Au cœur de Valenciennes, en France, l'église Notre-Dame du Saint-Cordon se dresse comme un phare architectural néo-gothique, témoignant de la riche histoire religieuse de la région. Connue localement sous le nom de Basilique Notre-Dame-du-Saint-Cordon de Valenciennes, elle incarne la foi, la résilience et le génie architectural.

Les Origines et la Construction

L'histoire de l'église Notre-Dame du Saint-Cordon de Valenciennes commence au milieu du XIXe siècle. Construite entre 1852 et 1864, la basilique a été conçue par l'architecte diocésain Alexandre Grigny. Sa création a été motivée par une légende locale profondément enracinée et une longue tradition de pèlerinage, attirant les fidèles à Valenciennes depuis des siècles.

Cet édifice religieux répondait à un besoin des fidèles du diocèse de Cambrai, qui venaient en nombre croissant rendre hommage à Notre-Dame du Saint-Cordon, protectrice de Valenciennes depuis 1807. Il est devenu nécessaire de trouver un lieu pour matérialiser cette reconnaissance, là où la statue de Notre-Dame du Saint-Cordon trouverait un écrin à la mesure de la dévotion de ses fidèles.

Le choix de l’emplacement s’est arrêté là où nous le connaissons aujourd’hui. Le financement était compliqué malgré les fonds ecclésiastiques et les dons. Les autorités religieuses ont donc décidé de céder pour le franc symbolique en 1855, et les dettes associées, à la ville de Valenciennes. Ainsi, la commune a repris la main sur le chantier de Notre-Dame du Saint-Cordon et son édification la même année. Ce bâtiment est donc communal bien avant la loi de 1905 marquant la séparation de l’Église et de l’État.

La Consécration et l'Élévation

L'importance de la basilique a été renforcée lorsqu'en 1922, le pape Pie XI lui a accordé le titre de basilique mineure, témoignant de son importance au sein de l'Église catholique. Le moment attendu de la consécration de Notre-Dame du Saint-Cordon est intervenu le 4 mai 1864, suivi de son inauguration solennelle le 5 mai. On notera que sur la même ligne que la loi de 1905, l’affectataire exclusif et perpétuel est bien l’église catholique.

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Consacré en 1864, cet édifice religieux passe une étape décisive dans sa vie catholique. « En 1922, Notre-Dame du Saint-Cordon devient « Basilique mineure ». En effet, vous pouvez effectuer dans cet édifice religieux un pèlerinage, à travers la ronde, en hommage à Notre-Dame du Saint-Cordon », précise Jean Poncet, membre de l’association pour la restauration de la Basilique. « Concrètement, cette Basilique ne peut être désacralisée que par le Pape », précise Jean Poncet.

Un Centre de Pèlerinage

Un des événements les plus remarquables de l'histoire de la basilique s'est produit le 13 septembre 1908, lorsque environ 100 000 pèlerins se sont rassemblés à Valenciennes pour célébrer le 900e anniversaire de Notre-Dame du Saint-Cordon. Cet événement monumental a souligné le rôle central de la basilique en tant que lieu de rassemblement religieux et symbole de foi communautaire.

Architecture et Style

L'église Notre-Dame du Saint-Cordon de Valenciennes est un chef-d'œuvre d'architecture néo-gothique, s'inspirant de divers styles historiques tout en conservant une identité unique. La basilique est orientée vers le sud-ouest, avec un chevet comportant un déambulatoire et trois chapelles rayonnantes, rappelant les influences architecturales normandes. Ce design s'intègre harmonieusement aux parcelles étroites de la Place des Ursulines, créant un mélange équilibré de structure et d'environnement.

Le transept, ponctué de portails, améliore la perspective du déambulatoire et assure l'autonomie du sanctuaire, une caractéristique cruciale pour une église de pèlerinage. La nef, flanquée de bas-côtés, comprend cinq travées et présente une élévation à trois niveaux évoquant la grandeur de la cathédrale d'Amiens. Ce choix de conception permet une transparence remarquable à l'intérieur de l'édifice, inondant l'intérieur de lumière et créant une atmosphère éthérée.

La façade de la basilique, bien que sobre, est une merveille de l'ingéniosité architecturale. La tour-porche réinterprète le Clocher Vieux de la cathédrale de Chartres, avec trois portails, des tourelles polygonales soutenant la tour, deux niveaux de pinacles ajourés et des tabernacles flanquant la flèche octogonale. Ce design complexe se termine par une façade en forme de pyramide, à la fois imposante et accueillante.

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L'Orgue : Une Composition Musicale

Les amateurs de musique seront ravis d'apprendre que l'église Notre-Dame du Saint-Cordon de Valenciennes abrite un orgue historique fabriqué par le célèbre facteur d'orgues Joseph Merklin en 1891. Cet instrument magnifique, classé monument historique, a été minutieusement restauré en 2014, garantissant que ses tons riches et résonnants continuent de remplir la basilique de musique. La présence de l'orgue ajoute une couche de splendeur auditive à l'expérience visuelle et spirituelle déjà impressionnante de la basilique.

Influence et Héritage

L'église Notre-Dame du Saint-Cordon de Valenciennes n'est pas seulement un joyau architectural ; elle représente un moment crucial dans la renaissance du style néo-gothique dans la région Nord-Pas-de-Calais. Son influence est évidente dans les réalisations architecturales ultérieures, notamment la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille à Lille. La conception et la construction de la basilique ont établi un précédent pour la région, inspirant une nouvelle appréciation des esthétiques et de l'artisanat gothiques.

Les Défis et la Restauration

Propriété de la ville de Valenciennes, la Basilique Notre-Dame du Saint-Cordon a subi les outrages du temps depuis son édification au XIXe siècle. La résilience de la basilique est également notable. Malgré le passage du temps et l'usure qui en découle, l'église Notre-Dame du Saint-Cordon de Valenciennes a subi plusieurs restaurations, la plus récente ayant débuté en 2013. Ces efforts garantissent que la basilique reste un symbole vibrant et durable de foi pour les générations futures.

Fort d’une subvention de l’État de 3 millions d’euros obtenu par Jean-Louis Borloo (déjà ministre), d’un million d’euros de la région Nord-Pas de Calais, plus un million d’euros par la ville de Valenciennes, les travaux démarrent. Sauf que l’histoire de la conduite de ce chantier est désastreuse. Dès les premiers mois, l’opération tourne court avec des affaissements, etc. C’est pourquoi, en sus de l’usure du temps, la ville de Valenciennes a donné pour mission à l’architecte Bisman le confortement de la Basilique Notre-Dame du Saint-Cordon.

Les vitraux et chemin de la 1ère travée achevés, le clocher préservé, l’orgue restauré « unique en France, car l’organiste peut piloter les deux orgues, celui du coeur et de tribune, classés aux monuments historiques. Le journal Valenciennes Infos a relaté dernièrement la remise en place de ces derniers ».

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Le Saint-Cordon : Une Légende de Protection

En l’an 1008, une terrible peste vient éprouver Valenciennes (département du Nord). La ville perd en quelques jours 7 000 à 8 000 de ses habitants. Aucune famille n’est épargnée. L’effroi se répand dans la cité. Nuit et jour, la chapelle de Neufbourg que Charlemagne venu à Valenciennes avait dédiée à Marie ainsi que d’autres églises se remplissent de priants. Ils supplient la mère de Dieu de se souvenir que la miséricorde est le plus beau fleuron de sa couronne.

Un peu à l’extérieur, au sud de la ville, vit un saint ermite à qui la tradition donne le nom de Bertholin. Il habite une pauvre cabane bâtie près d’une fontaine qui a depuis pris le nom de Notre-Dame de Fontenelle. Cet ermite voue sa vie à la méditation et passe de longues heures au pied de la statue de Marie, pour laquelle il a une dévotion toute filiale. Sa sainteté attire souvent à lui de nombreux visiteurs venus de la ville. Devant les malheurs des Valenciennois, il redouble de prières, ouvrant plus grand encore son cœur à la Vierge Marie. Celle-ci lui apparaît alors et lui dit : « Va trouver mon peuple de Valenciennes. La nuit qui précédera la fête de ma nativité, mon peuple saura que ses vœux seront exaucés. Que les habitants se rendent alors sur les murailles de la ville, là ils y verront des merveilles. » Nous sommes le dernier jour du mois d’août de l’an 1008. Le saint ermite s’adresse alors au comte Herman, Haute Autorité de la cité, et lui fait part de la promesse de Marie. Quand les habitants apprennent cette nouvelle, ils prient plus encore.

Le 7 septembre 1008, à la tombée de la nuit, le comte, le magistrat et une foule considérable se pressent ainsi sur les remparts de la ville, les yeux fixés vers le ciel. Soudain, les ténèbres font place à la lumière ; et au milieu de celle-ci, devant plus de 15 000 témoins, apparaît, immobile au-dessus de la chapelle bâtie par Charlemagne, une Reine entourée d’une auréole aussi étincelante que douce, accompagnée d’anges. Elle tient à la main un immense cordon écarlate. Un ange en prend une extrémité et fait le tour de la ville dans la circonférence de deux lieues, en laissant tomber sur son passage le précieux cordon qui bientôt environne la cité comme une ceinture protectrice. Le circuit terminé, la vision s’évanouit. À cet instant même, la contagion cesse et ceux qui étaient atteints par la peste furent guéris.

En reconnaissance pour l’immense bienfait reçu, au nom et avec la population de Valenciennes, les autorités de la cité s’engagent par vœu à suivre chaque année le tracé du Saint-Cordon en une procession le 8 septembre ou le deuxième dimanche de septembre. Et depuis maintenant plus de dix siècles, les Valenciennois n’ont jamais manqué à cet engagement de « faire le Tour du Saint-Cordon » (aujourd’hui 17 km), suivi d’une neuvaine de prières. En 1292, la municipalité offre même un cierge de 600 livres pour remercier Marie de ses grâces renouvelées. La continuité d’un pèlerinage sur une telle période est unique dans l’histoire de la chrétienté.

Dès cette époque et de génération en génération depuis 1 000 ans, une confrérie dite des « Royés de Notre-Dame du Saint-Cordon » est la gardienne de cette « fierté de Valenciennes ». Elle continue d’assurer et d’entourer toujours d’une grande solennité cette manifestation, même dans les circonstances les plus critiques qui ont jalonné l’histoire de la ville nordique.

Sensible aux témoignages de confiance et de piété du peuple de Valenciennes, la Vierge du Saint-Cordon ne cessa d’y répondre, continuant d’intercéder pour les fidèles qui l’invoquent isolément ou pour la population entière. Vingt-cinq fois, relatent les chroniqueurs, Marie sembla jeter encore autour de la cité valenciennoise « comme un Cordon protecteur devant lequel tout mal contagieux s’éloignait à vue d’œil » ; notamment en 1291, 1515, 1555, 1665, quand les épidémies sévirent avec violence. Une invasion est également évitée en 1477. Ces dates mémorables demeurent inscrites dans les annales, mais sont aussi gravées dans les cœurs reconnaissants des Valenciennois.

La Période Révolutionnaire et la Renaissance de la Dévotion

Malheureusement, la Révolution est très agitée à Valenciennes. En 1794, de nombreux prêtres et religieux sont arrêtés, tandis que douze religieuses du couvent des Ursulines sont guillotinées en octobre (elles seront béatifiées le 13 juin 1920 par le pape Benoît XV, leur fête est le 23 octobre) ; les églises de la ville sont pillées. Qu’advint-il du Saint-Cordon ? Aucun des Valenciennois survivant à la tourmente de 1793 n’a jamais affirmé l’avoir vu détruire, ni même savoir ce qu’il est devenu. On présume qu’un religieux l’aurait soigneusement caché afin de le soustraire à une profanation, et qu’il serait mort en gardant le secret. D’aucuns pensent qu’il est toujours dans le sous-sol valenciennois… Leur confiance s’est montrée digne de la foi de leurs ancêtres, et Marie les a de nouveau comblés de sa bonté.

En 1804, le premier curé de la paroisse Notre-Dame après le Concordat, Maître Guillaume Lallemand, natif de Valenciennes, n’a rien de plus cher que de raviver au cœur de ses ouailles la dévotion envers la Sainte Vierge. La châsse renfermant le Saint-Cordon ayant disparu pendant la Révolution, le pasteur fait sculpter une belle statue de la Vierge dans l’attitude qui était la sienne quand elle vint délivrer Valenciennes de la contagion. Cette statue fut réalisée par Pierre-Joseph Gillet et décorée par un élève de Louis Watteau, le peintre Macarez. Elle repose sur un socle, dont les quatre faces sont ornées de médaillons retraçant le miracle de l’an 1008. Un sourire maternel illumine le visage de Marie, et ses bras ouverts nous invitent à l’amour filial. Elle tient une tresse (cordon) écarlate que les anges reçoivent de ses mains. À ses pieds, est agenouillé l’ermite Bertholin. Cette statue devint « miraculeuse », quand au cours du XIXe siècle, des maladies épidémiques affligèrent de nouveau les Valenciennois. Pour être délivrés, ils eurent recours au moyen employé par leurs pères : processions, neuvaines et pèlerinages en l’honneur de Notre Dame du Saint-Cordon. Leur confiance s’est montrée digne de la foi de leurs ancêtres, et Marie les a de nouveau comblés de sa bonté. Pour abriter la statue miraculeuse dans un sanctuaire digne de leur Patronne bien aimée, les habitants de Valenciennes construisent en 1864 une église qui fut élevée au rang de Basilique Mineure, en remplacement de Notre-Dame la Grande, détruite pendant la Révolution. En 1892, Notre Dame du Saint-Cordon devient officiellement la patronne de la ville. Le 7 juin 1897, au nom du Pape Léon XIII, l’archevêque de Cambrai couronne la statue miraculeuse d’un diadème d’or, don des fidèles valenciennois. Elle fut alors revêtue d’un riche manteau et on lui mit en mains l’insigne de la dignité royale : un sceptre de vermeil.

Notre Dame du Saint-Cordon au XXe Siècle

Notre Dame protégea également les Valenciennois au cours du XXe siècle. À partir du 31 juillet 1944, lors du « Grand retour », la statue est portée triomphalement de paroisse en paroisse dans tout l’arrondissement de Valenciennes. Elle est ensuite ramenée en ville le 2 septembre 1944, au moment précis où commencent à défiler les premiers chars alliés de la Libération. Notre Dame du Saint-Cordon fut ainsi présente à la délivrance de la cité.

Le Miracle Continu du Saint-Cordon

Depuis l’an 2000, le miracle du Saint-Cordon à Valenciennes continue. En 2008, le millénaire des apparitions et 1 000 ans de fidélité entre le cœur de Notre Dame du Saint-Cordon et le cœur de son peuple de Valenciennes et d’ailleurs ont été fêtés avec une immense ferveur (la statue a même été portée jusqu’à Lourdes). Car elle est celle qui guérit de toutes les pestes d’aujourd’hui ! Elle est celle qui parle à chacun : aux croyants et aux non croyants, à ceux qui sont touchés par la tradition, à ceux qui ont la foi du charbonnier, à ceux qui participent à des groupes de prière comme à ceux qui prient dans le secret, aux jeunes, aux moins jeunes, aux plus âgés, à ceux qui sont malades et handicapés, aux actifs, aux représentants de l’autorité dans la cité comme aux plus démunis.

Le Tour et la Neuvaine, où se vivent des rencontres et des temps d’Église très forts, sont aussi pour les enfants et pour leurs aînés l’occasion d’un nouveau « départ spirituel » : c’est le miracle continu du Saint-Cordon. Chaque année, début septembre, comme leurs aïeux, ce sont près de 3 000 personnes qui participent à la messe précédant le Tour du Saint-Cordon ; d’autres pèlerins, ceux du « Pélé des Enfants », du « Pélé Jeunes », du « Pélé Adultes » s’y joignent pour l’un des plus anciens pèlerinages de France.

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