L'expérience de la paternité volée, bien que moins visible que la violence physique, inflige des blessures psychologiques profondes et durables. Cet article explore les différentes facettes de ce phénomène, ses conséquences sur les hommes touchés, et les enjeux juridiques et sociaux qui en découlent.
La Violence Psychologique Invisible
La violence psychologique, contrairement à la violence physique, est souvent insidieuse. Elle s'insinue progressivement, minant l'estime de soi et la confiance en soi de la victime. Un esprit confus et abusé perd le contrôle de ses fonctions vitales, ce qui peut mener à la dépression et à diverses maladies. Sortir de cette spirale nécessite d'identifier la source et le contexte de l'abus, une tâche ardue qui rend cette forme de violence particulièrement difficile à effacer. Beaucoup de personnes meurent sans même réaliser qu'elles ont été victimes de violence psychologique. La répétition constante de paroles blessantes finit par être perçue comme la vérité. Cette violence, un mal caché, commence par perturber l'esprit avant de détruire le corps. Il est crucial de préserver son identité et de ne pas laisser quiconque la détruire. Vivre pour soi et pour les autres implique de rejeter toute personne qui exige un choix entre elle et les autres, car un tel choix révèle un manque d'amour véritable.
Témoignages et Situations de Paternité Volée
Le Cas d'Olivier Soulier
Olivier Soulier relate l'histoire d'un homme d'une quarantaine d'années, initialement perçu comme misogyne, qui consulte pour des problèmes de santé. Après 20 ans de mariage, le couple envisage la séparation. Un revirement de la part de sa femme, qui souhaite donner une dernière chance à leur relation, les conduit à concevoir un quatrième enfant. Cependant, cette tentative se solde par un échec, et chacun continue à vivre sa vie de son côté. Lorsque l'enfant atteint l'âge de quatre ans, la femme entame une procédure de divorce et soumet simultanément une requête en exclusion de paternité, demandant un test génétique pour prouver que l'enfant est issu d'une relation avec un autre homme, avec qui elle souhaite désormais vivre. Ce témoignage met en lumière les questions complexes liées au principe de filiation et au droit d'un père de maintenir un lien avec ses enfants.
Le Viol de Sperme : Une Forme de Violence au Féminin
Une autre forme de violence, souvent passée sous silence, est le "viol de sperme", où un homme est utilisé comme simple reproducteur. Des femmes désirant un enfant peuvent consciemment ou inconsciemment utiliser les hommes à cette fin, que ce soit à travers une brève aventure ou une relation de quelques mois. Une fois la conception réalisée, elles rompent le lien, empêchant toute relation entre le père et l'enfant.
L'Impuissance Face à la Décision Maternelle
Il existe également des situations où l'homme n'a aucun pouvoir décisionnel et peut être privé de son enfant. Si la femme ne souhaite pas garder l'enfant, le père n'a aucun droit de s'y opposer, le laissant impuissant face à l'avortement de son enfant. Bien qu'il soit inconcevable de forcer une femme à avorter, il est tout aussi violent de contraindre un homme à l'avortement de son enfant contre son gré.
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La Primauté de la Maternité et la Fragilité de la Paternité
Si la maternité est une évidence, comme le proclame l'adage "Mater semper certa est" ("la mère est toujours certaine"), la paternité est beaucoup moins assurée. La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval souligne que la représentation de la maternité est plus ancienne que la transmission du nom. En l'absence de grossesse, la transmission du nom devient un moyen symbolique de rendre publique la paternité, un élément essentiel hier et aujourd'hui, dans un monde où les séparations fragilisent les liens entre le père et l'enfant.
Enjeux Juridiques et Sociaux
L'Évolution des Droits et des Responsabilités
La loi relative à l'accouchement sous X au Danemark, abrogée en 1938, stipulait que l'accouchement valait reconnaissance de l'enfant. La reconnaissance maternelle a disparu du code civil, établissant ainsi un droit équilibré et fondamental entre le père, la mère et l'enfant. La notion d'enfant "maltraité" a été remplacée par celle d'enfant "en danger". Cependant, l'interprétation de ce danger varie, certains juges considérant un divorce comme un danger, tandis que d'autres estiment qu'un enfant maltraité peut trouver un équilibre au sein de sa famille.
Les Dérives des Services Sociaux et les Placements Abusifs
En France, des affaires abominables où des enfants ont été tués par des parents suivis par les services sociaux et déjà condamnés pour maltraitance mettent en lumière les failles du système. Malgré des maltraitances avérées, ces enfants n'ont pas été placés. Bien qu'il soit souhaitable de protéger les enfants, les foyers où ils sont placés ne garantissent pas toujours leur sécurité. De plus, un enfant considéré comme trop proche de sa mère peut être considéré en danger et placé du jour au lendemain, sur la base d'une simple "information préoccupante", même anonyme. Les conflits parentaux ou les accusations de violence sexuelle peuvent justifier un tel placement. Selon l'inspection générale des affaires sociales, la moitié des dossiers d'assistance éducative ne devraient même pas exister. Les services sociaux, en tant que cheville ouvrière d'un système lucratif, sont incités à rentabiliser les foyers et à maintenir le secteur social en activité. Des organismes auxquels l'Aide Sociale à l'Enfance sous-traite peuvent être mandatés par le juge pour effectuer une enquête sociale. Les juges, submergés par des centaines de dossiers, font une confiance aveugle aux rapports sociaux, souvent sans fondement, laissant les familles injustement accusées se battre contre un système puissant.
Le Syndrome d'Aliénation Parentale et ses Controverses
Les services sociaux, s'appuyant sur des concepts ineptes et une psychologie mal digérée, peuvent invoquer un "syndrome d'aliénation parentale" pour accuser les mères qui dénoncent l'inceste, leur arrachant leurs enfants au prétexte qu'elles ont manipulé la parole de l'enfant. De même, un conflit avec l'école peut entraîner une "information préoccupante" et l'enclenchement d'une procédure infernale. Le conflit conjugal, une situation banale, est souvent utilisé pour justifier le placement d'enfants dont les parents divorcent. Ces placements abusifs constituent une violation de la liberté familiale, pourtant garantie par les articles 8 et 9 de la Convention internationale des droits de l'enfant.
Responsabilité Maternelle et Filiation Élective
La question de la filiation élective et de la responsabilité de la mère se pose. Mentir sur la prise de moyens de contraception ne constitue pas une faute, mais la jurisprudence évolue, certaines décisions considérant que des manœuvres pour avoir un enfant, même au sein d'un mariage, constituent un manquement au devoir de loyauté et une cause de divorce. La notion de préjudice a également évolué, pouvant être direct et certain, mais sa légitimité reste un problème. Un arrêt de la Cour d'appel de Pau illustre ce point : une hôtesse de l'air a instrumentalisé un pilote en lui faisant croire qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant, puis l'a manipulé pour qu'il reconnaisse l'enfant afin de lui soutirer de l'argent. Bien que cet arrêt représente une avancée, il est regrettable que le père n'ait obtenu que 2 000 euros de dommages et intérêts et que les juges aient confondu les notions de faute et de préjudice. La Cour d'appel d'Aix en Provence a statué en faveur d'un homme qui avait élevé un enfant comme le sien, alors que la mère et l'enfant savaient qu'il n'était pas le père biologique. Lors d'une action en contestation de paternité, la mère et l'enfant ont refusé le test biologique. Enfin, une affaire a contraint une mère à révéler l'identité du père de ses enfants.
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Paternité Subie et Absence de Recours
Jean-Jacques Goldman chante : "Elle a fait un bébé toute seule"… Au-delà de la chanson, c'est une réalité à laquelle certains pères se trouvent parfois confrontés. Autrefois, on disait des filles-mères qu'elles avaient été "séduites" et "abandonnées". Quel terme existe dans notre société actuelle pour décrire ce que les hommes peuvent ressentir lorsqu'ils se trouvent relégués au simple rôle de géniteur, confrontés à cette paternité volée ?
Pouvait-on penser que 30 ans après la pilule et l'avortement, le pouvoir allait changer de mains, le rapport de force s'inverser ? Au fil de l'histoire, le statut des mères célibataires a évolué. Autrefois honteux, il est parfois aujourd'hui revendiqué par certaines femmes. Confrontées à leur horloge biologique et n'ayant pas toujours rencontré l'homme en qui elles projettent un père potentiel, dans la mesure où elles s'assument financièrement, certaines font le choix de prendre en charge seules cette maternité. Une femme qui se retrouve enceinte aujourd'hui a le choix d'avorter ou encore d'accoucher sous x si elle refuse cette maternité. Quels recours ont les hommes (mariés ou non) si leur partenaire souhaite maintenir malgré eux cette grossesse ? Les notions de présomption de paternité et de recherche de paternité les mettent devant le fait qu'il est impossible en droit de séparer sexualité et procréation, slogan pourtant scandé dans les années 70 par les femmes pour accéder à la contraception et à l'I.V.G. "Un enfant si je veux, quand je veux et avec qui je veux !"
À l'heure où la levée du secret de l'anonymat (dons de gamètes : projet de loi de bioéthique) fait grandement débat, cela repose la question des pères anonymes (ou pères qui s'ignorent). Pour ceux qui prônent la levée du secret, gommer l'identité du donneur c'est manipuler la filiation dans la mesure où on escamote son aspect biologique ; cette occultation engendrant des désordres et des souffrances psychiques chez l'enfant. Qu'en est-il alors des enfants dont le géniteur ignore qu'il est père et qui n'a pas donné son consentement pour cette grossesse ? Dans la loi de 1972, centrée sur l'importance du lien social, le père est d'abord celui qui aime et qui éduque. Mais "centré sur les nouvelles connaissances en biologie et l'évolution des techniques, le père est aussi celui que le spermogramme ou l'empreinte génétique désigne comme tel".
Une action en recherche de paternité qui s'appuie sur les analyses ADN peut durer jusque 10 ans au-delà des 18 ans de l'enfant. On peut donc poursuivre le géniteur jusqu'aux 28 ans de l'enfant (loi de 2005).
Pour un Statut du Géniteur Sous X
"Au moment où un homme prend connaissance d'une grossesse dont il ne souhaite pas assumer les conséquences, il devrait pouvoir faire appel à une procédure analogue à celle de l'accouchement sous x. Cette procédure le protègerait d'un recours aussi bien de la femme que de l'enfant." Un collectif de pères confrontés à cette problématique de "paternité subie" s'est regroupé autour d'une association "Pères Malgré-nous".
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Certaines femmes veulent un enfant pour elles seules, et l’élever seules. Les unes gardent la naissance secrète. D’autres, après coup, en informent le père, qui n’a plus d’autre choix que de garder ou non le contact avec l’enfant. Certaines sont déjà en couple. Soit leur conjoint est stérile, et elles trouvent là une solution au problème. Dans tous ces cas, il s’agit d’une violence faite à des hommes exclusivement, qui les laisse totalement démunis. La loi ne leur offre en effet aucune possibilité d’empêcher une paternité ou d’en refuser la responsabilité.
Des affaires judiciaires récentes, comme celles impliquant Lorène Debaisieux en Allemagne (condamnée pour avoir percé les capotes de son amant) et une femme en Israël (condamnée pour "vol de sperme"), ainsi que divers témoignages de "pères malgré eux", soulignent la nécessité de repenser les droits et les responsabilités en matière de paternité.
Les Conséquences Psychologiques du Syndrome d'Aliénation Parentale (SAP)
Lorsque les parents ont des problèmes ou se sont séparés, les enfants se retrouvent dans une situation très difficile. Ni l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ni l'American Psychological Association (APA), ni les manuels sur les troubles psychologiques ne reconnaissent le syndrome d'aliénation parentale. Malgré cela, ce phénomène, mis en évidence par Gardner, se manifeste lorsque l'aliénation parentale se produit trop souvent. Le syndrome d'aliénation parentale est le trouble le plus grave que puisse présenter un enfant. C'est aussi le terme le plus souvent utilisé par un parent pour discréditer l'autre parent au tribunal afin d'obtenir injustement la garde de son enfant. Il s'agit d'un trouble très difficile à diagnostiquer, qui s'accompagne de controverses, de fausses accusations et d'une absence de consensus scientifique.
Les Symptômes du SAP
- Campagne de dénigrement : L'enfant est obsédé par la haine d'un parent.
- Justifications faibles, absurdes ou frivoles du mépris : L'enfant avance des arguments irrationnels et/ou ridicules pour ne pas vouloir être avec le parent détesté.
- Absence d'ambivalence : Tout est bon chez un parent et tout est mauvais chez l'autre.
Les Degrés d'Aliénation Parentale
- Modéré : L'aliénation est plus importante. Les enfants sont plus négatifs et irrespectueux, la campagne de dénigrement peut être permanente, surtout en période de transition. Un parent est défini comme totalement bon et l'autre comme totalement mauvais. Pendant les visites, ils adoptent souvent un comportement oppositionnel, ils peuvent détruire les biens du parent "aliéné".
- Sévère : Dans ce cas, l'aliénation est grave. Il peut être impossible d'effectuer des visites. L'hostilité des enfants est si grande qu'ils peuvent avoir recours à la violence physique. Tous les symptômes décrits ci-dessus sont présents. Les fausses accusations existent aussi et sont plus fréquentes qu'on ne le pense.
Les Causes du SAP
- La compétition pour être le meilleur : Ce syndrome apparaît souvent comme une réponse à la compétition qui se produit entre les parents pour prouver à l'autre parent qu'ils sont le meilleur parent. L'intérêt n'est pas le bénéfice de l'enfant, mais la médaille du parent le plus aimé.
- Mauvaise gestion de la rupture : Les ruptures peuvent être très compliquées et il est courant de trouver de la colère, voire de la haine, envers l'autre parent.
Comment Combattre l'Aliénation Parentale
- Ne tentez pas l'aliénation parentale avec l'autre parent : Il s'agit d'une véritable erreur, car les enfants sont les seuls à en pâtir.
- Restez positif et évitez de blâmer vos enfants : Une attitude positive est essentielle pour faire face à l'aliénation parentale. La parentalisation dont souffrent les enfants qui y sont exposés finit par les amener à mal s'adresser à leurs parents.
- Tu te souviens comment j'ai utilisé la manipulation : Dans de nombreux cas, les personnes qui adoptent une attitude aliénante avec leurs enfants ont tendance à avoir une personnalité manipulatrice. C'est pourquoi il est essentiel d'essayer de compenser ce type de comportement en utilisant les informations que nous connaissons sur la manière dont cette personne utilisait le chantage.
- Connaissez vos faiblesses : Il est très probable que la personne qui effectue cette parentalisation essaiera d'utiliser les faiblesses que vous avez pour son aliénation parentale.
- Demandez de l'aide : Bien qu'il n'y ait pas d'inculpation pour aliénation parentale, car il ne s'agit pas d'un crime en soi, vous pouvez demander l'aide de psychologues pour faire face à ce type de situation.
Les Conséquences Psychologiques pour l'Enfant
- Insécurité : En ébranlant les piliers sur lesquels il repose, la perception idéalisée de son père et de sa mère en tant que soignants inconditionnels.
- Agressivité : En raison des sentiments contradictoires que la situation provoque face à l'amour authentique que l'enfant ressent pour chacun de ses parents, avec leurs vertus et leurs défauts.
- Haine : Non seulement envers le parent critiqué ; à mesure que l'enfant grandit, ce sentiment se retournera contre le parent qui a critiqué l'autre parent.
- Tristesse : Le fait de percevoir que les deux personnes qu'il aime le plus se méfient et se critiquent mutuellement.
- Malheur : L'enfant sera préoccupé par des questions qui le dépassent car il se trouve dans une phase de développement.
- Méfiance : Parce que la base sûre d'affection et de stabilité que les parents devraient fournir est refusée.
En général, le schéma mental qu'un enfant a de ses parents est celui de deux personnes qui s'aiment. Il est prévisible qu'un enfant qui grandit dans un environnement de critiques d'un parent à l'autre aura une personnalité endommagée, une mauvaise image de soi, une faible estime de soi, de l'insécurité, un manque de compétences sociales saines, aura tendance à se comporter de manière manipulatrice avec les autres, sera méfiant dans ses relations avec les autres et portera un lourd fardeau pour atteindre son propre bonheur.
Les Secrets de Famille et Leur Impact Transgénérationnel
Les secrets de famille peuvent avoir des conséquences profondes et durables sur les générations suivantes. Un exemple frappant est celui d'une femme dont le père s'était enrichi pendant la Seconde Guerre mondiale en volant des biens aux personnes expropriées par les Allemands. La découverte de ce secret à l'adolescence a entraîné divers symptômes, notamment une incapacité à avoir des enfants, car elle aurait fallu leur révéler l'origine de la fortune familiale. Plus tard, elle a escroqué un office notarial, un acte interprété comme une forme de lien pathologique et dysfonctionnel avec son père.
Tous les Secrets Ne Sont Pas Néfastes
Certains secrets sont vécus comme anodins et se perdent dans la mémoire familiale sans causer de problèmes. Les secrets les plus néfastes sont ceux liés à un traumatisme ou à la honte, car la charge émotionnelle est particulièrement forte et risque de provoquer des dégâts à la génération suivante, et parfois au-delà.
Comment les Secrets Agissent
La fille d'une femme violée dans son enfance, qui n'en avait jamais parlé à personne, a subi les conséquences de ce secret. Devenue dépressive à l'âge adulte, la mère avait une relation à la sexualité très altérée, qui avait perturbé celle de sa fille, qui se faisait accabler de reproches dès qu’elle enfilait une jupe courte ou rentrait tard le soir. Elle avait alors développé une grande méfiance vis-à-vis des hommes et une certaine culpabilité par rapport à ses relations amoureuses. Le risque était qu'elle reproduise ces comportements plus tard avec ses propres enfants et perturbe également leur relation à la sexualité. En réalité, c'est le trauma qui agit sous couvert du secret, ce qui est un frein à toute évolution, car cela rend presque impossible de "travailler" dessus.
Le Lien avec la Honte
Ne rien dire est souvent une façon de se protéger face à un événement vécu comme honteux. Les secrets les plus courants concernent la filiation, les parents n'osant pas confier à leur enfant que leur père biologique n'est pas l'homme qui s'est toujours occupé d'eux. La découverte d'un tel secret à l'âge adulte n'est jamais anodine et redéfinit la dynamique familiale.
Préserver ou Divulguer un Secret ?
Il n'existe aucune étude quantitative sur le sujet, mais de nombreux cas cliniques prouvent que, dans certaines configurations familiales ou personnelles, les secrets étouffés détériorent l'état psychique de leurs dépositaires ou de ceux à qui ils sont cachés. Cependant, d'autres patients s'en sortent très bien avec un secret maintenu, ou dont la situation empire au contraire lorsqu'ils l'apprennent. Il est donc difficile de dégager une recommandation universelle et il faut analyser chaque cas individuellement.
Les Situations de Procréation Médicalement Assistée (PMA)
Dans les situations de PMA, en particulier concernant le don de gamète consécutif à une infertilité du père, la plupart des gens n'en parlent jamais à leur enfant, car ils ont peur que ce dernier ne remette en cause leur rôle de parent. Le danger est plutôt que ce secret les "ronge", ou en tout cas que l'un ou l'autre des parents lui accorde une importance démesurée. Il n'est pas rare que l'enfant l'apprenne tardivement d'une façon ou d'une autre et ressente un sentiment de trahison. Il s'ensuit parfois un raidissement des relations, voire une rupture tardive avec le milieu familial.
Les Réactions Face à la Découverte d'un Secret
Un enfant né d'un don de gamète dont les proches s'émerveillent de sa ressemblance avec les parents peut susciter des réactions diverses. Un patient a très bien réagi, considérant que cette ressemblance physique lui donnait l'impression que c'était vraiment son enfant. Un autre patient, placé dans la même situation, l'a ressenti comme une blessure, comme une obligation de vivre désormais dans le mensonge. Garder un secret à l’instant t ne signifie pas qu’on ne le dévoilera jamais.
Les Dégâts Colléraux de la Découverte d'un Secret
Outre le risque de rupture avec le milieu familial, un autre risque est que l'enfant, voire l'adulte, remette en cause tout ce qui vient de ses parents, et pas seulement ce qui concerne le secret lui-même.
Conseils Concrets Pour Dévoiler un Secret
Il faut d’abord se demander si l'on est capable de l’exposer de façon assez sereine ou si l'on est émotionnellement trop touché pour cela. Dans le second cas, il est parfois utile de se faire aider par un spécialiste, voire d’attendre d’être prêt. Ensuite, la question essentielle à se poser concerne les effets des secrets. Si le quotidien est constamment envahi de petits malaises, le secret risque d’exercer une influence néfaste sur le psychisme, ou en tout cas de provoquer une certaine confusion chez l’enfant.
L'Évolution du Rapport au Secret
Malgré la tendance actuelle à davantage se raconter, notamment sur les réseaux sociaux, tout ce qui touche aux secrets liés à la filiation reste très délicat. Beaucoup de secrets sont intimement liés à la honte : les événements qui se retrouvent enfouis de la sorte sont ceux qui ne sont pas vraiment admis socialement.
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