L'histoire de Lanolines de la Tossée, intimement liée à l'évolution de l'industrie textile dans la région de Tourcoing, témoigne des mutations économiques et des défis rencontrés par les entreprises de ce secteur. Des annonces officielles publiées au Journal Officiel aux témoignages poignants d'anciens salariés, un récit se dessine, celui d'une entreprise qui a marqué son époque avant de disparaître, emportée par les vents de la mondialisation et des restructurations.
De la grandeur textile à la friche industrielle
L'agglomération de Roubaix-Tourcoing, autrefois surnommée la « Manchester française », a connu son apogée au XXe siècle grâce à l'industrie textile. La zone de l'Union, située à cheval entre Roubaix, Tourcoing et Wattrelos, en était le cœur battant. Des entreprises emblématiques comme la filature de coton Vanoutryve et le Peignage de La Tossée y ont prospéré, employant des milliers de personnes.
Le Peignage de La Tossée, en particulier, est un nom qui résonne encore dans la mémoire collective. Fondée par la famille Binet, l'usine a employé jusqu'à 1 200 salariés au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Des ouvriers de dix-sept nationalités différentes y travaillaient, tissant des liens de solidarité malgré des conditions de travail difficiles.
Cependant, les crises pétrolières et la mondialisation ont eu raison de cette prospérité. À partir des années 1990, la zone de l'Union s'est transformée en une vaste friche industrielle, symbole du déclin de l'industrie textile française.
Lanolines de la Tossée : Une trajectoire marquée par les mutations
L'entreprise Lanolines de la Tossée, dont l'activité était le négoce et la transformation de graisse de laine, a été immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés sous le code Siren 482809829. Sa forme juridique était celle d'une Société par Actions Simplifiée (SAS) à associé unique, avec un capital de 28 000 euros.
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Au fil des années, Lanolines de la Tossée a connu plusieurs modifications de son capital social. En 2013, une augmentation de capital suivie d'une réduction a ramené le capital à 28 000 euros, divisé en 28 000 actions de 1 euro. En 2016, l'actionnaire unique a décidé de ne pas dissoudre la société malgré des pertes de la moitié des capitaux propres, signe des difficultés rencontrées.
Maxime Deprat a occupé la fonction de Président de la société. Les commissaires aux comptes étaient In Extenso IDF Audit (titulaire) et Pascal Jarzaguet (suppléant).
En 2009, la société a transféré son siège et son établissement principal, et a procédé à un changement de commissaire aux comptes.
La dissolution et la transmission universelle du patrimoine
L'aventure de Lanolines de la Tossée a pris fin le 6 juillet 2018, date à laquelle l'associé unique, la société luxembourgeoise Stellux, a décidé de la dissolution anticipée de la société et de la transmission universelle de son patrimoine à Stellux, sans qu'il y ait lieu à liquidation. Cette décision a été publiée dans l'Indicateur des Flandres le 11 juillet 2018, ouvrant un délai de trente jours aux créanciers pour faire opposition.
La radiation de Lanolines de la Tossée du Registre du Commerce et des Sociétés a été prononcée le 28 septembre 2018, marquant la fin d'une époque.
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La mémoire ouvrière et la réhabilitation de la zone de l'Union
Si Lanolines de la Tossée a disparu, son histoire reste gravée dans la mémoire des anciens salariés du Peignage de La Tossée. L'Association des anciens salariés du Peignage de La Tossée, créée en 2005, œuvre à préserver ce patrimoine et à témoigner des luttes sociales qui ont marqué la région.
La zone de l'Union, quant à elle, est en pleine transformation. Un vaste projet de réhabilitation est en cours, visant à faire de cette ancienne friche industrielle un pôle de compétitivité et d'innovation industrielle. Le Centre européen des textiles innovants (Ceti) est le symbole de cette ambition, un lieu où se conçoivent et se développent les textiles de demain.
Cependant, cette transformation ne se fait pas sans heurts. La gentrification et la disparition des quartiers populaires sont des enjeux majeurs. Des initiatives comme le café « Chez Salah », tenu par un ancien Kabyle qui a refusé de vendre sa maison, témoignent de la résistance face à la transformation urbaine.
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