Marianne Crebassa, née le 14 décembre 1986 à Béziers, est une mezzo-soprano française dont le talent et l'engagement artistique l'ont propulsée sur la scène lyrique internationale. Son parcours, marqué par une solide formation musicale et des choix audacieux, témoigne d'une personnalité riche et d'une passion communicative pour l'art lyrique.

Formation musicale et débuts

Marianne Crebassa a commencé son éducation musicale par le piano à l'école de musique d'Agde et au conservatoire de Sète. Elle a ensuite poursuivi ses études au Conservatoire de Montpellier, où elle a commencé à apprendre le chant, tout en obtenant un diplôme de musicologie à l'Université de Montpellier. C'est à l'Opéra de Montpellier qu'elle fait ses premiers pas sur scène en 2008, dans Manfred de Schumann, sous la direction d'Hervé Niquet. Remarquée par René Koering, Directeur du Festival de Radio France et Montpellier, elle y interprète des œuvres rares telles que Fedra de Pizzetti et Zaira de Bellini.

Ascension à l'Opéra de Paris et reconnaissance internationale

Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'elle est engagée par l'Opéra de Paris. Durant la saison 2011/2012, Marianne Crebassa apparaît en Décoratrice dans Lulu de Berg à Bastille et chante Ramiro dans La Fausse Jardinière, production de l’Atelier Lyrique. En 2012, le rôle d’Irène lui est attribué dans Tamerlano de Haendel (sous la baguette de Marc Minkowski), pour ses débuts au Festival de Salzbourg. Lors de la saison 2013/2014, elle chante le rôle de la coquette Dorabella dans Cosi fan tutte à Montpellier et de Siébel dans Faust à Amsterdam. En parallèle, elle continue sa collaboration avec l’Opéra de Paris, où elle interprète Kate Pinkerton dans Madame Butterfly de Puccini. En 2014, elle crée le rôle Charlotte Kann de Charlotte Salomon (Marc-André Dalbavie) : sa prestation est appréciée par le public de Salzbourg.

Rôles marquants et consécration

En 2015, elle campe le rôle-titre de Fantasio d'Offenbach en version concert au Festival de Montpellier, et fait ses débuts à La Scala en Cecilio dans Lucio Silla. Elle prend ensuite le rôle de Cherubino dans Les Noces de Figaro à l'Opéra d'Etat de Berlin, rôle qui lui ouvre les portes de nombreuses maisons internationales, notamment celles de l'Opéra de Vienne en 2016. Cette année-là, elle interprète Stephano dans Roméo et Juliette pour sa première apparition à Chicago. Puis, elle prend le rôle-titre de L’Enfant et les sortilèges de Ravel à La Scala. En 2017, elle est sacrée Artiste lyrique aux Victoires de la Musique Classique, une reconnaissance prestigieuse de son talent. La même année, elle chante Sesto dans La Clémence de Titus de Mozart à l'Opéra de Paris et reprend Fantasio pour ses débuts à l'Opéra Comique.

En 2018, elle incarne le rôle-titre féminin de Pelléas et Mélisande (Debussy) à l'Opéra d'Etat de Berlin, puis celui de La Cenerentola à l'Opéra de Paris. Persévérant dans le répertoire rossinien, elle prend le rôle de Rosina dans Le Barbier de Séville à l'Opéra d'Etat de Berlin en 2019, année où elle s'attelle également, dans un autre répertoire, au rôle-titre d'Ariodante à Bordeaux.

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Un répertoire varié et un engagement artistique

Marianne Crebassa se distingue par la diversité de son répertoire, qui s'étend du baroque au contemporain. Elle aborde avec la même aisance les rôles travestis (Hosenrollen), les personnages comiques et les figures tragiques. Son premier album solo, Oh Boy!, est un hommage aux Hosenrollen, ces adolescents rebelles de l'opéra, dont elle est une interprète aguerrie.

Son engagement artistique se manifeste également par sa participation à des créations contemporaines. En 2023, elle tient la tête de distribution de Picture a day like this, un opéra de George Benjamin sur un livret de Martin Crimp, créé au Festival d'Aix-en-Provence.

L'Affaire Fantasio à l'Opéra Comique

En 2017, Marianne Crebassa a incarné Fantasio dans l'opéra éponyme d'Offenbach à l'Opéra Comique. Cette production marquait la réouverture de l'Opéra Comique après deux ans de travaux. Le rôle, initialement prévu pour un ténor, a été adapté pour la mezzo-soprano. Pour Marianne Crebassa, cette aventure est exaltante : « Il s’agit de créer un rôle que personne n’a entendu (…), une œuvre fraîche et envoûtante, qui mêle le théâtre et le chant (…), un opéra sous-tendu par des valeurs nobles, notamment la paix et l’harmonie, le rassemblement (…). Il va falloir apprendre à lâcher le chant pour que je me consacre aussi au jeu, nourrir l’opéra, la phrase, trouver les nuances et les couleurs vocales et gestuelles, les justes vocalises, émanations de la pensée ».

La production de Fantasio s'inscrivait dans une démarche singulière de l'Opéra Comique, visant à créer un laboratoire réunissant spectateurs, élèves et interprètes autour du metteur en scène Thomas Jolly. Les productions de l’Opéra Comique seront ainsi « co-réinventées », depuis la découverte des œuvres, jusqu’à leur présentation sur scène, en passant par la mise en scène, les costumes, la scénographie, le jeu. "L’Affaire" Fantasio teste ce dispositif inédit en France, véritable expérimentation, et « Chroniques d’un opéra » devient une opportunité d’échanges de points de vue, de cultures, d’approches, mais aussi de transmission. Pour Olivier Manteï « Il est temps de changer le modèle de production de l’Opéra, pour alterner le chanter et le parler, au travers de périodes de travail fragmentées, et de proposer une expérience progressive ».

Collaborations et influences

La carrière de Marianne Crebassa est jalonnée de rencontres artistiques marquantes. Elle a notamment travaillé avec des chefs d'orchestre de renom tels que Marc Minkowski, et des metteurs en scène comme Dominique Pitoiset et Thomas Jolly. Elle a également partagé la scène avec des artistes de talent tels que Fazil Say.

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Son parcours est également marqué par l'influence de René Koering, qui l'a repérée à Montpellier et lui a offert ses premières opportunités. Elle étudie toujours avec son professeur du Conservatoire de Montpellier, le contreténor Nicolas Domingues. "Je vais le voir une fois par mois pour faire le point, régler des problèmes techniques, surveiller l’évolution de ma voix qui ne trouvera sa maturité que vers 30 ans. Je me fie à son oreille, à son expertise pour savoir quels rôles aborder." René Koering confirme : "Elle est prudente mais n'a pas peur." Selon lui, Marianne Crebassa "est gentille, intelligente, jolie, bonne musicienne et a une voix somptueuse de vrai mezzo-soprano. Elle a donc tout pour faire une grande carrière".

Un avenir prometteur

Avec sa voix riche et expressive, sa présence scénique captivante et son intelligence musicale, Marianne Crebassa est promise à une brillante carrière. Son parcours témoigne d'une passion inébranlable pour l'art lyrique et d'une volonté constante de se renouveler et d'explorer de nouveaux horizons. Elle est sans conteste l'une des voix les plus prometteuses de sa génération.

La jeune mezzo-soprano française, 24 ans, sera Orphée dans "Orphée et Eurydice", de Gluck, dans une production de l'Atelier lyrique de l'Opéra de Paris Marianne Crebassa : ce nom vous est sûrement encore inconnu. Il l'était pour beaucoup de spectateurs, le 14 juillet 2010, au Corum de Montpellier, lors du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon. Ce soir là, au début de l'acte III du rare opéra Les Hauts de Hurlevent, de Bernard Herrmann (1911-1975), le grand compositeur américain des films d'Hitchcock, on entendit d'abord une jeune et jolie pianiste jouer magnifiquement un solo mélancolique et langoureux, sur le côté de la scène. Puis on la vit se lever, se diriger vers un pupitre au-devant de la scène et entonner un air d'une voix large, riche, sombre et magnifique, avant de continuer en s'accompagnant elle-même, ainsi que le prescrit la partition. L'effet de surprise fut marquant. Et plus encore quand on apprit que Marianne Crebassa était française, qu'elle n'avait que 24 ans et venait tout juste de passer son prix de chant au Conservatoire de Montpellier et de terminer ses études universitaires de musicologie… Quelques mois plus tard, alors qu'elle était déjà inscrite sur les listes d'un grand agent de concert, IMG, la chanteuse préférait renoncer à des engagements divers et intégrer les rangs de l'Atelier lyrique de l'Opéra national de Paris. Après sept mois de travail, quelques concerts et spectacles de répertoires divers, la jeune Française sera, en alternance avec Alisa Kolosova, l'Orphée de l'Orphée et Eurydice de Gluck que présente l'Atelier lyrique en coréalisation avec la MC93, la Maison de la culture de Bobigny. Une production professionnelle, mise en scène par Dominique Pitoiset et Stephen Taylor et dirigée par Geoffroy Jourdain. L'ensemble de cette production est d'essence pédagogique puisque la partie chorale est tenue par le Jeune choeur de Paris (fondé par Laurence Equilbey et Geoffroy Jourdain et intégré au département supérieur pour jeunes chanteurs du Conservatoire à rayonnement régional de Paris) et la partie instrumentale par l'Orchestre-Atelier OstinatO, fondé par Jean-Luc Tingaud. C'est en fait pour Marianne Crebassa son premier grand rôle sur scène. "J'ai eu la chance d'être remarquée, à Montpellier, par le surintendant de la musique René Koering, qui m'a confié de petits rôles, se souvient-elle. Je me sentais prête vocalement et musicalement pour aller de l'avant mais me manquait l'expérience de la scène. A l'Atelier, tous les aspects du métier sont abordés sur un rythme quotidien. Ainsi, on apprend à gérer son énergie." Dominique Pitoiset, rencontré pendant une répétition à la MC93, mercredi 27 avril, explique la nature de cette formation. "Ce que nous tentons d'inculquer à ces jeunes chanteurs, ce ne sont pas des automatismes, des réflexes ; c'est même cela dont je tente de les débarrasser." Pour le directeur du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA), l'essentiel est de les "muscler" dramatiquement, de façon à les rendre "disponibles à toutes sortes de traitements, et de les aider à trouver la justesse de la situation dramatique". Dominique Pitoiset ne cache pas l'admiration qu'il porte à la jeune mezzo : "Marianne devrait faire une belle carrière, assure-t-il. Elle est humble et intelligente. Elle n'applique pas les conseils, elle les interprète." Pour la chanteuse, le travail avec ce metteur en scène a été "une belle rencontre intellectuelle avec un homme venu du théâtre qui connaît bien l'opéra". Christian Schirm, le directeur de l'Atelier lyrique, se réjouit de l'aubaine : "J'ai obtenu deux mises en scène différentes pour le prix d'une, tant Dominique fait du sur-mesure pour chacune des deux distributions de cet Orphée !" Une évidence pour le metteur en scène : "Chaque corps, chaque voix implique un rapport différent à l'espace. Je n'applique pas une solution dramaturgique à deux chanteurs dans le même rôle, mais je cherche chaque solution en eux." A L'Atelier lyrique, tout est prévu pour les jeunes apprentis, jusqu'aux cours de chant. Mais c'est une matière optionnelle. "Ils arrivent vocalement prêts pour la plupart, explique M. Schirm, et nous ne voulons de toute façon pas leur imposer un autre enseignement que celui qu'ils suivent en privé." Marianne Crebassa étudie toujours avec son professeur du Conservatoire de Montpellier, le contreténor Nicolas Domingues. "Je vais le voir une fois par mois pour faire le point, régler des problèmes techniques, surveiller l’évolution de ma voix qui ne trouvera sa maturité que vers 30 ans. Je me fie à son oreille, à son expertise pour savoir quels rôles aborder." René Koering lui a proposé de chanter, en version de concert, le 11 juillet, le rôle principal de La Magicienne (1858), une rareté de Fromental Halévy. "C'est un rôle long et lourd, mais qui convient à ce qu'est ma voix aujourd'hui. Je ne l'aurais pas accepté sans l'assentiment de mon professeur." René Koering confirme : "Elle est prudente mais n'a pas peur." Selon lui, Marianne Crebassa "est gentille, intelligente, jolie, bonne musicienne et a une voix somptueuse de vrai mezzo-soprano. Elle a donc tout pour faire une grande carrière".

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