Le diabète gestationnel, ou diabète de grossesse, est une condition caractérisée par une augmentation du taux de sucre dans le sang pendant la grossesse. Il se manifeste généralement au deuxième trimestre et disparaît le plus souvent après l’accouchement. Il est essentiel de le distinguer du diabète préexistant, où certaines femmes ont déjà un diabète de type 1 ou 2 avant la grossesse.
Qu'est-ce que le Diabète Gestationnel ?
Le diabète gestationnel, également appelé diabète de grossesse, se définit par une hausse du taux de sucre dans le sang de la future maman. Ce dérèglement de la glycémie survient généralement durant le deuxième trimestre de la grossesse et revient majoritairement à la normale après la naissance du bébé. Il est crucial de différencier le diabète gestationnel, qui apparaît seulement pendant la grossesse et disparaît par la suite, du diabète prégestationnel. Certaines femmes ont un diabète de type 1 ou 2 avant leur grossesse et le savent ; ce diabète se maintient après la grossesse, ce sont des personnes diabétiques tout simplement.
Durant les 2ᵉ et 3ᵉ trimestres, le corps produit des hormones anti-insuline qui réduisent l’effet de l’insuline. L'organisme maternel devient progressivement moins sensible à l’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas. Les tissus composant le foie, les muscles ou les réserves de graisse ne répondent alors plus à des concentrations sanguines d’insuline pourtant dans la norme. Ce phénomène résulte de l’effet des hormones sécrétées par le placenta. L’objectif de cette adaptation est simple : inciter l’organisme maternel à tirer de l’énergie des matières grasses plutôt que des glucides, pour réserver le glucose qui en est issu au bébé. Le fœtus en tire partie pour obtenir l’énergie nécessaire à son développement. Ce phénomène correspond donc à une adaptation de l’organisme à la situation si particulière qu’est la grossesse. La perte de sensibilité de l’organisme maternel à l’insuline augmente la quantité de sucre dans le sang. Le pancréas va alors produire une plus grande quantité d’insuline pour lui permettre de retrouver un seuil normal.
Dépistage du Diabète Gestationnel
Le suivi classique des femmes enceintes intègre la surveillance du diabète. Au cours du premier trimestre, une analyse sanguine permet de déterminer la glycémie à jeun, qui ne doit pas dépasser 0,92 g/L. Le diabète gestationnel est dépisté entre la 24ème et la 28ème semaine d’aménorrhée, avec un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale. Il consiste à absorber 75 g de glucose ; une mesure du taux de sucre sanguin est réalisée avant l’ingestion, puis une et deux heures après. Lors des consultations mensuelles de suivi de la grossesse, une recherche du sucre dans les urines est prévue pour toutes les femmes. Si du sucre est présent dans les urines, ou lorsque la femme présente des facteurs de risques, un dépistage du diabète gestationnel est lancé.
Pour les femmes qui présentent un de ces facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun au premier trimestre (idéalement avant la conception, dès l’intention d’avoir un enfant) est recommandé pour détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu jusqu’ici. Puis, en laboratoire d’analyses médicales une glycémie à jeun est réalisée, puis un second test appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voir orale) à 75 g de glucose sont réalisés, entre la 24 e et la 28 e semaine d’aménorrhée (absence des règles), période où la détection du diabète gestationnel est la plus propice. Des contrôles de la glycémie sont effectués à intervalle régulier. Une seule valeur de glycémie au-delà des seuils définis (0,92 g/L à jeun ; ou 1,80 g/L 1h après la charge orale en glucose ; ou 1,53 g/L 2 h après) suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel.
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Facteurs de Risque du Diabète Gestationnel
Toutes les futures mamans ne sont pas exposées au même risque de développer un diabète gestationnel. Certains facteurs externes s’ajoutent au risque. Depuis 2010, en France, le dépistage du diabète gestationnel se concentre en priorité sur les femmes présentant des facteurs de risques.
- L’âge de la mère : Une plus forte incidence est constatée chez les mères âgées de 35 ans et plus lors de leur grossesse. En 2021, près de 25 % des femmes enceintes avaient plus de 35 ans, soit 4% de plus qu’en 2016.
- Le poids de la femme avant sa grossesse : Les femmes ayant un IMC de plus de 25, valeur à laquelle commence le surpoids, ont plus de risques de développer un diabète gestationnel.
- Antécédents familiaux de diabète : Si une personne a développé un diabète de type 2 dans la famille proche de la femme enceinte, elle a également plus de risques de déclencher un diabète gestationnel. Ce risque se situe essentiellement au sein des membres de la famille au premier degré, c’est-à-dire ses parents, ses frères ou sœurs.
- Diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse : Les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse ont un risque élevé de déclencher le même type de diabète lors des grossesses suivantes. L’évaluation de ce risque varie selon les études de 30 à 84 %.
- Naissance d’un bébé de 4 kilos ou plus : Les femmes ayant donné naissance à un enfant de 4 kilos ou plus ont également plus de risques de développer un diabète gestationnel lors d’une grossesse ultérieure.
Même une jeune femme qui n’est ni en situation d’obésité ni en surpoids et avec une bonne hygiène de vie peut développer un diabète gestationnel. Il peut s’agir d’un dérèglement hormonal favorisé par certains facteurs et parfois inévitable.
Conséquences du Diabète Gestationnel
Le diabète de grossesse peut avoir des conséquences pour la mère et pour l’enfant. Les risques pour la mère et pour l’enfant se situent essentiellement dans la période périnatale, c’est-à-dire pendant la grossesse et après l’accouchement.
Conséquences pour la Mère
- Un risque d’hypertension artérielle et de pré-éclampsie, qui entraîne à son tour un risque accru d’accouchement prématuré, de décollement du placenta ou de retard de croissance du fœtus. La pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) est un dysfonctionnement du placenta qui associe une hypertension artérielle, une prise de poids, des œdèmes et la présence de protéines dans les urines. Le taux de sucre sanguin est en lien direct avec le risque de pré-éclampsie chez les femmes atteintes de diabète gestationnel. Une étude a montré que lorsqu’il se situe, à jeun, en dessous de 105 mg/dL, le taux de pré-éclampsie est de 7,8 %.
- Un risque accru de césarienne (en cas de poids de l’enfant élevé).
- Un risque de développer à nouveau du diabète après la grossesse, et même des années plus tard. Une mère ayant développé un diabète gestationnel a en effet 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2. Les femmes ayant présenté un diabète gestationnel ont un risque accru (de 35 à 60 %) de développer un diabète de type 2 pendant les 10 à 20 ans qui suivent leur grossesse. Elles sont également plus exposées aux maladies cardiovasculaires, en particulier dans le cas d’antécédents familiaux de diabète de type 2.
- Un risque de mort fœtale in utero.
- Un risque d’excès de liquide amniotique en cas de diabète déséquilibré. Le diabète gestationnel augmente également le risque de rupture prématurée des membranes, entraînant la perte du liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus.
Conséquences pour l’Enfant
- Un risque de macrosomie fœtale, c’est-à-dire lorsque le bébé pèse plus de 4 kg à la naissance. Du côté du bébé, la principale complication du diabète gestationnel est la macrosomie, c’est-à-dire un poids de naissance du bébé supérieur à 4 kg. La naissance d’un gros bébé est toujours plus délicate, car elle favorise la survenue de certains incidents lors de l’accouchement. L’un des plus redoutés est la dystocie des épaules.
- Un risque d’hypoglycémie chez le bébé à la naissance (glycémie trop basse). Après leur naissance, les bébés peuvent présenter des épisodes d’hypoglycémie, en raison d’une sécrétion accrue d’insuline dans leur organisme.
- Un risque de développer plus tard un diabète de type 2. Une étude menée auprès d’enfants de 4 à 9 ans nés de mère ayant présenté un diabète gestationnel a montré que ces derniers présentent un risque d’obésité et d’anomalies métaboliques plus important. Une tension artérielle plus élevée que la moyenne a aussi été mise en évidence chez ces enfants.
Diabète Gestationnel et Liquide Amniotique
Le diabète gestationnel peut entraîner un excès de liquide amniotique, une condition appelée hydramnios ou polyhydramnios. L’hydramnios peut apparaître dès le second trimestre de grossesse. En cas de déséquilibre glycémique, le fœtus peut être macrosome (plus gros que la normale), avec davantage de liquide amniotique.
L’hydramnios est assez rare avec 0,4 à 1,2 % des grossesses concernées. Contrairement à l’oligoamnios plus difficile à détecter à l’examen clinique, le polydramnios peut présenter des signes plus visibles. Une prise de poids brusque, un œdème, un essoufflement de la femme sont aussi des signes qui doivent alerter. L’échographie de grossesse vient ensuite confirmer le diagnostic. Le médecin mesure les « citernes », ces zones noires à l’écran autour du bébé, qui correspondent au liquide amniotique. Avec ces différentes mesures, il établit l’index amniotique. En cas de polyhydramnios, il y a un déséquilibre. En somme, le bébé n'élimine pas assez de liquide amniotique par rapport à ce qu’il produit au niveau de la production.
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Le principal risque de l’hydramnios est l’accouchement prématuré. L’excès de liquide amniotique sous la pression peut entraîner une rupture prématurée des membranes et des contractions. Si la maman et le bébé supportent bien l’hydramnios, du repos et une surveillance étroite suffisent.
Traitement du Diabète Gestationnel
Si vous souffrez de diabète gestationnel, il est important de le contrôler afin de réduire les risques. Vous devez évidemment suivre les recommandations personnalisées de votre médecin, gynécologue, endocrinologue ou diététicien.
Selon votre situation, vous pouvez agir en adaptant un régime alimentaire adapté afin de réguler au mieux votre glycémie et en pratiquant une activité physique régulière et quotidienne d’environ 30 minutes (en l’absence de contre-indications médicales ou obstétriques). Il sera nécessaire de contrôler votre glycémie entre 4 à 6 fois par jour. Si cela ne suffit pas à la réguler, il vous faudra vous administrer de l’insuline. Une femme enceinte sur 4 ayant du diabète gestationnel aura besoin de recevoir ce traitement.
Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Des injections d’insuline rapide de type “analogues rapides” peuvent être prescrites, de même que des insulines lentes, si nécessaire.
Les clefs d'un traitement réussi s'appuient sur un dispositif qui comprend :
- La motivation de la femme enceinte ;
- Son autosurveillance glycémique régulière ;
- Des mesures hygiéno-diététiques ;
- Le suivi de l’évolution de la grossesse et du diabète gestationnel par un professionnel de santé.
Il est recommandé pour la femme enceinte de pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas.
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Après l’Accouchement
Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse mais il peut aussi installer un diabète de type 2 quelques années plus tard. C’est pour cela qu’il est important de suivre la santé de la jeune mère et de son bébé après l’accouchement. Il vous faudra adopter un mode de vie sain, entre autres, avoir une activité physique régulière et un régime alimentaire équilibré.
L’allaitement maternel est fortement recommandé pour les mères ayant eu un diabète gestationnel.
Grossesse et Diabète Préexistant
Devenir maman lorsque l’on est diabétique, quel que soit le type de diabète, c’est possible, mais cela ne s’improvise pas ! Si l'on peut concilier diabète et grossesse, la grossesse diabétique reste une grossesse à risques. Avec une grossesse programmée, un bon équilibre glycémique dès la conception et un suivi spécifique adapté, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour vous et votre enfant.
En tant que femme diabétique, vous devez être rigoureuse sur votre contraception pour éviter les grossesses “surprises” ou repérées tardivement. En effet, un diabète mal équilibré et une grossesse non encadrée exposent le fœtus et la future maman à des risques dès les premiers mois. Parlez de votre désir de maternité à votre diabétologue afin d’effectuer tous les bilans nécessaires pour vérifier votre état de santé et d’obtenir au moins 3 mois avant la conception une hémoglobine glyquée (HbA1c) entre 6 et 6,5 %.
Risques et Suivi Médical en Cas de Diabète Préexistant
La grossesse diabétique est une grossesse à risques qui peut exposer votre bébé et vous-même à des complications. Les malformations, notamment cardiaques, sont plus courantes chez les bébés de mamans dont le diabète n’est pas équilibré pendant la grossesse.
L'hydramnios (qui n'est pas spécifique aux femmes diabétiques, mais qui est fréquent chez elles), est une augmentation du liquide amniotique. Cet excès provoque une distension de l'utérus et de la poche des eaux, augmentant ainsi le risque d'accouchement prématuré par rupture de la poche. On le repère lors des échographies, ou lors de la mesure de la hauteur utérine.
Tout au long de votre grossesse, des examens réguliers et spécifiques seront pratiqués en complément de votre suivi médical classique. Il est souhaitable de repérer une maternité de niveau 2 ou 3. Ce type d’établissement dispose d’un service de néonatalogie (habitué au suivi des nouveaux nés des femmes diabétiques) et permet le suivi des grossesses dites “à risques”.
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