Introduction
Le désir sexuel, ou libido, est un phénomène complexe influencé par de nombreux facteurs, dont les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel. Comprendre le lien entre le cycle menstruel et la libido permet aux femmes de mieux appréhender leurs variations de désir et de vivre une sexualité plus épanouie. Cet article explore les différentes phases du cycle menstruel, leurs effets sur la libido, et les autres facteurs qui peuvent influencer le désir sexuel.
Les Phases du Cycle Menstruel et Leur Impact sur la Libido
Le cycle menstruel se divise en deux phases principales : la phase folliculaire (des règles à l’ovulation) et la phase lutéale (de l’ovulation aux règles). Chacune de ces phases est caractérisée par des fluctuations hormonales spécifiques qui peuvent influencer la libido.
La Phase Folliculaire : Une Montée du Désir
Dès le premier jour des règles et jusqu’à l’ovulation, le corps entre dans la phase folliculaire, également appelée phase œstrogénique. Pendant cette période, l’hormone folliculostimulante (FSH) stimule une vingtaine de follicules dans les ovaires, chacun contenant un ovule. Ces follicules produisent des œstrogènes, des hormones qui favorisent la nidation d’un éventuel embryon en construisant une muqueuse utérine épaisse et confortable. Les œstrogènes jouent également un rôle protecteur pour les os, le cœur, les vaisseaux, le métabolisme et la peau.
Sur le plan intime, cette phase est souvent associée à une augmentation de la libido. "Avant l’ovulation, la femme connaît un pic hormonal. Il s’agit essentiellement d’une augmentation du taux d’oestrogènes. Plus on se rapproche de l’ovulation, plus la libido est forte," l’idée étant de donner envie de se reproduire physiologiquement. Durant cette période, les femmes peuvent se sentir plus spontanées, plus joueuses et plus ouvertes à de nouvelles expériences sexuelles. C’est le moment de s’affirmer et de s’épanouir dans une sexualité 100% plaisir et lâcher-prise.
L'Ovulation : Un Pic de Désir Axé sur la Connexion
L’ovulation marque le milieu du cycle menstruel. Une fois le niveau d’œstrogène suffisant, l’hypophyse envoie un pic de LH qui pousse l’ovocyte le plus mûr hors du follicule afin de devenir un ovule. Cette phase ne dure qu’une journée, autour de J14. Dès son arrivée dans l’une des trompes, il peut être fertilisé, et ce durant 3 ou 4 jours. A l’ovulation, on constate aussi un pic de testostérone produit par la glande surrénale et les ovaires.
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Pendant cette phase, la libido atteint souvent son apogée. Certaines femmes décrivent un désir sexuel plus intense, associé à un sentiment de connexion et de complicité avec leur partenaire. "Si la libido est forte, notre sexualité est finalement plus simple, plus tendre et complice." Même avec un moyen de contraception, l’enjeu de la fécondation reste présent dans l’inconscient profond, donnant une autre résonance aux ébats. C’est le moment de partager ses fantasmes avec authenticité pour vivre une sexualité en prise directe avec son cœur et ses émotions.
La Phase Lutéale : Un Déclin Progressif de la Libido
Après l’ovulation, le follicule vide se transforme en corps jaune, qui sécrète de la progestérone jusqu’à l’arrivée des règles. La progestérone est essentielle à l’humeur, car elle réduit l’inflammation, favorise un bon sommeil, calme le système nerveux et réduit le stress.
Après l’ovulation, la libido diminue, car il y a une montée de progestérone. Pendant cette phase, certaines femmes peuvent ressentir une baisse de leur désir sexuel. Elles peuvent également être plus sensibles aux facteurs externes qui peuvent affecter la libido, tels que le stress, la fatigue ou les problèmes relationnels.
La Phase Menstruelle : Un Renouveau Énergétique et Sexuel
Les niveaux d’œstrogènes et de progestérone sont au plus bas pendant toute la durée des règles. A l’inverse, un nouveau pic de testostérone survient à cette période. Au début des règles, la libido est généralement plus faible, mais elle peut augmenter vers la fin de cette phase. Certaines femmes rapportent même une libido accrue pendant les règles, potentiellement liée à la diminution des hormones et à un pic de testostérone.
Dans une sorte d’effondrement, notre paysage intime se dénude pour ne dévoiler que l’essentiel. Place à l’instinct et à l’intuition dans une sexualité mystique qui peut se révéler aussi chaotique qu’alchimique. A cette période, les orgasmes se révèlent particulièrement puissants. C’est le moment de sentir ce qui anime sexuellement et d’écouter son intuition qui est alors plus forte. Selon une étude américaine publiée en 2003 par l'Association of Reproductive Health Professional, 62% des femmes ont déclaré avoir envie de faire l'amour pendant leurs règles. De plus, grâce aux endorphines et au plaisir qu'il procure, le sexe agirait comme rempart à la douleur.
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Les Autres Facteurs Influents sur la Libido
Bien que les hormones jouent un rôle important dans la libido, il est essentiel de reconnaître que d’autres facteurs peuvent également influencer le désir sexuel.
Facteurs Psychologiques
La part psychologique est très importante dans le désir féminin. Les hormones agissent sur le mental : elles influencent l’humeur et la sensualité, qui, elles-mêmes, jouent sur le désir. Les événements extérieurs jouent aussi : une semaine chargée ou une grosse fatigue peuvent altérer le désir. Une soirée romantique pourrait donc être autant voire plus importante que les hormones pour favoriser un terrain de désir sexuel.
Le stress, l’anxiété, la dépression, les problèmes relationnels et l’image de soi sont autant de facteurs psychologiques qui peuvent affecter la libido. Il est donc important de prendre soin de sa santé mentale et émotionnelle pour maintenir une libido saine.
Facteurs Liés au Mode de Vie
Certains aspects du mode de vie peuvent également influencer la libido. Une alimentation équilibrée, un sommeil suffisant, une activité physique régulière et la gestion du stress sont essentiels pour une libido saine. La consommation excessive d’alcool, de tabac ou de drogues peut également avoir un impact négatif sur le désir sexuel.
Contraception Hormonale et Médicaments
La contraception hormonale, comme la pilule contraceptive, peut influencer fortement la libido. Dans la plupart des notices, la perte de libido est mentionnée parmi les effets secondaires possibles de la pilule. De nombreuses jeunes femmes partent du principe qu’une faible libido est naturelle, car la prise de la pilule commence dans la plupart des cas dès la puberté. Outre les contraceptifs hormonaux, des médicaments tels que la noréthistérone peuvent également avoir une influence négative sur la libido, car ils fonctionnent eux aussi avec des hormones fabriquées artificiellement. La noréthistérone est principalement prise en cas de troubles liés à la ménopause, mais aussi lorsque les règles doivent être retardées. Il s’agit d’un progestatif fabriqué artificiellement.
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Facteurs Relationnels
La qualité de la relation avec son partenaire est un facteur déterminant de la libido. Une communication ouverte, une intimité émotionnelle, une confiance mutuelle et une satisfaction sexuelle sont essentielles pour maintenir un désir sexuel sain. Les conflits non résolus, le manque de communication et l’insatisfaction sexuelle peuvent entraîner une baisse de la libido.
Vivre une Sexualité Épanouie en Accord avec son Cycle
Il est possible de vivre une sexualité épanouie en phase avec son cycle en s’observant et en s’écoutant. Il est possible d’anticiper ces mouvements et de les vivre avec bienveillance chaque mois, en vue d’une sexualité sereine et épanouie.
Suivre son Cycle et ses Sensations
L’appli Clue permet de suivre son cycle et donc de mieux comprendre ses fluctuations du désir. Ou encore le site et le livre Kiffe ton Cycle (écrit par Gaëlle Baldassari, éd. Prendre 1 à 2 minutes par jour pour noter ses ressentis dans un carnet lunaire : l’état de la libido, l’attente pour la journée, le taux de créativité, le sommeil…Pour aider, il existe « Le Journal de Mes Lunes », de Sophie Stellar (First Editions)
Accepter les Fluctuations Naturelles
Changements d’humeur, perte de désir… Accepter ce qui est au lieu de chercher à le résoudre. Avec patience et bienveillance, on se contente de déplacer ou corriger un ou deux éléments perturbateurs par cycle, pas plus.
Prendre Soin de sa Santé Globale
Respirer en conscience, évoluer dans un environnement chargé d’ondes positives et s’offrir un bilan sanguin et un accompagnement par naturopathie pour s’assurer d’un bon fonctionnement hormonal. Élever notre vitalité en nous nourrissant de lectures, de podcasts et d’activités qui nous font plaisir, surtout lors d’une ovulation ou d’une phase pré-menstruelle difficiles. A écouter (en anglais) : Les podcasts de The Sakara Life sur l’équilibre hormonal, comment déverrouiller sa sexualité, assumer sa puissance sexuelle ou recharger sa libido.
Conception et Libido : Un Équilibre Délicat
Surveiller le cycle d'ovulation, faire l'amour au bon moment… pendant la période de conception, la sexualité -notamment sa spontanéité - est souvent mise à rude épreuve et la libido du couple peut parfois s'étioler. Pour les jeunes couples en bonne santé, concevoir un enfant est quelque chose de simple et pour les chanceux, rapide. Mais parfois, la réalité peut s'avérer plus complexe même si les deux partenaires sont bien portants. « Nous sommes à une époque où l'on maîtrise totalement sa contraception. Les jeunes couples pensent donc que la conception sera tout aussi maîtrisable ! Mais cela ne fonctionne pas ça. Il ne suffit pas d'arrêter son contraceptif pour tomber enceinte », rappelle Ghislaine Paris.
Dès que la jeune femme tarde à tomber enceinte, le couple se met dans une situation d'anxiété qui va gêner la sexualité et par conséquent la conception. « Le couple ne fait plus l'amour par plaisir mais dans le seul but de concevoir » ajoute la sexologue. L'homme, lorsqu'il est anxieux ou stressé peut souffrir de troubles de l'érection ou d'une éjaculation précoce. « Ce n'est pas seulement psychologique, c'est aussi un phénomène très concret. C'est l'adrénaline produite par l'anxiété qui a un effet néfaste sur l'éjaculation. Elle devient alors trop rapide voir même ante-portas, c'est-à-dire qu'elle a lieu avant la pénétration » affirme Ghislaine Paris. Chez la femme, le stress entraîne parfois des troubles de l'ovulation même chez les personnes très bien réglées au préalable.
Prendre son mal en patience : la première chose à savoir est que la période de conception peut durer 1 mois, 3 mois, 6 mois ou même une année. Parler à deux, de son projet de bébé : il faut être sûr que le désir d'enfant soit clair pour les deux partenaires. Dédramatiser la situation, éviter de vous fixer sur un objectif ou « une date limite », véritables freins à la sexualité et à la libido. L'amour doit se faire lorsque l'on en a envie sans pression pour que l'homme et afin que la femme prennent un maximum de plaisir. « La nature est faite pour la conception. Parfois, lorsque le désir est très fort entre un homme et une femme, l'ovulation peut être déclenchée par les sentiments. De même, lorsqu'une femme prend du plaisir pendant un rapport, les modifications anatomiques vaginales vont favoriser la conception.
