La figure de Léonard de Vinci, symbole de la Renaissance, fascine encore aujourd'hui. Son génie universel, à la fois artistique et scientifique, a marqué son époque et continue d'inspirer. Cet article explore sa vie, de sa naissance en Toscane à sa mort en France, en mettant en lumière les étapes clés de son parcours et l'étendue de son héritage.
Naissance et Jeunesse en Toscane (1452-1466)
Léonard de Vinci est né en 1452, en Toscane, dans le petit bourg de Vinci, non loin de Florence. Il était le fils illégitime d'un notaire, ser Piero, et d'une paysanne, Caterina. Cette naissance hors mariage l'a empêché d'embrasser la carrière de notaire et de fréquenter les écoles latines.
Léonard a passé son enfance auprès de ses grands-parents paternels. Son grand-père Antonio, un homme oisif, lui a transmis le goût de l'observation de la nature. C'est seulement à l'âge de dix ans qu'il entre dans une scuola d’abaco, une école de mathématiques élémentaires, où il apprend les rudiments de lecture, d'écriture et d'arithmétique.
Malgré son éducation informelle, Léonard a reçu une éducation soignée, notamment en grammaire et en calcul. Son talent pour les arts graphiques s'est manifesté très tôt.
Formation à Florence (1466-1482)
Vers 1466 ou 1467, son père l'a placé comme apprenti dans l'atelier d'Andrea del Verrocchio à Florence. Il n'avait que 15 ans lorsque son père le plaça dans l’atelier polytechnique d’Andrea del Verrocchio à Florence. Il y a rencontré Sandro Botticelli et Le Pérugin. Cet atelier lui a offert une formation « polytechnique » : peinture, sculpture, travaux de décoration.
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Dès 1472, à l'âge de vingt ans, il est inscrit à la Guilde de Saint-Luc de Florence, corporation des peintres et sculpteurs. Le premier tableau qui nous soit parvenu et auquel Léonard a collaboré avec Verrocchio est Le Baptême du Christ peint entre 1472 et 1475. On attribue l'ange agenouillé le plus à gauche à la main de Vinci.
Admis à la guilde des peintres à vingt ans, Léonard ne quitte Verrocchio qu'en 1479. Outre des participations vraisemblables aux travaux de l'atelier, quelques tableaux appartiennent à cette époque. La première grande commande, bien tardive, est celle de L'Adoration des Mages pour les moines de San Donato à Scopeto en 1481.
Période Milanaise (1482-1499)
À la fin de 1481, Léonard quitte Florence pour Milan. Il se rend à Milan pour se mettre au service du duc Ludovic Sforza dit le More. Il y est attiré par le projet de participer à un monument équestre géant du duc Sforza, dit « Il Cavallo ». Laurent de Médicis l'aurait envoyé comme joueur de lyre auprès de Ludovic le More, ou plus probablement, il aurait été appelé de sa propre initiative à la cour lombarde pour s'occuper du monument équestre géant du duc Sforza, dit Il Cavallo, qui demandait un bronzier averti.
Léonard y trouve un climat favorable où tous ses dons s'épanouissent. Il y a le projet du Cavallo, auquel - après de longs retards qui amènent en 1489 Ludovic le More à chercher un autre sculpteur à Florence - il revient activement de 1490 à 1494, construisant un modèle en terre de sept mètres qui est présenté durant une fête de novembre 1493, et préparant la fonte difficile à réaliser avec un soin dont témoignent les documents retrouvés dans un manuscrit de Madrid.
Il se consacra, de manière parallèle, à une somme impressionnante d'activités diverses : divers projets architecturaux pour la cathédrale de Milan et celle de Pavie, décors de théâtre à scène tournante, conception de costumes pour des fêtes et des tournois, études d'urbanisme, d'hydraulique pour les canaux de Milan, observations géologiques… Il assistait de manière régulière à des réunions de mathématiciens, et, dans le même temps, mettait en place les prémices d'un « Traité de la peinture ».
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C'est de cette époque que date la célèbre Vierge aux rochers, conservée au musée du Louvre, qui était une commande de la confrérie de l'Immaculée Conception à San Francesco Grande. Il y a la commande du retable pour la confrérie de l'Immaculée Conception à San Francesco Grande : La Vierge aux rochers (1483, Louvre).
Voyages et Séjours en Italie (1500-1516)
Léonard devint peu à peu célèbre dans tout l'occident, et, en 1500, il se rendit à Mantoue à la demande d'Isabelle d'Este pour lui faire son portrait. Elle tenta en vain d'obtenir de lui d'autres oeuvres. Au début du 16e siècle, les princes italiens s'arrachent les services de Léonard. Il voyage beaucoup et ses activités sont multiples : ingénieur militaire pour la République de Venise, cartographe pour les Borgia, ingénieur hydraulicien pour la République de Florence, mathématicien.
A partir de 1506, il partagea son temps entre Milan où il fut au service des Français (plus spécialement de Charles d'Amboise), et Florence. A Florence, il travaille à une gigantesque fresque de sept mètres sur dix-sept, La Bataille d'Anghiari, qui ne nous est pas parvenue, mais dont on possède des copies. C'est à Florence qu'il peignit Mona Lisa et la grande composition de La Bataille d'Anghiari, jamais achevée.
En septembre 1513, Julien de Médicis, qui occupe le poste de capitaine de la garde pontificale, l'appelle à Rome. Mais, au Vatican, deux autres artistes d'exception dominent : Michel-Ange et Raphaël. Les Médicis semblent se défier de Léonard qui a une propension à élaborer des projets gigantesques qu'il ne parvient pas à terminer. Aussi ne lui confie-t-on aucun chantier important. Il travaille à un projet d'assèchement des marais pontins appartenant à Julien de Médicis et à des travaux de mathématiques et d'optique.
Léonard quitta définitivement Milan en 1513 lorsque la cité fut reprise par la coalition antifrançaise. Il fit ensuite un bref séjour à Rome au service de Giuliano de Medicis, frère de Léon X, mais il y supporta mal la concurrence de Raphaël et Michel-Ange, et accepta en 1516 l'invitation de François 1er, vainqueur à Marignan et arbitre de l'Italie.
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Les Dernières Années en France (1516-1519)
En 1516, Léonard accepte l'invitation de François Ier et s'installe en France, au Clos Lucé, près d'Amboise. Il résida ensuite définitivement en France, à Amboise (au Clos Lucé précisément), où il fut nommé « premier peintre, ingénieur et architecte du roi ». A son arrivée en France, en septembre 1516, Léonard de Vinci a 64 ans, alors que François 1er est un jeune monarque âgé de 22 ans. Le jeune roi se prend d'affection pour le vieil homme, l'appelle « mon père », l'installe au château du Clos Lucé qui est relié par un souterrain au château d'Amboise, résidence royale. Léonard est nommé premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi et reçoit une pension annuelle de mille écus.
Il travaille à de vastes projets hydrographiques (détournement d'un fleuve, canal Loire-Saône) et architecturaux, mais est également metteur en scène pour les somptueuses fêtes royales. En venant en France, Léonard a emporté trois chefs-d'œuvre : Saint Jean Baptiste, La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et La Joconde, qui sont depuis restés en France et font désormais partie des collections du musée du Louvre.
Léonard de Vinci rédige un testament dans lequel il exprime sa volonté d’être inhumé au château d’Amboise.
Mort et Héritage
Léonard de Vinci s'éteint le 2 mai 1519 dans sa chambre au Clos Lucé. A sa mort, en 1519, il légua l'ensemble de ses notes techniques à Francesco Melzi, son élève et compagnon fidèle, afin qu'elles fussent publiées et rendues utiles au plus grand nombre. Hélas, ceci ne fut réalisé que quatre siècles plus tard, et l'héritage intellectuel de Léonard est ainsi resté dans l'ombre pendant longtemps. Il sera mis en terre dans l’église Saint Florentin, situé au cœur du palais. Cette sépulture sera déplacée dans la chapelle Saint Hubert, au milieu du XIXe siècle.
Aujourd'hui, cinq cents ans après sa mort, Léonard de Vinci est toujours présent dans notre quotidien à travers son héritage. Le Château du Clos Lucé qui porte l’empreinte laissée par le Maître, s’est donné pour mission de proposer au public une synthèse de l’œuvre de Léonard.
L'Œuvre Multiforme de Léonard de Vinci
Léonard de Vinci fut peintre à l'origine, mais il se révéla aussi grand savant que grand artiste, il entrevit les lois de la mécanique, et anticipa les voies de la science actuelle sur la géologie, la botanique, le vol des avions, la marche des sous-marins.
Le nombre d'oeuvres (fresques ou toiles) attribuées à Léonard de Vinci ne sont finalement pas si nombreuses, et parmi celles dont l'origine est formellement reconnue (une quinzaine au total), certaines ont vu leurs couleurs abîmées par le temps, et d'autres encore sont inachevées. Ses principales oeuvres sont « la Cène », fresque d'un couvent de Milan, et quelques tableaux comme « La Vierge aux rochers », « La Vierge, Saint Anne et l'enfant Jésus », le fameux portrait connu sous le nom de la « Joconde ». Dans toutes ces compositions, la figure humaine constitue le motif central.
Léonard De Vinci éleva au plus haut deux techniques picturales, qui, aux alentours de 1500, ont radicalement changé l'art de peindre. La première d'entre elles est le souci constant et de la composition géométrique à la fois gracieuse et scrupuleusement étudiée. La structure pyramidale, apparue avec « La Vierge aux Rocher », en est un exemple marquant. La deuxième technique dont Léonard de Vinci fut le maître est l'art dit du « clair-obscur » (ou « sfumato ») qui permet, par le jeu subtil des ombres et des lumières, baigner le sujet dans une atmosphère à la fois harmonieuse et mystérieuse. Le sfumato (nuancé, estompé, vague) permet d'adoucir les contours par un effet vaporeux. A la délimitation nette des contours se substitue une gradation donnant un effet de volume évanescent. Léonard décrivait cette façon de peindre comme « sans ligne ni contour, à la façon de la fumée ou au-delà du plan focal ».
L'oeuvre artistique de Léonard de Vinci s'enrichit également d'une somme impressionnante de dessins, croquis, esquisses, qui, bien davantage que les peintures, sont la vitrine des recherches inépuisables que leur auteur multipliait. On trouve ainsi des représentations très soignées d'instruments et de mécanismes, des croquis de scènes fantastiques, la célèbre « série des cataclysmes », des visages, des figures, exprimant tantôt la suavité, tantôt la tourmente, l'élégance ou l'horreur. Cette extraordinaire maîtrise de l'outil graphique explique comment Léonard de Vinci a pu s'aventurer si avant dans l'exploration de bien d'autres domaines ou techniques que la peinture.
Plus qu'en tant que scientifique proprement dit, Léonard de Vinci a impressionné ses contemporains et les générations suivantes par son approche méthodique du savoir, du savoir apprendre, du savoir observer, du savoir analyser. La démarche qu'il déploya dans l'ensemble des activités qu'il abordait, aussi bien en art qu'en technique (les deux ne se distinguant d'ailleurs pas dans son esprit), procédait d'une accumulation préalable d'observations détaillées, de savoirs disséminés ça et là, qui tendait vers un surpassement de ce qui existait déjà, avec la perfection pour objectif. Bon nombre des croquis, notes et traités de Léonard de Vinci ne sont pas à proprement parler des trouvailles originales, mais sont le résultat de recherches effectuées dans un souci encyclopédique, avant l'heure.
Après la révélation des écrits de Léonard en 1882, il devint habituel de l'ériger en précurseur en bien des domaines. En physique et en astronomie, il traça les voies sur lesquelles s'engageront Copernic, Kepler, et Galilée pour l'étude de la gravitation, du scintillement des étoiles, et du mouvement. Il pressentit les lois de la mécanique des fluides ainsi que, en chimie, celles de la combustion et de la respiration. Au total, un grand nombre des découvertes de la science moderne sont anticipées dans les notes de Léonard, sous une forme balbutiante. Quant aux mathématiques, cette discipline revêtait un caractère particulier chez Léonard puisqu'elle était le ferment de toutes les autres.
En mécanique, précisément, Léonard s'illustra en inventant un certain nombre de machines dont le principe est toujours en usage (notamment dans l'industrie textile).
Personnalité et Vie Privée
Méprisé par certains en raison de son absence de formation universitaire, Léonard de Vinci devient libre penseur, adversaire de la pensée traditionnelle et se présente volontiers comme un disciple de l’expérience et de l’expérimentation. Marginal, distrait, homosexuel, gaucher et végétarien, il détonne dans un siècle encore très largement dominé par l’Église. Mais c’est surtout un travailleur infatigable dont le génie inventif fascine son époque : son talent, sa verve et sa beauté lui ont valu toute sa vie l’admiration des puissants et des grands mécènes de son temps (le duc Ludovic Sforza à Milan, le prince César Borgia dit Le Valentinois, Charles d’Amboise à Milan, Julien de Médicis à Rome et finalement le roi de France, François 1er à Amboise), lui donnant ainsi les moyens d’exercer son art.
Léonard de Vinci a eu de nombreux amis masculins mais ne s'est jamais marié et on ne lui connaît aucune liaison féminine. Bien entendu, dans ces conditions, la question de son homosexualité a été posée.
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