Sigmund Freud, figure emblématique de la psychanalyse, a révolutionné notre compréhension de l'esprit humain. Sa théorie de l'inconscient, bien que controversée, a profondément influencé la médecine, la psychiatrie et la psychologie. Freud a cherché à expliquer le fonctionnement psychique à travers une perspective physiologique, s'appuyant sur le principe de constance de l'énergie de Fechner pour décrire l'énergie sexuelle et ses manifestations.
La Vie de Sigmund Freud : Un Parcours Influencé par son Époque
Né dans une famille que l'on pourrait qualifier de recomposée, Freud a connu des difficultés financières qui ont contraint sa famille à déménager à Vienne. En 1880, sa rencontre avec le Dr Josef Breuer, qui traitait une jeune patiente hystérique nommée Anna O., marqua un tournant décisif. Freud vécut assez pauvrement à cette période. Il travailla ensuite avec le Dr Jean-Martin Charcot, puis se rendit à Nancy pour rencontrer le Dr Hippolyte Bernheim, qui considérait l'hypnose comme un phénomène naturel.
L'année 1899-1900 fut marquée par la publication de "L'Interprétation des rêves", un ouvrage fondateur qui introduisit une nouvelle façon de penser. Freud y expose également sa "première topique", une représentation de l'appareil psychique.
Au fil des ans, Freud rassembla autour de lui un groupe de disciples, donnant naissance à la Société psychologique de Vienne, qui deviendra plus tard la Société psychanalytique de Vienne. De 1907 à 1913, il entretint une amitié et une collaboration étroite avec Carl Gustav Jung, avant de se séparer de lui. En 1909, Freud, Jung et Ferenczi voyagèrent aux États-Unis.
En 1915, Freud publia "La Métapsychologie", une mise au point de ses topiques. En 1923, il fut diagnostiqué d'un cancer à la mâchoire.
Lire aussi: Traitements de l'acné du nourrisson
L'année 1926 marqua une consécration mondiale pour Freud, qui célébrait ses 70 ans. Marie Bonaparte, Princesse de Grèce et de Danemark, amie et analysante de Freud, joua un rôle crucial en sauvant sa correspondance et en l'aidant à quitter Vienne pour Londres en 1938, accompagné de sa femme et de sa fille Anna. Il avait 83 ans.
L'Inconscient : Un Univers de Plaisir et de Destruction
Freud a mis en évidence la suprématie de l'inconscient, un domaine où le plaisir recherche la satisfaction immédiate et complète. Il a découvert que ce plaisir est alimenté par les pulsions auto-conservatrices du Moi et les pulsions destructrices, entremêlant ainsi Éros et Thanatos, le désir de vivre et le plaisir de se détruire.
La conscience, quant à elle, lutte pour émerger, entrant en conflit avec le Surmoi et les interdits parentaux. Freud souligne que le Moi n'est pas maître dans sa propre maison, mais que les interdits ne doivent pas être totalement rejetés, car le manque de règles désorganise le psychisme de l'enfant. Le père, figure symbolique de la loi et du langage, joue un rôle essentiel dans la construction de la personnalité.
L'inconscient est dynamique, exerçant une action permanente et exigeant une force contraire pour lui interdire l'accès à la conscience.
La Libido et les Sources de la Névrose
Freud a étudié les sources de la névrose, un trouble nerveux qu'il situe tout au long du développement psychique de l'enfant jusqu'à la puberté. La libido, une énergie pulsionnelle à l'œuvre dès la naissance, est un concept fondamental de sa théorie. La pulsion est un trait d'union entre le corps et le processus psychique. Freud a également identifié non pas un simple instinct de mort traduisant un masochisme qui est une autodestruction toujours à l'oeuvre dans le psychisme.
Lire aussi: Soulager les douleurs corporelles après la naissance
Lorsque le refoulement devient pathologique et que la censure des parents, de la société et de la morale est trop douloureuse, le sujet peut détourner ses pulsions vers un but idéal, tel que l'art, l'enseignement ou la recherche.
Le Complexe d'Œdipe : Un Carrefour du Développement Psychique
Le complexe d'Œdipe, qui se manifeste au stade phallique, est un moment crucial du développement psychique. Il met en scène la relation triangulaire entre le père, la mère et l'enfant. Le garçon désire inconsciemment sa mère et se heurte à la menace de castration du père, qui lui interdit cet attachement incestueux. L'analyse révélera les points de fixation aux divers stades du développement de la sexualité infantile, qui sont à l'origine des névroses.
L'analyse, selon Freud, ne peut se passer d'une relation entre l'analysant et l'analyste, qu'il appelle le transfert.
Catharsis : Une Purgation des Passions
La catharsis, terme issu du théâtre grec, désigne une purgation des passions. Les tragédies de Sophocle, par exemple, permettaient aux spectateurs de se libérer de leur propre violence intérieure.
Dans le contexte de la psychanalyse, la catharsis fait référence à la libération des émotions refoulées. Freud a d'abord utilisé l'hypnose pour aider ses patients à revivre des expériences traumatisantes et à exprimer les émotions qui y étaient associées. Il constata qu'il pouvait se passer de l'hypnose.
Lire aussi: Structure et définition de la couche cellulaire corporelle
Névrose et Psychose : Deux Structures Psychiques Distinctes
Freud distingue deux grandes structures psychiques : la structure névrotique et la structure psychotique. Dans la névrose, tout est centré sur le noyau pathogène, constitué dans l'enfance par un traumatisme sexuel réel (ou fantasmé). Le traumatisme résulte de la séduction (réelle ou fantasmée) d'un adulte. Le patient est conscient de ses symptômes répétitifs et veut s'en débarrasser. Il est toutefois important de garder la distinction entre les conflits actuels et ceux qui remontent à des conflits de l'enfance qui se trouvent réactualisés par une situation présente. D'autre part, les symptômes, quel que soit le type de névrose qui se présente, se retrouvent toujours : ce sont des douleurs, des souffrances, une angoisse, un mal-être, une fatigue incompréhensible, dont on ne connait pas la cause réelle. Notons, sans pouvoir le développer ici, les névroses d'angoisse (l'hystérie de conversion avec ses somatisations) que l'on distingue de la névrose phobique fixée sur des objets, et la névrose obsessionnelle (compulsions, idées obsédantes).
La psychose, quant à elle, est une maladie mentale qui affecte gravement la personnalité et détériore radicalement la relation du sujet au monde extérieur. C'est un conflit entre le moi et le monde extérieur : schizophrénie, paranoïa, psychose maniaco-dépressive sont les trois grandes formes de psychose.
Le Corps Féminin : Un Territoire Enigmatique
Freud s'est intéressé à la spécificité du corps féminin, notamment en ce qui concerne les menstruations et leur signification symbolique. Il a souligné que les règles sont souvent perçues comme une malédiction, une souillure, une honte. Le sang menstruel, à la fois fascinant et terrifiant, fait l'objet de nombreux mythes et théories.
Freud a également exploré la question de la visibilité et de l'invisibilité du sexe féminin. Il a noté que l'évolution de l'homo erectus a rendu le sexe féminin invisible, dissimulé sous le tissage des poils pubiens. Il a également souligné l'importance du visuel dans la sexualité humaine, par opposition à l'olfactif, qui jouait un rôle plus important chez les animaux.
La Puberté : Une Irruption du Féminin
La puberté marque une irruption du féminin, avec l'apparition des règles et le développement des seins. Cette période peut être source d'angoisse, notamment en ce qui concerne la sexualité et la rencontre avec l'autre sexe. Le complexe de castration change de statut : il ne concerne plus seulement l’angoisse de perdre le pénis, ou de ne pas l’avoir, mais celle de son destin dans la rencontre sexuelle, en fonction de l’excitation de la poussée libidinale génitale. Les angoisses deviennent alors « angoisses de féminin ». Chez le garçon : comment utiliser ce pénis dans la rencontre sexuelle ? Chez la fille : comment vivre ces transformations corporelles qui ne la renvoient plus à une absence de sexe, puisque des seins lui poussent, et que son vagin se manifeste ? Pour les deux sexes, comment élaborer les fantasmes que génère la découverte de ce nouvel organe qu’est le vagin ? Et comment intégrer ces transformations corporelles qui s’approchent dangereusement de la scène primitive et de la réalisation incestueuse ?
Freud a souligné que la sexualité humaine a un potentiel traumatique. L’autre sexe, qu’on soit homme ou femme, c’est toujours le sexe féminin. Le sexe masculin reste le même, le connu, celui qui a fait l’objet de l’investissement narcissique de la phase phallique. Il reste au garçon à en faire un investissement érotique dans une relation sexuelle. L’angoisse de castration va donc se doubler d’une angoisse de pénétration, pour les deux sexes, mais dans une asymétrie qui signe la différence des sexes.
tags: #le #corps #berceau #de #toute #signification
