Devenir maman est une aventure riche en émotions et en découvertes, mais elle peut parfois être accompagnée de défis, comme une gastro-entérite. Lorsque vous allaitez, votre santé devient d'autant plus importante pour le bien-être de votre bébé. Si vous êtes confrontée à une gastro-entérite avec des diarrhées et des vomissements, il est naturel de se demander comment gérer cette situation tout en poursuivant l'allaitement. Cet article vise à répondre à vos questions et à vous fournir des informations claires et pratiques pour traverser cette période en toute sérénité.

Allaitement et gastro-entérite maternelle : mythes et réalités

Face à une gastro-entérite, votre premier réflexe pourrait être de vous éloigner de votre bébé pour le protéger. Pourtant, poursuivre l'allaitement est non seulement possible, mais vivement recommandé par les professionnels de santé.

En réalité, lorsque les premiers symptômes apparaissent chez vous, votre bébé a déjà été exposé aux agents pathogènes. La bonne nouvelle ? Votre organisme fabrique des anticorps spécifiques contre le virus ou la bactérie en cause, et ces précieuses défenses immunitaires sont transmises à votre enfant par le lait maternel. C'est un véritable bouclier naturel qui le protège et limite la sévérité des symptômes s'il venait à être contaminé.

L'arrêt brutal de l'allaitement présenterait davantage de risques : engorgement mammaire douloureux, risque de mastite, et surtout privation pour votre bébé de cette protection immunitaire dont il a tant besoin. Ainsi, l'allaitement continue offre une protection précieuse à votre bébé.

Transmission et protection : comment ça marche ?

La transmission d'une gastro-entérite se fait principalement par les mains, et non par le lait maternel lui-même. C'est pourquoi une hygiène rigoureuse est essentielle.

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Le lait maternel contient des anticorps "généralistes", sécrétés en permanence, mais aussi des anticorps produits "sur mesure" pour répondre aux micro-organismes pathogènes présents dans l'environnement de l'enfant et éventuellement absorbés par sa mère. Ce phénomène est connu sous le nom de cycle entéro-mammaire.

Le cycle entéro-mammaire : un mécanisme de défense ingénieux

Chez chacun d’entre nous, les cellules qui produisent les anticorps voyagent dans tout le système sanguin et prennent régulièrement la « sortie » vers les intestins, prêtes à défendre l’organisme contre les infections. Dès qu’une femme commence à allaiter, certaines de ces mêmes cellules productrices d’anticorps commencent soudainement à prendre une autre « sortie », qui mène aux glandes mammaires. Ainsi, le lait maternel va contenir des anticorps spécifiquement dirigés contre les agents pathogènes présents dans l’environnement immédiat de la mère et de l’enfant, et donc éventuellement responsables de sa maladie.

Ces anticorps, des immunoglobulines A sécrétoires, ont l'avantage supplémentaire d'enrayer l'infection sans causer d'inflammation, ce qui est particulièrement important pour la muqueuse fragile du système digestif de l'enfant.

Gestion des symptômes maternels : hydratation, repos et alimentation

Les vomissements et diarrhées entraînent une perte importante de liquides qui peut rapidement mener à la déshydratation, particulièrement préoccupante pour une maman allaitante.

Hydratation : une priorité absolue

Pour éviter la déshydratation, visez un apport d'au moins 2 à 3 litres de liquide par jour. La règle d'or ? Ne pas attendre d'avoir soif pour boire, car la soif indique que votre organisme est déjà déshydraté.

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Privilégiez :

  • L'eau : buvez régulièrement de petites quantités d'eau tout au long de la journée.
  • Tisanes et infusions : optez pour des plantes adaptées à l'allaitement comme le gingembre (anti-nausée), le thym ou la menthe.
  • Bouillons clairs : ils permettent de reconstituer les électrolytes perdus.

Gardez toujours une bouteille d'eau près de vous, notamment lors des tétées où vous risquez de ressentir une soif intense.

Repos : votre meilleur allié

Le repos est votre meilleur allié pour combattre efficacement la gastro-entérite. Votre corps mobilise toute son énergie pour lutter contre l'infection et continuer à produire du lait pour votre bébé.

  • Déléguez les tâches : sollicitez votre partenaire, votre famille ou vos proches pour s'occuper des autres enfants, des courses, du ménage et de la cuisine.
  • Dormez autant que possible : profitez des siestes de votre bébé pour vous reposer également.

Alimentation : écoutez votre corps

Concernant l'alimentation, écoutez votre corps. Si vous n'avez pas d'appétit, ne vous forcez pas. Privilégiez des aliments faciles à digérer comme le riz blanc, les bananes, les compotes, le pain grillé ou les pommes de terre cuites à la vapeur.

Évitez les aliments gras, épicés ou difficiles à digérer qui pourraient aggraver vos symptômes.

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Médicaments et allaitement : ce qu'il faut savoir

De nombreux médicaments sont compatibles avec l'allaitement, mais il est essentiel de consulter votre médecin ou votre pharmacien avant toute prise. Évitez l'automédication.

Dans les médicaments classiques de gastro-entérite, vous pouvez prendre pratiquement tout (Smecta, Lacteol, Ultralevure, Tiorfan). Le paracétamol est généralement sûr pour soulager la fièvre et les douleurs. Certains anti-nauséeux et anti-diarrhéiques peuvent également être prescrits sans risque pour votre bébé.

Il faudrait cependant être sûr que vous avez une gastro-entérite, car les signes décrites peuvent avoir d’autres causes.

Hygiène : une barrière essentielle contre la transmission

L'hygiène est primordiale pour limiter la propagation de la gastro-entérite à votre bébé et au reste de votre famille.

  • Lavez-vous soigneusement les mains avec du savon pendant au moins 30 secondes avant chaque tétée, après être allée aux toilettes, après vous être mouchée et avant de toucher votre bébé ou ses affaires.
  • Évitez également d'embrasser votre bébé sur le visage ou la bouche pendant la phase aiguë de la maladie. Si vous toussez ou éternuez, détournez-vous et utilisez un mouchoir jetable.
  • Désinfectez régulièrement les surfaces fréquemment touchées (poignées de porte, interrupteurs, robinets, téléphone) avec un produit adapté.
  • Maintenez une hygiène des mains irréprochable au quotidien, pas seulement en période de maladie. Lavez-vous les mains avant de préparer à manger, avant les repas et après tout passage aux toilettes.

Surveillance et prévention de la gastro-entérite chez le bébé

Si votre bébé présente des signes de gastro (vomissements, diarrhée, fièvre), continuez absolument à l'allaiter. Le lait maternel est le meilleur traitement pour une gastro-entérite infantile : il hydrate, nourrit et aide à la guérison. Proposez le sein très fréquemment, presque en continu si nécessaire.

Reconnaître les signes de déshydratation chez le bébé

Il est important de surveiller attentivement les signes de déshydratation chez votre bébé, tels que :

  • Diminution du nombre de couches mouillées
  • Fontanelle (partie molle sur le crâne) creuse
  • Lèvres et bouche sèches
  • Manque de larmes lorsqu'il pleure
  • Léthargie ou irritabilité

Si vous constatez ces signes, consultez rapidement votre médecin.

Prévention : les gestes barrières pour protéger bébé

En plus de votre propre hygiène, voici quelques mesures pour protéger votre bébé :

  • Évitez les contacts étroits avec des personnes malades.
  • Nettoyez et désinfectez régulièrement les jouets et les surfaces que votre bébé touche.
  • Assurez-vous que les personnes qui s'occupent de votre bébé se lavent les mains fréquemment.

Alimentation de la mère allaitante : quelques recommandations

Pendant l'allaitement, il est important de maintenir une alimentation saine et équilibrée.

  • Privilégiez une alimentation variée et équilibrée riche en fruits et légumes frais, sources de vitamines et d'antioxydants.
  • Les aliments fermentés comme les yaourts nature peuvent également aider à restaurer votre flore intestinale après une gastro-entérite.
  • Continuez à bien vous hydrater même après la guérison, en visant toujours ces 2,5 à 3 litres de liquides par jour recommandés pour les mamans allaitantes.
  • Ne consommez pas trop de sucres raffinés et de graisses saturées. Privilégiez les aliments naturels frais, entiers et préférablement biologiques.

Il n’y a pas de restrictions alimentaires spécifiques pendant l’allaitement. Mangez à votre faim, voire mangez plus : l’allaitement demanderait un apport supplémentaire par jour de calories variant entre + 595kcal (des 0 à 2 mois de bébé) et +670 kcal (de ses 3 à 6 mois).

Aliments à consommer avec modération

  • Évitez de consommer de l’alcool et des boissons alcoolisées car l’alcool passe dans le lait maternel puis dans le corps de votre nourrisson.
  • Restreignez bien votre consommation de bière, vin, cidre, alcools forts & spiritueux, apéritifs pendant les premières semaines de l’allaitement. Passé cette période, vous pouvez consommer de l’alcool 1-2 fois par semaine maximum à raison d’1 verre par consommation, après une tétée et le plus à distance possible de la prochaine tétée.
  • Soyez vigilante quant à la consommation de certains poissons potentiellement contaminés.

Quand consulter un médecin ?

Si vos symptômes persistent au-delà de 48 heures, si vous présentez une fièvre élevée, des signes de déshydratation sévère ou du sang dans les selles, consultez rapidement votre médecin. Dans certains cas, une hospitalisation peut être nécessaire pour une réhydratation par perfusion.

Consultez également un médecin si votre bébé présente des signes de déshydratation, refuse de s'alimenter, ou a de la fièvre.

Allaitement et gastro-entérite infantile : ce qu'il faut savoir

L’apparition d'une gastro chez un bébé peut être source d'inquiétude pour de nombreux parents, surtout s'ils allaitent leur enfant. Comprendre comment l'allaitement peut influencer le traitement et les symptômes est essentiel pour bien naviguer cette période difficile.

La gastro-entérite, souvent surnommée "gastro", est une infection du système digestif qui se caractérise par une inflammation de l'estomac et des intestins. Chez les bébés, elle se manifeste généralement par des vomissements, des diarrhées, des douleurs abdominales et parfois une fièvre.

Il peut sembler contre-intuitif d’allaiter un bébé souffrant de gastro-entérite. Pourtant, le lait maternel contient des anticorps essentiels et d'autres composants immunitaires qui peuvent réellement aider à combattre l'infection.

Allaitement et rotavirus

Les rotavirus sont à l’origine de la plupart des diarrhées du nourrisson et de l’enfant. Pour prévenir une contamination par ces virus, il est essentiel de respecter des règles d’hygiène de base, comme le lavage des mains ou le nettoyage régulier du réfrigérateur. Des vaccins (Rotarix, Rotateq) existent également.

Parmi les nombreux bénéfices apportés par l’allaitement maternel, celui de protéger le nourrisson contre ces diarrhées est parfois mis en avant. Les résultats d’une étude portant sur l’effet protecteur de l’allaitement maternel contre les gastroentérites dues à des rotavirus viennent d’ailleurs d’être publiés récemment.

Cette étude, menée en 1997-1998 sur trente centres pédiatriques en Allemagne, Suisse et Autriche, a porté sur 1.256 nourrissons de 0 à 12 mois présentant une gastroentérite aiguë. Les résultats obtenus à partir de cette étude confirme l’effet protecteur de l’allaitement maternel contre le risque de diarrhées à rotavirus. Cet effet est particulièrement net chez les enfants de moins de six mois.

Diarrhée du nourrisson allaité : distinguer le normal du pathologique

On sait que les bébés allaités peuvent avoir des selles nombreuses et très molles (voire quasiment liquides), parfois verdâtres, sans avoir pour autant la diarrhée.

Il n’en reste pas moins que les bébés allaités ont parfois la diarrhée (définie par plus de huit selles par jour, des selles liquides, en quantité beaucoup plus importante que d'habitude, sans substance et pouvant dégager une odeur fétide), et dans ce cas, il ne faut surtout pas arrêter l’allaitement, mais multiplier les tétées, parfois toutes les 15 minutes. Le lait maternel est alors à la fois nourriture et médicament.

Comme le lait maternel se digère très rapidement, même si le bébé a la diarrhée, il absorbera quand même une certaine quantité de liquides et d’éléments nutritifs.

Toutes les recherches ont montré que la poursuite de l’allaitement diminue significativement la durée et la gravité de la diarrhée aiguë, ainsi que le risque de déshydratation. Du coup, la plupart du temps, il n'est pas nécessaire d'administrer au bébé des sels de réhydratation. Un avis médical, d'autant plus si l'enfant est un petit nourrisson, est néanmoins nécessaire.

Les facteurs anti-infectieux du lait maternel

En cas de maladie du bébé, tous les facteurs anti-infectieux que contient le lait maternel (anticorps, interféron, lactoferrine, lymphocites, etc.) se mettent en branle pour combattre la maladie.

Ces molécules se lient aux micro-organismes dans les intestins, les empêchant de se fixer sur la muqueuse et de traverser cette couche de cellules. D’autres molécules diminuent la disponibilité de sels minéraux et de vitamines dont les bactéries ont besoin pour survivre dans le système digestif. Certaines cellules immunitaires du lait humain attaquent directement les micro-organismes, d’autres libèrent des substances qui stimulent les réactions immunitaires du nourrisson.

Autrement dit, le lait maternel empêche les microbes de passer, les affame ou leur tombe dessus ; et la plupart du temps, il fait tout ça à la fois !

Troubles digestifs du nourrisson : démêler le vrai du faux

Même si les troubles digestifs de votre bébé sont parfois impressionnants et peuvent être source de stress, rassurez-vous : ils sont courants et la majorité du temps bénins ! En parler autour de vous, auprès de jeunes parents, est un bon moyen de se rassurer. Vous ne faites rien de travers. Vous verrez qu’eux aussi vivent la même chose avec leur bébé.

Régurgitations, constipation, gaz et coliques : comprendre et soulager

  • Régurgitations : Si votre bébé a des petites remontées de lait juste après la tétée, souvent pendant le rot, et qu’elles sont de quantité faible, il peut s’agir de rejet physiologique. Ce rejet est dû à une immaturité du système digestif du bébé. En effet, un estomac encore petit et une quantité trop importante de lait ingéré peut causer l’effet de trop plein qui se traduit par des remontées de lait involontaires. En attendant, pour soulager votre bébé, vous pouvez essayer de fractionner davantage les tétées pour que votre tout-petit régule mieux la quantité de lait ingérée. Après la tétée, veillez à mettre votre enfant en position verticale.
  • Diarrhée : Si vous observez un net changement dans la consistance (très liquides) et la fréquence de ses selles (jusqu’à 8/10 selles par jour en cas de diarrhée), consultez votre médecin car chez un nourrisson, la déshydratation peut être très rapide.
  • Constipation : Chez un bébé allaité, on parle de constipation lorsqu’il y a moins d’une selle par semaine. En effet, l’allaitement étant tout à fait adapté aux besoins des bébés, il peut y avoir très peu de « déchets ». Si jamais les selles de votre enfant sont dures et difficiles à évacuer, vous pouvez revoir légèrement votre alimentation : en augmentant vos apports en eau, en consommant des fibres, des légumes et des fruits frais (en évitant ceux qui sont constipants, comme la carotte ou la banane, par exemple) et en diminuant les féculents. Vous pouvez aussi aider votre bébé grâce à des massages du ventre et en lui remontant et lui dépliant les jambes.
  • Gaz : Les gaz du nourrisson allaité peuvent s’expliquer par une mauvaise prise du sein : mal positionné, le tout-petit avale de l’air, en plus du lait. Pour le soulager, vous pouvez procéder à des petits massages du ventre.
  • Coliques : Lors de ses tout premiers mois, votre bébé peut être agité, fatigué ou anxieux, notamment le soir, et cela peut se traduire par des pleurs. Les coliques sont généralement associées à des douleurs abdominales chez le bébé. Tout d’abord rassurez-vous, les coliques sont un trouble digestif fréquent et normal, elles s’estomperont petit à petit. N’hésitez pas à en parler à votre pédiatre ! Pour réduire les coliques, certaines positions d’allaitement sont adaptées ainsi que des solutions naturelles comme les massages du ventre, un bain tiède, voire même l’utilisation de bruits blancs (qui apaiserait le bébé pendant des crises de coliques).

L'alimentation maternelle et les coliques de bébé : mythe ou réalité ?

La présence de crucifères et de légumes producteurs de gaz dans l’alimentation de la maman pose souvent question. Il serait dit que les gaz de ces légumes (oignons, choux, brocolis, crudités, légumes fermentés) passeraient dans le lait maternel et causeraient des coliques chez le bébé. C’est là aussi totalement faux, le processus des gaz chez bébé est normal pendant que son intestin et son système digestif se met en place. 13% des nourrissons souffrent de coliques dans le monde (INRAE). Du point de vue scientifique, RIEN ne prouve que l’alimentation de la maman influence les coliques de bébé. Pour la majorité des nourrissons, les interventions alimentaires semblent ne rien changer aux coliques.

Si vous remarquez que votre nourrisson semble souffrir de coliques ou de troubles digestifs quand vous mangez des oeufs, du soja, des fruits à coque (arachides, noix), du poisson ou encore du gluten (blé), alors vous pouvez - sur conseil de votre professionnel de santé - les retirer un par un de votre alimentation pendant 5-7 jours et voir si l’état du transit digestif de bébé s’améliore.

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