La gestation chez la jument est un processus long et complexe qui nécessite une attention particulière pour assurer la santé de la mère et du futur poulain. De la confirmation de la gestation à la mise bas et aux soins post-natals, chaque étape est cruciale. Cet article détaille les différentes phases de la gestation, les besoins nutritionnels de la jument, les signes avant-coureurs de la mise bas, le déroulement du poulinage et les soins à apporter au poulain nouveau-né.
Durée et étapes de la gestation
La durée de gestation chez les juments est en moyenne de 11 mois, soit environ 340 jours. Toutefois, cette durée peut varier entre 320 et 370 jours, en fonction de facteurs tels que l’âge de la jument, son état de santé et les conditions environnementales. Un dépassement de la durée moyenne est plus fréquent qu’une gestation plus courte.
Premier mois : développement initial
Au cours du premier mois, l’embryon est marqué par une intense multiplication cellulaire et la mise en place des tissus et la formation initiale des organes vitaux. Cette étape critique se termine aux environs de 40 jours de gestation, moment où le cheval passe du stade embryonnaire au stade fœtal. À un mois, le fœtus ne pèse que quelques grammes et mesure environ 1 centimètre.
Deuxième mois : formation du placenta
Vers la fin du deuxième mois, le placenta s’attache solidement à la paroi utérine, marquant une étape cruciale pour le maintien de la gestation. À partir de cette étape, le développement du poulain va vraiment démarrer.
Troisième mois : croissance rapide
À 3 mois, le poulain mesure environ 14 cm. Le fœtus a doublé de taille par rapport à 2 mois et multiplié son poids par 10, pesant désormais environ 150 grammes.
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Quatrième mois : développement des organes
Durant cette phase, les organes internes du fœtus sont bien formés et commencent à fonctionner. Au quatrième mois, le vétérinaire peut détecter les mouvements du fœtus et percevoir la forme des sabots en développement. Au cours du quatrième mois, vers ses 100 jours, les sabots sont entièrement formés.
Cinquième mois : traits faciaux
Vers le cinquième mois, le fœtus atteint la taille d’un rat, mesurant environ 30 à 35 centimètres et pesant près de 2 kilos. Ses traits faciaux deviennent plus définis, et les paupières, le museau et la mâchoire se développent.
Sixième mois : croissance spectaculaire
À six mois, le fœtus mesure environ 50 centimètres et pèse près de 5 kilos, marquant une étape de croissance spectaculaire.
Septième au neuvième mois : maturation et développement
À partir du septième mois, le fœtus atteint environ un mètre et continue de croître pour atteindre son poids de naissance, généralement autour de 50 kilos. Les poils recouvrent désormais l’ensemble de son corps. Entre le cinquième et le huitième mois, l'utérus en expansion descendra sous les viscères abdominaux. À partir du 7ème mois, le fœtus continue son développement et accélère son rythme de croissance. Il atteindra une taille d’environ 1 mètre et un poids de 50 kilos à la mise bas. Rien à voir avec les 3 kilos et demi d’un enfant à la naissance ! Durant le neuvième mois, la rate et d’autres organes se développent pour devenir pleinement fonctionnels à la naissance.
Dixième et onzième mois : préparation à la naissance
Les deux derniers mois sont cruciaux pour la maturation des organes, notamment les poumons, qui se préparent à respirer de l’air. Au 9ème mois apparaît la rate et les poils commencent à recouvrir tout son corps. Au cours de la phase préparatoire de la naissance, on peut généralement sentir différentes parties du poulain dans la cavité pelvienne.
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Besoins nutritionnels de la jument gestante
Les besoins nutritionnels de la jument gestante sont essentiels pour assurer le bon développement du fœtus et maintenir la santé de la mère.
Cinq premiers mois de gestation
Concernant ses besoins nutritionnels, ils sont quasiment identiques durant les cinq premiers mois de gestation.
Sixième au onzième mois de gestation
Le besoin augmente, mais la capacité d’ingestion de la jument va diminuer à cause de la place que prend le fœtus dans la cavité abdominale, il faudra donc trouver un moyen de lui apporter plus d’énergie dans de plus petits volumes. Mais à partir du 6ème mois, les besoins énergétiques et les besoins protéiques notamment, vont augmenter progressivement mois après mois, et seront d’ailleurs très conséquents à partir du 9ème mois. Dans les trois derniers mois de gestation, la jument (ainsi que la jument allaitante d’ailleurs) a besoin de beaucoup plus de protéines tout d’abord, d'acides gras et de vitamines (particulièrement en vitamines A, D et E).
Alimentation de base
Le foin et l’herbe doivent constituer la majeure partie du repas de la poulinière. Le foin doit être de bonne qualité, idéalement riche en protéines, non-poussiéreux et surtout sans moisissure. Si l’herbe vient à manquer ou si le foin est peu riche, il est possible d’ajouter une ration de concentrés, surtout dans les 3 derniers mois de gestation.
Compléments alimentaires
Pendant la gestation de votre jument, il est particulièrement important de lui fournir une nourriture suffisante et de qualité, afin que le poulain puisse bien se développer dans l'utérus. La base de l'alimentation d’une jument gestante reste l’accès à l’herbe du pâturage, ou au fourrage de qualité en quantité suffisante. Certaines juments mettent bas au cours du premier trimestre de l'année, et à cette période il n’y a pas ou peu d’herbe à disposition. Le fourrage ne fournit alors pas assez de nutriments pour la jument et son poulain ; il faudra alors, dans ce cas, compenser avec des aliments concentrés pour juments gestantes et poulinières. Nous vous conseillons spécifiquement l’aliment pour poulains et juments de Josera : il contient des acides aminés essentiels, du cuivre, du zinc, du calcium à un niveau optimal, et est riche en protéines et vitamines essentielles pendant la gestation. Divisez la quantité d'aliments concentrés en plusieurs rations journalières. Par ailleurs, soyez conscient qu’en fin de gestation, les juments ont tendance à manger moins de foin. Il peut par ailleurs être utile de complémenter la jument, notamment en oligo-éléments (zinc, manganèse, cuivre, etc.) et vitamines A, D et E.
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Suivi et soins de la jument gestante
Lorsque la jument est gestante, il est essentiel de prendre soin d'elle. Non seulement pour la santé du cheval, mais aussi celle du poulain.
Alimentation et exercice
Fournissez-lui une alimentation équilibrée et de qualité, riche en protéines, fibres et adaptée à ses besoins nutritionnels, pour soutenir la croissance du fœtus et maintenir la santé de la jument gestante. Assurez-vous que la jument continue de bouger régulièrement, mais évitez les activités trop intenses ou stressantes. Pendant les premiers mois de gestation, lorsque son périmètre abdominal n'a pas encore trop augmenté, rien ne vous empêche de solliciter légèrement votre jument, en monte ou en attelage. Toutefois il est interdit de lui faire tirer des charges lourdes, ou de lui faire réaliser des sauts, des courses et toute forme de sport de haut niveau. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui montent leur jument assez tard, parfois même jusqu'au 4ème mois.
Soins réguliers
Pendant la grossesse, votre jument a besoin d'une attention particulière : soins réguliers des sabots, surveillance rapprochée de son poids qui ne doit pas être trop conséquent. Par ailleurs, continuez à sortir votre jument, même pendant le dernier tiers de la grossesse ! La promenade à pied est un exercice suffisant permettant entre autres, d'éviter un mauvais positionnement du poulain. Mais aussi, ne l’exposez pas au stress, et poursuivez les traitements de vermifugation et de vaccination. La jument gestante doit en particulier être vaccinée contre l'herpès virus équin, pouvant provoquer des avortements.
Surveillance vétérinaire
Le vétérinaire surveille l’évolution de la gestation. Ces visites permettent aussi de vérifier la santé générale de la jument, de suivre son poids, et d’administrer les vaccins nécessaires. En plus du vaccin contre la rhinopneumonie (aux 5e, 7e et 9e mois), il est important de prévoir un rappel des vaccins contre le tétanos et la grippe équine environ 4 à 6 semaines avant la mise bas. Faites examiner votre jument par votre vétérinaire pendant les dernières semaines de la gestation, pour vous assurer que tout est normal.
Risques et complications
Chaque phase de la gestation comporte ses risques. Pendant les trois premiers mois, une résorption précoce peut survenir, où le fœtus est décomposé et éliminé via la circulation sanguine sans signe visible. Cette résorption est souvent silencieuse et peut passer inaperçue. Au-delà des trois premiers mois, le risque devient celui de l’avortement. Dans ce cas, le fœtus est expulsé naturellement vers l’extérieur si son développement est interrompu avant terme. Des perturbations peuvent survenir à chaque phase de la gestation. Au cours des trois premiers mois, on parle parfois d'une “résorption précoce” : rien n'est visible de l'extérieur, car le foetus est décomposé et éliminé par le biais de la circulation sanguine. Faites donc contrôler votre jument gestante vers le troisième mois, car en cas de résorption précoce, il sera peut-être encore temps d’organiser une nouvelle saillie sans devoir attendre la prochaine saison de monte. Mais si la gestation est interrompue après le troisième mois, on parle d'avortement du foetus. Le terme « avortement » est en principe réservé à une expulsion du fœtus (non viable ou mort) et de ses enveloppes avant le 300ème jour de gestation. Après cette période, l’expulsion est considérée comme une naissance « prématurée ». Des agents infectieux (bactéries, virus ou champignons) peuvent attaquer le fœtus ou ses enveloppes, entraînant la mort du fœtus et son expulsion. Les avortements d'origine infectieuse représentent environ le tiers de tous les avortements diagnostiqués. L'herpès virus équin (EHV-1) est le principal agent infectieux ; il est la cause de 18 % de tous les avortements diagnostiqués. Des facteurs attribuables à la jument, au fœtus ou à des causes externes peuvent aussi causer la perte de l'embryon ou du fœtus.
Signes annonciateurs de la mise bas
Il y a certains signes qui annoncent que la naissance de votre poulain est imminente.
Changements physiques
Les premiers signes visibles de gestation apparaissent généralement quelques semaines après la conception.
- Augmentation du volume abdominal : Au fil des mois, le ventre de la jument commence à s’arrondir de manière progressive.
- Développement des mamelles : Le développement des mamelles est perceptible à partir du huitième mois de gestation. La mamelle augmente de volume entre 1 et 4 semaines avant le poulinage. Toutes les juments poulinent avec une mamelle pleine (sauf pathologie). La perte de lait ou la cire peuvent apparaître plusieurs jours avant le poulinage. La jument « s’est cassée » depuis quelques jours. Ceci est dû à une hormone, la relaxine. Elle est produite par le placenta et entraîne un relâchement des tissus et des ligaments, visible au niveau de la croupe de la jument. Allongement de la vulve, relâchement des ligaments (visible sur la croupe de la jument).
Changements comportementaux
- Modification du comportement : Certaines juments deviennent plus calmes, recherchant parfois davantage d’attention ou préférant rester à l’écart. La jument change de comportement : coliques légères, tourne en rond, couchers et levers fréquents.
Préparation au poulinage
Il va falloir déplacer votre jument au moins 4 à 6 semaines avant la date de poulinage. Pour ce faire, mettez-lui à disposition un grand box propre préalablement contrôlé pour éviter tout risque de blessure potentiel. Disposez une litière abondante et épaisse dans le box : la paille est particulièrement adaptée car elle ne colle pas au poulain nouveau-né. Si vous n'avez qu'un pâturage à disposition, délimitez-en une petite parcelle propre, et protégé des intempéries ; vérifiez que la clôture est bien sûre et qu’il n’y a pas de trous ou de zones humides dans le sol. Gardez toujours à portée de main : le numéro de votre vétérinaire, une montre, un stylo et du papier pour noter par écrit (ou sur votre smartphone si vous préférez) les différentes étapes du poulinage. Votre vétérinaire pourrait en avoir besoin en cas de problème. Vous pouvez également conduire votre jument dans un haras pour le poulinage.
Déroulement du poulinage
Le poulinage est un moment stressant pour la jument et le propriétaire. Il se passe rapidement généralement (moins d’1h). Une surveillance permanente doit être mise en place (jour et nuit). Il est nécessaire d’être présent au poulinage afin de détecter toute anomalie ou délai d’expulsion trop long. 90% des juments poulinent la nuit. La jument recherche le calme et l’obscurité pour pouliner. Plus de 90 % des poulinages se déroulent la nuit.
Phase préliminaire
Pendant la première phase de la naissance, la jument semble anxieuse et agitée, transpire, se retourne sans cesse, se frappe le ventre, se couche et se relève plusieurs fois de suite pour se recoucher. Elle peut aussi tout à fait déféquer quelques petites portions de crottins. La phase préliminaire : cette phase dure de 1 à 4 heures. La jument peut devenir agitée, transpirer, ou se coucher et se relever fréquemment.
Phase d’expulsion
Dans la deuxième phase, la phase d’expulsion, il faut que le poulain sorte le plus rapidement possible, car au moment où le placenta commence à se détacher, son apport d'oxygène diminue considérablement. La phase d’expulsion dure en principe de 3 à 5 minutes. Si cette phase dure plus de 20 à 30 minutes, contactez vite le vétérinaire ! La phase d’expulsion : elle dure généralement entre 15 et 30 minutes. Lorsque le poulinage est imminent, la jument est agitée, transpire, se lève et se couche. Le placenta se rompt et le poulain s’engage dans le bassin. L’expulsion du poulain est rapide (moins de 30 min).
Position du poulain
La position du poulain à la naissance est similaire à celle d’un saut en extension : ce sont d’abord les antérieurs qui sortent, les plantes du sabot dirigées vers le bas. Ensuite viennent les narines, la tête, le cou, les épaules et les pattes arrière. Si la plante des sabots est dirigée vers le haut, cela signifie que le poulain est à l'envers ; il faut alors immédiatement appeler un vétérinaire.
Délivrance
L’expulsion du placenta ou délivrance a lieu dans les 2h après la mise-bas. Faire un nœud avec le placenta extériorisé pour ne pas qu’elle marche dessus. Ne pas tirer sur le placenta. La délivrance : cette phase correspond à l’expulsion du placenta, qui doit se produire dans les 3 heures suivant la naissance. S'il n'est pas encore sorti après 3 ou 4 heures, appelez votre vétérinaire. Gardez le placenta dans un seau. Votre vétérinaire vérifiera plus tard s’il est complètement détaché, ou s’il y a une anomalie.
Soins au poulain nouveau-né
Le poulain expulsé est encore couvert d’une membrane transparente qui se déchire souvent à la naissance : la jument la léchera et aidera son poulain à en sortir. Cette phase est un processus important qui renforce le sentiment d'unité entre la jument et son poulain. Elle stimule en plus la respiration du poulain, son lever ainsi que le têtement des mamelles. Il faut ensuite vérifier que les voies respiratoires du poulain sont bien libérées. Si elles sont obstruées et que la jument n’intervient pas immédiatement, nettoyez-les précautionneusement avec une serviette éponge propre. Ne coupez pas ou n’attachez pas le cordon ombilical, car deux litres de sang vont être pompés du placenta vers le poulain. Le placenta devrait se détacher de lui-même au bout d'une à deux heures. Normalement, le poulain doit se lever au plus tard 1 à 2 heures après la naissance, et boire dans les 2 à 3 heures suivant la mise bas. Le premier jour, votre poulain doit uriner et aller à la selle. S’il commence à s’agiter, à pousser et à battre de la queue sans réussir à déféquer, il va avoir besoin d'une aide vétérinaire pour faire son premier crottin. Idéalement, faites-le examiner par le vétérinaire dès le premier jour pour vous assurer qu'il est en bonne santé. Dans certains cas, le vétérinaire prescrit une prise de sang pour vérifier s’il a reçu suffisamment d'anticorps au travers du lait maternel. Voilà, il ne vous reste plus, maintenant, qu’à bien prendre soin de votre poulain nouveau-né ; bonne chance !
Surveillance et interventions
La naissance d'un poulain est un processus naturel : essayez donc d'interférer le moins possible. C’est particulièrement important si votre jument met bas pour la première fois ou si elle est très nerveuse. Placez-vous à distance, et observez-la calmement. Si c’est la première fois que vous assistez à une naissance de poulain, faites-vous aider par une personne expérimentée. Puis, laissez suffisamment de temps à votre jument pour faire connaissance avec son poulain. Ne vous tenez pas entre eux, restez à distance.
Complications possibles
4 à 6 % des naissances sont, en moyenne, problématiques. Il ne faut pas négliger ces complications qui peuvent mettre en danger à la fois la vie de la jument et de son poulain. Dans certains cas, des difficultés à la naissance peuvent signifier que la jument ne pourra plus être pleine à l’avenir. Les problèmes ou difficultés rencontrés lors du poulinage sont appelés des distocies. Celles-ci peuvent être d’origine maternelle ou liées au poulain. Les distocies se reconnaissent par des enveloppes fœtales anormales, un arrêt de la progression du poulain malgré des contractions, ou un arrêt des contractions sur des périodes prolongées. De manière générale, si la phase 2 du poulinage, qui correspond au travail d’expulsion du poulain, dure plus de 40 min cela augmente les risques de mortalité du poulain. La principale cause des distocies sont les mauvaises postures du fœtus. La principale prévention est d’être présent lors du poulinage et de chronométrer les phases pour intervenir si nécessaire ou appeler le vétérinaire à la première anomalie grave. Si la présentation est mauvaise, appeler le vétérinaire en urgence et faire marcher en main la jument en l’attendant. Les contractions se calment alors et on peut espérer que le positionnement du poulain se modifie naturellement, si celui ci n’est pas trop engagé dans le bassin de sa mère.
Anomalies du comportement maternel
Les différentes anomalies du comportement sont l’ambivalence (sous expression du comportement maternelle), la peur du poulain, le refus de la tétée, la protection exagérée, les attaques sauvages à l’encontre du poulain. Chez les juments aussi il peut exister le vol ou l’adoption de poulain étranger. En général, ces comportements s’observent chez la jument primipare, et sont plus ou moins graves. Une cause génétique est aussi suspectée, l’incidence des rejets étant supérieure chez les juments arabes. La présence humaine peut favoriser le rejet mais aussi le stress et la douleur reliée au poulain (douleur des mamelles, de la mise bas, etc). Pour prévenir le rejet, la première règle est de limiter le plus possible les interventions et interpositions entre le poulain et sa mère. Il est conseillé de laisser les enveloppes fœtales et les fluides quelques temps après le poulinage. Si une intervention est nécessaire, il est important de laisser la mère voir le poulain.
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