Léonard de Vinci est une figure emblématique dont le génie universel dépasse l'entendement. Il incarne l'esprit de la Renaissance, une époque où il était encore possible pour un seul individu de maîtriser autant de disciplines diverses à un niveau exceptionnel. Aujourd'hui, avec la spécialisation des connaissances et la diversité des techniques, un tel phénomène est inconcevable.

Naissance et Jeunesse

Léonard de Vinci naît en Toscane le 15 avril 1452, dans le petit bourg de Vinci, non loin de Florence. Il est le fils illégitime d'un notaire, Ser Piero, et d'une paysanne, Caterina. D'abord élevé par ses grands-parents dans le culte de l'observation et de la curiosité, le jeune Léonard retrouve son père à Florence à l'âge d'une dizaine d'années.

Formation Artistique à Florence

Décelant chez son fils des talents pour le dessin, son père le place en apprentissage dans l'atelier du célèbre Andrea del Verrocchio, un artiste réputé qui reçoit les élèves les plus prometteurs. Il y côtoie d'autres surdoués nommés Botticelli et Le Pérugin. Léonard reçoit une éducation soignée, notamment en grammaire et calcul, avant d'aller en 1467 à Florence dans l'atelier de Verrocchio, où il acquiert une formation pluridisciplinaire (peinture, sculpture, travaux de décoration). C'est de cette époque que datent ses premières toiles, comme par exemple « l'Adoration des Mages ».

Dès 1472, à l'âge de vingt ans, il est inscrit à la Guilde de Saint-Luc de Florence, corporation des peintres et sculpteurs. Le premier tableau auquel Léonard a collaboré avec Verrocchio est Le Baptême du Christ peint entre 1472 et 1475. On attribue l'ange agenouillé le plus à gauche à la main de Vinci. Le jeune apprenti est très attaché à son maître et il maintiendra sa collaboration avec lui jusqu'en 1479, bien qu'il ait ouvert un atelier autonome avec l'aide financière de son père avant cette date.

Période Milanaise (1482-1499)

À la fin de 1481, Léonard quitte Florence pour Milan, attiré par le projet de participer à un monument équestre géant du duc Sforza, dit « Il Cavallo ». À la demande de Laurent de Médicis, qui cherche à diffuser le savoir-faire florentin, Léonard se rend en 1482 à Milan, où il se met au service du duc Ludovic le More. Il reste à Milan jusqu'en 1499 ; il y régnait un climat favorable où tous ses dons pouvaient s'épanouir. C'est de cette époque que date la célèbre « Vierge aux rochers », conservée au musée du Louvre, qui était une commande de la confrérie de l'Immaculée Conception à San Francesco Grande.

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Pendant seize ans, il travaille à la statue équestre de François Sforza, œuvre aux proportions colossales qui ne sera jamais fondue. Léonard participe aussi aux discussions sur la construction des cathédrales de Milan et de Pavie. Il se consacre, de manière parallèle, à une somme impressionnante d'activités diverses : divers projets architecturaux pour la cathédrale de Milan et celle de Pavie, décors de théâtre à scène tournante, conception de costumes pour des fêtes et des tournois, études d'urbanisme, d'hydraulique pour les canaux de Milan, observations géologiques… Il assistait de manière régulière à des réunions de mathématiciens, et, dans le même temps, mettait en place les prémices d'un « Traité de la peinture ».

Ludovic Sforza, dit le More (1452-1508), duc de Milan, gouverne alors la Lombardie. Chef de guerre que l'on crédite de plusieurs grands faits d'armes, Ludovic Sforza est aussi un mécène qui entend développer le rayonnement culturel de Milan. Il utilisera les mille talents de Léonard mais principalement son savoir-faire technique : organisation de fêtes et de spectacles (avec décors), construction de machines de théâtre, étude pour le dôme de la cathédrale de Milan, projets d'urbanisme, etc. Dans le domaine artistique, Léonard doit réaliser une statue équestre en bronze à la gloire de Francesco Sforza (1401-1466), le père de Ludovic. La statue est gigantesque (cheval de 7 mètres de haut) et nécessite près de cent tonnes de bronze. Un modèle en argile est confectionné mais la statue en bronze ne verra jamais le jour car le métal sera utilisé pour fondre des canons. La peinture n'est évidemment pas absente de l'activité débordante de Léonard. De cette époque datent quelques œuvres célébrissimes comme La dame à l'hermine (1483-90) ou La Cène (1494-98). Dès cette époque, il commence également à écrire un Traité de la peinture.

La chute de Ludovic Sforza pousse De Vinci à quitter Milan. En octobre 1499, les troupes françaises de Louis XII (1462-1515) occupent Milan.

Voyages et Séjours à Florence et Rome

Au début du 16e siècle, les princes italiens s'arrachent les services de Léonard. Il voyage beaucoup et ses activités sont multiples : ingénieur militaire pour la République de Venise, cartographe pour les Borgia, ingénieur hydraulicien pour la République de Florence, mathématicien. En 1500, il se rend à Mantoue à la demande d'Isabelle d'Este pour lui faire son portrait. Elle tenta en vain d'obtenir de lui d'autres oeuvres.

Il passe par Venise puis à Mantoue, où il effectue le profil de la duchesse Isabelle d'Este. Il donne alors des œuvres qui ont, toujours aujourd'hui, un retentissement universel : la Joconde (vers 1503-1507) et la Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne (vers 1508-1510).

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Il séjourne ensuite à Florence jusqu'à 1506 où il travaille à une gigantesque fresque de sept mètres sur dix-sept, La Bataille d'Anghiari, qui ne nous est pas parvenue, mais dont on possède des copies. En 1503, on lui confie, avec son rival Michel-Ange, le soin de décorer la salle du conseil du Palazzio Vecchio de Florence. Léonard doit traiter le thème de la Bataille d'Anghiari, victoire des Florentins sur les Milanais en 1440. Mais il abandonne cette fresque en 1506 pour se rendre à Milan et se mettre au service du roi de France, Louis XI.

A partir de 1506, il partage son temps entre Milan où il fut au service des Français (plus spécialement de Charles d'Amboise), et Florence. C'est à Florence qu'il peignit « Mona Lisa » et la grande composition de « La Bataille d'Anghiari », jamais achevée. En 1508, Léonard est de nouveau à Milan, où les peintres Bernardino Luini et Andrea Solario seront ses continuateurs les plus directs.

En septembre 1513, Julien de Médicis (1478-1516), qui occupe le poste de capitaine de la garde pontificale, l'appelle à Rome. Julien est le frère de Jean de Médicis (1475-1521) devenu pape sous le nom de Léon X en 1513. Appelé ensuite à Rome par Julien de Médicis, frère du pape Léon X, il y passe deux années. De cette époque est daté le Saint Jean-Baptiste du Louvre (vers 1514-1515). Mais, au Vatican, deux autres artistes d'exception dominent : Michel-Ange et Raphaël. Les Médicis semblent se défier de Léonard qui a une propension à élaborer des projets gigantesques qu'il ne parvient pas à terminer. Aussi ne lui confie-t-on aucun chantier important. Il travaille à un projet d'assèchement des marais pontins appartenant à Julien de Médicis et à des travaux de mathématiques et d'optique. Léonard quitta définitivement Milan en 1513 lorsque la cité fut reprise par la coalition antifrançaise.

Les Dernières Années en France (1516-1519)

En 1516, après la perte de son dernier protecteur -Julien de Médicis-, confronté à l'émergence d'une nouvelle génération d'artistes (Michel Ange, Raphael…) il décide de répondre enfin favorablement aux invitations réitérées de la Cour de France. François Ier (1494-1547) est sacré roi de France en 1515 à un moment où l'influence de la Renaissance italienne est au plus haut dans les élites françaises. Enfin, en 1516, Léonard répond à l'offre de François Ier, qui l'invite à sa cour et l'installe au manoir du Cloux (actuel château du Clos-Lucé), près du château d'Amboise. Il y propose les plans d'un château idéal pour le roi de France - lequel confie qu'il ne croyait pas « qu'un homme possédât autant de connaissances ».

A son arrivée en France, en septembre 1516, Léonard de Vinci a 64 ans, alors que François 1er est un jeune monarque âgé de 22 ans. Le jeune roi se prend d'affection pour le vieil homme, l'appelle « mon père », l'installe au château du Clos Lucé qui est relié par un souterrain au château d'Amboise, résidence royale. Léonard est nommé premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi et reçoit une pension annuelle de mille écus. Il travaille à de vastes projets hydrographiques (détournement d'un fleuve, canal Loire-Saône) et architecturaux, mais est également metteur en scène pour les somptueuses fêtes royales.

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Léonard va résider durant les trois dernières années de sa vie au Manoir du Clos Lucé, à quelques encablures du château royal d'Amboise. Il résida ensuite définitivement en France, à Amboise (au Clos Lucé précisément), où il fut nommé « premier peintre, ingénieur et architecte du roi ». Si les archives sont imprécises, on sait de manière qu'il jouera un rôle central dans l'organisation logistique des grandes cérémonies organisées au château, au printemps 1518.

En venant en France, Léonard a emporté trois chefs-d'œuvre : Saint Jean Baptiste, La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et La Joconde, qui sont depuis restés en France et font désormais partie des collections du musée du Louvre.

Décès et Sépulture

Au crépuscule de sa vie, Léonard de Vinci rédige un testament dans lequel il exprime sa volonté d'être inhumé au château d'Amboise. Léonard de Vinci s'éteint le 2 mai 1519, à l'âge de 67 ans. À sa mort, en 1519, il légua l'ensemble de ses notes techniques à Francesco Melzi, son élève et compagnon fidèle, afin qu'elles fussent publiées et rendues utiles au plus grand nombre.

Ce privilège lui sera accordé et il sera mis en terre dans l'église Saint Florentin, situé au cœur du palais. Cette sépulture sera déplacée dans la chapelle Saint Hubert, au milieu du XIXe siècle. Il est enterré en France à la chapelle Saint-Hubert, dans l'enceinte du château d'Amboise dans la vallée de la Loire.

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