Le GHB (gamma-hydroxybutyrate), souvent désigné comme la "drogue du violeur", est une substance qui suscite de vives inquiétudes en raison de son implication dans des agressions sexuelles et de ses effets potentiellement dangereux. Cet article vise à informer sur les dangers du GHB, ses effets, les mesures de prévention et les aspects légaux liés à cette substance.

Qu'est-ce que le GHB ?

Le GHB est une molécule synthétique qui agit comme un dépresseur du système nerveux central. Initialement utilisé en médecine pour ses propriétés anesthésiques et sédatives, notamment dans le traitement de la narcolepsie, il est détourné de son usage médical à des fins récréatives. Le cerveau produit naturellement de petites quantités de GHB, mais une consommation à forte dose peut être très dangereuse.

On retrouve le GHB principalement sous deux formes : liquide (dans une fiole) ou en poudre. Il se dilue facilement dans une boisson, est inodore et son goût se masque aisément, ce qui le rend difficile à détecter. En France, le GHB est classé comme stupéfiant depuis 1999.

Le GBL (gamma-butyrolactone) est un solvant industriel qui se transforme en GHB une fois ingéré. Il provoque des effets similaires à ceux du GHB, mais plus rapidement et pour une durée plus courte. La cession et la vente de GBL au grand public sont interdites en France depuis 2011.

Effets du GHB

Les effets du GHB se manifestent rapidement, généralement entre 15 et 30 minutes après l'administration, et peuvent durer plusieurs heures. L'intensité des effets varie en fonction de la quantité ingérée.

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À faible ou modérée dose, le GHB peut provoquer des sensations similaires à celles de l'alcool :

  • Sérénité
  • Relaxation
  • Bien-être
  • Euphorie
  • Augmentation de la libido
  • Désinhibition

Des effets secondaires peuvent également survenir, tels que :

  • Maux de tête
  • Étourdissements
  • Nausées
  • Vomissements

À forte dose, le GHB présente un réel danger. Il peut provoquer :

  • Somnolence
  • Perte de contrôle du corps
  • Perte de mémoire
  • Perte de coordination des mouvements
  • "Trous noirs"
  • Difficultés respiratoires
  • Altération du discernement
  • Perte de conscience pouvant évoluer vers un coma profond
  • Dépression respiratoire, avec risque de décès
  • Effets neurotoxiques graves sur le cerveau

Le GHB est devenu tristement célèbre comme "la drogue du violeur" car il provoque la somnolence et l'absence de souvenirs au réveil, facilitant ainsi les abus sexuels ou les agressions. Cependant, il est important de noter que cette substance est aussi consommée volontairement par des jeunes qui en ignorent les dangers.

Consommation et offre

En France, les substances hallucinogènes, dont le GHB, ne font pas l'objet d'un trafic organisé de grande ampleur. Le GHB et le GBL sont facilement transportables par les usagers dans les établissements festifs, souvent dissimulés dans des bouteilles d'eau, des pipettes ou des seringues.

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Selon les observations du dispositif TREND (Tendances Récentes et Nouvelles Drogues), le GHB/GBL est généralement partagé entre consommateurs et rarement revendu en établissement. Toutefois, il peut être vendu à la dose unitaire, conditionné en pipette.

Consommation : chiffres clés

  • Adolescents : Selon l'enquête EnCLASS, 1,5 % des lycéens déclarent avoir expérimenté le GHB en 2022 (1,1 % en 2018).
  • Adultes : L'enquête EROPP 2023 révèle que 0,7 % des personnes de 18 à 64 ans déclarent avoir consommé du GHB ou du GBL au cours de leur vie.
  • Niveau européen : Le GHB et le GBL sont disponibles, mais peu surveillés, ce qui limite la compréhension de leur consommation et de leur impact sur la santé publique.

Conséquences de la consommation

Les effets négatifs évoqués par les usagers incluent les "bad trips", des malaises accompagnés d'angoisse, ainsi que des effets durables sur plusieurs jours. À forte dose, le GHB et le GBL ont des propriétés amnésiantes et hypnotiques. Le GBL exige un dosage extrêmement précis, car l'écart entre la dose recherchée et l'intoxication aiguë est faible.

La consommation chronique de GHB et de GBL peut induire une dépendance, avec un effet de tolérance marqué. D'autres effets à long terme ont été signalés, tels que des dommages neurotoxiques, des troubles de la mémoire, une détérioration de la santé mentale, physique et sexuelle, des maladies cardiaques et des problèmes respiratoires.

Recours aux soins

En 2021, près de 150 personnes ont consulté un CSAPA (Centre de Soin, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie) pour un usage problématique de GHB.

Cadre légal et orientations publiques récentes

En France, tous les champignons hallucinogènes et les hallucinogènes d'origine synthétique (LSD, GHB, kétamine, etc.) sont classés comme stupéfiants. L'acquisition, la possession, l'usage, la production, le transport, la cession et la vente d'hallucinogènes sont prohibés par le Code de la santé publique et le Code pénal. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité et une amende de 7,5 millions d'euros en cas de participation à un réseau de trafic organisé.

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Le GHB est classé dans la liste des stupéfiants en France depuis 1999. En 2011, la cession et la vente de GBL au grand public ont été interdites.

La loi du 5 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes a prévu une aggravation des peines encourues en cas de viol ou d'agression sexuelle après administration d'une substance à l'insu de la victime.

Prévention et réduction des risques

Il est crucial de mettre en place des mesures de prévention pour éviter la consommation de GHB à son insu. Voici quelques conseils :

  • Ne jamais accepter de boisson d'un inconnu.
  • Ne jamais laisser son verre sans surveillance.
  • En cas de doute sur le contenu de son verre, ne pas hésiter à en parler à l'organisateur de la soirée, à un membre de la sécurité ou aux postes de secours.
  • Rester attentif au comportement de ses proches et des personnes présentes dans la soirée.
  • Ne pas hésiter à signaler tout comportement suspect aux autorités compétentes.
  • S'informer sur les risques liés à la consommation de GHB et d'autres substances psychoactives.
  • Ne jamais consommer seul.
  • Doser correctement le produit avec une seringue non sertie ou un doseur à GHB.
  • Espacer les prises d'un délai minimum de deux heures.
  • Ne pas mélanger ces substances à l'alcool ou à d'autres drogues.

En cas de problème de santé lié à la consommation de GHB, il est important de contacter immédiatement les services d'urgence pour une évaluation médicale.

Le mouvement #BalanceTonBar

Le mouvement #BalanceTonBar, lancé en Belgique, prend de l'ampleur en France et en Europe. Il vise à sensibiliser aux agressions sexuelles facilitées par l'administration de substances psychoactives à l'insu des victimes. Les agresseurs sexuels ont recours à divers composés, tels que l'alcool, les anxiolytiques (benzodiazépines), les analgésiques (kétamine) et les antihistaminiques.

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