L'investissement parental, et plus particulièrement la paternité, prend des formes surprenantes dans le règne animal. Si l'image de la mère dévouée est souvent mise en avant, le rôle du père, bien que parfois discret, est essentiel à la survie de nombreuses espèces. Cet article explore la diversité des comportements paternels chez les animaux, allant de l'indifférence apparente du chat domestique à l'implication totale de l'hippocampe mâle.

Le Chat Domestique: Un Père Absent?

L'image typique de la famille féline met en scène une mère chat prodiguant soins et éducation à ses chatons. Nous connaissons parfaitement le rôle de la maman chat dans l’éducation et le bon développement des chatons, jusqu’à leur sevrage. Nous avons bien en-tête l’image de la mère qui fait la toilette de ses petits consciencieusement, qui se laisse téter pour les nourrir ou qui accepte de se faire grimper sur le dos. Mais qu’en est-il du mâle ? Joue-t-il un vrai rôle de père auprès de sa progéniture ou laisse-t-il tout le boulot à sa partenaire ? Une fois la maturité sexuelles atteinte (entre l’âge de 6 et de 8 mois environ, en fonction de la race et de l’environnement), les chats sont en capacité de se reproduire. Les mâles vont produire des spermatozoïdes, quand les femelles auront leur chaleur, donc pourront produire des ovules. Chaque chat va partir à la recherche d’un partenaire, attiré par les phéromones sexuelles, afin de transmettre ses gènes. Chez nos félins, l’acte sexuel n’est pas lié à une démonstration d’amour ou d’affection, ni même au plaisir. Une fois que le couple éphémère s’est trouvé, et si la femelle y consent, l’accouplement aura lieu. Il s’agit d’un moment qui peut sembler assez violent : lors du coït, le mâle monte sur la femelle et la maintient fermement en lui mordant le cou. Une fois l’acte sexuel terminé, la femelle se débat et va émettre de forts miaulements, indiquant au mâle qu’il est temps de partir. Ensuite, une chatte peut tout à fait s’accoupler avec différents mâles dans un court laps de temps. C’est une façon pour elle d’augmenter encore ses chances d’être en gestation. Elle peut ainsi être à nouveau fécondée plusieurs jours après le premier coït. De ces différents accouplements, peuvent naître des chatons de pères différents : cela s’appelle la superfécondation. Dans ce cas, les chatons auront alors une petite différence d’âge. Mais alors, est-ce qu’un papa chat pourrait reconnaître son chaton et le différencier de celui provenant d’un autre mâle ? Les chats sont des animaux solitaires. Naturellement, ils peuvent cohabiter, mais leur mode de vie n’est pas régi par une hiérarchie de groupe. Ils ne forment donc pas de famille, regroupant papa chat, maman chat et les petits. Enfin, rappelons que les chats adultes ne reconnaissent plus leur lien de parenté une fois la maturité sexuelle atteinte. S’ils ne sont pas stérilisés, ils peuvent donc tout à fait se reproduire entre membres d’une même fratrie, mais aussi entre mère / père et enfants. Pour faire court : le chat mâle ne gagnera certainement pas le trophée du père de l’année. Sa participation à l’éducation des petits est en effet généralement inexistante. C’est la maman chat qui se charge de tout, que ce soit en ce qui concerne l’alimentation des petits ou les nombreux apprentissages indispensables (socialisation, hygiène…). Toutefois, il existerait des cas de chats mâles qui se seraient montrés protecteurs envers la portée en cas de présence étrangère, potentiellement dangereuse. Des papas chats aideraient même au toilettage ou seraient capables de prendre en charge des chatons abandonnés. Certains comportementalistes estiment en fait qu’il n’y a pas vraiment de notion de « père » et de « mère » chez les chats. Si une portée était en détresse, un mâle pourrait donc tout à fait prendre en charge toutes les étapes nécessaires au développement des petits et consentir à les protéger. Il s’agirait d’un réflexe comme un instinct de survie pour l’espèce. Mais dans les cas les plus généraux, le mâle ne tiendra pas de rôle dans l’éducation des petits et se contentera d’un comportement de pure indifférence. Il n’y aurait donc pas vraiment d’instinct paternel chez nos félins domestiques. S’il n’élève pas ses petits, le papa chat peut tout de même leur transmettre certains tempéraments par hérédité. Les sélections de race effectuées par les humains pour fixer certaines spécificités physiques ou de caractère chez le chat prennent d’ailleurs en compte ce critère. Mais l’influence exacte du père reste difficile à réellement prouver : est-ce lui qui a transmis sa sociabilité et sa proximité avec les humains aux chatons ? Ou est-ce l’influence maternelle ? De nombreux facteurs influent en effet sur la construction du tempérament chez le chat : sa race, mais aussi sa sociabilisation, son environnement (richesse en stimulus), sa fratrie, ses traumatismes éventuels, etc.

Contrairement à l'investissement maternel évident, le rôle paternel chez les chats semble minimal. Le chat mâle ne gagnera certainement pas le trophée du père de l’année. Sa participation à l’éducation des petits est en effet généralement inexistante. C’est la maman chat qui se charge de tout, que ce soit en ce qui concerne l’alimentation des petits ou les nombreux apprentissages indispensables (socialisation, hygiène…). Toutefois, il existerait des cas de chats mâles qui se seraient montrés protecteurs envers la portée en cas de présence étrangère, potentiellement dangereuse. Des papas chats aideraient même au toilettage ou seraient capables de prendre en charge des chatons abandonnés. Certains comportementalistes estiment en fait qu’il n’y a pas vraiment de notion de « père » et de « mère » chez les chats. Si une portée était en détresse, un mâle pourrait donc tout à fait prendre en charge toutes les étapes nécessaires au développement des petits et consentir à les protéger. Il s’agirait d’un réflexe comme un instinct de survie pour l’espèce. Mais dans les cas les plus généraux, le mâle ne tiendra pas de rôle dans l’éducation des petits et se contentera d’un comportement de pure indifférence. Il n’y aurait donc pas vraiment d’instinct paternel chez nos félins domestiques.

Si le chat n’a donc généralement pas de rôle à jouer dans l’élevage de ses petits, ce n’est pas le cas de tous les animaux. Certains sont en effet très investis. Que signifie être parent chez nos amies les bêtes ? "Cela sous-entend avant tout la procréation d’un nouvel individu car l’investissement éducatif n’est pas toujours indispensable : on l'observe chez les coucous qui pratiquent le parasitisme en allant pondre dans le nid d’autres oiseaux", signale d’emblée l’éthologue Michel Kreutzer, professeur émérite de l’université Paris-Nanterre. La parentalité n’est pas un phénomène uniquement biologique. Elle est évolutive. Elle s’adapte, se modifie en raison des épidémies, des nouveaux prédateurs. Ou du climat. Avec, au final, une extraordinaire diversité dans ses formes et dans son exercice.

Le Schéma Familial Classique: Castors, Gibbons et Fennecs

Même si elle ne fait pas l’unanimité dans la nature, on trouve chez plusieurs espèces ces structures de famille nucléaire dont les castors sont de dignes représentants. Le mâle ne batifole pas et construit une belle maison. Il s’occupe activement de sa tribu. Cette forme se retrouve aussi chez 95 % des oiseaux, même si, comme le souligne Michel Kreutzer, "la monogamie y est plus sociale que sexuelle car on se rend compte, grâce aux tests de paternité, que les femelles couvent des œufs de mâles différents". Le gibbon agile, singe d’Indonésie réputé pour son chant, vit en famille durant près de trente ans. Et le fennec, petit renard du Nord de l’Afrique, reste fidèle à sa femelle, la soutient et nourrit sa descendance (entre deux et cinq enfants). Les insectes ne sont pas en reste. Chez l'anthribe (Platyrhinus resinosus) une espèce de coléoptère commune dans nos forêts, femelles et mâles travaillent à égalité. Quand les unes pondent et s’occupent de leurs larves, les autres entretiennent les galeries et font le ménage pour évacuer les déchets des petits.

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Ces espèces illustrent un modèle où le mâle s'investit pleinement dans la vie familiale, participant à la construction du nid, à l'alimentation et à la protection des jeunes.

Solidarité Féminine et Grand-Parentalité: Dauphins, Cachalots et Girafes

Malgré les bouleversements biologiques de la gestation et l’accouchement, l’instinct maternel n’est pas une évidence. Chez certaines espèces, les femelles les plus expérimentées vont l’enseigner aux plus jeunes. C’est le cas des dauphins mais aussi des cachalots où certaines d'entre elles vont être assignées au rôle de sage-femme et de nounou toute leur vie. "Un mâle peut prendre la relève lorsque les enfants sont plus grands", explique Yolaine de La Bigne. Les chattes, elles aussi, vont former d’autres femelles à la maternité, en partageant par exemple leurs portées avec une de leurs sœurs. Chez les girafes, les grands-mères sont les vrais soutiens de famille : elles transmettent aux girafons leur expérience et leur savoir en les guidant vers les points d’eau ou la nourriture. Toutefois, Raymond Nowak précise que "peu d’espèces ont développé la grand-parentalité comme chez les cachalots ou les primates car il faut que les individus vivent assez longtemps et restent en famille. À la différence de ce qui se pratique chez les félins où les jeunes partent à la puberté".

Dans ces sociétés animales, l'investissement parental ne se limite pas aux parents biologiques. Les femelles expérimentées, les grands-mères et parfois même les mâles jouent un rôle crucial dans l'éducation et la survie des jeunes.

Pères Exemplaires: Crapauds-Buffles, Tamarins-Lions Dorés et Hippocampes

Ne vous fiez pas à l’air revêche des crapauds-buffles : coté paternité, ils sont au top. Ce sont eux qui nourrissent et assurent la survie des têtards en leur creusant des mares et des canaux. "Chez les mammifères où les petits sont dépendants de la mère qui les porte et les nourrit, cet investissement du mâle est exceptionnel", signale Michel Kreutzer. Les papas tamarins-lions dorés, de petits singes du Brésil, s’occupent rapidement des nouveau-nés en les portant sur leur dos 24 heures sur 24. Sans oublier de les mener plusieurs fois par jour auprès de leur mère pour l’allaitement. Quant aux hippocampes, ils réalisent l’inconcevable : dotés d’une poche incubatrice, ces messieurs fertilisent les œufs puis alimentent les petits. Mais ce sont les oiseaux qui comptent le plus de mâles exemplaires : "Pour nourrir leurs oisillons, les manchots empereurs sécrètent dans leur œsophage un liquide à base de prolactine, la même hormone qui crée le lait chez les mammifères", observe Raymond Nowak. Quant aux casoars, ces drôles d’autruches noires à tête bleue, ils couvent les œufs et élèvent les poussins pendant neuf mois. Ils leur apprennent également à sélectionner les bons aliments.

Ces espèces illustrent des formes de paternité exceptionnelles, où le mâle assume des responsabilités allant de la protection des œufs à l'alimentation des jeunes, parfois même en suppléant la mère. L'hippocampe mâle, en particulier, incarne le summum de l'investissement paternel en portant et nourrissant les œufs dans sa poche incubatrice.

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Stratégies de Survie: Synchronisation et Communication Prénatale

Le tamarin-lion doré est un père à temps plein. Quand vient l’heure de l’éclosion, les petits le font savoir par des signaux sonores. "La femelle peut aussi pousser un "cri de chaleur" pour prévenir les embryons que ce n’est pas le moment d’éclore en raison d’un événement extérieur susceptible de compromettre leur sécurité", observe Yolaine de La Bigne. Même aptitude chez les serpents et certains oiseaux qui sont capables de demander à leur progéniture de retarder leur venue au monde. Quant à la femelle dauphin, elle attribue au futur delphineau une sorte de nom (des sifflements) au stade de la gestation. Elle continuera à émettre cette signature après la naissance.

Ces comportements sophistiqués témoignent de l'importance de la communication et de la synchronisation entre parents et progéniture pour assurer la survie de l'espèce.

Homoparentalité: Un Modèle Fréquent

De réelles relations homosexuelles peuvent exister chez nos amies les bêtes. C’est le cas des cygnes noirs mâles de Tasmanie : ces dames n’interviennent que pour fournir des œufs, les deux pères se chargent du reste. L’homoparentalité prend parfois une tournure étonnante : en 2019, dans un zoo du Danemark, deux manchots mâles ont ainsi kidnappé un poussin dans un nid voisin. Et ce n’est pas un cas isolé. Chez les phacochères, des femelles peuvent s’associer durant des années pour élever leurs petits ensemble. Les lionnes aussi se mettent en couple. Comme leurs cycles au sein du groupe sont synchronisés, les lionceaux naissent en même temps, ce qui permet de prendre soin des petits et de les protéger des nouveaux mâles dominants qui tuent les plus jeunes.

L'homoparentalité, observée chez diverses espèces, remet en question les définitions traditionnelles de la famille et souligne l'importance de l'investissement parental, quel que soit le sexe des parents.

Supermamans: Ourse, Poule et Chauve-Souris

Les femelles sont souvent les seuls parents à veiller sur leur progéniture. Courageuses et attentives, les ourses éduquent ainsi pendant deux ans leurs petits en les défendant sans cesse contre les prédateurs et surtout contre l’agression des mâles. Même chemin de croix pour les poules. Soumises à la violence du coq, elles doivent se montrer à la fois braves et tendres pour s’occuper des poussins. L’expression "mère poule" n’est pas un vain mot puisque mères et enfants adoptent un langage spécial afin de communiquer. Les chauves-souris, elles, organisent des crèches et adoptent les orphelins. Certaines sont même capables de provoquer leur propre avortement quand la nourriture manque ou qu’un problème météorologique survient. Ces comportements ne sont pas l’apanage des mammifères : les araignées amaurobes offrent leur corps à leur progéniture en guise de premier repas. "Chez ces espèces à la durée de vie très courte, les petits reçoivent en général de très grands soins car la moindre erreur parentale peut leur être fatale", note Raymond Nowak, éthologue au Centre national de la recherche scientifique.

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Ces exemples mettent en lumière l'investissement maternel extrême, où la femelle est prête à tous les sacrifices pour assurer la survie de ses petits.

Éducation de Groupe: Crèches et Garderies

Dans la nature, les plus jeunes sont souvent élevés par la communauté. En Antarctique, les manchots mettent ainsi en place des pouponnières auxquelles succèdent des systèmes de garderie : les couples y emmènent les petits en âge de se déplacer. Même organisation pour les dauphins ou les flamants roses. "De nombreuses espèces font appel à la solidarité du groupe pour élever leur progéniture. Chez les lycaons et les oiseaux moqueurs, des individus qui ne se reproduisent pas assistent le couple reproducteur", souligne l’éthologue Michel Kreutzer. Les louveteaux aussi sont gardés dans des nurseries quand les parents chassent. Et lorsqu’ils sont assez grands pour sortir, le clan entier poursuit l’apprentissage. Même principe chez les chevaux sauvages, qui "appliquent le proverbe "Il faut tout un village pour éduquer un enfant", remarque Yolaine de La Bigne, présidente de l’association L’Animal et l’homme. Le poulain est élevé par la tribu, avec tendresse mais aussi avec sévérité puisqu’il peut être mis à l’écart du groupe s’il fait une bêtise".

L'éducation de groupe, observée chez de nombreuses espèces, souligne l'importance de la coopération et de la solidarité pour assurer la survie et le développement des jeunes.

Exemples Spécifiques de Paternité Remarquable

  • L'Autruche Mâle: Selon le nombre de partenaires disponible, le mâle autruche peut s'accoupler avec plusieurs femelles. C'est ensuite lui qui décidera de l'emplacement du nid. Une fois les oeufs pondus, madame couve le jour, et monsieur la nuit. Une fois nés, les petits resteront un an environ avec leurs parents, et le père participera activement à leur éducation et leur protection.Il arrive parfois que des petits soient chassés par leurs parents alors qu'ils n'ont que quelques semaines, lorsque ceux-ci souhaitent s'accoupler une seconde fois. Les petites autruches orphelines sont alors souvent adoptées par des mâles "célibataires", qui n'ont pas réussi à se reproduire.

  • L'Hippocampe Mâle: C'est le super papa par excellence. Lors de la saison des amours, la femelle hippocampe introduit son oviducte, un conduit dans lequel transite les oeufs, dans la poche du mâle. Et son rôle s'arrête là. Le mâle va, lui, fertiliser les oeufs, puis les porter de quelques jours à deux mois, selon l'espèce. Il va générer de l'oxygène dans sa cavité ventrale, et transmettre aux oeufs un liquide nutritif et de l'eau salée via un réseau de capillaires, pour assurer leur croissance. Le moment venu, le père va avoir des contractions, et expulsera ses centaines de bébés un à un. Un accouchement très éprouvant qui durera des heures. Une fois nés, les petits hippocampes seront en revanche livrés à eux-mêmes. Le père, lui, devra se remettre physiquement… avant de remettre ça !

  • Le Poisson-Chat Marin: Chez certains poissons, les mâles pratiquent l'incubation buccale. Après la ponte, les pères gardent dans leur bouche leurs oeufs, afin de les protéger des prédateurs. L'incubation orale continue même après l'éclosion, tant que les juvéniles ont leur sac vitellin, pour une durée totale de 8 à 11 semaines. Mais les papas poules peuvent même décider de continuer à porter leurs petits même après ce stade, augmentant ainsi les chances de survie des bébés poissons. Pendant tout ce temps, ils ne peuvent s'alimenter. Cette technique est notamment utilisée par le poisson-chat de mer Ariopsis felis, une espèce longiligne de 28 à 70 cm de long.

  • Le Singe-Hiboux (Douroucouli): Aussi appelé "douroucouli", le singe-hiboux fait partie des animaux qui restent en couple toute leur vie. Extrêmement fidèle, ce primate est également un très bon parent. Les mâles sont ainsi extrêmement investis dans l'éducation de leurs petits, notamment en les portant sur leur dos, ou en jouant avec eux. Ils ne rendent ainsi les bébés à leur mère que pour la tétée. Puis, lorsque les petits sont plus âgés, ce sont les papas qui se chargent de les nourrir. Une étude a démontré qu'il n'existait aucune trace de paternité hors-couple. Vivant de nuit, ce primate se nourrit principalement d'insectes, et les fruits, de petits animaux et des oeufs viennent compléter son menu.

  • Le Jacana: Les jacanas sont de petits oiseaux aquatiques aux longues pattes, qui leur permettent de ne pas s'enfoncer dans la végétation immergée lorsqu'ils se déplacent. Chez cette espèce, les rôles sont inversés : ce sont les femelles, plus massives, qui se battent entre elles pour gagner le droit de se reproduire, généralement avec plusieurs partenaires. Ce sont ensuite ces dames qui s'occupent d'assurer la sécurité de leur famille. A l'inverse, les mâles sont chargés de s'occuper des petits. Ces messieurs couvent les oeufs, puis se chargent d'éduquer et de nourrir leur progéniture.

  • Le Nandou: Cousin de l'autruche, le nandou est un grand oiseau d'Amérique du Sud. Tout comme l'autruche, il ne peut pas voler, handicapé par ses 140 cm de haut et ses 25 kg. Le mâle s'accouple avec plusieurs femelles, et celles-ci viennent toutes pondre dans son nid. C'est monsieur qui va s'occuper de la couvaison, qui comporte en général de 10 à 16 oeufs. Le père se chargera ensuite des petits, leur assurant nourriture, éducation et protection.

  • Le Manchot Empereur Mâle: Le manchot empereur s'est parfaitement adapté à son lieu de vie. Il est ainsi capable de se reproduire dans des conditions extrêmes, par -60°C, lors de l'hiver austral. Une fois son unique oeuf pondu, la femelle le transfère sur les pieds de son compagnon, et s'en va pêcher pendant de longues semaines. C'est donc au père de s'occuper de l'oeuf, de le protéger du froid, et de veiller à ne surtout pas le casser. Pour cela, les pères maintiennent l'oeuf sur leurs pieds, bien au chaud sous leur ventre, à une température de 31°C. Pour maintenir cette chaleur lors des tempêtes, par exemple, les mâles se regroupent et entament une "tortue". Il s'agit d'une technique où les individus se collent les uns aux autres et avancent en permanence. Les animaux à l'extérieur du regroupement avancent progressivement vers l'intérieur, et inversement. Durant tout ce temps, les mâles ne se nourrissent pas et perdent beaucoup de poids, parfois jusqu'à 45% de leur masse initiale.

  • La Punaise d'Eau Géante: Comme son nom l'indique, la punaise d'eau géante est un insecte de grande taille, elle qui peut atteindre les 7 cm. On la trouve principalement dans les eaux stagnantes. Aussi appelée "léthocère", il en existe plusieurs espèces. Les femelles pondent jusqu'à 150 oeufs sur des plantes aquatiques. Mais chez certaines espèces, ces dames préfèrent déposer leurs oeufs… sur le dos des mâles. Ceux-ci sont donc chargés d'assurer la protection de leur descendance jusqu'à l'éclosion.

Infanticide et Pères de Substitution

Vous êtes convaincu que votre famille n'est pas tout à fait normale ? À l'état sauvage, il arrive qu'un mâle tue le petit d'un de ses congénères afin de le remplacer par le sien. C'est le cas des lions, et même des dauphins. Aussi cruel que cela puisse paraître, la pratique est d'une logique déconcertante d'un point de vue génétique, pour faire disparaître l'ADN d'un rival.

Parfois, non seulement un mâle permettra à la progéniture de son rival de vivre, mais il en prendra soin. Ces papas de substitution ne se croisent pas souvent et suscitent des interrogations : pourquoi donc un mâle dépenserait-il son énergie à s'occuper de petits qui ne sont pas les siens ?

D'une part, la monogamie n'est pas la règle chez toutes les espèces et les comportements paternels peuvent aller de pair avec la polyandrie (un phénomène qui indique qu'une femelle a plusieurs partenaires, laissant ainsi le mystère planer sur la paternité).« S'il y a des chances pour que le petit soit le sien, cela vaut la peine de le protéger et de contribuer à son éducation », explique David C. Geary, psychologue évolutionniste à l'université du Missouri.

D'autre part, devenir ou se faire passer pour un beau-père peut être une façon de tisser un lien spécial avec la mère du petit, « ce qui, en retour, augmente ses chances de reproduction avec elle », avance le psychologue.

Dans certains cas, un mâle peut s'accoupler régulièrement avec une femelle ou deux au sein d'un même groupe. Les femelles babouins qui sont des mères seules, par exemple, se font souvent harceler par les mâles ; si un mâle particulièrement attentionné vient à protéger le petit de l'une d'elles, la femelle en question est susceptible de faire preuve de gratitude en offrant au mâle dévoué sa propre progéniture.

D'après David C. Geary, être un mâle prévenant peut avoir un impact sur des relations sociales d'un autre genre : un mâle d'un rang inférieur peut faire un bond dans l'estime d'animaux plus dominants. De la même manière que les bébés qui ont ce pouvoir de rassembler les gens, les petits des macaques berbères ont cette faculté de « réduire les tensions entre les mâles voire d'instaurer un lien de parenté avec un autre mâle », déclare le psychologue évolutionniste.

Un macaque berbère mâle qui transporte un petit choisi au hasard pourrait ainsi grimper dans la hiérarchie du groupe, rivaliser avec les mâles de haut rang tout en assurant sa relation avec les mâles qui lui sont inférieurs.

Selon des études menées sur les taux de cortisol chez ces animaux d'Afrique du Nord, ce réseautage est source de stress pour les macaques désireux de gravir l'échelle sociale. Ces rapports indiquent que cela ferait précisément partie du jeu, envoyant ainsi le message : « regardez comme je gère bien ce stress, je suis un vrai mâle ! Les tamarins à selle mâles d'Amérique du Sud sont très prévoyants : ils prennent soin de petits quel que soit le père car les femelles sont susceptibles de les gratifier de leur propre progéniture à l'avenir.

Les bébés tamarins, qui naissent généralement par deux, sont à la fois assez grands pour justifier l'assistance de mâles lors de leur élevage et assez petits pour faire de la prédation une menace. Que davantage de soins soient apportés aux enfants est donc une bonne chose.« La taille des petits et l'allègement de la charge qui repose sur les épaules de la mère grâce à l'aide des mâles permettent à cette dernière de procréer davantage (et d'avoir une durée de vie reproductive plus longue) », explique David C.

Polyandrie et Rôle Paternel Inversé

Ces échassiers tropicaux d'Amérique centrale et du Sud présentent une organisation familiale peu conventionnelle. Selon le Cornell Lab of Ornithology (une organisation dédiée à l'étude des oiseaux), les femelles s'accouplent avec de nombreux mâles (un exemple de plus de polyandrie), mais ce sont cette fois les mâles qui se chargent de couver et d'élever les oisillons, quand bien même le mâle a plus de 70 % de chance de prendre soin d'un nid où il n'est pas le seul père.

Ils n'ont en réalité pas vraiment le choix : dénicher une partenaire aux mœurs moins légères demande du temps et des efforts.

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