La difficulté à concevoir un enfant est une épreuve que rencontrent de nombreux couples. En France, environ 15 % des couples rencontrent des difficultés à procréer. Ce phénomène peut être source d'interrogations et d'inquiétudes. Il est donc essentiel de comprendre les causes potentielles de cette difficulté et les solutions disponibles.

Pourquoi la grossesse ne survient-elle pas immédiatement ?

Il est important de noter qu'à moins d’être une femme très fertile et d’avoir un compagnon qui ne présente aucun problème pour concevoir des enfants, on ne tombe pas enceinte du jour au lendemain et ce, même si l’on a des rapports sexuels fréquents. La fécondité féminine est à son apogée dans la vingtaine. Entre 25 et 30 ans, la fécondité est généralement optimale, surtout si l'on a des rapports sexuels réguliers. Cependant, il est tout à fait normal de ne pas tomber enceinte immédiatement.Chaque cycle d’ovulation ne présente que 20 % de chances d’aboutir à une grossesse. Après l’arrêt de la pilule, il faut attendre un certain temps avant que l’ovulation ne soit de nouveau optimale. En moyenne, on tombe enceinte 7 mois après l’arrêt d’une contraception hormonale. Une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, alimentation peu équilibrée, stress, obésité) peut favoriser les difficultés à tomber enceinte. Des blocages psychologiques ou un cycle d’ovulation irrégulier peuvent également compliquer la fécondation.

Si la grossesse ne survient pas après un an de tentatives, il peut y avoir des causes plus complexes à explorer.

Causes potentielles de l'incapacité des spermatozoïdes à féconder l'ovule

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi les spermatozoïdes n'arrivent pas à féconder l'ovule. Ces causes peuvent être liées à l'homme, à la femme, ou aux deux partenaires.

Facteurs féminins

  • Troubles de l'ovulation : L'anovulation, ou absence d'ovulation, est une cause fréquente d'infertilité féminine. Elle peut être due à des dérèglements hormonaux, comme dans le cas du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui touche environ 10 % des femmes. Les symptômes peuvent comprendre une absence de règles ou des règles irrégulières, une prise de poids, une croissance pileuse excessive et des problèmes de conception. L’insuffisance ovarienne, qui se caractérise par la diminution du stock de follicules ovariens, peut également entraîner des troubles de l'ovulation.
  • Obstruction des trompes de Fallope : Les trompes de Fallope acheminent l’ovule de l’ovaire à l’utérus. Une obstruction dans les trompes de Fallope peut entraver la progression des spermatozoïdes vers l’ovule. La cause la plus fréquente d’occlusion des trompes de Fallope est une infection à chlamydia qui n’a pas été traitée. Les fibromes sont des croissances anormales de tissu musculaire dans l’utérus, pouvant obstruer les trompes de Fallope ou empêcher l’implantation de l’ovule fécondé.
  • Endométriose : L’endométriose est une maladie qui touche près de 10% des femmes. Elle est due à l’implantation de fragments de tissus identiques à de l’endomètre dans la cavité péritonéale et parfois sur les ovaires. Ce tissu peut alors obstruer les trompes de Fallope et ainsi empêcher la fécondation. L’endométriose peut provoquer des règles abondantes ou très douloureuses.
  • Anomalies utérines : L’absence d’utérus (syndrome de Rokitanski ou syndrome de résistance aux androgènes), ou plus fréquemment des malformations, certains polypes de l’endomètre ou encore certains types de fibromes utérins, entraînent des infertilités.
  • Âge maternel avancé : Avec l'âge, la qualité et la quantité des ovules diminuent, ce qui réduit les chances de fécondation. La fertilité féminine est optimale entre 18 et 31 ans, mais diminue progressivement par la suite.

Facteurs masculins

  • Anomalies de la spermatogenèse : Les anomalies de la spermatogenèse sont de loin les causes les plus fréquentes d’infertilité masculine. Les anomalies peuvent concerner la quantité ou la qualité des spermatozoïdes mais, attention, les résultats des tests utilisés pour rechercher ces anomalies ne permettent pas toujours d’établir un pronostic de succès en fertilité naturelle ou en PMA.
    • Oligospermie : elle correspond à une quantité insuffisante de spermatozoïdes dans le sperme. Normalement il y a au moins 20 millions de spermatozoïdes par ml de sperme.
    • Asthénospermie : elle correspond à un défaut de mobilité des spermatozoïdes qui éprouvent des difficultés à se déplacer. Il y a normalement au moins 40% de spermatozoïdes mobiles dans le sperme.
    • Tératospermie : est la présence de spermatozoïdes « anormaux » en grand nombre dans le sperme. Elle est due à un défaut de leur fabrication dans les testicules.
    • Azoospermie : On parle d'azoospermie lorsque le sperme ne contient pas de spermatozoïdes.
  • Dysfonctions sexuelles : Indépendamment des troubles de l’érection et de l’éjaculation d’origine psychogène, des facteurs vasculaires, hormonaux, métaboliques ou neurologiques peuvent entraîner une dysfonction sexuelle.
  • Facteurs liés au mode de vie : La consommation excessive d'alcool, le tabagisme, l'usage de drogues, l'exposition à la chaleur (jacuzzis, saunas), et certains médicaments peuvent affecter la qualité du sperme.

Facteurs communs aux deux sexes

  • Pathologies hypothalamo-hypophysaires : Certaines causes d’anomalies ovariennes ou spermatiques sont communes à la femme et à l’homme, comme les pathologies hypothalamo-hypophysaires. Elles sont responsables d’une altération de la production d’hormones pouvant entraîner l’absence d’ovulation (comme l’hypersécrétion de prolactine), ou un déficit de production des spermatozoïdes.
  • Facteurs environnementaux : Des facteurs environnementaux sont également communs aux deux sexes, notamment le tabagisme. Il est susceptible de jouer un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction, chez la femme comme chez l’homme, avec une qualité du sperme altérée chez ce dernier.
  • Stress : Le stress est un état qui peut affecter la personne qui en souffre mentalement et physiquement . Dans le cas des femmes, lorsqu’elles sont stressées, le taux de cortisol (l’hormone du stress) est très élevé et peut affecter leur ovulation, l’empêchant ou modifiant leurs cycles.

Diagnostic et examens

Lorsqu’un couple essaie d’avoir un bébé, il espère et s’attend à ce que la grossesse survienne le plus rapidement possible. Si la grossesse ne survient pas après un an de tentatives (ou six mois si la femme a plus de 35 ans), il est conseillé de consulter un spécialiste en fertilité. Plusieurs examens peuvent être réalisés pour identifier la cause de l'infertilité :

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  • Chez la femme :
    • Interrogatoire médical et examen gynécologique
    • Échographie gynécologique
    • IRM (en cas de suspicion d'endométriose)
    • Radio de l’utérus (hystérographie)
    • Bilan de la réserve ovarienne
    • Exploration de la cavité utérine et des trompes de Fallope
    • Pelviscopie et hystéroscopie
  • Chez l’homme :
    • Spermogramme (pour évaluer la vitalité et le nombre de spermatozoïdes)
    • Examen clinique complet

Solutions et traitements

Selon la cause identifiée, différentes solutions et traitements peuvent être proposés :

  • Traitements médicamenteux :
    • Traitements hormonaux pour lutter contre les troubles de l’ovulation
    • Antibiotiques en cas d'infection
  • Chirurgie :
    • Déblocage des trompes de Fallope
    • Traitement de l’endométriose
    • Correction des malformations utérines
  • Assistance médicale à la procréation (AMP) :
    • Insémination artificielle (introduction de spermatozoïdes dans l’utérus)
    • Fécondation in vitro (FIV) : mise en contact d’un ovocyte et d’un spermatozoïde in vitro, avant d’être transplanté dans l’utérus
    • ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) : injection d’un spermatozoïde directement dans l’ovocyte

Amélioration du mode de vie

Adopter une bonne hygiène de vie est essentiel pour optimiser la fertilité :

  • Alimentation équilibrée : Éradiquer l’alcool et la cigarette, mais il faut aussi éviter les aliments interdits en période de grossesse. On évitera donc la caféine, les laitages au lait cru, les poissons crus…
  • Activité physique régulière :
  • Gestion du stress : Il est important de ne pas trop se concentrer sur le fait de tomber enceinte. Même si cela peut sembler compliqué, penser obsessionnellement au fait de tomber enceinte peut avoir des conséquences négatives telles que des blocages psychologiques et psychosomatiques.
  • Sommeil suffisant :

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