L'avortement chez les bovins, c'est-à-dire la perte d'un fœtus avant terme, est un problème majeur pour les éleveurs. Il peut avoir de nombreuses causes, allant des infections aux déséquilibres nutritionnels, et entraîner des pertes économiques importantes. Cet article explore les causes potentielles d'avortement chez les vaches, les risques associés et les mesures préventives que les éleveurs peuvent prendre.

Causes d'avortement chez la vache

Les causes d'avortement chez les bovins sont multiples et peuvent être classées en plusieurs catégories :

  • Infections : De nombreuses infections bactériennes et virales peuvent provoquer des avortements chez les vaches. Parmi les plus courantes, on trouve la fièvre catarrhale ovine (FCO), la diarrhée virale bovine (BVD), la leptospirose et la brucellose. Dans le cas de la FCO, deux sérotypes, FCO3 et FCO8, circulent actuellement dans les élevages ovins et bovins en France.

  • Facteurs nutritionnels : Une alimentation déséquilibrée, en particulier pendant les deux derniers mois de gestation, peut augmenter le risque d'avortement. Les carences en énergie, en protéines, en minéraux (calcium, phosphore, sélénium, iode, cuivre) et en oligo-éléments peuvent avoir un impact négatif sur la santé de la vache et du fœtus.

  • Facteurs environnementaux : Le stress thermique, les toxines présentes dans l'alimentation (mycotoxines) et les traumatismes physiques peuvent également provoquer des avortements.

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  • Facteurs génétiques : Dans certains cas, des anomalies génétiques peuvent être responsables d'avortements.

  • Causes iatrogènes : L'administration de certains médicaments, tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), peut interférer avec la synthèse des prostaglandines et potentiellement diminuer les effets lutéolytiques nécessaires au maintien de la gestation, augmentant ainsi le risque d'avortement.

Risques associés à l'avortement chez la vache

L'avortement chez les bovins peut entraîner de nombreux problèmes pour les éleveurs :

  • Pertes économiques : L'avortement entraîne une perte directe du veau, une diminution de la production laitière et des coûts supplémentaires liés aux traitements vétérinaires et au remplacement des animaux.
  • Problèmes de reproduction : Les vaches qui ont avorté peuvent avoir des difficultés à concevoir à nouveau, ce qui peut allonger l'intervalle entre les vêlages et réduire la fertilité du troupeau.
  • Infections : L'avortement peut provoquer des infections utérines chez la vache, telles que la métrite, qui peuvent compromettre sa santé et sa fertilité future.
  • Risques pour la santé publique : Certaines maladies infectieuses responsables d'avortements chez les bovins, comme la brucellose, peuvent également affecter les humains.

Prévention de l'avortement chez la vache

La prévention de l'avortement chez les bovins repose sur une approche globale qui comprend :

  • Vaccination : La vaccination contre les maladies infectieuses courantes, telles que la BVD et la leptospirose, est une mesure préventive essentielle. La vaccination FCO est fortement conseillée, avec la circulation du sérotype 8 et l’arrivée du sérotype 3. Il est important de noter qu'une vaccination ne sera fonctionnelle que si l'ensemble des mesures précédentes ont été mises en œuvre, car elle va dépendre de la réponse immunitaire de la mère.

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  • Gestion de l'alimentation : Il est crucial de fournir aux vaches une alimentation équilibrée et adaptée à leurs besoins nutritionnels, en particulier pendant la gestation. Une attention particulière doit être portée à l'apport d'énergie, de protéines, de minéraux et d'oligo-éléments. Il convient de rester vigilant dans les 2 derniers mois de gestation.

  • Gestion du parasitisme : Les parasites internes des bovins spolient les animaux à plusieurs niveaux : baisse de croissance et de production mais également forte consommation d’oligoéléments et baisse des défenses immunitaires. Ce rendez-vous des 2 mois avant le vêlage permet de faire le point.

  • Surveillance de la qualité de l'eau : L’eau est une composante majeure de la ration. Au-delà des risques sanitaires, une eau de mauvaise qualité conduit à une baisse de l’ingestion pouvant aller jusqu’à 30 %. Ce point est donc particulièrement important en fin de gestation. L’eau peut également interférer dans l’assimilation des oligoéléments (présence importante de fer par exemple).

  • Contrôle des infections : La mise en place de mesures d'hygiène rigoureuses, telles que le nettoyage et la désinfection réguliers des locaux, peut contribuer à réduire le risque d'infections. Il est également important d'isoler les animaux malades et de contrôler les mouvements d'animaux dans et hors de l'exploitation.

  • Gestion du stress : Il est essentiel de minimiser le stress chez les vaches, en particulier pendant la gestation. Cela peut inclure la fourniture d'un environnement confortable et calme, la réduction des manipulations excessives et la prévention des traumatismes physiques.

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  • Surveillance étroite : Les éleveurs doivent surveiller attentivement leurs vaches gestantes et être attentifs à tout signe d'avortement, tel que des pertes vaginales anormales ou un comportement anormal. Une intervention rapide peut aider à prévenir la propagation des infections et à réduire les pertes économiques.

  • BACA (Bilan Alimentaire Cation Anion) : Il est important de prendre en compte le BACA, car il est responsable de nombreux problèmes cliniques tels que la fièvre vitulaire, le prolapsus utérin et l'œdème mammaire. Un déséquilibre d’apport entre les cations (principalement sodium et potassium) et les anions (chlore et soufre) peut entraîner une alcalose métabolique.

  • Consultation vétérinaire : Il est essentiel de travailler en étroite collaboration avec un vétérinaire pour établir un plan de prévention de l'avortement adapté aux besoins spécifiques de chaque exploitation. Le vétérinaire peut aider à identifier les causes potentielles d'avortement, à mettre en place des mesures préventives appropriées et à diagnostiquer et traiter rapidement les infections. Le bilan annuel avec votre vétérinaire, appuyé sur votre bilan sanitaire prérempli WebGDS, vous permet d’analyser et d’adapter la gestion sanitaire de votre élevage.

Utilisation de dinoprost pour l'induction de l'avortement

Le dinoprost (sous forme de trométamol) est un médicament vétérinaire qui possède une activité lutéolytique. Il provoque l'involution du corps jaune chez la plupart des mammifères et induit l'apparition de l'œstrus et de l'ovulation chez les femelles ayant une activité sexuelle cyclique. L'administration de dinoprost peut provoquer l'avortement ou l'induction de la parturition chez les bovins et les porcins.

Chez les bovins, le dinoprost peut être utilisé pour l'induction de l'avortement jusqu'au 120e jour de gestation. La posologie recommandée est de 25 mg de dinoprost (sous forme de trométamol), soit 5 mL de solution par animal, par voie intramusculaire.

Il est important de noter que l'utilisation de dinoprost peut entraîner des effets indésirables, tels qu'une hyperthermie transitoire, une salivation accrue et une rétention de la membrane fœtale. Dans de rares cas, des infections au site d'injection pouvant se généraliser ont été rapportées. Une antibiothérapie intensive, notamment contre les clostridies, doit être mise en place au premier signe d'infection.

L'administration concomitante d'AINS avec le dinoprost peut diminuer les effets lutéolytiques de ce dernier.

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