Chaque année, le 8 septembre, l'Église catholique célèbre la Nativité de la Vierge Marie. Cette fête, riche en histoire et en tradition, commémore la naissance de celle qui a donné naissance à Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Bien que les Évangiles canoniques ne fournissent pas de détails précis sur la date et le lieu de naissance de Marie, des traditions et des écrits apocryphes offrent des perspectives intéressantes sur cet événement.
L'absence de détails bibliques
La Bible, en particulier le Nouveau Testament, reste silencieuse quant à la date et au lieu exacts de la naissance de Marie. Les évangélistes ne nous disent pas où est née Marie. On sait seulement qu'elle était parente d'Élisabeth qui habitait en Judée. Les Évangiles relatent l'histoire de la naissance de Jésus, mais ne s'attardent pas sur la naissance de sa mère. Cette absence d'informations a conduit à des spéculations et à des traditions qui se sont développées au fil des siècles.
Le Protévangile de Jacques : une source d'informations apocryphe
C'est dans le Protévangile de Jacques, un évangile apocryphe écrit au cours du IIe siècle, que l'on trouve des détails sur la naissance de Marie. Ce texte présente Marie comme la fille d'Anne et de Joachim, et sa naissance comme un événement miraculeux. En effet, d’après le récit, Anne est stérile. Affligé, Joachim décide de se retirer 40 jours dans le désert pour implorer Dieu de lui donner un enfant car, à l’époque, ne pas avoir de descendance représentait une humiliation pour la famille. Pendant ce temps, un ange du Seigneur paraît devant Anne et lui annonce qu’elle mettra bientôt au monde un enfant dont la postérité sera grande.
Bien que le Protévangile de Jacques ne soit pas considéré comme un texte canonique par l'Église catholique, il a exercé une influence considérable sur la piété populaire et sur l'iconographie mariale.
Jérusalem : un lieu de naissance possible selon la tradition
Cousine d’Élisabeth, à qui elle rend visite pour annoncer sa grossesse divine, on suppose qu’elle est née à Jérusalem. Mais rien ne l’atteste. Il existait également et très anciennement, à Jérusalem, une maison appelée "la Maison d'Anne." Près de cette maison fut érigée une église dont la dédicace eut lieu un 8 septembre. Selon la tradition orientale, une église fut érigée à côté de la « Maison d’Anne » à Jérusalem. Dédiée à Sainte Anne, elle fut consacrée un 8 septembre. La date fut donc retenue pour célébrer la Nativité de la Vierge. Depuis le VIe siècle, on vénère à Jérusalem, près de la piscine de Bézatha, le lieu où serait née la Vierge Marie. En effet, la tradition orientale y fixe la maison d’Anne et Joachim, parents de Marie, au niveau de l’église Sainte-Anne de Jérusalem dont la dédicace a eu lieu un 8 septembre.
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L'institution de la fête de la Nativité de Marie
D’abord commémorée à Jérusalem et à Constantinople, la fête est fixée au VIIe siècle à Rome par le pape Serge Ier. L'anniversaire de cette dédicace fut commémoré chaque année. La fête s'étendit à Constantinople au Ve siècle puis en Occident. Plus tard, on lui adjoignit la fête de sa conception, neuf mois auparavant d'où le 8 décembre. La Nativité de Marie est une des grandes fêtes de l'année liturgique byzantine car elle inaugure l'économie du salut et l'inscription du Verbe de Dieu dans l'histoire des hommes.
La signification de la Nativité de Marie pour les croyants
La fête de la Nativité de Marie est l’occasion, pour les croyants, de célébrer celle qui a dit oui, sans conditions, au projet de Dieu. Déclarée en 431 « Theotokos » (Mère de Dieu) par le Concile d’Éphèse, Marie est une source spirituelle sans pareil pour les chrétiens. La Nativité de la Vierge Marie fait partie des treize fêtes mariales qui ponctuent l’année liturgique. En ce 8 septembre, l'Église célèbre la Nativité de la Vierge Marie. Ainsi, les paroles du moine Guerric d'Igny, au XIIe siècle, trouvent toute leur résonance : « Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de la bienheureuse Vierge Marie, de qui a reçu naissance celui qui est la vie. » À travers cette fête, c’est un hommage à la pureté, à l’humilité et au rôle central de Marie dans l’histoire de la foi.
Marie est une figure centrale du christianisme. Au cœur de la foi chrétienne, catholique et orthodoxe, elle est la sainte « Mère de Dieu », celle de l’Enfant Jésus. Aussi appelée « Sainte Vierge », « Bienheureuse », « Vierge Marie », « Sainte-Marie », « Notre-Dame Immaculée Conception » ou encore « Sainte Mère de Jésus Christ », Marie de Nazareth est un modèle de foi et d’espérance. Les croyants catholiques et orthodoxes lui prêtent une place privilégiée dans leur prière. Elle fait l’objet d’une vénération distinguée par rapport à celle rendue aux anges et aux saints.Les différentes représentations de la Vierge Marie dans l’iconographie chrétienne, l’existence des fêtes mariales telles que la Nativité de Marie dans le calendrier liturgique ainsi que l’édification de sanctuaires dédiés à la Sainte Mère témoignent de la dévotion mariale.
Marie dans le Nouveau Testament
La littérature historique sur Marie provient des Évangiles selon Matthieu et Luc, écrits approximativement entre l’an 70 et l’an 110 de notre ère. Fille d’Anne et de Joachim, Marie naquit à Nazareth. Elle aurait arboré des traits caractéristiques du Moyen-Orient, avec des cheveux et des yeux foncés, et aurait parlé un patois araméen.Marie se serait mariée jeune, comme toutes les filles de son époque, l’espérance de vie n’étant alors que de quelques dizaines d’années.« Dans ce monde, le luxe de l’adolescence n’existait pas », note Byron McCane, historien à la Florida Atlantic University. « Dès que les jeunes hommes et les jeunes femmes montraient qu’ils étaient capables de se reproduire, ils se mariaient et commençaient à avoir des enfants. »Ces unions étaient arrangées par les familles, et dans une ville comme Nazareth, qui ne comptait que quelques centaines d’habitants, il est possible que Marie ait connu Joseph avant de l’épouser. Selon l’ancienne tradition juive, Marie et Joseph se fiancèrent, complétant la première partie de la cérémonie de mariage, qui s’effectuait en deux phases.Lors de l’erusin, la première phase, Joseph dut donner une dot, appelée un mohar, à la famille de Marie. Les deux étaient alors mariés devant la loi. La tradition voulait cependant que l’épouse continue à vivre avec ses parents pendant environ un an après les fiançailles. Pendant cette période, Marie et Joseph durent attendre la missuin, une cérémonie de mariage, après laquelle la jeune femme put enfin quitter la maison de ses parents.
Cependant, après l’erusin, alors qu’elle vivait encore chez ses parents, Marie tomba enceinte. Aucune preuve tangible ne permet de savoir comment cela se produisit. L’Évangile selon Luc, l’un des deux Évangiles qui décrivent la naissance de Jésus dans le Nouveau Testament, raconte que l’ange Gabriel apparut à l’adolescente et l’informa qu’elle avait été choisie par Dieu. « L’ange entra chez elle et dit : "Je te salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec toi. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus" » (Luc 1:28 et 1:31).Cette nouvelle troubla la jeune femme, qui ne savait pas comment cela avait pu arriver, puisqu’elle n’avait pas eu de relations physiques avec Joseph. Selon Luc, Gabriel expliqua à Marie que, bien qu’elle soit encore vierge, un événement transcendant était sur le point de se produire. « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’enfant qui va naître sera saint ; il sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1:35).L’Évangile selon Matthieu poursuit cette histoire. Lorsque Joseph apprit la grossesse de sa fiancée, sa réaction ne fut pas positive. Respectant les commandements de la Bible et espérant ne pas mettre Marie dans l’embarras, le jeune homme chercha à mettre discrètement fin à l’erusin. Toutefois, alors qu’il réfléchissait à la manière de procéder, il s’endormit. Un ange apparut alors dans son rêve et lui affirma : « N’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient de l’Esprit Saint » (Matthieu 1:20). À son réveil, Joseph comprit que Marie avait été fidèle et ils firent le nissuin, et il prit « sa femme chez lui ».
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Immaculée Conception ou non, une grossesse hors mariage pouvait s’avérer dangereuse. « Après les fiançailles, c’était considéré comme un adultère », explique Carol Meyers, professeure de religion à l’Université de Duke. Malgré l’édit biblique stipulant que « quand un homme commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront tous deux punis de mort », la lapidation n’était pas toujours appliquée.La grossesse de Marie serait toutefois mal vue par la communauté, et pourrait déshonorer sa famille. Nazareth étant une petite ville, les voisins connaissaient les affaires des autres et entretenaient une longue mémoire collective. Les implications sociales et familiales étaient également importantes pour Marie et Joseph. Leur société était fondée sur la parenté, et l’identité d’une personne était établie par la lignée paternelle, comme l’indique le premier chapitre de l’Évangile selon Matthieu, qui détaille la lignée masculine de la famille de Jésus en commençant par le patriarche Abraham.« Ils voulaient s’assurer que tous ces enfants étaient du même père, car celui-ci devait subvenir à leurs besoins », ajoute McCane.
La population juive de l’Antiquité était tenue de payer des impôts à Rome et au roi Hérode, mais aussi la dîme des récoltes au Temple. Comme il s’agissait d’une année de recensement, selon Matthieu et Luc, le futur couple se rendit à Bethléem pour payer ce qui avait été réclamé par l’empereur Auguste. Le voyage de Marie et Joseph depuis Nazareth dut prendre environ une semaine. Ils suivirent probablement une route leur permettant de s’arrêter à des sources pour se reposer, et de trouver un abri dans de petites villes.
Selon les Évangiles, à leur arrivée à Bethléem, l’accouchement commença. Le couple se mit donc à la recherche d’un endroit où Marie pouvait donner naissance à son fils. L’auberge locale n’ayant pas assez de place, il se serait réfugié dans une grotte de calcaire utilisée pour rassembler les animaux domestiques. D’autres spécialistes proposent une autre version à cette histoire, soutenant que les futurs parents auraient en réalité séjourné avec de la famille, dans une chambre d’amis qui, dans une maison palestinienne, était traditionnellement installée dans une pièce inférieure dans laquelle étaient également gardés les animaux. Quoi qu’il en soit, Marie donna naissance à Jésus à Bethléem, un événement célébré aujourd’hui encore, des milliers d’années plus tard, auquel on a donné le nom de Noël.
Les symboles mariaux
Une image d’obéissance, de pureté, de charité, de foi et de maternité à part entière, c’est ce que représente la Sainte Vierge pour les croyants.Pour mieux comprendre cette puissante dévotion à la Vierge Marie, des symboles mariaux ancrés dans la tradition chrétienne ont été créés.Il s’agit de représentations florales, architecturales et célestes témoins des nombreuses facettes de la Sainte Mère de Dieu, de la virginité perpétuelle de Marie et de son importance dans la spiritualité chrétienne.Ce sont des moyens utilisés par les chrétiens de l’Église catholique et orthodoxe pour se connecter à la Vierge et au règne divin.
La rose
Célèbre pour être la reine des fleurs, la rose est un symbole intimement lié à la Vierge Marie. Elle souligne sa pureté immaculée, sa confiance unique en Dieu et son amour inconditionnel.Pour chaque couleur des roses, il existe une signification dédiée. La rose blanche renvoie à la pureté et l’innocence de Marie. La rose rouge, quant à elle, fait référence à l’amour profond, à la promesse divine et au sacrifice. Pour ce qui est de la rose jaune, elle désigne la lumière divine et la sainteté de la Sainte Vierge Marie.Mentionnée dans la prière du Rosaire, cette association met en avant la beauté et la grâce de la dévotion mariale.
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L’Étoile du Matin ou l’Étoile de la mer (Stella Maris)
Ce symbole marial sert aussi bien dans les hymnes que dans les prières comme celle de l’Ave Maris Stella. Il apparaît souvent sur les vêtements et les couronnes des statues de Marie.L’Étoile du matin ou encore l’étoile de la mer est un symbole associé à la Vierge Ave Maria pour appuyer son rôle de guide lumineux et protecteur.
La Colombe
La Colombe est perçue comme un symbole marial depuis ses nombreuses apparitions durant la série d’épisode de l’Annonciation, au moment où le Saint-Esprit est descendu sur Marie pour créer l’Enfant Jésus. On retrouve également cet emblème à l’Assomption.Associée à la paix et à la pureté, la Colombe est aussi l’emblème de l’Esprit Saint. Dans le contexte de la venue au monde de Jésus-Christ, elle incarne la virginité de Marie et la relation intime qu’elle entretenait avec l’Esprit Saint.
La lune
La lune, l’astre, est un autre symbole marial puissant. Elle représente la lumière du soleil, la manière dont Marie propage la lumière sacrée de son fils, Jésus-Christ.L’iconographie chrétienne dépeint souvent la Mère de Dieu avec la lune à ses pieds. C’est le signe de sa victoire sur le péché et de sa place exaltée au royaume des cieux. Pour en revenir à l’origine de cette image enchanteresse, l’Apocalypse de Jean parle d’une femme habillée du soleil avec la lune sous ses pieds.
La Tour d’ivoire
Cet autre symbole associé à la Vierge Marie met l’accent sur sa force, sa beauté spirituelle et sa pureté divine. Ce statut provenant des Litanies de Lorette compare la Vierge Marie à une tour majestueuse, immaculée et résistante.Ce symbole marial prouve la puissance de la Sainte Mère de Jésus devant les influences du mal ainsi que son rôle de protectrice envers les fidèles croyants.
Pourquoi prier la Vierge Marie ?
Marie représente bien plus que la mère de Jésus, c’est une figure de dévotion qui a tenu un rôle clé dans la vie et la mission de son fils.Présente à chacun des moments cruciaux de la vie de l’Enfant de Dieu, cette éducatrice et servante du Seigneur à la foi inébranlable jouit d’une place privilégiée dans l’histoire du salut.Le christianisme, catholique et orthodoxe, la vénère en tant que mère de Jésus, mais également comme une rédemptrice, un exemple d’humilité, de grâce et de foi.Cette adoration à l’égard de la femme bénie d’entre toutes se manifeste à travers différents objets religieux à l’instar des médailles (médailles miraculeuses de Saint Benoit), statues, icônes, livres, etc.Durant les cultes religieux, la Vierge Marie est surtout citée pour son intercession dans les prières des fidèles. Elle est la médiatrice qui fait le lien entre le mystère divin et l’humanité.Dans le christianisme, la Vierge Marie est définie comme l’idéal spirituel, celui qui guide les croyants vers une foi profonde et les aide à entretenir une relation plus intime avec le Seigneur.Pour demander la bénédiction et la protection de la Sainte Vierge, mais également pour renforcer leur foi et leur connexion avec le divin, les disciples et fidèles de l’église catholique intègrent les prières à la Vierge Marie dans leur routine quotidienne.Parmi les prières les plus courantes se trouvent : le « je vous salue Marie », le « Souvenez-vous » de Saint Bernard ainsi que les invocations telles qu’« Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».
L'Immaculée Conception
Ce n’est pas un hasard de calendrier si l’Immaculée Conception est célébrée, dans la tradition catholique, neuf mois pile avant la Nativité de la Vierge, fêtée ce samedi. La Vierge est en effet présentée, dans le Nouveau Testament, comme « comblée de grâce ».« En tant que telle, et en conséquence de la maternité divine, elle aurait été entièrement préservée, dès l’instant même de sa conception, du péché. Dieu a trouvé en elle dès le départ la place libre, vide de toute trace de doute ou de refus », explique encore le père Cabes. Prêtant toujours à de nombreux débats théologiques, cet enseignement, transmis très tôt par certains Pères de l’Église, fermement écarté par d’autres grands théologiens, fut promulgué définitivement en 1854 par le pape Pie IX. Sa bulle Ineffabilis Deus, publiée en décembre, définit en ce sens que « la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, (…) préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement, et constamment par tous les fidèles ». Elle introduit l’idée qu’il y a, « malgré tout, une racine pure à notre humanité », poursuit le père Cabes.Dans les autres confessions chrétiennes, ce dogme n’est pas reconnu. L’Église orthodoxe, par exemple, considère que Marie est « la Toute sainte » parce qu’elle n’a jamais commis de péché, et non parce qu’elle aurait été préservée du péché originel.
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