Introduction
Les menstruations, un phénomène biologique naturel et universel, demeurent un sujet entouré de tabous et de croyances profondément ancrées dans de nombreuses cultures à travers le monde. Loin d'être considérées comme un simple processus physiologique, les règles ont été historiquement associées à la maladie, à l'impureté et même à la folie. En Afghanistan, comme dans d'autres pays, ces perceptions négatives ont des conséquences directes sur la santé, l'hygiène et l'éducation des femmes et des jeunes filles. Cet article vise à explorer les défis spécifiques liés aux menstruations en Afghanistan, tout en mettant en lumière les efforts déployés pour briser les tabous et améliorer la vie des femmes.
L'Histoire des Règles : Un Tabou Millénaire
À travers les siècles, les menstruations ont été l'objet de mythes, de croyances et de préjugés tenaces. Ce flux de sang, pourtant si naturel, a été perçu comme un poison, une source de folie, voire une malédiction.
Les Mythes et Croyances du Passé
Les mythes entourant les règles sont innombrables et rarement flatteurs pour le corps féminin. Les menstruations sont souvent associées à une maladie physique et mentale dont il vaut mieux se tenir à l'écart.
Dans l'Antiquité : Étonnamment, l'Égypte ancienne ne semble pas avoir été touchée par le tabou des règles. Les médecins égyptiens traitaient les menstruations de manière scientifique et leur attribuaient même des vertus guérisseuses. Le sang menstruel était utilisé dans des onctions.
Dans la Grèce Antique : Les choses se sont compliquées avec Hippocrate, qui considérait le flux menstruel comme un moyen d'évacuer les fluides corporels en excès chez la femme. Le sang non évacué était considéré comme toxique, déséquilibrant les humeurs et pouvant conduire à la folie.
Lire aussi: Traitements pour Surdité et Menstruations
Dans la Rome Antique : Le sang menstruel était considéré comme un poison aux vertus néfastes. Pline l'Ancien accusait les femmes en période de menstruation de faire aigrir le vin, d'enrager les chiens et de faire mourir les abeilles.
Les Religions Monothéistes : La Bible et la Torah considèrent le sang menstruel comme sale. La femme indisposée est impure et doit se laver pour ôter cette souillure. L'acte sexuel pendant les menstruations est passible de punition divine.
Le corps de la femme a été diabolisé, les menstruations sont devenues une source de péché et de folie, et le cycle menstruel a été totalement ignoré.
Les Avancées Scientifiques
Heureusement, l'histoire ne s'arrête pas là. Des avancées scientifiques ont permis de mieux comprendre le cycle menstruel. Au XVIIe siècle, le docteur De Graaf a découvert l'existence et le rôle des follicules ovariens. En 1924, le docteur japonais Ogino a précisé la période d'ovulation.
Malgré ces avancées, des idées fausses ont persisté. On a cru que le sang menstruel produisait des ménotoxines qui faisaient faner les fleurs ou pourrir ce que la femme touchait durant ses règles.
Lire aussi: Les pierres pour un cycle menstruel équilibré
Les Menstruations en Afghanistan : Défis et Réalités
En Afghanistan, les préjugés liés à la vie maritale ou à la nourriture durant les règles ont la vie dure. De plus, la croyance selon laquelle le sang menstruel et l'eau ne font pas bon ménage persiste, car leur contact provoquerait la stérilité. Ces croyances, associées à un manque d'accès à l'information et à des infrastructures sanitaires adéquates, contribuent à créer un environnement difficile pour les femmes et les jeunes filles pendant leurs menstruations.
Tabous et Stigmatisation
Comme dans de nombreuses cultures, les menstruations en Afghanistan sont entourées de tabous qui empêchent les femmes d'en parler ouvertement. Elles n'osent pas en parler et ont souvent recours à des termes détournés pour qualifier leurs règles. Pour certaines jeunes filles, le fait d'avoir des règles les isole complètement des autres. Dans certaines cultures, les règles doivent rester secrètes.
Les règles sont souvent assimilées à un symbole péjoratif très fort. Elles sont perçues comme quelque chose de "sale" ou de "maladif".
Conséquences sur l'Éducation
Les tabous et le manque d'accès à des protections hygiéniques adéquates ont des conséquences directes sur l'éducation des jeunes filles. En Afrique, une fille sur dix ne va pas à l'école pendant ses règles. Ces jeunes filles se sentent contraintes de ne pas aller à l'école, manquent plusieurs cours et se retrouvent en situation de décrochage scolaire. Celles qui se rendent tout de même à l'école se sentent gênées et s'assoient au fond de la classe.
Accès aux Protections Hygiéniques et à la Santé
Dans certaines localités, l'accès aux protections hygiéniques et aux médicaments contre la douleur est un véritable luxe. Les protections hygiéniques confortables et de qualité coûtent relativement cher, ce qui pousse certaines femmes ou jeunes filles à opter pour d'autres options moins hygiéniques et moins confortables.
Lire aussi: Culotte claire impeccable pendant les règles
De plus, le manque d'accès à l'eau potable et à des installations sanitaires adéquates rend la gestion des menstruations encore plus difficile.
Les Efforts pour Changer les Mentalités et Améliorer la Situation
Heureusement, des efforts sont déployés par des ONG et des organisations internationales pour améliorer la situation des femmes et des jeunes filles en Afghanistan en matière de santé menstruelle.
Sensibilisation et Éducation
Plusieurs ONG se battent pour lever ce tabou majeur, notamment avec la distribution de kits sanitaires ou encore via des supports de communication pour sensibiliser au maximum les consciences à ce sujet. Des campagnes de sensibilisation sont menées pour informer les femmes, les jeunes filles, mais aussi les hommes et les garçons sur les menstruations, leur normalité et l'importance d'une bonne hygiène.
Parler des règles avec les enfants est essentiel pour déconstruire les tabous et les idées fausses.
Accès aux Protections Hygiéniques
Des initiatives sont mises en place pour améliorer l'accès aux protections hygiéniques, notamment par la distribution gratuite ou à prix réduit de serviettes hygiéniques, de tampons ou de coupes menstruelles. Des projets de fabrication locale de protections hygiéniques sont également développés pour rendre ces produits plus abordables et accessibles.
Amélioration des Infrastructures Sanitaires
L'amélioration des infrastructures sanitaires, notamment la construction de toilettes séparées pour les filles dans les écoles et l'accès à l'eau potable, est essentielle pour permettre aux jeunes filles de gérer leurs menstruations de manière digne et hygiénique.
Les Protections Hygiéniques à Travers l'Histoire
Il est intéressant de noter l'évolution des protections hygiéniques à travers l'histoire.
Égypte ancienne : Les femmes utilisaient une sorte de tampon fait de bois et de compresses de lin.
Autres époques : Les éponges de mer ont également servi de protections naturelles.
Début du 20e siècle : Les femmes utilisaient des linges qu'elles glissaient dans leur culotte. Avant cela, la ceinture menstruelle retenait des bandes de tissus de coton ou de laine grâce à des épingles.
1937 : Le docteur Haas commercialise le premier Tampax aux États-Unis.
1930 : La cup menstruelle arrive sur le marché, mais ne rencontre pas de succès immédiat.
1969 : Les premières serviettes hygiéniques jetables apparaissent.
Aujourd'hui, les femmes ont l'embarras du choix en matière de protections hygiéniques : culottes menstruelles, cups, serviettes et tampons hygiéniques.
tags: #les #menstruations #en #afghanistan #santé #et
