Introduction
Le contrôle des naissances en Inde est un sujet complexe influencé par une multitude de facteurs, notamment la densité de la population, les pratiques agricoles, les politiques gouvernementales et les normes sociales. Cet article examine l'histoire du contrôle des naissances en Inde, les statistiques actuelles et les différents facteurs qui contribuent aux tendances démographiques du pays.
Densité de la population en Inde
La densité de la population est un facteur important qui influence les possibilités d'action de chaque génération. L'Inde se classe parmi les pays les plus densément peuplés du monde, en particulier si l'on considère les pays de plus d'un million d'habitants ou de plus de 10 millions d'habitants. Bien que de fortes densités de population soient courantes dans les petites cités-États et les petits États insulaires, l'Inde et la Chine se distinguent par leurs fortes densités sur de vastes territoires nationaux.
Il est important de noter que la répartition de la population est inégale à l'intérieur de l'Inde. Les densités moyennes sont largement dépassées dans les villes, mais aussi dans de vastes zones rurales. Par exemple, les plaines entre la frontière du Pakistan et le delta du Gange, d'une superficie de 470 000 km², accueillent 325 millions d'habitants, soit une densité rurale de près de 700 h/km². Bien que l'Inde se classe parmi les premiers pour les densités globales, elle est moins bien classée pour la densité calculée par rapport à l'étendue des terres arables, car ces terres n'occupent que 50 % du territoire.
Accumulation de la population
Le monde indien a longtemps regroupé une part importante de la population mondiale, autour de 20 %, et a conservé sa place durant des siècles. La croissance démographique en Inde a débuté assez tardivement, dans la période intercensitaire 1921-1931. Le taux de croissance décennale a ensuite augmenté, pour se stabiliser entre 22 et 25 % pour les cinq périodes allant de 1951-60 à 1991-2000, malgré l'adoption de mesures d'encouragement à la limitation des naissances.
La riziculture avec contrôle de l'eau est un facteur majeur des fortes densités de population. Cette technique permet une forte production d'aliments d'origine végétale par unité de terre cultivée et nécessite une importante force de travail. Les fortes densités peuvent donc être considérées comme cause et conséquence de cette riziculture, créant une logique systémique où « toutes choses sont causées et causantes ». Les climats chauds et pluvieux de l'Asie des moussons, ainsi que les systèmes politiques et les sociétés de l'Asie orientale, sont des conditions nécessaires au fonctionnement de ces interactions.
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L'explication des caractères des dernières décennies est délicate, car il faut rendre compte à la fois du maintien de taux de croissance démographique élevés et d'une relative modération de ces taux par rapport à d'autres régions du monde. Les mentalités et les structures familiales jouent un rôle important, de même que l'adoption précoce d'une politique de contrôle des naissances après l'Indépendance. Toutefois, cette politique est restée prudente et a refusé le recours massif à la contrainte, mais son efficacité commence à se manifester.
Organisation spatiale et milieu naturel
Mis à part le monde des hautes montagnes du nord, l'Inde présente une organisation assez simple des plaines, plateaux et moyennes montagnes, avec une vaste région centrale aux densités relativement faibles entourée de régions bien plus peuplées. Les densités urbaines sont largement dépendantes des densités rurales, si bien que celles-ci sont un facteur important de la densité globale.
Le milieu naturel est une combinaison de multiples composantes, dont les types de relief et les niveaux de pluviosité. L'Inde comporte trois grands domaines morphologiques : les montagnes du système himalayen au nord, un « socle » de terrains anciens plus ou moins faillés au sud, et une fosse profonde remplie de sédiments entre les deux. Le socle présente un relief de moyennes montagnes et de plateaux. Les pluies sont apportées par la mousson.
La pratique de la riziculture avec contrôle de l'eau est un facteur majeur des fortes densités dans les plaines pluvieuses. Les régions de reliefs plus divers et de climats plus secs sur des parties importantes du « socle péninsulaire » fondent leur système de cultures sur des associations complexes, où les céréales dominantes appartiennent à la classe des millets, plus rustiques mais moins productifs que le riz. Une vaste région qui inclut le nord du socle et le nord du sillon indo-gangétique a une tradition de recours au blé. Les densités rurales sont particulièrement faibles dans un grand quart nord-est du socle, où le relief a rendu difficile le développement de la riziculture en rizières et où se développent des sols médiocres.
Répartition des densités rurales et urbaines
La comparaison des cartes de répartition des densités rurales et urbaines montre de fortes similitudes. Un grand nombre de districts présentent des écarts positifs ou négatifs pour les deux ensembles, confirmant l'existence d'un lien entre densités rurales et urbaines. Les exceptions présentent un intérêt certain. Les districts avec des écarts positifs pour la densité urbaine et négatifs pour la densité rurale sont plus urbanisés, particulièrement au centre-ouest de l'Inde. L'exception inverse correspond à des poches d'urbanisation particulièrement faible, notamment dans les montagnes du nord. Au Kérala, les densités de population sont si fortes dans les espaces agricoles que la différenciation ville-campagne est floue, ce qui a conduit les responsables du Census of India à élargir les espaces définis comme urbains.
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La répartition des grandes villes obéit à des logiques différentes. Certes, un bon nombre de villes millionnaires sont rassemblées dans des aires aux campagnes fortement peuplées, mais leur croissance répond d'abord à des logiques industrielles et de services.
Productivité et densités
Les productivités entretiennent des rapports évidents avec les densités de population, puisque l'un de leurs aspects est leur rôle dans la constitution de la force de travail d'une société. La productivité est le rapport entre des quantités produites et des quantités mises en œuvre pour réaliser cette production. On retiendra ici deux de ces facteurs, la terre et le travail. La productivité de la terre se mesure soit en quantités physiques (tonnes à l'hectare) soit en valeur monétaire des récoltes. Une mesure idéale de la productivité du travail met en relation les quantités produites et la durée du travail nécessaire pour obtenir ce résultat.
Les deux productivités entretiennent des rapports assez complexes, et il existe entre elles des combinaisons variées. Les systèmes à forte productivité du sol sont fréquemment désignés sous le nom d'« agriculture intensive ».
Analyse des indicateurs
Les indicateurs ont été choisis en fonction de leur intérêt et de leur disponibilité. Les mesures de densité sont faites à partir des données du recensement. Nous avons ajouté un dernier indicateur, le rapport entre la surface agricole utile nette (NSA) et la surface agricole utile brute (GCA). Pour le traitement, nous avons utilisé une technique synthétique, une analyse en composantes principales, qui étudie les effets des variables prises ensemble et crée de nouvelles variables à partir de regroupements des variables de départ.
Interprétation des résultats
La première composante de l'analyse dégage une tendance commune de toutes les variables : les productivités et les densités tendent à avoir ensemble des valeurs élevées ou des valeurs faibles. Ainsi, la plaine du sillon indo-gangétique a dans l'ensemble des densités et des productivités fortes relativement à celle du reste de l'Inde. Mais il existe des différences entre ses parties : un nord-ouest avec des densités modérées et des productivités très fortes, et une partie orientale avec des productivités plus faibles et des densités plus fortes. Ce contraste majeur confirme le rôle basique des chaînes causales qui relient les caractères naturels, les systèmes agricoles et les densités humaines. L'interprétation des nuances et subdivisions implique l'introduction de séquences historiques où jouent d'autres logiques.
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La « périphérie interne de l’Inde »
La longue bande qui s'étend du nord-ouest au sud-est dans le nord de la région intérieure, du Rajasthan au Chhatisgarh, a pu être considérée comme une « périphérie interne de l'Inde ». Elle est assez faiblement peuplée, l'emprise humaine y est relativement moins importante et les indices économiques sont médiocres. Cette différenciation est largement imputable à des traits de nature : extrême sécheresse au Rajasthan et sols médiocres au nord-est, alors que la présence de sols noirs sur laves dans le centre a été un facteur de l'extension de cultures plus productives comme la canne à sucre et le coton. Il faut aussi faire la part de blocages qui ont joué au cours de l'histoire et dont les effets se manifestent encore. Le nord-est de l'Inde péninsulaire, avec ses sols médiocres et son relief de moyennes montagnes, a peu attiré les envahisseurs riziculteurs. Ils y ont refoulé les populations que l'on désigne encore comme les « anciens habitants » - les "adivasis" -, qui ont longtemps conservé un système de production fondé sur la culture itinérante et l'exploitation de la forêt, peu favorable à la formation de fortes densités, et qui n'assure qu'une faible productivité du sol. La région a des ressources minérales variées, de plus en plus exploitées, ce qui permet la croissance de quelques grandes villes et l'implantation de foyers industriels et miniers dispersés. Les plaines du « sillon indo-gangétique » appartiennent au domaine des valeurs relativement fortes des indicateurs, mais les subdivisions montrent des différenciations importantes.
Tendances récentes de la fécondité
Selon une enquête nationale récente, l'indice synthétique de fécondité (ISF) en Inde est tombé à 2, au-dessous du seuil de remplacement, fixé à 2,1. Cette tendance baissière est plus marquée dans les zones urbaines, où l'ISF tombe à 1,6, contre 2,1 dans les zones rurales. Ces nouvelles données ne signifient pas encore une stabilisation, car la population indienne va continuer de croître en raison de l'importance de sa jeunesse. Le pays compte 30 % de jeunes, de 10 à 24 ans, qui sont en âge de procréer ou le seront dans quelques années.
Déséquilibre des sexes
Il manque en Inde 45 millions de femmes : un déficit par rapport aux hommes qui n'a cessé de se creuser depuis le XIXe siècle. Les Britanniques ont introduit les dénombrements démographiques autour de 1850 et le premier recensement panindien de 1871-1872, imposant à la population une grille de catégories statistiques qui mêlent les concepts exogènes et des notions locales comme la caste. Selon une enquête nationale, le nombre de femmes est en outre, pour la première fois, supérieur à celui des hommes.
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