaines infections comme la rougeole, la rubéole ou la coqueluche peuvent être prévenues grâce à la vaccination [4].

Compléments alimentaires d’origine naturelle

Il existe différents compléments alimentaires pour aider à soutenir le fonctionnement du le système immunitaire des enfants. Il est recommandé de demander des conseils auprès de votre médecin ou professionnel de santé.

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