L’évolution des structures familiales et des relations interpersonnelles est un thème récurrent dans la littérature et la philosophie. Cet article se propose d'explorer les dynamiques complexes qui sous-tendent les amitiés particulières et les paternités singulières, en s'appuyant sur une analyse de diverses œuvres littéraires et des réflexions de penseurs tels que Montaigne.
Montaigne et la Satire Sceptique de la Domination Familiale
L’autorité dans la famille, entre parents et enfants ou les relations entre mari et femme, sont-elles condamnées à la domination ou peuvent-elles promouvoir l’émancipation ? Comment l’autorité parentale ou la relation conjugale peuvent-elles s’incarner, si elles refusent une logique d’oppression et si elles optent pour l’autonomie de chacun ? Quelles peuvent être les motivations profondes d’une volonté de déconstruction de cette domination traditionnelle ? Quels rapports à l’être, à l’avoir, au temps, au désir sont engagés ici ? Cet article a pour objet de se confronter à de tels questionnements à travers une lecture de Montaigne. Il s’agira, en un premier temps, de montrer comment l’auteur des Essais propose une satire sceptique de la domination familiale, en s’attaquant à la culture ancienne et majoritaire qui, partant d’Aristote, se prolonge dans la philosophie morale et politique de la Renaissance, et plus particulièrement chez Bodin. En un second temps, il sera question du rapport entre une telle dénonciation et une expérience personnelle de la domination vécue par l’auteur des Essais. Plusieurs remarques de Montaigne sur la famille sont rassemblées dans le chapitre 8 du livre II des Essais intitulé « De l’affection des pères aux enfants ». Pour Aristote, dans l’Éthique à Nicomaque, les géniteurs se caractériseraient non seulement par une tendresse illimitée, mais aussi par une capacité constante à subvenir aux besoins de leurs enfants, de manière désintéressée, sans attendre d’eux l’expression d’une quelconque gratitude.
Selon Antoine Compagnon, dans Nous, Michel de Montaigne, le lien d’affection naturel, qui rattacherait les parents à leurs descendants, constituerait une objection majeure au nominalisme et au scepticisme de Montaigne. Il peut sembler, cependant, que l’analyse livrée par Montaigne de la relation parentale en II, 8 constitue moins une exception au scepticisme moderne qu’Antoine Compagnon ne le prétend. En effet, l’écrivain fait d’emblée planer un doute sur l’affection instinctive des géniteurs pour leur postérité. Dès l’énoncé de la thèse classique sur l’amour naturel des parents, il mentionne une réserve et indique la possibilité d’une « controverse ». L’éventualité d’une mise en cause de ce lieu commun sous-entend le caractère incertain des tendances généralement admises comme innées et communes à tous les êtres vivants. Dans la famille, tout ne serait affaire que de mœurs et de pratiques singulières. La suite du chapitre ii, 8 apporte un démenti sérieux à la croyance à la bienveillance parentale. Dans « De l’affection des pères aux enfants », Montaigne subvertit le modèle traditionnel de l’autorité parentale. Il y décèle une logique de la domination, dans laquelle il ne voit aucune justification rationnelle. Si Montaigne ne fait pas explicitement référence à des auteurs précis, il n’y a pas de doute qu’il les a bien à l’esprit.
Dans le prolongement d’Aristote, Bodin décrit la communauté politique comme une forme de macrocosme rassemblant plusieurs microcosmes ou familles. L’État représente, sur le plan de l’immanence, un reflet de la toute-puissance divine. Il obéit à une structure hiérarchique. La monarchie est la meilleure forme de gouvernement, parce qu’elle garantit l’autorité suprême du souverain. La famille forme une organisation hiérarchique similaire à celle de l’État. S’inspirant du monarque, le père de famille est tenu d’exercer une autorité absolue sur la maisonnée. À la suite d’Aristote, Bodin affirme que le paterfamilias doit régner sur sa femme et sur ses enfants comme un roi sur ses sujets. Bodin précise, certes, que l’époux n’est pas autorisé à « faire une esclave de sa femme ». Mais l’épouse doit, néanmoins, une obéissance inconditionnelle à son mari. Depuis que le mariage est consommé, la femme est sous la puissance du mari. Montaigne estime qu’une telle puissance relève d’une tyrannie. Sous l’œil moqueur du satiriste, le pouvoir paternel perd la connotation morale qu’il revêtait et endosse une signification strictement matérielle.
En II, 8, Montaigne examine attentivement les pratiques de l’héritage, afin d’analyser la manière dont s’exerce l’autorité et dont s’organise l’économie privée : à savoir l’administration des biens et la circulation des rôles dans la maison entre parents et enfants ou maris et femmes. Dans « De l’affection des pères aux enfants », l’emprise absolue du paterfamilias sur le foyer se trouve ravalée aux vices de la cupidité. L’ensemble de l’attitude du père despotique peut se résumer dans une volonté de tout garder pour soi et dans un refus de la dépense et du don. À l’opposé de l’image du chef de famille prudent et tempérant, véhiculée par la philosophie antique, Montaigne campe un autocrate avide essentiellement mu par un désir de s’attribuer le privilège exclusif des responsabilités et des jouissances. L’attachement excessif à l’argent, le souci d’accumuler les richesses et les honneurs, qui caractérisent cette figure, traduisent une crainte de l’écoulement du temps et une peur du vieillissement. Les parents, qui éprouvent une jalousie à l’égard de l’arrivée de leurs enfants dans l’âge adulte, interdisent à leur progéniture un partage des richesses et des charges. Parce que des qualités substantielles manquent au despote domestique et que la fermeté réelle lui fait défaut, celui-ci s’appuie sur des artifices pour asseoir son autorité. Montaigne insiste sur l’aspect pitoyable de ce père, qui n’inspire le respect factice des siens, qu’en raison de la servitude matérielle, dans laquelle il les entretient. Pour faire admettre sa supériorité auprès de son clan, le patriarche n’accapare pas seulement la fortune et les charges, il adopte aussi une attitude distante, froide et hautaine. C’est aussi injustice et folie de priver les enfants, qui sont en âge, de la familiarité des pères et vouloir maintenir en leur endroit une morgue austère et dédaigneuse, espérant par-là les tenir en crainte et obéissance.
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Feu Monsieur le Maréchal de Monluc, ayant perdu son fils qui mourut en l’Île de Madère, brave gentilhomme à la vérité et de grande espérance, me faisait fort valoir, entre ses autres regrets, le déplaisir et crève-cœur qu’il sentait de ne s’être jamais communiqué à lui, et aussi de lui déclarer l’extrême amitié qu’il lui portait, et le digne jugement qu’il faisait de sa vertu. La domination dans la famille n’est pas genrée. Virulent à l’égard du patriarcat, Montaigne ne voit pas moins sévèrement le matriarcat. À qui voudrait faire une anthologie des propos acerbes de l’auteur des Essais sur la cruauté des mères le chapitre ii, 8, fournirait une riche moisson. Mettant en cause le lieu commun sur l’instinct maternel, Montaigne écrit que des mères ne restent attachées à leurs enfants que le temps où, nourrissons, ils ont encore avec elles un rapport fusionnel. Il évoque l’indifférence et la froideur des mères, quand ces derniers grandissent, et souligne la violence des mères qui privent leur progéniture de tous biens en les réduisant à la misère et à l’impuissance, du fait de leur accaparement du pouvoir. L’injustice, qui caractérise le paterfamilias de son vivant, se poursuit, après sa mort, dans le fait de constituer son épouse comme unique légataire à la place des enfants, quand ces derniers ont pourtant la maturité d’y prétendre. J’ai vu encore une autre sorte d’indiscrétion en aucuns pères de mon temps : qui ne se contentent pas d’avoir privé pendant leur longue vie leurs enfants de la part qu’ils devaient avoir naturellement en leurs fortunes, mais laissent encore après eux à leurs femmes cette même autorité sur tous leurs biens, et loi d’en disposer à leur fantaisie.
À la Renaissance, dans de nombreuses familles, l’avarice des géniteurs des deux sexes est l’une des causes majeures de la délinquance de la noblesse. L’habitude de rechercher par soi-même les moyens de subvenir aux besoins fondamentaux de l’existence, sans espoir d’aucun secours parental et en bravant la loi ou la morale, se change en cleptomanie, y compris lorsque la nécessité ne se fait plus sentir. On les jette au désespoir de chercher par quelque voie, pour injuste qu’elle soit, à pourvoir à leur besoin. J’en connais un bien apparenté, à qui par la prière d’un sien frère, très honnête et brave gentilhomme, je parlai une fois pour cet effet. Selon l’auteur des Essais, l’autorité despotique est à l’origine du désordre. La paranoïa, propre au patriarche ou à la matriarche tyranniques, incite moins au respect qu’à la rébellion. En II-8, Montaigne raille le « plus tempétueux maître de France ». Il se vante de l’« exacte obéissance et révérence » qu’il reçoit dans son ménage, mais les membres de sa maison se moquent, plus ou moins ouvertement, de lui. L’oppresseur s’illusionne en pensant exercer une maîtrise totale sur son foyer. Dans l’ombre et en cachette, tous conspirent. Selon un mot de Térence tiré des Adelphes : « Lui seul ignore tout ». On ne saurait ignorer le déclin stupéfiant que constitue le passage du personnage du maître de maison, décrit par Aristote ou par Bodin (dont les traits principaux étaient la force physique et la virilité), à celui du vieillard décrépit dépeint ici. L’ironie du philosophe pyrrhonien consiste à pervertir le mythe du père parfait, livré par Aristote à la tradition, et dans le prolongement duquel la conception du chef de famille propre à l’humanisme de la Renaissance s’inscrit.
Les commentateurs ont livré des interprétations diverses du chapitre « De l’affection des enfants aux pères ». Certain-e-s ont opté pour une lecture d’historien-ne, en confrontant les remarques de Montaigne à des actes notariaux et à des documents de famille rédigés à la même époque. D’autres ont cédé à une « démangeaison du biographique » et ont consenti à faire parler les silences, pour donner un éclairage oblique du texte, en y décelant une blessure intime de l’écrivain dans son rapport à sa parenté. Mon hypothèse est que le caractère philosophique de la critique de Montaigne n’empêche nullement que soit prise en compte la dimension autobiographique du propos. L’auteur des Essais rationaliserait ici une expérience vécue, une souffrance intime de la domination, qui le conduirait à en refuser la répétition. Françoise Charpentier a souligné l’absence, si l’on ose dire, « éclatante » de référence de Montaigne à sa mère dans son livre. Elle a noté les mauvaises relations de l’écrivain à Antoinette de Loupes, femme de Pierre Eyquem, conflits qui surgissent notamment à l’occasion de la succession du père de Montaigne et dont deux séries de textes testamentaires portent la trace.
Premier épisode : les deux testaments de Pierre Eyquem. En 1561, Montaigne, fils aîné de la famille, a vingt-huit ans. Il est magistrat et toujours célibataire. Or, dans ce testament, c’est sa femme Antoinette de Loupes que Pierre Eyquem institue héritière principale et co-exécutrice testamentaire. L’éviction de Montaigne, à qui ne revient aucune part du pouvoir ni des biens, traduit une forte méfiance, dont l’auteur des Essais ne fera nulle part mention. Le second testament, écrit neuf mois avant la mort de Pierre Eyquem, le 22 septembre 1567, annule le premier et semble vouloir en réparer les injustices. Montaigne est institué cohéritier et cotuteur de ses jeunes frères. Il est marié depuis deux ans, ce qui a pu faire changer les décisions de Pierre Eyquem. Second épisode : le testament d’Antoinette de Loupes daté de 1597.
L’absence de référence de Montaigne à sa mère, dans les Essais, contraste avec l’admiration manifestée à plusieurs reprises à l’égard de la figure paternelle. Dans « De l’institution des enfants », Montaigne fait l’éloge d’un père humaniste, informé de la pédagogie moderne. Celui-ci lui a fait bénéficier d’une éducation douce et libérale et a confié son instruction dès le plus jeune âge à un précepteur allemand lui enseignant la culture latine comme une langue vivante pratiquée ordinairement. C’est à la demande de son père que Montaigne entreprend la traduction de la Théologie naturelle de Sebond, qui constitue son premier texte. Il se pourrait que la relation au père soit plus ambivalente que Montaigne ne le dit pourtant. Dans le chapitre 14 du livre I des Essais intitulé « Que le goût des biens et des maux s’emporte au-delà de nous… », Montaigne évoque les « trois conditions » successives qu’il a vécues par rapport à l’argent. La première dure à peu près jusqu’à ses trente-cinq ans : c’est le moment de la mort de Pierre Eyquem. Il n’avait « d’autres moyens que fortuits, et dépendant de l’ordonnance et secours d’autrui, sans état certain ». C’est contraint, par le désir paternel et la nécessité matérielle, qu’il embrasse la carrière de magistrat. C’est sans enthousiasme aussi, et tardivement, qu’il consent à se marier pour répondre à la demande parentale. C’est par devoir filial, enfin, qu’il fréquente les grands de la cour, comme Henri III et Henri de Navarre, afin d’ennoblir le titre de ses ancêtres. Dans « De la ressemblance des enfants aux pères » (II, 37), Montaigne livre une réflexion étonnante sur son héritage filial, en s’adonnant à la contemplation fascinée du sperme porteur de sa destinée psychobiologique. De son père, Montaigne reconnaît, non sans ironie, avoir principalement hérité de la maladie de la pierre, qui l’a fait souffrir une grande partie de sa vie, et d’une antipathie à l’égard des médecins.
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Mon père aimait à bâtir Montaigne, où il était né. Et en toute cette police d’affaires domestiques, j’aime à me servir de son exemple et de ses règles, et y attacherai mes successeurs autant que je pourrai : Si je pouvais mieux pour lui, je le ferais. Ce que je me suis mêlé d’achever quelque vieux pan de mur, et de ranger quelque pièce de bâtiment mal dolé, ç’a été certes plus regardant à son intention qu’à mon contentement. Les activités que l’auteur des Essais élève au plus haut rang, la lecture et l’écriture, sont probablement de celles que Pierre Eyquem jugeait assez futiles, en comparaison des fonctions publiques et économiques. En II, 8, cédant peut-être au dénigrement paternel, au moins symbolique, Montaigne initie sa réflexion sur la famille par un long développement sur la « sotte entreprise » qu’il a eu d’écrire pour se distraire d’une « humeur mélancolique ». C’est une humeur mélancolique, et une humeur par conséquent très ennemie de ma complexion naturelle, produite par le chagrin de la solitude en laquelle il y a quelques années que je m’étais jeté, qui m’a mis premièrement en tête cette rêverie de me mêler d’écrire. Or madame, ayant à m’y portraire au vif, j’en eusse oublié un trait d’importance, si je n’y eusse représenté l’honneur que j’ai toujours rendu à vos mérites. La prise en compte du rapport complexe de Montaigne à sa parenté invite à considérer la dédicace à Madame d’Estissac, trop souvent négligée. Comme on peut le remarquer, Madame d’Estissac réunit les qualités.
Évolutions des pratiques adoptives en France
Les adoptions enregistrées par les statistiques du ministère de la justice témoignent d’évolutions des pratiques à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle. Des transformations subtiles peuvent être relevées. D’un siècle à l’autre les pratiques adoptives paraissent se transformer à la croisée de la mise en valeur de l’enfance et d’interrogations sur le modèle social dominant. Évoluant dans le cadre d’une culture des apparences, elles sont marquées par l’emprise du secret. Au-delà de la portée immédiate de dispositifs législatifs, ce sont des transformations sociales qui se reflètent dans les utilisations de l’adoption. L’adoption familiale qui pouvait paraître vouée au déclin à la fin du xixe siècle est en progression au xxe siècle.
De la fin du xixe au début du xxe siècle, les fluctuations annuelles du nombre d’actes indiqués chaque année par les statistiques publiées par le ministère de la Justice à partir de 1840 portent sur des effectifs limités. Les valeurs les plus faibles, enregistrées en 1870 et 1871 impriment la marque de « l’année terrible » le chiffre le plus élevé de 138 adoptions en 1872 correspond à une forme de rattrapage. Au-delà de la trace des épreuves subies, l’évolution globale montre une certaine stabilité du recours à l’adoption : la pratique a été de l’ordre de 100 à 120 actes par an. Une vraie rupture apparaît à la fin du siècle avec un effondrement à partir de 1894 suivi d’une augmentation rapide : le nombre d’adoptions passe de 67 en 1899 à 123 en 1913, soit un quasi-doublement. Ce ne sont pas seulement les effectifs globaux qui évoluent, les liens de parenté indiqués changent. Les statistiques judiciaires montrent, au début du xxe siècle, la quasi-disparition des adoptions d’enfants naturels reconnus, le progrès des actes intrafamiliaux et l’augmentation d’actes pour lesquels aucun lien de parenté n’a été déclaré.
Les changements observés sont liés aux évolutions du droit de la filiation et de la fiscalité successorale. La baisse du nombre d’adoptions intervient au moment de la discussion et du vote de la loi du 25 mars 1896 relative aux droits des enfants dans la succession de leurs père et mère. Avec ce texte l’enfant naturel reconnu devient un héritier réservataire ; sa part d’héritage passe du tiers à la moitié de celle d’un enfant légitime et les parents peuvent en utilisant la quotité disponible l’augmenter jusqu’à égaler celle de l’enfant légitime le moins prenant. Aussi cette loi a-t-elle été regardée par certains comme ayant créé un véritable statut des enfants naturels reconnus. Cet élargissement de leurs droits se traduit par une quasi-disparition des actes d’adoption les concernant. La loi de 1896 rend inutile des détours compliqués, coûteux et aléatoires.
La remontée du nombre d’actes à partir des années 1900 est concomitante à l’évolution de la fiscalité successorale qui a conforté les avantages d’adoptions permettant d’instituer un héritier sans qu’il paie plus de droits de mutation que s’il était un enfant légitime. L’imposition sur les successions est devenue progressive au xxe siècle pour les successions entre parents éloignés et non-parents Des droits augmentés en 1901 et en 1902 ont frappé les successions, d’un impôt de 1 à 5 % en ligne directe et de 15 à 20,5 % entre non parents. Alors que la loi du 25 mars 1896 qui améliore le statut de l’enfant naturel reconnu a entraîné un déclin accéléré du nombre d’actes, l’augmentation des droits successoraux en 1901 et 1902 a favorisé une reprise de l’utilisation de l’institution. Ainsi l’amélioration du statut des enfants naturels reconnus a rendu obsolète l’utilisation de l’adoption pour élever leur position sociale, en revanche, la fiscalité progressive, instituée à partir de 1901 sur les successions, a donné un plus grand intérêt : d’une part aux adoptions de beaux-enfants, neveux, cousins dont le nombre augmente légèrement ; et, d’autre part, et plus encore, à l’adoption de personnes officiellement non apparentées, ce qui est, juridiquement, la situation des enfants naturels non reconnus. Au-delà de ces motivations successorales, les nouveaux regards qui sont portés sur les usages de l’adoption à la fin du xixe et au début du xxe siècle s’inscrivent dans une évolution du rapport à l’enfance, de la place reconnue au mariage et même de la notion de relations illicites.
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