L'histoire du yoga est intimement liée à celle de l'Inde, son berceau ancestral. Cette pratique millénaire, dont les origines se perdent dans la nuit des temps, vise à l'union de l'individu avec lui-même et avec l'univers. Cet article vous invite à un voyage à travers l'histoire du yoga, de ses racines obscures à sa diversification en de multiples voies et à sa popularisation en Occident.
Les Origines Ancestrales du Yoga
Les origines précises du yoga demeurent incertaines, donnant lieu à diverses théories. Certains historiens estiment que cette pratique remonte à plusieurs millénaires avant notre ère. Le terme "yoga" est dérivé de la racine sanskrite "Yuj", signifiant unir, relier, mettre ensemble. Ainsi, le yoga facilite la connexion entre les différentes dimensions de notre être : le corps, le mental, l'esprit et l'énergie. Il aspire à l'harmonie entre la matière et le subtil, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de nous en tant qu'êtres humains.
Les Upanishads : Premières Évocations du Yoga
Les Upanishads, des textes élaborés dans les écoles de sagesse à partir du VIIe siècle avant Jésus-Christ, sont les premiers à aborder la notion de yoga. Ces écrits relatent les expériences de sages en méditation immobile, en attention portée au mouvement interne de la respiration.
Par la suite, le yoga est évoqué dans de nombreux textes spirituels de l'Inde, où il désigne toujours des formes de discipline unissant le corps et l'esprit, l'homme et l'univers, l'humain et le divin, tout ce qui peut être unifié pour engendrer un état de bonheur, de plénitude ou de libération.
Les Sutras de Patanjali : Une Structure pour le Yoga
Autour du IIe siècle après J.-C., les Sutras de Patanjali apparaissent, un ensemble de textes qui structurent la pratique du yoga et servent de base à tous les yogas d'aujourd'hui.
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La Diversification du Yoga en Cinq Grandes Voies
Progressivement, le yoga s'est diversifié en cinq grandes voies :
Le Karma Yoga : Le yoga de l'action, visant à tendre vers l'acte juste et désintéressé.
Le Bhakti Yoga : Le yoga de la dévotion, la voie naturelle de la connaissance divine, où l'on reconnaît Dieu en toute chose.
Le Jnâna Yoga : Le yoga de la connaissance, qui doit révéler la vraie nature des choses et éliminer les fausses idées et conceptions du Soi.
Le Dhyana Yoga : Le yoga de la méditation, où l'on cherche à calmer le mental et à atteindre un état de conscience supérieure.
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Le Hatha Yoga : Le yoga qui explore spécifiquement le corps, le souffle et les énergies.
L'Arrivée du Yoga en Occident
C'est au XXe siècle que le yoga a fait son apparition en Occident. Cette popularisation s'est faite par le biais du Hatha Yoga, initialement perçu comme une simple pratique d'exercices physiques, détachée de son objectif originel de libération spirituelle. Certains estiment même qu'il a été "dévoyé" par des enseignants occidentaux qui n'en présentaient que la partie superficielle, lui donnant un aspect purement gymnique.
Cependant, avec l'ouverture progressive des esprits occidentaux à la philosophie orientale, les différents types de yoga ont pu être pratiqués de manière plus traditionnelle et authentique.
Aujourd'hui, si certains yogas traditionnels restent très populaires, de nouvelles formes continuent de se développer pour s'adapter aux besoins contemporains, qu'il s'agisse de mélanges de pratiques existantes ou de créations originales. Néanmoins, certains yogis craignent que cet aspect commercial n'éloigne la pratique de ses fondements spirituels, en se concentrant uniquement sur les bienfaits physiques.
L'essentiel est de trouver la forme de yoga qui vous convient le mieux, qu'elle soit traditionnelle ou moderne, et de s'engager dans une pratique régulière pour en ressentir les bienfaits sur votre corps et votre esprit.
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Le Yoga Kundalini : Une Pratique Ancestrale Révélée
Depuis des millénaires, en Inde, le yoga Kundalini est une pratique secrète, transmise uniquement de maître à élève, spécifiquement sélectionné. Cette forme ancestrale existe toujours, cachée dans les ashrams indiens, mais il est difficile de connaître sa forme réelle, tant elle reste cachée aux non-initiés.
Dans les années 1970, Yogi Bhajan, un maître de yoga Kundalini formé par Sant Hazara Singh, a décidé d'ouvrir la pratique du yoga Kundalini à tous, afin de rendre ses techniques puissantes accessibles au monde entier. Il a fortement enrichi son enseignement avec d'autres pratiques auxquelles il avait été initié par ses maîtres précédents, Swami Dhirendra Brahmachari et Maharaj Virsa Singh. Il a également intégré la spiritualité du sikhisme, sa tradition spirituelle d'origine.
Ainsi, le yoga Kundalini, tel qu'il est connu en Occident, trouve ses racines dans le yoga Kundalini ancestral et millénaire, mais a également été influencé par de nombreuses autres sources que Yogi Bhajan a jugées pertinentes. Le Yoga Kundalini est une technique holistique puissante qui travaille sur toutes les dimensions de l'être humain : le corps, le mental, l'émotionnel et l'énergie.
Mythes et Réalités du Yoga
Le yoga a gagné en popularité ces dernières années, de plus en plus de personnes choisissant de le pratiquer pour améliorer leur santé, leur bien-être et leur conscience. Cependant, de nombreux mythes entourent cette activité.
S'il est faux de prétendre qu'il est impossible de se blesser au yoga, car une pratique incorrecte peut toujours entraîner des problèmes, le yoga est censé vous apporter une meilleure conscience de vous-même et ne vise pas à vous mettre en danger. Il est donc important d'avoir un guide bienveillant qui vous accompagne correctement dans l'exploration de vous-même et qui vous prévient des erreurs à ne pas commettre. L'écoute de son professeur, mais aussi de son propre corps, est essentielle. L'élève découvre ainsi ses propres limites physiques et mentales, développant ainsi son discernement. Le yoga est une exploration progressive, et chacun ouvre les portes à son propre rythme.
Il est important de comprendre que le yoga n'est pas une compétition, ni contre les autres, ni contre soi-même. Son but n'est pas de correspondre à une image idéale, comme celle d'un professeur réalisant parfaitement les postures. Le yoga est un chemin de compréhension de soi, et les difficultés rencontrées sont autant de sources d'ouverture de conscience. On apprend moins dans le confort et la facilité, et il est important d'accueillir les difficultés lorsqu'elles se présentent, car elles nous incitent à chercher.
Certains types de yoga, où la dimension spirituelle est plus forte, peuvent susciter des fantasmes et véhiculer de faux mythes sur les dangers potentiels. La peur de perdre le contrôle de son esprit ou de devenir "perché" est souvent exprimée par des personnes qui n'ont pas expérimenté sérieusement ces pratiques. De même que pour les yogas "posturaux", ceux qui intègrent l'aspect subtil de l'univers sont un chemin de compréhension de soi et de tout ce qui nous entoure. Il est important d'être vigilant et de s'adresser à un professeur qui aidera ceux qui ont un désir d'élévation déraisonnable à s'ancrer sur terre avant de leur faire découvrir le monde subtil.
C'est souvent le cas en yoga Kundalini, où le travail sur l'ancrage est primordial pour pouvoir se relier au reste de l'univers. La spiritualité n'est pas un "gros mot" ni un monde dangereux, mais simplement le fait de s'interroger sur ce qui existe au-delà de la matière et du mental, ce qui constitue une grande partie de notre univers.
Il existe également de nombreux fantasmes autour de l'énergie Kundalini, souvent associée à la sexualité et au Tantra. Le yoga Kundalini ne travaille pas sur la sexualité en tant que telle, mais utilise l'énergie du deuxième chakra, car c'est l'une des énergies les plus puissantes du corps, capable de créer la vie. Une fois éveillée et mobilisée, elle sert à créer de la vitalité, à nourrir certaines parties du corps et à défaire des blocages. À la manière de l'acupuncture, le yoga Kundalini met en mouvement et réharmonise ce qui doit l'être. Le tantra pratiqué en yoga Kundalini est le Tantra "blanc", et non le "rouge", qui travaille directement sur l'aspect sexuel de la personne.
La tenue des professeurs de yoga Kundalini peut parfois surprendre, voire susciter des peurs, et il est important d'en expliquer la raison. Le blanc et le turban proviennent de la tradition sikh, basée dans le Punjab, au nord-est de l'Inde. Le blanc est le résultat du mélange du rayonnement de toutes les autres couleurs, et c'est ce rayonnement qui nous intéresse en yoga Kundalini, car il nous aide à rayonner nous aussi. Le turban a plusieurs fonctions : il donne de la cohésion aux os du crâne, permettant une attention plus centrée sur l'instant présent. Les sikhs pensent également que les cheveux sont les antennes du corps vers l'infini, et ils les nouent en chignon sur le sommet du crâne, qu'ils protègent ensuite avec le turban, car le septième chakra se trouve à cet endroit, un lieu sensible en lien avec le monde subtil. Cependant, il n'y a aucune obligation de s'habiller de la sorte pour pratiquer le yoga Kundalini.
La plupart des professeurs de yoga Kundalini s'assoient sur des peaux de mouton pour enseigner, une tradition ancienne où les yogis de l'Himalaya les utilisaient pour s'isoler du froid.
Le Vinyasa Yoga : Une Évolution Moderne
Le Vinyasa Yoga, l'une des formes les plus populaires de yoga pratiquées aujourd'hui, est connu pour ses enchaînements fluides et sa synchronisation avec la respiration. Ses racines plongent dans l'histoire ancienne du yoga indien.
Pour comprendre l'émergence du Vinyasa, il est important de revenir aux bases du yoga traditionnel. Le mot "yoga" trouve ses racines dans le sanskrit "yuj", qui signifie "joindre" ou "unir", symbolisant l'union du corps, de l'esprit et de l'âme. Le Yoga Sutra de Patanjali, rédigé vers 200 avant notre ère, a codifié le yoga en un système complet comprenant huit branches, connu sous le nom d'Ashtanga Yoga. Ces huit branches incluent : Yama (discipline éthique), Niyama (auto-discipline), Asana (postures physiques), Pranayama (contrôle de la respiration), Pratyahara (retrait des sens), Dharana (concentration), Dhyana (méditation) et Samadhi (éveil spirituel).
Le Vinyasa Yoga tel que nous le connaissons aujourd'hui est une adaptation moderne de l'Ashtanga Yoga, un style de yoga développé par T. Krishnamacharya et popularisé par son élève K. Pattabhi Jois. Le terme "Vinyasa" signifie "placer d'une manière spécifique" et réfère à l'alignement des mouvements du corps sur le rythme de la respiration, créant ainsi une synchronisation parfaite. Dans l'Ashtanga Yoga, chaque posture est interconnectée par des mouvements de Vinyasa, qui servent à créer une continuité dans la pratique, à générer de la chaleur interne et à purifier les toxines.
Le Vinyasa Yoga moderne s'est progressivement détaché de la rigidité de l'Ashtanga pour adopter une approche plus libre et créative. L'introduction du yoga Vinyasa en Occident est souvent attribuée à des professeurs influents comme B.K.S. Iyengar. Dans les années 1960 et 1970, des enseignants tels que David Williams et Nancy Gilgoff ont importé l'Ashtanga en Occident. Dans les années 1990, le terme "Vinyasa Flow" est devenu populaire pour désigner ces pratiques dynamiques qui s'éloignent des séries fixes d'Ashtanga tout en conservant la structure de synchronisation entre souffle et mouvement.
L'essence du yoga Vinyasa réside dans l'idée d'évolution constante. Tandis que l'Ashtanga cherche à perfectionner des séquences prédéfinies, le Vinyasa explore de nouvelles façons de lier les postures entre elles. L'adaptation du Vinyasa en Occident a permis de le rendre accessible à un public plus large, intégrant des influences de divers styles (Iyengar, Kundalini, Power Yoga). Le yoga Vinyasa, bien qu'il semble être un style moderne, trouve ses racines profondes dans la tradition de l'Ashtanga Yoga de Krishnamacharya. Il représente une évolution de l'Ashtanga, rendant la pratique plus flexible et personnalisée, tout en préservant les principes fondamentaux de synchronisation du mouvement et du souffle.
L'Ashtanga Yoga : Un Style Dynamique et Codifié
L'Ashtanga Yoga est un style de yoga dynamique qui synchronise le souffle aux postures. C'est une méditation en mouvement, une chorégraphie spirituelle qui mène progressivement le pratiquant à évoluer à travers une séquence de postures définies. Grâce aux répétitions de séries comme les salutations au soleil, il se familiarise avec les mouvements, comprend, évolue. Pratique physique et exigeante, l'Ashtanga demande un effort important au niveau articulaire et musculaire, et provoque une chaleur interne permettant au corps de se détoxifier via la transpiration. On dit aussi que dans sa version Mysore Style, l'ashtanga apprend à se reconnecter au langage de son propre corps.
La synchronisation du mouvement et du souffle est essentielle en Ashtanga Yoga. Les postures et les transitions s'enchaînent dans un ordre spécifique en synchronisation parfaite avec la respiration, sans interruption du début à la fin de la pratique. Sri Krishna Patthabi Jois comparait poétiquement sa pratique à une « guirlande de postures posées telles des fleurs sur le fil de la respiration ».
Il existe plusieurs séries de postures, mais la plupart des élèves ne pratiquent que la première série, qui est déjà relativement intense et avancée si on la suit de bout en bout. En ashtanga, l'objectif n'est plus la perfection ni l'alignement des postures en elles-mêmes, mais leur exécution dans l'ordre prédéfini de ces séries, sans altération de la respiration. L'objectif est de maintenir le respect du rythme de la séquence. De la première à la dernière posture, inspirations et expirations doivent rester de longueurs égales et d'intensité identique, créant comme un soufflet de forge à l'intérieur du corps pour stimuler et entretenir le feu intérieur.
L'avantage de pratiquer toujours la même série est de créer une routine, pour le corps et pour l'esprit, permettant au mental de s'installer quasi automatiquement dans une méditation en mouvement portée par le souffle.
La source philosophique de l'Ashtanga Yoga provient des Yoga Sutras de Patanjali, un recueil d'aphorismes ayant pour but d'enseigner une philosophie qui permettrait de se libérer de l'emprise du mental, grâce à une pratique de yoga introspective. L'ouvrage structure une pensée et des grands principes de la pratique yogique, rassemblés autour de huit axes majeurs, les huit corps ou limbes du yoga, que chaque enseignant se doit aujourd'hui de transmettre : yamas, niyamas, asanas, pranayama, pratyahara, dharana, dhyana et samadhi.
Les asanas sont les postures physiques. Il existe plusieurs types d'asanas : Surya Namaskar (salutations au soleil), postures debout, postures assises, postures de tonification abdominale, postures d'extension vers l'arrière, inversions, relaxation et méditation.
Le Tristana évoque les trois points de contrôle ou de vigilance sur lesquels doit s'appuyer la pratique d'un ashtangi : le bandha (contrôle des verrous énergétiques), le pranayama (contrôle du souffle) et le drishti (contrôle des points de fixation du regard).
Les bandhas sont les verrous énergétiques du corps. Le terme sanskrit signifie littéralement l'action de lier, la ligature, le lien, l'attache, le tendon, la jonction. Pris dans le sens de « sceller ensemble, joindre, garder à l'intérieur », le bandha est un moyen physiologique de stimuler la circulation de l'énergie par des engagements et contractions musculaires avec des effets de pressions dans le corps, ce qui permet de bloquer ou fixer à l'intérieur du corps ce prana, l'énergie vitale, et éviter ainsi qu'il se dissipe. Il existe trois principaux bandhas (mula, uddiyana et jalandhara) et quatre secondaires.
Le Pranayama signifie le contrôle et l'allongement du souffle. Les exercices de pranayamas permettent de purifier l'esprit, de nettoyer les cavités organiques, d'équilibrer le système nerveux, de stimuler les fonctions organiques vitales et d'augmenter la concentration et la capacité de retrait des sens.
En Ashtanga Yoga, le drishti désigne le point de fixation du regard. Dans de nombreuses postures, le drishti aide à aligner la tête, le cou et la colonne vertébrale, donc à trouver un meilleur alignement du corps dans l'espace pour installer la posture dans le confort et la sécurité. Ce focus du regard est un point de concentration visuelle qui permet de stabiliser le globe oculaire en évitant le cillement des yeux, favorisant ainsi le retrait du sens visuel. Il sert ainsi avant tout à favoriser dharana, la concentration, en focalisant l'attention non plus sur ce qu'il se passe autour de soi, mais sur ce qu'il se passe à l'intérieur de soi.
La première série de l'ashtanga a été mise au point et codifiée à Mysore dans les années 1920 par Trimulai Krishnamacharya, qui s'est inspiré d'un texte controversé, le Yoga Korunta. Krishnamacharya l'aurait transmis à son tour à Pattabhi Jois en 1927, ce qui deviendra les fondements du Ashtanga Vinyasa Yoga. Cette série qu'on appelle yoga chikitsa a ensuite été développée et précisée par Pattabhi Jois qui l'a propagée dans le monde entier depuis son école de Mysore.
Dans la pratique yogique traditionnelle, le mouvement n'est pas une fin en soi. Ce n'est pas le geste dans sa forme, même la plus parfaite, qui est essentiel, mais le souffle qui le porte.
Sri K Pattabhi Jois, né en 1915, a appris le sanskrit dès l'âge de 5 ans. A l'âge de 12 ans, il assiste à sa première démonstration de yoga : une révélation. Il décide alors d'aller à la rencontre de Sri T. Krishnamacharya, qui l'accepte comme élève. En 1930, il part à Mysore étudier le sanskrit, les Yogas sutras de Patanjali et les Upanishads. Le Maharaja de Mysore ordonne à Jois d'enseigner le yoga à l'Université Sanskrite de la ville. Il devient alors professeur en 1956. En 1962, il publie l'ouvrage de référence « Yoga Mala ». La popularité de sa pratique se répand petit à petit. En 1998, il déménage sa résidence à Gokulam, banlieue de Mysore, et y construit en 2002 son nouveau shala qui deviendra LE centre de formation d'ashtanga le plus célèbre au monde. Il décède en 2009 à l'âge de 93 ans.
En Ashtanga Yoga, on récite traditionnellement à chaque début et à chaque fin de séance un mantra, que les élèves peuvent apprendre par cœur, ou réciter à la suite de l'enseignant. Le premier est un mantra de gratitude envers toutes les lignées d'enseignants et de pratiquants qui ont permis de diffuser et partager le souffle du yoga jusqu'à ce jour. Le second un mantra de protection et d'amour universel. Ils sont toujours ouverts et fermés par le chant de la syllabe universelle Ôm.
Pendant tout le déroulement d'une série d'Ashtanga, le mental est sans cesse concentré sur la tenue et le son profond produit par le souffle, qu'on appelle Ujjayi, transformant progressivement la pratique en une sorte de méditation active, portée par la musique de la respiration. La respiration profonde et régulière imposée en Ashtanga Yoga offre de nombreuses vertus physiologiques : nettoyage des reins, régulation de la tension, amélioration de la digestion, rééquilibrage du système nerveux. La première série est appelée chikitsa, qui signifie « yoga thérapie ».
La respiration Ujjayi permet de réguler les échanges gazeux, équilibrant l'inspire et l'expire, qui se font par le nez uniquement avec la glotte serrée pour freiner le passage de l'air. Ce blocage partiel produit un son profond très spécifique, comparé parfois à un bruit d'océan. Ujjayi amène force et calme dans la pratique, grâce à un mental équilibré et un « feu intérieur » dynamique mais maîtrisé, comme un allié.
L'Ashtanga Yoga s'adresse à tous les élèves dès lors qu'ils commencent par le commencement : prendre des cours dédiés aux débutants afin de comprendre la technique et maîtriser les postures de la première série. La difficulté de cette pratique est d'apprendre à respirer en coordination avec le mouvement.
Le Yoga Madras : Une Adaptation Moderne et Personnalisée
Le yoga Madras est une évolution du yoga traditionnel qui a pris vie au berceau du yoga, l'Inde. Pour comprendre sa naissance, il faut revenir au yoga traditionnel lors de la réalisation des anciennes écritures indiennes, notamment les textes Védas, les Upanishads et les yoga sutra de Patanjali. Le yoga Madras s'inscrit dans le chapitre 3 des yoga sutras de Patanjali.
L'essor du yoga de Madras peut être attribué à un groupe de praticiens et de maîtres tels que T. Krishnamacharya et son fils TKV Desikachar. C'est au IVe siècle que le yoga Madras est révélé par le yogi Nathamuni puis écrit par Krishnamacharya dans un traité intitulé yoga rahasya. Puis, il a enseigné la pratique aux occidentaux comme le maître Gérard Blitz. L'activité a été adaptée aux besoins et aux réalités de la vie en occident.
Le yoga Madras repose sur divers principes qui guident les praticiens dans leur pratique :
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