L'histoire des "bébés du bonheur" est intimement liée aux avancées de la procréation médicalement assistée (PMA), et plus particulièrement à la fécondation in vitro (FIV). Elle témoigne d'une révolution médicale qui a transformé la vie de millions de personnes à travers le monde, offrant l'espoir de fonder une famille à celles et ceux qui rencontrent des difficultés à procréer naturellement.
La Naissance d'une Révolution : Louise Brown, Premier Bébé Éprouvette
Le 25 juillet 1978, à Oldham, en Angleterre, un événement historique se produit : la naissance de Louise Brown. Lesley Brown accouche par césarienne d’une petite fille de 2,6 kilos qu’elle appelle Louise. Louise Brown est ce qu’on appelait à l’époque le premier bébé éprouvette au monde. Conçue par fécondation in vitro, elle est le fruit du travail acharné de deux médecins anglais : le gynécologue Patrick Steptoe et le physiologiste Robert Edwards. Pendant 10 ans, ils ont travaillé d’arrache-pied pour mettre au point cette technique. Des médecins ont réussi l’exploit de reproduire la fécondation d’un ovocyte de la mère par les spermatozoïdes du père dans un laboratoire. Plus précisément dans une éprouvette, d’où le nom.
Avant la FIV, la procréation médicalement assistée se limitait aux inséminations artificielles. Autrement dit, mettre les spermatozoïdes d’un homme au niveau du col de l’utérus de la femme, pour espérer que la fécondation se passe naturellement. Mais avec l’arrivée de Louise Brown, la fécondation in vitro est née. C’est pour ça qu’elle est la star de l’été 1978. Sa photo fait le tour du monde. Les médias font le pied de grue devant le domicile du couple Brown pour espérer obtenir des photos de la petite. Louise, toute petite, toute frêle, encore fripée de sa naissance, fait la couverture du journal. Très rapidement, les pays du monde entier veulent appliquer la procédure et aider ainsi des millions de couples. Les premiers à le faire sont l’Inde, l’Australie et la France.
L'Essor de la FIV : Un Espoir Mondial
La naissance de Louise Brown a suscité un immense intérêt et un espoir considérable à travers le monde. Dès lors, la FIV s'est rapidement développée et a été adoptée par de nombreux pays. Quelques mois plus tard, le 3 octobre 1978, le deuxième bébé éprouvette naît en Inde. En France ça mettra un peu plus de temps puisque la petite Amandine arrivera en 1982. Depuis, il y a eu plus de 400 000 bébés nés par FIV en France et plus de 8 millions dans le monde selon des chiffres qui datent de 2018.
La FIV a permis à d'innombrables couples infertiles de réaliser leur rêve de parentalité. Elle a également ouvert de nouvelles perspectives pour les femmes seules et les couples de même sexe, leur offrant la possibilité de fonder une famille grâce à la PMA.
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La PMA pour Toutes : Une Loi pour l'Égalité
En 2021, la PMA pour toutes a été votée en France. Cette loi qui était une promesse de campagne de François Hollande en 2012 a finalement été votée 9 ans plus tard. Les femmes seules ou en couple homosexuel peuvent maintenant bénéficier de la PMA, et donc de la FIV. Cette avancée législative a marqué une étape importante dans la reconnaissance des droits reproductifs et l'accès à la parentalité pour toutes les femmes, quelle que soit leur situation familiale ou leur orientation sexuelle.
Louise Brown : Un Symbole et un Témoignage
Aujourd’hui Louis Brown a 46 ans. Elle se décrit encore comme le premier bébé née d’une FIV sur son compte Instagram. En même temps, elle est le visage de cet exploit médical. Elle a passé sa vie à parcourir le monde pour participer à des conférences sur le sujet. Ses parents et les deux médecins à l’origine de la FIV sont aujourd’hui décédés c’est pour ça que pour elle “c'est important de garder vivant le souvenir de ce qu'ils ont accompli”. Elle incarne le succès de la FIV et témoigne de l'impact positif de cette technique sur la vie de millions de personnes. Son engagement contribue à sensibiliser le public aux enjeux de l'infertilité et à promouvoir l'accès à la PMA pour tous ceux qui en ont besoin.
Les Bébés du Bonheur : Un Accompagnement Tout au Long de la Maternité
Les "Bébés du Bonheur" ne se limitent pas à l'histoire de la FIV. C'est aussi une aventure de la maternité : Conseils et astuces pour les futures mamans. La grossesse est une période magique et transformative dans la vie d'une femme. En tant que future maman, vous traversez une série de changements physiques et émotionnels uniques. Chez Les Bébés du Bonheur, nous sommes ici pour vous accompagner à chaque étape de ce voyage extraordinaire.
La Baby Shower est devenue une tradition incontournable pour célébrer l’arrivée imminente de bébé. Qu’il s’agisse de la première grossesse ou non, c’est l’occasion idéale pour rassembler famille et amis autour de la future maman et partager un moment de convivialité.
Vous venez d’accueillir un nouveau-né à la maison et vous vous demandez quels jouets pourraient accompagner ses premières découvertes ? Les Bébés du Bonheur sont là pour vous guider !
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Les Défis et les Progrès de la Médecine Fœtale
Plusieurs maladies mettent en danger l'enfant in utero. S'appuyant sur l'exemple de la hernie diaphragmatique, et mêlant documentaire et fiction, “Nos bébés ont une histoire”, sur France 2, observe sans voyeurisme l'angoisse des parents, mais aussi les progrès prodigieux de la médecine.
Fin 2013, Romain Icard a pour ambition de tourner un documentaire scientifique consacré aux dernières découvertes sur la vie intra-utérine. Il se trouve vite fasciné par l'épigénétique, une discipline qui étudie l'influence de l'environnement sur les gènes, perméables aux signaux extérieurs dès le stade foetal. Le réalisateur rapporte dans son documentaire-fiction, Nos bébés ont une histoire, l'étonnante trouvaille de chercheurs néerlandais : des femmes enceintes ayant subi la famine de l'hiver 1944 aux Pays-Bas ont transmis à leurs enfants et petits-enfants des marques de privation observables dans les gènes.
Au cours de ses recherches, il est également frappé par les prouesses de la jeune chirurgie prénatale. « J'ai rencontré des médecins qui ne se contentent plus de comprendre comment va le bébé in utero, mais comment ils peuvent intervenir sur cette vie pour la sauver. Il fallait absolument que j'en parle », explique-t-il, toujours ébahi. Pour relater tout à la fois la progression de l'épigénétique, de la chirurgie du foetus et les épreuves vécues par les parents lors d'une grossesse à risque, il choisit de s'intéresser à la hernie diaphragmatique, une maladie méconnue qui touche chaque année cinq cents bébés en France. La moitié n'y survit pas. « La chirurgie foetale soigne désormais différentes pathologies graves, des déformations de l'aorte, de la vessie, des cas de gémellités complexes… Mais la hernie diaphragmatique a une dimension dramaturgique forte : elle s'attaque aux poumons, les organes de l'air, le symbole de la vie. Dans cette maladie, la naissance se transforme en un terrible couperet. »
Romain Icard souhaite suivre des parents sur la longueur, mais l'entreprise se révèle délicate. Beaucoup refusent de témoigner. Grâce à l'appui de la gynécologue Alexandra Benachi, cocréatrice de la technique du Plug (Plug the lung until it grows), qui permet de construire artificiellement des poumons au foetus, et d'Yves Ville, chirurgien prénatal à l'hôpital Necker à Paris, il commence à rencontrer des familles. Des parents rongés par l'angoisse, qui doivent décider s'ils vont recourir à une interruption médicale de grossesse, ignorant si leur enfant va survivre à l'accouchement. « Je me suis dit que je ne pouvais pas prendre le risque de faire un film voyeuriste. Pourtant, j'étais convaincu qu'il fallait donner la parole à ces personnes. La forme du documentaire-fiction s'est donc imposée. Elle permettait de combiner des interviews de parents sortis de cette épreuve, parfois très récemment, et une fiction basée sur le récit de ceux qui la vivaient encore. »
En traitant la hernie diaphragmatique, Romain Icard évoque les épreuves de la grossesse à risque, mais aussi le poids qui pèse sur les épaules de toute femme enceinte, qu'il a voulu déculpabiliser. « L'épigénétique m'a permis d'élargir le propos à l'influence qu'ont les deux parents et les grands-parents sur le développement d'un foetus. Je trouvais essentiel de souligner que la femme n'est pas seule face au bébé qui grandit en elle. Tout ce qui se passe dehors a une importance phénoménale. Et, en même temps, je souhaitais insister sur le fait qu'il n'y a pas de fatalité : l'hérédité épigénétique existe, mais tout est corrigible, rien n'est immuable. »
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Les Maternités : Entre Progrès et Inhumanité ?
La concentration des naissances dans les grandes unités hospitalières, parfois appelées "usines à bébés", suscite des interrogations quant à la qualité des soins et au respect de la dignité des femmes et des bébés. Si ces institutions sont plébiscitées pour leur sécurité et leurs avancées médicales, certaines voix s'élèvent pour dénoncer une possible "inhumanité" et une logique de "production" qui primerait sur l'accompagnement personnalisé et l'écoute des besoins individuels.
L'Histoire des Maternités : Une Évolution Complexe
C’est vers le XVIe siècle, en période d’extension de leur production de richesses, que naissent dans la société européenne des préoccupations nouvelles, en particulier une forte volonté de maitriser le monde. La société chrétienne ne se contente plus alors d’attendre l’avènement du Royaume de Dieu. Il en est ainsi de la naissance. Nos nations émergentes ont besoin de nombreux enfants afin d’être fortes et conquérantes : l’Empire romain avait déjà connu cette lancinante préoccupation. Commence alors l’histoire moderne de l’obstétrique. En effet, les transformations sociales initiées par la Renaissance aboutissent à une urbanisation rapide qui associe aux nécessités de la production et de l’administration de ces États en mutation, une misère sociale et des « dérèglements moraux » qui leur imposent quelques nouvelles obligations. C’est ainsi que surgissent dans chaque ville d’Europe des maternités hospitalières.
Faut-il souligner à ce propos que toute « maternité », aussi modeste soit-elle, n’en est pas moins une « concentration » d’accouchements. Or une telle pratique brise sans transition le rituel originel et quasi universel de la naissance « au foyer » de celle qui accueille son enfant, associant intimité et lien social. L’enfant nouveau est ainsi intégré à la communauté qu’il contribue à enrichir. Il en est tout autrement lorsqu’il arrive au monde dans un hôpital, un hospice. À son origine, cette rupture ne fut sans doute pas perçue, tant le statut des femmes accueillies dans ces institutions était marginal, inquiétant, et même inacceptable : femmes enceintes sans mari, sans abri, pour la majorité d’entre elles, et futurs enfants « sans famille ». Dans ces hôpitaux, la présence de chirurgiens rend possible leur intervention à l’occasion des dystocies. Sages-femmes et médecins apprennent leur métier.
La Domination Masculine et la Médicalisation de l'Accouchement
Historiennes et historiens nous disent, ainsi que certains philosophes (E. DORLIN, 2006), que la domination masculine de nos vieilles sociétés monarchiques puis républicaines s’accommodaient mal du rôle quasi-exclusif qu’on avait alors laissé aux femmes, professionnelles ou non, dans la naissance. Si l’on accorde alors une importance nouvelle à la reproduction humaine, seuls les hommes, affirme-t-on alors, pouvaient diriger cette fonction relevant tant de l’organisation sociale que de la « science médicale ». À ce sujet, les débats initiés par la Révolution française sur la médicalisation de l’accouchement et de l’hospitalisation sont édifiants. Certains (P. CABANIS, F. de La ROCHEFOUCAUD, 1790) s’interrogent sur les bienfaits réels de cette institution dont le rapport récent de Jacques-René TENON (1786) a signalé l’extrême délabrement et la gravité de ses conséquences sur la vie et la santé des femmes et de leurs enfants.
Tout au long du XIXe siècle, il faut conforter et étendre la domination masculine en redistribuant les rôles de la sage-femme et du médecin, celle-ci étant progressivement mise sous la tutelle du second (J. Malgré tout, les progrès médicaux semblent moins rapides que l’expansion urbaine de l’Europe. Les maternités hospitalières s’étendent et se développent comme la pauvreté des couches sociales qui assurent l’enrichissement des nations. Et les médecins (chirurgiens) confirment leur prééminence professionnelle. À la fin du XIXe siècle, la sage-femme devient une auxiliaire médicale ou disparait dans plusieurs pays occidentaux. Elle est alors souvent réduite à la fonction de « nurse ». Lui sont interdits l’utilisation des instruments et la prescription des médicaments.
L'Obstétrique Moderne : Sécurité et Respect de la Personne ?
À ce stade, l’obstétrique du XXIe siècle s’est assurée une autorité presque au-dessus de tout soupçon. N’a-t-elle pas divisé par 100 la mortalité maternelle et dans des proportions assez identiques la mortalité fœto-infantile ? Et si ces deux grands marqueurs sanitaires n’ont guère changé depuis 20 ans, n’a-t-on pas profondément bouleversé l’accueil et la place des femmes dans nos établissements hospitaliers, mais également celles de nos bébés ? Quoi qu’en disent quelques grincheux ! Nos « grosses » maternités associeraient donc la sécurité des femmes, et par les temps qui courent la sécurité est une valeur très sûre, et celle des bébés, accordant à l’une et à l’autre, même s’il s’agit d’une petite fille, le statut de personne. Finis, nous dit-on, ou presque, les gestes inutiles, agressifs parfois, dont ont souffert la mère et son enfant. C’est le cas de l’aspiration systématique des narines, du pharynx, de l’œsophage et de l’estomac dès la sortie du ventre des mamans, des examens pédiatriques dès la naissance, physiquement douloureux et psychiquement dangereux, des prélèvements sanguins au talon ou ailleurs.
Ce petit doit maintenant rester sur le ventre de sa mère qui lui parle, dans ses bras, yeux dans les yeux, comme elle veut tout simplement. Le cordon sera sectionné sans précipitation, les professionnels ayant désormais acquis cette rigueur clinique qui leur permet d’apprécier avec la précision nécessaire la qualité des fonctions vitales (cardio-respiratoire et neurologique) sans gêner l’intimité des rapports entre le bébé et ses parents. Cet enfant devient rapidement rose, respire bien et gesticule comme il doit le faire. La plupart des malformations, dangereuses dans les premières minutes de vie, ont été mises en évidence avant la naissance. Désormais, le bébé doit vivre ces instants dans le bain d’échanges sensoriels et affectifs offert par les siens.
Vers un Accouchement Plus Physiologique et Respectueux
Côté femmes, les positions imposées ne sont évidemment guère physiologiques, souvent inconfortables, et pour tout dire font obstacle au jeu libérateur du corps à corps qu’est la chorégraphie de la mise au monde. L’épisiotomie est nuisible dans la grande majorité des accouchements et rien ne vaut, en qualité, un accouchement spontané aux alentours du terme. La diminution de la mortalité maternelle ne passe-t-elle pas, comme l’indiquent certaines études aux États-Unis, par la réduction du taux de césariennes, ainsi que par celles des déclenchements inutiles du travail ? Bébés et femmes sont très liés dans cette aventure. Ce qui nuit à la maman, nuit à son petit. Or l’enfant, contrairement à ce qui est le plus souvent affirmé, ne bénéficie pas toujours de cette attention et de ce respect en raison même des logiques de productivité liées aux regroupements hospitaliers.
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