La question de l'allongement du congé paternité en France suscite un vif débat, oscillant entre nécessité d'égalité parentale et contraintes économiques. Cet article explore les différentes facettes de cette discussion, en s'appuyant sur les arguments de divers acteurs politiques et sociaux, notamment Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes.
La demande d'un allongement du congé paternité
L'idée d'allonger le congé paternité a gagné en popularité ces dernières années. À l'occasion de la fête des pères, une tribune publiée sur le site Histoires de papas par dix hommes a relancé le débat sur l'allongement du congé paternité. En moyenne, en Europe, la durée du congé paternité est de 1,4 semaine.
Marlène Schiappa et l'étude de l'allongement du congé paternité
Marlène Schiappa a abordé cette question dans le cadre d'un débat plus large sur l'harmonie entre vie professionnelle et vie familiale. Elle a annoncé que l'allongement du congé paternité était à l'étude, soulignant la nécessité d'évaluer l'impact d'une telle mesure sur l'égalité femmes-hommes. Elle a justifié cette étude par le fait que les mêmes lois peuvent produire des effets différents selon les pays.
Selon Marlène Schiappa, il est important d'entreprendre un état des lieux pour savoir qui prend son congé paternité et comment. Les chiffres actuels ne sont pas entièrement précis, car certains pères ne prennent pas leur congé paternité en raison d'une rémunération insuffisante ou préfèrent utiliser des RTT ou des vacances. Il est donc nécessaire de chiffrer le coût d'un allongement et d'une meilleure rémunération du congé paternité, et d'évaluer la demande réelle. Elle a constaté une forte demande de la part des femmes pendant la campagne présidentielle, mais moins de la part des hommes, qui méconnaissent souvent leurs droits familiaux. Son objectif est d'informer les mères et les pères de leurs droits au travail grâce à un outil accessible sur Internet.
Les arguments en faveur de l'allongement du congé paternité
Plusieurs arguments sont avancés en faveur de l'allongement du congé paternité.
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- Favoriser l'égalité femmes-hommes : Un congé paternité plus long permettrait aux pères de s'impliquer davantage dans les soins aux enfants dès les premiers jours, réduisant ainsi la répartition inégale des tâches parentales et ménagères qui pénalise souvent les femmes dans leur carrière professionnelle.
- Améliorer la santé de la mère et de l'enfant : La présence du père auprès de la mère et de l'enfant pendant les premières semaines suivant la naissance peut réduire les risques de mortalité infantile et de dépression post-partum.
- Encourager l'engagement paternel : Un congé paternité plus long et mieux rémunéré inciterait davantage de pères à prendre ce congé, favorisant ainsi un engagement paternel plus important et durable.
- Répondre aux attentes des nouvelles générations : Les jeunes pères sont de plus en plus nombreux à souhaiter s'impliquer davantage dans la vie de leurs enfants et à bénéficier d'un congé paternité plus long.
Les arguments contre l'allongement du congé paternité
Malgré les avantages potentiels, l'allongement du congé paternité suscite également des réserves.
- Coût financier : L'allongement du congé paternité représente un coût important pour les finances publiques, estimé à au moins 150 millions d'euros selon l'Igas.
- Effet inverse : En France, les politiques familiales obligatoires peuvent parfois produire l'effet inverse de celui recherché, comme cela a été observé avec le partage obligatoire du congé parental.
- Freins culturels : Des freins culturels peuvent encore empêcher certains pères de prendre un congé paternité, par peur d'être mal vus par leur employeur ou leurs collègues.
Propositions pour une réforme des congés de parentalité
Face à ces enjeux, plusieurs propositions ont été avancées pour réformer les congés de parentalité.
- Création d'un "congé de naissance obligatoire du père" : Ce congé, d'une durée égale à celui de la mère (2 semaines, prolongeable sur avis médical), permettrait d'assurer la présence du père auprès de la mère et de l'enfant dès les premiers jours.
- Mise en place d'un "congé parental d'accueil" de 8 semaines pour le père : Ce congé, rémunéré par la Sécurité Sociale, ne pourrait être pris que lorsque la mère a repris le travail, favorisant ainsi l'alternance et l'égalité des responsabilités parentales.
- Amélioration de l'information sur le congé parental d'éducation : Il est essentiel de mieux informer les salariés, notamment les hommes, sur ce dispositif qui leur permet de suspendre leur carrière pour un temps long, sans rémunération mais avec la garantie de retrouver leur emploi à leur retour.
L'engagement du gouvernement
Marlène Schiappa a réaffirmé l'engagement du gouvernement à allonger le congé paternité d'ici la fin du quinquennat. Elle a souligné que cette volonté est partagée par de nombreux membres du Parlement et que cette mesure s'inscrirait dans la continuité de la grande cause du quinquennat pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Elle a également mentionné que plusieurs membres du gouvernement se sont dits favorables à une inscription dans la loi d'un allongement du congé paternité, évoquant de le porter à un mois.
Le congé paternité obligatoire : une solution pour l'égalité ?
La question de rendre le congé paternité obligatoire divise. Marlène Schiappa a souligné qu'en France, lorsque des politiques familiales sont rendues obligatoires, cela peut parfois entraîner un effet de rejet. Elle a cité l'exemple du partage du congé parental, qui n'a pas conduit à une augmentation du nombre de pères qui l'ont pris.
Cependant, d'autres voix s'élèvent pour défendre l'idée d'un congé paternité obligatoire, arguant que cela permettrait de lutter contre les discriminations et de garantir une meilleure répartition des responsabilités parentales.
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