L'allaitement maternel est bien plus qu'une simple source de nutrition pour le nouveau-né. Il joue un rôle crucial dans le développement et le renforcement de son système immunitaire, offrant une protection inégalée contre diverses infections et maladies.
Le Lait Maternel : Un Bouclier Immunitaire Naturel
Le lait maternel est un véritable concentré de substances protectrices. Lorsqu’elles allaitent, les femmes transmettent aux enfants des « anticorps maternels », de précieuses molécules aidant leurs défenses immunitaires encore fragiles à se renforcer jour après jour. Ces anticorps, notamment les IgA, veillent à défendre les cellules des muqueuses et de l’épiderme contre les agents pathogènes tels que les virus, les bactéries et les champignons.
Outre les anticorps, le lait maternel est riche en protéines, dont la lactoferrine. Cette protéine favorise une meilleure absorption du fer, diminue le risque infectieux et protège le microbiote intestinal du bébé. Il est important de noter que le colostrum, le premier lait produit après l'accouchement, est particulièrement riche en lactoferrine, avec une concentration d'environ 7 grammes par litre. La tétée de bienvenue, grâce à la richesse du colostrum, est donc extrêmement bénéfique pour la protection immunitaire du nouveau-né.
Les IgG : Des Anticorps Clés pour l'Immunité Intestinale
Une étude menée par l'équipe de pédiatres de la Weill Cornell Medicine (New York) a mis en lumière le rôle des anticorps IgG présents dans le lait maternel. Ces anticorps contribuent à façonner les bactéries intestinales et l'immunité des nourrissons. Le transfert de ces IgG via le lait maternel aide considérablement les enfants à se défendre contre les maladies diarrhéiques induites par les infections.
La recherche suggère que stimuler par un traitement ces anticorps « produits naturellement » chez les mères pourrait renforcer l'immunité des nourrissons contre les agents pathogènes bactériens qui causent des maladies gastro-intestinales infectieuses. L'étude s'est concentrée sur les anticorps IgG, qui participent à l'élimination des bactéries et virus infectieux.
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Les chercheurs ont démontré sur un modèle murin que ces anticorps IgG sont transférés du sang de la mère à son lait maternel et, via l’allaitement, protègent les jeunes souris de l’équivalent de la bactérie E. coli chez l'Homme (Citrobacter rodentium chez la souris), responsable d’infections intestinales dangereuses. Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes pour les bébés prématurés, qui ont un risque élevé de maladies diarrhéiques.
L'Allaitement : Un Investissement pour l'Avenir Immunitaire du Bébé
Après sa naissance, le bébé est confronté à un environnement nouveau et potentiellement hostile, avec un système immunitaire encore immature. L'allaitement maternel constitue un soutien essentiel pour ses trois barrières de défense, contribuant au développement d'une immunité renforcée et autonome.
C'est en s'exposant aux virus et bactéries qu'un bébé va pouvoir créer des anticorps. Les maux de bébé comme les rhumes, la rhinopharyngite, la gastro-entérite ou l’otite, pouvant s’accompagner ou non de poussées de fièvre, de certaines douleurs et parfois de pleurs sont notamment très courants. La fièvre accompagne très souvent ces épisodes infectieux et représente une source d’inquiétude pour les parents. Rappelons que la fièvre est une manifestation normale de l’organisme servant à augmenter ses mécanismes de défenses pour faire face à une situation particulière. On la rencontre fréquemment dans les poussées dentaires.
Les Multiples Bienfaits de l'Allaitement : Au-Delà de l'Immunité
L’allaitement, pour votre bébé ou pour votre propre santé, ça n’a que du bon ! L'allaitement maternel offre de nombreux avantages, tant pour le bébé que pour la mère.
Pour le Bébé :
- Immunité Inégalée : Le lait maternel procure à l’enfant une immunité inégalée contre les bactéries et les virus. En allaitant, la mère transmet ses propres anticorps à l’enfant : les IgA (Immunoglobulines A), dont est particulièrement chargé le colostrum. Ces éléments rendent la muqueuse de l’intestin du bébé imperméable aux agents infectieux. Les bénéfices innombrables du lait maternel sur la santé des enfants allaités sont proportionnels à la durée de l’allaitement. L’allaitement apporte aussi une protection significative contre les otites, rhino-pharyngites, angines et laryngites, sans compter les bronchiolites. L’allaitement préviendrait également l’asthme sous réserve qu’il soit exclusif et prolongé au moins 4 mois. A plus long terme, il diminue les risques de cancer et de diabète infantiles.
- Nutrition Optimale : Aucun supplément artificiel ne peut copier les nutriments contenus dans le lait maternel, ni les bienfaits qu’il procure. Le lait de la mère est une combinaison unique d’acides gras, de sucre, de minéraux, de protéines, de vitamines et d’enzymes, qui favorise la croissance optimale du cerveau et du corps du bébé. Qui plus est, il s’adapte dans sa composition au fil des mois, et même au fil de la tétée : d’abord la boisson, eau et sels minéraux, dotée de petites protéines maternelles sucrantes, anti-infectieuses et enzymatiques, et le lactose. Puis les caséines et les graisses. Le lait maternel serait aussi extrêmement bénéfique au développement cérébral du nourrisson, de par sa richesse en « bonnes graisses », les acides gras essentiels, oméga 3 et oméga 6.
- Lien Affectif : L’allaitement est LA nourriture affective par excellence. En procurant à l’enfant la sécurité émotionnelle d’un contact rapproché, le lien mère-enfant s’affirme. Certaines mères font également du peau à peau pour encore l’optimiser. Pour les psychanalystes, l’allaitement au sein permettrait aussi les premières semaines de faciliter le passage de la vie in utero à la vie post-natale. On parle d’ailleurs de quatrième trimestre de grossesse pour évoquer les trois premiers mois de vie avec un bébé, tant le besoin de fusion est réel et bénéfique, pour le bébé comme pour sa maman.
- Prévention de l'Obésité : Le caractère « anti-obésité » du lait maternel est un fait avéré. D’après des études britanniques, l’allaitement maternel poursuivi pendant au moins six mois réduit le risque de surpoids de plus de 30 % et celui d’obésité de plus de 40 %. Car les lipides contenus dans le lait de la mère freinent la multiplication des cellules pendant les premières années de l’enfant. Ce phénomène s’explique par le fait que dans le cas d’un allaitement au sein, l’enfant est le plus souvent nourri à la demande.
- Réduction des Allergies : Plus l’allaitement est long, plus le risque d’allergie est modéré chez l’enfant. D’après une étude finlandaise, seulement 8 % des adolescents ayant été allaités plus de six mois souffraient d’allergies, contre 23 % de ceux allaités entre 1 et 6 mois et 54 % de ceux non allaités ou seulement moins d’un mois.
- Effet Calmante : La tétée au sein comble est un besoin affectif autant que nutritif : certaines tétées sont des « tétées-câlins », bien plus que des repas ! La tétée est un extraordinaire calmant, à la fois antidouleur, anxiolytique et sédatif. Cela, aucun biberon ni aucune tétine ne peut le remplacer.
Pour la Mère :
- Économie : A comparer avec le coût moyen d’un an de boîtes de lait artificiel (environ 600 euros), auquel s’ajoute le coût total annuel du matériel annexe (biberons, tétines, eau, stérilisateur, électricité), entre 75 et 90 euros. Sans compter les économies en soins médicaux ! Certes, l’allaitement peut nécessiter quelques achats : soutien-gorge d’allaitement, éventuellement des coussinets.
- Commodité : Le lait maternel est toujours frais, stérile (même lorsque la mère souffre d’une maladie virale), à la bonne température et au bon dosage. Il est disponible sur-le-champ, n’importe où et n’importe quand. Pas la peine de s’inquiéter des quantités que boit bébé, pas d’angoisse du biberon à peine entamé : si bébé se retire du sein et semble repu, c’est qu’il a eu sa ration. Même pas la peine d’être présente en permanence : vous pouvez utiliser un tire-lait (à louer ou à acheter en pharmacie).
- Récupération Post-Partum : La tétée précoce et les contractions utérines (parfois appelées des tranchées) diminuent les risques d’hémorragie et aident l’utérus à reprendre plus vite sa taille, sa forme et sa tonicité initiales. Et donc à retrouver plus rapidement un ventre plat. Un atout de plus pour une femme qui a subi une césarienne. De plus, l’allaitement peut nous faire brûler jusqu’à 500 kcal par jour. En sollicitant l’organisme de la mère, le processus de lactation puise dans certaines réserves disponibles. D’où une perte de poids qui peut être accélérée, surtout si on allaite longtemps. Les femmes qui donnent le sein retrouvent en général leur ligne plus vite que celles qui n’allaitent pas.
- Prévention du Cancer : Les études récentes montrent que l’allaitement contribue à faire diminuer de près de moitié les risques de cancer du sein. Plus longue serait la durée totale d’allaitement, meilleure serait la protection (le risque serait réduit des deux tiers pour celles qui auraient allaité en tout six ans et plus). Il a aussi un rôle préventif des cancers de l’ovaire, de l’ostéoporose à la ménopause, ainsi que des infections urinaires et de l’endométriose.
Conseils pour un Allaitement Réussi
- Surmonter les avis souvent défaitistes : Ceux des proches, voire, encore trop souvent, du corps médical. La nature vous a donné deux seins, non ? Personne ne doit nous dicter nos choix en la matière.
- Impliquer son ou sa partenaire : D’une part, il ou elle vous apporte un soutien psychologique sans faille, d’autre part, il doit vous seconder de près. Vous devez lui déléguer tout ou une partie de l’intendance de la maison, pour vous consacrer à l’essentiel, prendre soin de vous : manger, dormir et allaiter. Il existe d’autres associations par ailleurs. Vous trouverez leurs coordonnées sur vanillamilk.fr
- En cas de difficulté, se tourner vers une consultante en lactation : Plusieurs d’entre elles exercent sur le territoire français et certaines proposent des téléconsultations. La crainte habituelle des futures mères : « Aurai-je assez de lait ? » est encore plus vive quand il s’agit de jumeaux. Pas de souci : plus les bébés tèteront, plus vous aurez de lait. Si les bébés, trop faibles, ont du mal à prendre le sein ou si vous vous sentez trop fatiguée, vous pouvez préférer tirer votre lait pour être secondée par votre partenaire pour quelques tétées. Astuce : mettre les deux bébés au sein le moins productif et tirer votre lait de l’autre. Le sein doublement sollicité se remplira dans la demi-heure suivant la tétée de l’un pour nourrir l’autre. Si malgré tout vous n’y arrivez pas, vous pouvez choisir de passer dès le départ à l’allaitement mixte. Vous pouvez aussi avoir des problèmes de crevasses, mais pas plus que lors d’un allaitement simple. Néanmoins, rythme des tétées oblige, le temps de pose des crèmes réparatrices est parfois trop court pour qu’elles agissent bien. Là encore, c’est un choix personnel. Certaines mères préféreront n’allaiter qu’un bébé à la fois. A certains moments, il est plus facile d’allaiter séparément (si un bébé a du mal à prendre le sein, ou en public) ou plus satisfaisant (si on veut avoir une relation privilégiée avec l’un des bébés). Dans ce cas, pour chaque tétée, instaurez un ordre selon l’état de satiété de chacun. Observez bien chaque réaction. Si l’un préfère s’endormir au sein, laissez-le téter en dernier. A d’autres moments, l’allaitement simultané est bien commode (quand les bébés ont faim en même temps !). Proposer alternativement un sein à chaque bébé peut être utile quand ils ont deux succions très différentes, pour éviter les engorgements.
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