Face aux maux courants de l'enfance, les parents sont souvent tentés de recourir à des médicaments pour soulager leur enfant. Cependant, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir rappelle qu'administrer un médicament à un enfant n'est pas un geste anodin, car trop de médicaments donnés pour des maux bénins peuvent entraîner des effets indésirables graves. De même, pendant l'allaitement, il est crucial de prendre des précautions quant à la prise de médicaments, car beaucoup peuvent passer dans le lait maternel et affecter le nourrisson.

Rhume et toux : privilégier les solutions naturelles

Le rhume, une inflammation des muqueuses nasales généralement causée par un virus, guérit spontanément en une semaine environ. Il n'existe pas de remède miracle pour réduire sa durée. Les sprays antiseptiques sont déconseillés car ils peuvent provoquer des irritations et des allergies. Les sprays décongestionnants pour le nez sont contre-indiqués aux moins de 15 ans en raison de leur effet vasoconstricteur.

Quelques gestes simples peuvent soulager les symptômes :

  • Donner à boire à l'enfant.
  • Le faire se moucher régulièrement.
  • Éviter de l'exposer à la fumée de cigarette.

Le sérum physiologique en dosette et l'eau salée en spray sont les seuls produits utiles pour dégager les voies nasales.

La toux est également un trouble généralement viral qui guérit spontanément en quelques jours. Il n'existe aucun médicament bénéfique et sans risque contre la toux. Les fluidifiants bronchiques en vente libre sont à éviter, car ils peuvent aggraver l'encombrement des bronches des nourrissons. Boissons chaudes, miel et confiseries à sucer sont à privilégier pour soulager temporairement les symptômes.

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Fièvre, reflux et diarrhée : quand s'inquiéter ?

Si l'enfant supporte bien la fièvre, il est recommandé de s'abstenir de traitement, sauf pour les bébés de moins de trois mois. Les AINS sont contre-indiqués en cas d'infection bactérienne, en raison du risque d'aggravation de l'infection.

Environ 30% des nourrissons de moins d'un an régurgitent, sans qu'il ne s'agisse systématiquement d'un reflux gastro-œsophagien (RGO) pathologique.

La diarrhée aiguë est généralement bénigne et se résout spontanément en moins de 7 jours. Une diarrhée doit toutefois être bien surveillée chez les nourrissons en raison du risque de déshydratation. La prise en charge de la diarrhée consiste avant tout à empêcher que l'enfant soit déshydraté, d'où l'importance d'avoir toujours des solutions de réhydratation orale à disposition.

Médicaments et allaitement : les précautions à prendre

De nombreux médicaments sont susceptibles de passer du sang maternel dans le colostrum et le lait maternel. D'autres peuvent diminuer la sécrétion du lait, ce qui les contre-indique pendant l'allaitement. Il est donc crucial de prendre des précautions et de consulter un médecin avant de prendre tout médicament pendant l'allaitement.

Principes de précaution

Le principe de précaution prévaut pendant l’allaitement pour protéger le nourrisson. Ne prenez jamais de médicament, de complément alimentaire ou de produits à base de plantes de votre propre initiative, même s’il vous a été prescrit au début de votre grossesse.

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La toxicité d’un médicament pendant l’allaitement est difficile à évaluer dans le cadre des études cliniques précédant sa commercialisation, pour des raisons éthiques évidentes. En revanche, le passage éventuel de celui-ci dans le lait est recherché chez l’animal, ce qui peut donner des informations mais ne garantit pas que ces informations s’appliquent chez la femme. De ce fait, les données concernant le passage d’un médicament dans le lait chez la femme n’existent de manière certaine que pour quelques médicaments.

Risques pour le nourrisson

Lorsque le médicament passe dans le lait maternel, il est absorbé par le nourrisson et il peut provoquer des effets indésirables comparables ou supérieurs à ceux observés chez l’adulte. Certains médicaments peuvent déclencher des troubles digestifs banals de type constipation ou diarrhée. D'autres peuvent provoquer des troubles plus graves, voire une intoxication. Les risques de toxicité pour le nouveau-né sont plus importants chez les prématurés et les nourrissons qui souffrent de maladies du rein ou du foie. Parfois, un nouveau-né peut être sensibilisé à un médicament par le biais du lait maternel et présenter une réaction allergique plus tard dans sa vie.

Exemples de médicaments à surveiller

  • Codéine : Ce dérivé de la morphine, présent dans certains médicaments contre la douleur ou la toux, peut être dangereux pour les bébés dont les mères transforment la codéine en morphine de manière excessive. Cela peut entraîner une somnolence, des difficultés à téter et des problèmes respiratoires chez le nourrisson.
  • Dérivés de l'ergot de seigle : Ces médicaments freinent la libération de la prolactine, l'hormone qui intervient dans la montée de lait, et sont donc contre-indiqués pendant l'allaitement.
  • Terpènes (camphre, eucalyptus, lévomenthol) : Ils peuvent donner un goût particulier au lait.

Alternatives et conseils

Dans de nombreux cas, il existe des alternatives aux médicaments qui sont compatibles avec l'allaitement. Par exemple, en cas de maladies courantes comme la grippe ou la bronchite, il est possible de continuer à allaiter en prenant des précautions d'hygiène (se laver les mains, éviter les contacts salivaires, porter un masque). La prise de paracétamol à dose habituelle est possible pour soulager la fièvre.

Il est essentiel de consulter un médecin avant de prendre tout médicament pendant l'allaitement. Le médecin pourra choisir un médicament compatible avec l'allaitement ou proposer des alternatives.

Contraception et allaitement

Même si l’allaitement exclusif peut avoir un effet contraceptif, habituellement il ne constitue pas une contraception suffisamment fiable. Les pilules estroprogestatives ne sont pas recommandées pendant les 6 premiers mois qui suivent l’accouchement. Les progestatifs peuvent en revanche être prescrits : pilule progestative microdosée ou implant sous-cutané.

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Situations spécifiques

  • Maladies courantes : En cas de grippe, bronchite, angine ou gastro-entérite, interrompre l'allaitement n'est généralement pas nécessaire. Au contraire, la mère transmet à son bébé des facteurs de défense. Il faut veiller à bien se laver les mains et éviter les contacts salivaires.
  • Fièvre : La fièvre en soi n'est qu'un symptôme et ne justifie pas d'interrompre l'allaitement. La prise de paracétamol à dose habituelle est possible. Si la fièvre reste inexpliquée, il est préférable de consulter un médecin.
  • Varicelle : Une varicelle contractée 5 jours avant ou 2 jours après l'accouchement peut justifier une séparation de la mère et de son enfant, mais certaines équipes de maternité peuvent proposer un autre mode de prise en charge.
  • Infections urinaires : Certaines infections urinaires à germe résistant peuvent nécessiter un traitement antibiotique incompatible avec l'allaitement.

L'importance de l'avis médical

Il est impératif de ne prendre aucun médicament sans l'avis d'un médecin pendant l'allaitement. Si un traitement est nécessaire, le médecin choisira un médicament compatible avec l'allaitement. La plupart le sont en réalité. Même en cas de pathologie chronique comme un diabète ou une hypertension artérielle, il est possible d'allaiter. Les associations de médicaments sont, elles, à éviter.

Actifed Rhume Jour et Nuit : un exemple à éviter pendant l'allaitement

Le Vidal indique que l'Actifed Rhume Jour et Nuit, un médicament utilisé pour soulager les symptômes du rhume, est contre-indiqué pendant l'allaitement. Ce médicament contient de la pseudoéphédrine, un vasoconstricteur décongestionnant, et un antihistaminique, qui peuvent tous deux passer dans le lait maternel et affecter le nourrisson.

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