L'amour maternel est une notion profondément ancrée dans notre culture, souvent perçue comme une évidence. Cependant, il est plus précis de parler du lien entre la mère et l'enfant, un concept plus nuancé englobant une multitude d'aspects. Ce lien, loin d'être inné, se construit progressivement à travers les expériences partagées entre la mère et son bébé.
Genèse du Lien: Une Histoire qui Commence Avant la Conception
L'histoire personnelle de la mère joue un rôle déterminant dans la formation de ce lien. Comment a-t-elle elle-même été accueillie, aimée et acceptée par sa propre mère? Ce questionnement est fondamental. Le lien commence même à se tisser avant la conception de l'enfant, notamment à travers la relation de la mère avec le futur père. L'enfant est le fruit d'une alliance entre un homme et une femme.
Souvent, la mère rêve de l'enfant avant sa conception, projetant sur lui des attentes et des fantasmes qui se reflètent parfois dans le choix du prénom. Une fois l'enfant conçu, une relation s'établit entre la mère et l'être qu'elle porte, une relation dont la qualité dépend du vécu de la mère, de son désir ou non de cet enfant et de sa relation avec le père.
L'Importance des Premières Interactions
L'accouchement marque le début d'une nouvelle phase, celle du premier face-à-face avec l'enfant. Dès lors, toutes les expériences du quotidien contribuent à la création de ce lien: la parole, les regards, les caresses, le toucher, l'interaction émotionnelle. Les étapes de séparation, comme le sevrage ou le premier jour à la crèche, rythment également cette construction. Les deux premières années de la vie sont cruciales.
Cette relation est essentielle au développement de l'enfant. Elle lui permet de sentir qu'il a une place dans la filiation, qu'il existe au sein de sa famille, qu'il est respecté et protégé. Un attachement sécurisant est primordial pour un développement harmonieux, dans la sécurité et la stabilité. Un lien mère-enfant suffisamment bon participe activement à la construction de l'identité de l'enfant, de son estime de soi et de sa valeur.
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À l'inverse, un enfant qui n'a pas vécu une relation positive avec sa mère durant sa petite enfance peut souffrir de carences affectives et éprouver des difficultés à établir des liens avec les autres dans ses relations sociales futures.
Disponibilité et Sensibilité: Les Piliers d'une Bonne Relation
Une relation positive dépend de la disponibilité de la mère et de sa sensibilité envers les besoins de l'enfant. Elle se développe lorsque la mère est présente et capable d'établir une interaction émotionnelle sécurisante et un véritable échange avec son enfant. Le contact corporel est également essentiel, mais il ne doit pas pour autant monopoliser tout le temps de la mère.
Comme le soulignait le psychanalyste Winnicott, il est important que la mère soit "suffisamment bonne", c'est-à-dire qu'elle accueille son enfant avec douceur et respect tout en le considérant comme un être distinct d'elle, qui va vivre sa vie propre et devenir autonome. Pour favoriser une relation harmonieuse, la mère doit être capable de donner de l'amour tout en ayant d'autres centres d'intérêt. Son univers ne doit pas tourner uniquement autour de l'enfant. Exit la mère sacrificielle.
Le Rôle Essentiel du Père
Le père joue un rôle essentiel de tiers séparateur. Sa présence, reconnue par la mère, permet à l'enfant de comprendre qu'il est né du désir de deux personnes et pas seulement de la mère. La capacité de celle-ci à donner une place au père de l'enfant est un facteur clé dans la construction de chaque être humain. C'est notamment le père qui représente la loi.
L'Ambivalence: Une Part Inhérente du Lien
Il est normal d'éprouver des sentiments ambivalents envers son enfant. La mère est avant tout un être humain, avec une part d'ombre et une part de lumière. Chaque mère a le droit d'éprouver de la colère, de la frustration ou d'autres sentiments dits "négatifs". L'ambivalence fait partie du lien.
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La Psychologie Clinique des Relations Parents-Enfant
La psychologie clinique des relations parents-enfant s'intéresse à l'influence du fonctionnement relationnel sur l'émergence de problèmes psychologiques chez les parents et surtout chez l'enfant. Un accent important est mis sur la notion de parentalité, entendue à la fois comme un ressenti psychique disposant les parents à l'action et comme un ensemble de comportements parentaux concrets dirigés vers l'enfant (les comportements de « parentage »).
Cette discipline s'est développée en plusieurs étapes. Initialement centrée sur la relation dyadique mère-enfant, elle s'est ensuite élargie à la relation dyadique père-enfant, pour finalement englober la relation triadique mère-père-enfant. Cette évolution reflète les changements sociaux dans l'organisation de la famille et dans la répartition des rôles entre mères et pères.
La Relation Mère-Enfant: Dispositions Mentales et Comportements de Parentage
De nombreuses recherches ont mis en évidence les liens entre les dispositions mentales de la mère et ses aptitudes à s'occuper de son enfant. Une motivation de base la pousse à prendre soin de l'enfant dès la naissance, conjuguée à une capacité à se le représenter comme un individu autonome et séparé d'elle, à comprendre ses états internes et à ressentir ses émotions par empathie.
Les comportements de parentage qui découlent de cet « état d’esprit » sont ajustés aux besoins de l’enfant : la mère interagit avec l’enfant et le stimule en tenant compte de son état (s’il est triste ou joyeux, s’il est motivé à jouer) et de ses capacités (ce que l’enfant peut faire selon son âge). La mère adapte ensuite son comportement au fur et à mesure du développement de l’enfant, en fonction de l’accroissement de ses compétences motrices, cognitives, langagières et affectives.
Un historique relationnel difficile chez la mère, notamment avec ses propres parents ou dans son couple, une psychopathologie (la plus documentée étant la dépression) ou un stress psychosocial important peuvent altérer cet état d’esprit et, par extension, la qualité des comportements de parentage.
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Comme l’enfant dépend grandement des stimulations de l’adulte pour apprendre à réguler ses états émotionnels et à agir de façon socialement adéquate, une altération du comportement maternel a fréquemment comme répercussion une altération du comportement de l’enfant (retrait social, par exemple), ce qui va, en retour, aggraver les difficultés maternelles et créer un cercle vicieux pathogène. Cet enchaînement interpersonnel a poussé les cliniciens à poser des « diagnostics » au niveau relationnel et non individuel, en considérant par exemple la relation comme sur-impliquée, quand la mère peine à différencier ses besoins de ceux de l’enfant et se montre intrusive (dans un jeu, elle fait les activités à la place de l’enfant), ou sous-impliquée, quand la mère est peu stimulante et peu concernée.
Lorsque ces perturbations relationnelles sont chroniques, des troubles psychopathologiques peuvent apparaître chez l’enfant, comme des troubles du sommeil, de l’alimentation, de l’humeur ou encore des conduites. Avec des enfants en âge scolaire ou avec des adolescents, l’altération des comportements de parentage se manifeste en outre par un style éducatif inadéquat, notamment une discipline soit trop laxiste, soit trop strictement autoritaire.
Suis-je une Bonne Mère? La Quête de la Perfection
La question "Suis-je une bonne mère?" taraude de nombreuses femmes. La société véhicule l'image d'une mère idéale, aimant infiniment, faisant des compromis, ayant lu les derniers ouvrages sur la parentalité positive. Or, toutes les mères ne se retrouvent pas dans cette représentation, et cela ne fait pas d'elles de mauvaises mères.
Les façons d'être mère varient en fonction de chaque femme. Toutes ont leurs forces et leurs faiblesses. Beaucoup essayent de faire au mieux, avec ce qu'elles sont et avec ce qu'elles ont reçu. Il y a les mères maternantes, dévouées à leurs enfants, au risque de discréditer ou de mettre à distance la figure paternelle. Il y a les mères carriéristes, qui surinvestissent leur profession. Il y a celles qui n'ont pas le choix pour nourrir leur famille. Il y a les mères qui ont des mères, et celles qui n'en ont pas. Il y a des mères qui ont des mères, qui n'ont pas su ou pu transmettre ce que c'est qu'être mère.
Les mères peuvent se sentir seules dans l'éducation de leurs enfants, la société leur faisant croire que cette mission leur incombe à elles seules. L'éducation est pourtant l'affaire de toute une communauté. Il ne faut pas oublier l'importance du clan: cercle d'amis, famille, école… qui peut encourager, soutenir, seconder les parents, éduquer et prendre soin des enfants. Un proverbe africain dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant.
La Mère "Suffisamment Bonne": Un Équilibre à Trouver
L'enfant n'a pas besoin d'une mère parfaite, mais d'une mère qui, dans sa relation à son enfant, laisse la place aux autres. Il ne s'agit pas de tout combler, de tout offrir à son enfant, mais d'être une mère suffisamment bonne. C'est l'imperfection de la mère qui participe à donner une place à l'autre. C'est parce qu'elle ne sait pas tout et ne peut pas tout qu'elle passe le relais à d'autres personnes. L'enfant s'ouvrira ainsi à d'autres horizons, pour son plus grand bien. Pourvu que l'autre soit lui aussi suffisamment bon.
L'éducation, c'est avant tout l'introduction d'un tiers séparateur dans la relation mère-enfant: le père, l'assistante maternelle, les instituteurs, les professeurs… Ces tiers personnes participent à la transmission de valeurs et de références et permettent à chaque enfant de se construire de façon singulière. L'éducation est avant tout implicite, cachée à notre conscience, elle est constituée de l'héritage socio-culturel d'une famille et plus largement d'une communauté.
À la question "Suis-je une bonne mère?", il faut surtout ajouter la question: "Existe-t-il une place pour l'autre dans la relation mère-enfant?"
L'Attachement: Un Lien Sécurisant Essentiel
Ce lien d’attachement sécurisant est la base sur laquelle les enfants peuvent explorer le monde, apprendre et grandir en toute confiance. L’attachement est un lien affectif profond qui se développe entre un enfant et ses parents, en particulier la mère, mais également le père et d’autres personnes qui s’occupent de lui.
La parentalité est un concept complexe et multidimensionnel qui englobe les relations affectives, juridiques et sociologiques entre parents et enfants. C’est un processus naturel qui se construit au fil des moments partagés et des interactions quotidiennes.
L’attachement est essentiel pour le développement psychique et affectif de l’enfant, car il lui permet de se sentir en sécurité, aimé et protégé. Ce lien d’attachement sécurisant est la base sur laquelle l’enfant peut explorer le monde, apprendre et grandir en toute confiance. Les parents jouent un rôle crucial dans ce processus, en répondant aux besoins de leur tout petit avec amour et constance.
Le Développement de l'Attachement: Un Processus Continu
Le développement de l’attachement est un processus complexe qui commence dès la naissance et se poursuit tout au long de l’enfance. Dès les premiers instants de vie, le bébé commence à tisser un lien d’attachement avec ses parents, en réponse à leurs soins et à leur affection. Les premiers mois sont cruciaux : le bébé apprend à reconnaître les visages, les voix et les odeurs de ses parents.
Les parents qui répondent rapidement et de manière prévisible aux besoins de leur tout petit, qu’il s’agisse de nourriture, de sommeil ou de réconfort, contribuent à créer un lien d’attachement sécurisant. Au fil des mois, l’enfant développe des stratégies pour maintenir ce lien d’attachement. Par exemple, il sourit, pleure ou utilise des gestes pour communiquer ses besoins. Les parents qui répondent à ces signaux de manière sensible et cohérente renforcent le lien d’attachement.
Le Rôle du Père dans l'Attachement
Le rôle du père dans l’attachement est souvent sous-estimé, mais il est tout aussi crucial que celui de la mère. Les pères qui s’impliquent activement dans les soins de leur enfant, en répondant à ses besoins de manière sensible et cohérente, contribuent à créer un lien d’attachement sécurisant. Par exemple, en participant aux routines quotidiennes comme le bain, le repas ou le coucher, le père renforce ce lien affectif.
Il est important de reconnaître que le rôle du père peut varier en fonction des cultures et des circonstances individuelles. Cependant, en général, les pères qui sont présents et attentifs jouent un rôle essentiel dans le développement de l’attachement de leur enfant.
Créer un Lien d'Attachement au Quotidien
Pour son bon développement psychique et affectif, un bébé a besoin d’un lien d’attachement sécurisant avec au moins un adulte. Et pour nous, parents, le lien d’attachement avec notre bébé a aussi des bienfaits. Bébé forme un lien d’attachement avec un ou plusieurs adultes aimants, attentifs et sensibles à ses besoins, qui sont très souvent avec lui. On parle souvent du lien mère-enfant mais tout ne repose pas sur la mère.
Créer un lien d’attachement se fait naturellement, lorsque l’on répond de façon adaptée, affectueuse et régulière aux signaux que nous envoie notre bébé. Quand on agit en réponse aux signaux de notre bébé, cela le rassure, le stimule, l’encourage à communiquer avec nous.
Parfois, on peut avoir du mal à être attentif et attentionné avec bébé. C’est normal, cela arrive à tout le monde, surtout quand on a plein de choses à penser : il n’y a pas de parent parfait ! Tant que bébé peut compter sur nous la plupart du temps, il saura s’adapter.
Partager des moments d’échange avec son bébé favorise le lien d’attachement. On peut donc profiter tout simplement des moments du quotidien comme la toilette. On peut aussi se réserver des moments dédiés pour être pleinement disponible pour son bébé. Observer et être attentif à ce qu’exprime son bébé par ses gestes, ses attitudes, ses mimiques, son langage, permet de mieux le comprendre. La tendresse et les contacts physiques créent un lien de confiance avec bébé. Bien sûr, il faut que l’enfant et les parents aient envie.
Le lien d’attachement se crée donc naturellement, dès la naissance, au fil des moments partagés avec bébé. Mais parfois, on peut ressentir des difficultés à créer un lien d’attachement avec son enfant. C’est souvent le signal que l’on a besoin de prendre soin de soi.
Serge Lebovici et la Psychanalyse du Nourrisson
Serge Lebovici a fondé le Centre Alfred Binet, lieu de référence pour les pathologies de l’enfant. Membre de la Société psychanalytique de Paris depuis 1947, il préside l’Association mondiale de la psychiatrie du nourrisson.
Lebovici a révolutionné la conception psychanalytique de la genèse des premiers liens. Dès les années 60, il utilise la vidéo, une pratique qui lui permet de constater que, loin d’être un objet passif, le nourrisson est un acteur à part entière : c’est lui qui fait de sa mère… une mère. Il s’adapte à elle, elle s’adapte à lui.
Capacités Innées d'Attachement et Amour
Pour expliquer le développement psychoaffectif de l’enfant, on insiste sur le rôle de l’éducation. Existe-t-il aussi des capacités innées d’attachement ?
Selon Lebovici, c’est évident. Les animaux s’attachent instinctivement à leur mère pour se protéger des prédateurs, des dangers extérieurs. Idem pour les êtres humains. Freud avait déjà noté que l’attachement à la mère obéissait à un programme inné. Instinctivement, l’enfant se dirige vers le sein maternel. Puis, quand la mère s’écarte de lui, il la recrée sous une forme "hallucinée" : en suçant ses doigts, par exemple, il retrouve toutes les satisfactions liées au sein manquant.
Après la Seconde Guerre mondiale, le psychanalyste anglais John Bowlby a développé une théorie de l’attachement qui fait toujours référence : celui-ci proviendrait d’une pulsion primaire. En effet, un bébé placé dans les bras de sa mère se love contre sa poitrine de façon réflexe. En réaction se produit chez elle de façon programmée une montée de lait.
L’attachement induit une atmosphère d’aide mutuelle. Mais il est vrai qu’il peut aussi se construire sur fond d’insécurité, de défiance. Lorsque l’attachement est défiant, l’enfant semble ne faire aucune différence entre la présence et l’absence de la mère : à son retour, il ne manifeste aucune joie, comme si elle n’était jamais partie.
L’amour naît effectivement de l’attachement. Mais c’est un sentiment bien plus vaste et plus complexe qui s’appuie aussi sur des fantasmes. Il y a toujours quelque chose chez la mère qui la pousse simultanément à aimer et à haïr son enfant. En fait, cet amour se met en place avant la naissance. Avant d’exister, l’enfant est imaginé : très tôt, par exemple, la mère lui attribue un prénom. Elle pense cet enfant à partir de sa propre histoire familiale, des récits qu’elle a entendus sur elle, sur son mari et sur leur lignée à tous deux.
La psychanalyse dit que, si une femme désire un enfant, c’est pour le donner à un homme. Ainsi, si elle a une liaison avec un autre homme que son compagnon, ou si elle a quelqu’un d’autre en tête, elle donne souvent le prénom de cet autre au bébé qui grandit en elle… En fait, l’enfant imaginé est porteur des secrets de sa mère. La relation fantasmatique mère-enfant est donc déjà en place quand le bébé naît !
Le prénom qu’on lui attribue n’est jamais neutre. Il va déterminer en partie son sort… et c’est une partie importante. Mais, surtout, l’enfant hérite de l’histoire de ses parents, de ses grands-parents, donc de leurs conflits intérieurs. Dès qu’une femme est enceinte, elle contracte une dette symbolique vis-à-vis de sa propre mère, puisqu’elle la déloge de sa place initiale. En devenant mère à son tour, elle lui dit implicitement : " Maman, tu ne seras plus une mère, tu seras une grand-mère. " Cette dette se transmet de génération en génération, avec tous les conflits plus ou moins larvés qu’elle suppose. C’est ce qu’on appelle une " transmission transgénérationnelle ".
Mères Programmées pour ne Pas S'attacher?
Lebovici a reçu en consultation une jeune femme qui, après avoir caché sa grossesse, avait tenté de tuer son enfant à la naissance en le jetant par la fenêtre. Cette patiente lui a expliqué qu’elle ignorait ses origines et que, dans sa famille, les hommes ne pouvaient pas avoir d’enfants. Elle-même n’avait aucun modèle maternel auquel s’identifier. Pour elle, la transmission transgénérationnelle jouait comme une interdiction d’être mère et fonctionnait comme un programme la poussant à tuer ses enfants… Mais, heureusement, ce programme n’est pas déterminé une fois pour toutes. Grâce aux fantasmes qu’on s’invente, aux histoires qu’on se raconte - sur soi, sur sa famille -, chacun dispose d’une part de liberté pour désamorcer les effets d’une transmission toxique et vivre sa propre vie.
L'Attachement au Père
Très tôt, l’enfant fabrique des représentations différentes de ses deux parents. En effet, le contact corporel qui s’établit avec chacun est spécifique. La mère installe l’enfant, lové contre son sein ; tandis que le père le tient à la verticale et s’amuse à le faire sauter, c’est un contact plus tonique. L’enfant perçoit fort bien la manière spécifique dont chacun s’intéresse à lui et y répond en conséquence. Il est bon d’ailleurs qu’il y ait partage des rôles. Généralement, le père ne se sent pas père avant six mois. En attendant, il joue les intendants aux soins maternels. Il s’occupe de l’enfant en fonction des demandes de sa femme. Les " nouveaux pères ", eux, s’assimilent à la mère : ils tentent de la mimer. Ce n’est pas une bonne chose car, même s’il participe aux soins, il est important que le père reste le père.
L'Intuition et l'Empathie dans la Thérapie Parent-Enfant
L’intuition compte beaucoup dans la thérapie parent-enfant. De même que l’empathie, c’est-à-dire la capacité à se mettre à la place de l’autre et à ressentir, psychiquement et physiquement, ses émotions. Ce ressenti inspire au thérapeute des images qui font sens et qu’il propose au patient.
Prévenir les Pathologies Mentales grâce à la Thérapie Parent-Enfant
Les entretiens thérapeutiques aident à déceler la dépression maternelle à l’origine de bien des pathologies futures chez l’enfant. D’ordinaire, cette dépression est difficile à diagnostiquer car la mère s’efforce de la dissimuler. Pour y parvenir, on dispose d’excellents tests. On place, par exemple, l’enfant à trente centimètres de sa mère. Elle joue avec lui, lui parle. Le bébé s’agite de façon harmonieuse. Elle sourit, il remue les jambes. Puis on demande à la mère de se taire et de rester immobile. Immédiatement, l’enfant change d’attitude. Si la mère est déprimée, on voit l’enfant se recroqueviller…
L’enfant est aussi capable de s’adapter à la dépression maternelle. Il essaie alors de solliciter sa mère, de la motiver ; il adopte des comportements pour la sortir de sa torpeur. Chez l’enfant, la vidéo permet aussi de détecter très tôt - avant l’âge de 6 mois - les signes annonciateurs de l’autisme. Le bébé autiste a un regard figé : il regarde sa mère sans la voir et ne paraît pas saisir le désir de ses parents. Il se sert d’eux comme d’instruments. S’il prend la main de sa mère, c’est de la même manière que s’il tenait une tenaille : sans émotion.
L'Attachement et l'Autonomie: L'Enseignement de la Psychanalyse
L’attachement est un phénomène universel : tout humain, enfant ou adulte, élit un être, un objet, auquel il s’attache. Et ce lien est toujours ambivalent. Ensuite, il est essentiel que les parents sachent s’éloigner de l’enfant pour lui permettre d’expérimenter la solitude, la rêverie. C’est ainsi que le soi se construit, qu’on devient un être subjectivement déterminé : un être qui s’aime suffisamment lui-même pour trouver son autonomie. L’amour de soi assuré - le narcissisme - est le gardien de la vie.
Le Lien Parent-Enfant: Un Fil d'Ariane pour la Vie
Le lien parent-enfant dès la petite enfance, ou plus exactement dès la naissance, s’apparente à un fil d’Ariane qui aide au développement de l’enfant tout au long de sa vie. Et cela, à la fois sur le plan émotionnel et cognitif. En plus de participer à la construction d’une relation solide et saine avec ses parents, ce lien favorise l’émancipation et une meilleure entrée dans la vie à l’âge adulte.
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