Introduction

L'histoire de la Roseraie, qu'il s'agisse d'une ancienne maternité, d'un quartier en pleine mutation ou d'un jardin botanique, est riche et complexe. Cet article se propose de retracer cette histoire, en explorant les différentes facettes de ce nom porteur de sens et d'avenir.

La Roseraie de Gençay : D'une Maternité à un Projet de Renouveau Urbain

À Gençay, l'ancienne maternité de la Roseraie est sur le point de connaître une nouvelle vie. Alerté par le début des travaux de réhabilitation, l’atelier ethnographie du centre culturel La Marchoise a organisé une balade pour retracer l'histoire de l'ancienne maternité de Gençay, dimanche 5 janvier 2025. Inoccupée depuis plusieurs années, la commune de Gençay a racheté l'ensemble dans le cadre du programme Petites Villes de demain.

Le projet de réhabilitation prévoit d'accueillir la médecine du travail au rez-de-chaussée et quatre appartements dans les étages. De plus, le passage de la place du Marché à la rue du Palateau sera réaménagé avec l’accueil d’une maison d’assistantes maternelles (Mam), un espace culturel, la remise en état des granges, la création d’un espace vert et l’ouverture possible d’un passage vers la rue Barrot.

Ce projet ambitieux témoigne de la volonté de revitaliser le cœur de Gençay en créant un espace multifonctionnel qui répond aux besoins de la population locale.

La Roseraie d'Angers : De la Campagne à un Quartier en Rénovation

L'histoire de la Roseraie d'Angers est celle d'une transformation radicale. Avant 1965, c'était une vaste étendue dédiée à la culture maraîchère. Mais, dans la mouvance des premiers grands ensembles, le conseil municipal a décidé de créer une zone d’urbanisation prioritaire au sud d’Angers, signant ainsi l'acte de naissance du quartier de la Roseraie.

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Ce nouveau quartier devait répondre à l'urgence de la construction de logements pour accueillir les générations du baby-boom et accompagner la croissance économique. 6000 premiers logements ont été programmés et construits tambour battant, permettant à la Roseraie d'accueillir ses premiers habitants dès 1968. À la fin des années 1980, le quartier comptait déjà 20000 habitants, devenant ainsi le plus habité de la ville.

Dès sa création, la Roseraie s'est distinguée par son esprit citoyen et son engagement dans l'autogestion. L'Union des associations du quartier sud et l'association pour la recherche de l’animation sociale et culturelle ont été créées dès 1970, avec pour objectif de mettre en place un "centrintégré", un centre habité proposant des services de proximité pour tous les habitants. Ce projet a pris forme autour du pôle Jean-Vilar, conçu pour recréer "l’esprit village" et favoriser la vie en commun.

Malheureusement, cet "esprit village" a été mis à mal par un contexte économique de moins en moins favorable. La Roseraie, avec ses 75% de logements sociaux, a été durement touchée par le chômage, qui a atteint 18% au plus fort de la crise des années 1990. Les difficultés sociales se sont accentuées, tandis que les premières constructions accusaient l’usure du temps.

Face à cette situation, une opération de rénovation urbaine (ORU) a été lancée en 1999, avec un investissement de près de 140 millions d’euros. L'objectif était de remodeler le visage du quartier, de réorganiser les espaces publics, d'améliorer le cadre de vie des habitants, de revoir le parc de logements et de remettre à niveau les équipements publics. Parmi les réalisations phares de cette rénovation, l’espace du bien vieillir Robert-Robert est aujourd’hui encore un modèle d’ouverture et d’accueil des personnes âgées.

Le Jardin Botanique de Nancy : Un Écrin de Verdure au Cœur de la Ville

L'histoire du jardin botanique de Nancy est intimement liée à l'histoire de la ville et de son université. C’est à Pont-à-Mousson, en 1606, qu’est créé le premier jardin botanique de l’université. Déplacé en 1719, il se voit consacrer un détour par La Peyronie, chirurgien de Louis XV, venu en Lorraine pour opérer le duc Léopold. En 1758, à Nancy, un jardin botanique est attribué au collège royal de médecine dirigé par Bagard. Il est installé rue neuve des casernes, près de la porte Sainte-Catherine, sur un terrain offert par Stanislas. Du côté de l’actuelle rue Godron, l’angelot surplombant le pilier remonte à cette époque.

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À la Révolution, la suppression des universités rattache le jardin botanique à l’éphémère école centrale de la Meurthe, avant qu’il ne soit confié à la Ville. Willemet restaure le jardin, qui devient l’un des plus beaux d’Europe après le Jardin des plantes de Paris. En 1805, il reçoit la visite de l’impératrice Joséphine, qui lui adresse un lot de plantes rares cultivées dans ses serres de la Malmaison.

En 1854, la création de la faculté de sciences de Nancy s’accompagne de la nomination de Godron, médecin, professeur d’histoire naturelle et auteur d’ouvrages de botanique, à la direction du jardin, qui acquiert progressivement son dessin actuel. Godron herborise avec son ami Gallé, qu’il forme et qui deviendra secrétaire général de la Société centrale d’horticulture de Nancy. Ce n’est donc pas un hasard si le règne végétal s’invite dans l’Art nouveau.

Dès 1878, un laboratoire de botanique est installé dans une petite salle de la faculté de sciences, sur l’actuelle place Carnot, avant d’investir la mansarde d’un ancien poste d’octroi proche du jardin botanique, rue Sainte-Catherine. En 1930, l’institut botanique et l’institut agricole et colonial se voient enfin dotés d’un local décent grâce à la construction, par Dufour et Michaut, de l’édifice qui, aujourd’hui, face aux casernes, s’appuie sur la gauche de la grille du jardin Godron. À sa création, le bâtiment tranche par sa modernité sur les chantiers contemporains tels que l’église Notre-Dame de Lourdes ou la caisse d’épargne de la place Dombasle. La partie centrale inférieure, seule à être ornée, correspond aux vestiges du soubassement des somptueuses serres dont l’architecte municipal Morey avait doté le jardin botanique en 1867. Leur vétusté les a vouées à la destruction dès 1925.

Trois arches de l’institut botanique sont portées par des pilastres, et des visages marquent leur intersection. La façade cite les grandes figures de l’histoire naturelle : Bauhin, Ray, Grew, de Serres, Bonnet, Senebier, Tournefort et Linné, Brown ou encore Hooker.

Il ne reste aujourd’hui plus rien du musée qui, dès 1933, consacrait une salle à chaque colonie. Dix-sept cabinets d’histoire naturelle existaient en Lorraine au siècle des Lumières. Dans la tourmente révolutionnaire, seule une partie des collections à n’avoir pas été détériorées ou perdues ont été transférées, sous la direction de Willemet, à l’école centrale de la Meurthe, installée en 1798 dans l’ancien hôtel de l’université (actuelle bibliothèque municipale), et, en annexe, dans l’ancien couvent de la Visitation (actuel lycée Poincaré). En 1854, les collections sont cédées à la toute récente faculté des sciences de Nancy, installée au sein de l’ancien hôtel de l’université, puis, dès 1862, du palais académique, où le manque de place se fait bientôt sentir.

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À la fin du dix-neuvième siècle, Cuénot occupe la chaire de zoologie. Précurseur de l’actuelle génétique, il étend au monde animal les lois de l’hérédité découvertes sur les plantes par Mendel, et imagine un arbre rendant compte de la biodiversité animale. Initialement darwiniste, Cuénot en vient à proposer la théorie des caractères pré-adaptatifs. Partisan d’un eugénisme responsable visant à réduire la transmission des maladies héréditaires, il approuve en partie la stérilisation des individus jugés non-désirables.

Classé monument historique en 2016, l’édifice correspond au projet de fin d’études d’architecte de Jacques André, qu’épaule son frère Michel, ingénieur centralien et ami du fils de Cuénot, dont il a reçu l’appui. Conçu en réaction aux différents styles architecturaux qui ont balayé la ville, achevé en 1933, le bâtiment va faire la renommée des deux frères. Qualifié de « gigantesque et révolutionnaire », diversement accueilli, il trahit les influences croisées de l’Art déco et des réalisations de Frank Lloyd Wright, avec qui les concepteurs ont correspondu, et qui est à l’origine de la technique du « textile block », qui confère une impression de façade flottante. Le mur en maçonnerie est recouvert d’une structure métallique aménageant un espace avant la pose des mille trois cents dalles roses, dont le relief compense l’absence de fenêtres. Une circulation d’air est permise : certaines dalles sont visiblement percées. Le moulage du béton est confié à l’entreprise de marbrerie funéraire Cochinaire.

Lors de l’inauguration du bâtiment, le laboratoire de zoologie occupe le rez-de-chaussée, tandis que le premier étage, dépourvu de fenêtres, à l’image des établissements américains, abrite les pièces du musée de la lumière, et, ce faisant, des mouches et des mites, qui dégraderaient les collections de taxidermie. Le jeune ferronnier Jean Prouvé conçoit les rampes d’escaliers, les portes d’entrée et des vitrines. En 1967, les premiers aquariums sont installés dans le hall, en collaboration avec le cercle aquariophile de Nancy, créé en 1963.

Le bras latéral de l’édifice en équerre ne communique initialement pas avec la façade. Il accueille l’institut de zoologie appliquée, et notamment l’école de laiterie, créée en 1905 dans les locaux initiaux de l’institut agricole. L’institut botanique et l’institut agricole et colonial, eux, fusionnent en 1938 pour devenir l’institut agricole de Nancy, puis, en 1953, l’école nationale supérieure agronomique de Nancy, qui, en 1970, rejoint l’école de laiterie et l’école supérieure de brasserie, de malterie et de biochimie appliquée pour constituer l’école nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires, qui investit le plateau de Brabois en 1984. En 1991, dans les anciens locaux de l’école de laiterie, une réserve climatisée et un atelier de taxidermie sont installés, ainsi qu’un espace d’exposition temporaire.

L'École Forestière de Nancy : Une Tradition Séculaire

L’école forestière s’est établie sur l’ancien potager ducal de Nancy. En 1751, à une époque où, financièrement soutenu par Stanislas, tout propriétaire doit s’engager à construire la façade de son immeuble dans un style conforme à celui qu’a développé Héré pour la place royale, le comte de Marsanne, acquéreur du terrain, obtient la permission de construire un grand hôtel particulier avec porte cochère, cour et bâtiments à plusieurs ailes. En 1767, l’architecte Claude Mique rachète la maison et en conçoit le portail, qu’orne et sculpte Söntgen : chacun des deux piliers est surmonté d’un groupe d’enfants maniant l’équerre et le compas, symboles de l’architecture et du dessin. La grille actuelle présente, entrelacées, les lettres E et F des eaux et forêts.

Jusqu’au début du dix-neuvième siècle, les forestiers lorrains se sont formés de père en fils. En 1824, Louis XVIII installe une école royale forestière rue des jardins (actuelle rue Drouin), avant son transfert, en 1826, rue Girardet, où elle se trouve encore. L’établissement est alors une école d’application de Polytechnique, d’où une tradition militaire avec casernement, dont témoignent de nombreux clichés. Un accès au manège permet par ailleurs aux étudiants de se former à l’équitation. Devenue école impériale en 1853, puis nationale en 1873, elle prend, en 1898, le titre d’école nationale des eaux et forêts, et fusionne en 1965 avec l’école nationale du génie rural.

En 1826, le jardin de soixante-seize ares, non séparé de l’actuel jardin Godron, motive le choix du terrain pour l’emplacement de l’école. Des arbres préexistants, seul un platane planté vers 1752, aujourd’hui à mi-chemin à gauche entre le pavillon Lorentz et la galerie Daubrée, nous est parvenu. Dès 1830, de nombreuses plantations visent à constituer une collection d’arbres indigènes et exotiques assez complète, à des fins pédagogiques. Au fil du dix-neuvième siècle, de nouveaux bâtiments sont rattachés à l’établissement ou sortent de terre, et leur désignation (Parade, Bouthillier…) rend hommage aux grands noms de l’école. En 1867, la maison natale du maréchal Lyautey est annexée. Il s’agit de l’actuel pavillon Faré, qui héberge le centre de documentation ainsi que les collections patrimoniales renfermant ouvrages et anciens costumes de forestiers. À l’extrémité gauche du parc, vers la rue de l’île de Corse, le logement du jardinier et l’ancienne infirmerie, aujourd’hui désaffectés, remontent à 1866, année de la visite de l’impératrice Eugénie à Nancy. Nanquette ayant déploré que l’établissement fût le moins bien loti des écoles supérieures de France, une forte somme a été débloquée pour travaux.

De nos jours, les vitrines École de Nancy de la grande salle du rez-de-chaussée du pavillon présentent une partie de la xylothèque, qui compte trois mille échantillons avec indications de lieu, de famille, de genre et d’espèce, provenant, pour la plupart, de dons de différentes nations à l’issue de l’exposition universelle de 1878. Une rondelle de bois de Douglas témoigne de l’introduction en France, au dix-neuvième siècle, de cet arbre d’Amérique du Nord qui a envahi les forêts françaises et fait la fortune des industriels. Quant aux œuvres de Takashima, peintre de l’École de Nancy et botaniste japonais venu se former à l’école forestière, il s’agit de fac-similés destinés à protéger les originaux en réserves. L’amitié qui s’est tissée entre Takashima et Gallé a conduit à la période japonisante de ce dernier. En 1873, une stèle en marbre blanc et une fontaine sont élevées dans la cour à la mémoire des élèves morts en soldats durant la guerre franco-prussienne. Le mur, devenu un authentique monument aux morts, commence malheureusement à se fissurer. Parmi les constructions les plus remarquables du parc, un local muséal a été édifié en 1896 pour collecter les objets forestiers (bois de chemin de fer, des mines, de la marine, de l’artisanat) que présentaient les expositions universelles. La galerie porte le nom de Daubrée, ancien élève de l’École devenu directeur général des forêts. Les bustes ornant l’entrée principale appartiennent au service des chefs-d’œuvre de France. Le naturaliste Buffon trône face à Duhamel du Monceau, considéré comme l’un des fondateurs de l’agronomie et de la sylviculture modernes. Construite en petites briques et pierres blanches, sans isolation ni chauffage, la bâtisse s’est révélée inadaptée à la conservation de la collection d’histoire naturelle. Dans le parc, d’autres locaux plus récents abritent, outre une résidence étudiante, divers laboratoires.

Les Hôpitaux de Nancy : Une Longue Histoire de Soins et d'Assistance

De nombreuses institutions charitables ont été fondées à Nancy à partir du douzième siècle. En 1336, dans une ville qui compte environ mille habitants, le premier hospice Saint-Julien n’occupe qu’une maison dont la surface au sol n’excède pas deux cents mètres carrés, dans l’actuel ensemble délimité par la Grande rue, la rue du Maure qui trompe et la rue du duc Antoine. À la fin du seizième siècle, Nancy et ses faubourgs approchent des sept mille habitants, et l’hospice Saint-Julien est transféré en ville neuve, sur le terrain actuellement occupé par l’ancienne grande poste centrale. Le nouveau bâtiment, de style Renaissance, sort de terre de 1588 à 1609. L’ensemble compte deux cours, un grand jardin, une chapelle donnant sur l’actuelle rue Pierre Fourier, ainsi qu’un cimetière.

Au milieu du dix-huitième siècle, Stanislas souhaitant relier la rue Saint-Georges à la place royale par une belle perspective donnant sur la primatiale, on perce l’actuelle rue Maurice Barrès - que l’on a baptisée rue de la Congrégation, rue des États-Unis, rue du Petit Paris, ou encore rue de la Constitution. Sur la rue qui a conservé le nom de l’hôpital, un « pavillon royal », dont il ne reste rien, a été édifié par Héré. De trente mille habitants sous la Révolution, Nancy passe à cinquante mille au milieu du dix-neuvième siècle, puis à cent mille en 1896. Les locaux de l’hospice Saint-Julien accusent une vétusté notoire : des combles aménagés en chambres prennent feu, et un déménagement est d’autant plus attendu que la Ville veut réaménager l’îlot pour la future Grande Poste. En 1901, on démolit intégralement l’ancien hospice, à l’exception de la maison de l’aumônier. Le musée lorrain conserve la porte d’entrée de la chapelle et une épitaphe du cimetière.

Totalement détruit aujourd’hui, l’hôpital principal de la Ville a longtemps occupé le terrain actuellement délimité par les rues Saint-Jean, Clodion, Saint-Thiébaut et Léopold Lallement. C’est là qu’en 1626, le duc Charles IV installe la maison Saint-Charles, destinée à éduquer cent enfants pauvres, à laquelle il adjoint une infirmerie pour les déshérités. En 1652, un riche bienfaiteur du nom de Chauvenel fonde, rue Saint-Jacques (actuelle rue Saint-Thiébaut), une maison de charité, où il loge cinq femmes vertueuses chargées de visiter les malades ne pouvant être reçus à l’hospice Saint-Julien. En 1679, l’évêque de Toul les autorise à s’organiser en congrégation et à donner leurs soins aux pauvres hospitalisés dans la maison Saint-Charles, voisine, qui, sous leur impulsion, se développe en établissement hospitalier. Inquiétées par la tourmente révolutionnaire, les sœurs sont remplacées par du personnel laïc, avant de reprendre leur sacerdoce dès le Directoire. En 1808, la congrégation des sœurs de Saint-Charles se voit accorder un droit d’habitation à perpétuité à l’hôpital, mais les locaux donnent les premiers signes d’encombrement. Conséquence du traité de Francfort, la population nancéienne atteint les soixante-dix mille habitants en 1881, et les hospitalisations d’employés des industries venues s’installer à Nancy augmentent les besoins en lits. Vétuste, insalubre en raison du ruisseau souterrain sur lequel il a été construit, confronté au vacarme du quartier de cavalerie tout proche, l’hôpital Saint-Charles doit être déplacé.

La Maternité du Havre : Une Acquisition Stratégique

En 1884 rue Frédéric Risson, une propriété située à mi-distance entre les hôpitaux « Flaubert » et « Pasteur », est rachetée pour y installer une maternité. Avec cette acquisition, les hôpitaux du service public étaient réunis dans un même secteur. Cette maternité fut active jusqu’en 1993. Aujourd’hui ses bâtiments ont disparu, remplacés par le centre gériatrique Desaint Jean.

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