Introduction

Les kystes ovariens sont des poches remplies de liquide qui se développent sur ou dans les ovaires. Bien que la plupart soient bénins et asymptomatiques, certains peuvent sécréter des hormones, notamment la bêta-HCG (hormone gonadotrophine chorionique), ce qui peut entraîner des complications et des symptômes spécifiques. Cet article explore les causes potentielles de ces kystes sécrétant la bêta-HCG, leurs symptômes associés et les approches diagnostiques et thérapeutiques.

Causes des Kystes Sécrétant la Bêta HCG

Tumeurs Germinales Ovariennes

Les tumeurs germinales de l'ovaire sont une cause importante de kystes sécrétant la bêta-HCG, en particulier chez les jeunes filles et les adolescentes. Ces tumeurs dérivent des cellules germinales primordiales et peuvent contenir des éléments des trois couches germinatives (ectoderme, mésoderme et endoderme).

  • Tératomes matures et immatures : Les tératomes matures (kystes dermoïdes) sont généralement bénins, tandis que les tératomes immatures sont malins. Les deux peuvent sécréter la bêta-HCG, bien que cela soit plus fréquent dans les formes immatures.
  • Tumeurs du sinus endodermique (tumeurs vitellines) : Ces tumeurs rares affectent principalement les jeunes femmes et sont connues pour produire de l'alpha-fœtoprotéine (AFP) et, dans certains cas, de la bêta-HCG.
  • Choriocarcinomes non gestationnels : Bien que rares, ces tumeurs malignes peuvent survenir dans l'ovaire et sécréter de grandes quantités de bêta-HCG.

Kystes Fonctionnels Ovariens

Les kystes fonctionnels sont des kystes qui se forment pendant le cycle menstruel normal. Bien qu'ils ne soient généralement pas associés à la sécrétion de bêta-HCG, certaines situations peuvent entraîner une production hormonale anormale.

  • Kystes du corps jaune persistants : Après l'ovulation, le follicule ovarien se transforme en corps jaune, qui produit de la progestérone. Si le corps jaune persiste et devient kystique, il peut parfois sécréter de faibles niveaux de bêta-HCG.
  • Stimulation ovarienne : Une stimulation ovarienne excessive par des gonadotrophines, notamment dans le cadre de traitements de fertilité, peut entraîner la formation de kystes fonctionnels qui sécrètent des hormones, y compris la bêta-HCG.

Autres Tumeurs Ovariennes

  • Tumeurs épithéliales : Bien que moins fréquentes, certaines tumeurs épithéliales de l'ovaire, telles que les cystadénocarcinomes mucineux, peuvent sécréter la bêta-HCG.
  • Tumeurs de Brenner : Ces tumeurs ovariennes rares représentent 1 à 2 % de l'ensemble des tumeurs ovariennes. Elles sont composées de cellules au cytoplasme clarifié ou éosinophile, riches en glycogène.

Grossesse

Il est crucial de distinguer les kystes sécrétant la bêta-HCG des niveaux élevés de bêta-HCG associés à la grossesse. Une grossesse ectopique (implantation de l'œuf fécondé en dehors de l'utérus) peut également provoquer des niveaux anormaux de bêta-HCG et doit être exclue.

Symptômes des Kystes Sécrétant la Bêta HCG

Les symptômes associés aux kystes sécrétant la bêta-HCG peuvent varier en fonction de la taille du kyste, de la quantité d'hormone sécrétée et de la présence de complications.

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Signes Endocriniens

La bêta-HCG est une hormone qui stimule les ovaires à produire des œstrogènes et de la progestérone. Des niveaux élevés de bêta-HCG peuvent entraîner :

  • Puberté précoce : Chez les jeunes filles prépubères, une sécrétion excessive de bêta-HCG peut provoquer le développement prématuré des caractères sexuels secondaires, tels que la croissance des seins et l'apparition des règles.
  • Irrégularités menstruelles : Chez les femmes en âge de procréer, les kystes sécrétant la bêta-HCG peuvent entraîner des saignements irréguliers, des aménorrhées (absence de règles) ou des métrorragies (saignements entre les règles).

Douleurs Pelviennes et Abdominales

  • Douleur abdominale : La douleur abdominale est le signe inaugural le plus fréquent à tout âge. Il s’agit le plus souvent d’une douleur pelvienne modérée, d'un seul côté du corps, donnant l'impression d'une pesanteur.
  • Sensation de pesanteur : Une sensation de pesanteur ou de pression dans le bas-ventre peut être ressentie en raison de la taille du kyste.

Complications

  • Torsion ovarienne : Un kyste volumineux peut provoquer une torsion de l'ovaire, entraînant une douleur intense et nécessitant une intervention chirurgicale urgente.
  • Rupture du kyste : La rupture d'un kyste peut provoquer une douleur soudaine et intense dans la région pelvienne, ainsi qu'une hémorragie interne.
  • Hémorragie intra-kystique : Ce type de saignement s'observe surtout dans les kystes fonctionnels. La douleur de la région pelvienne est intense.

Autres Symptômes

  • Augmentation du volume abdominal : Un kyste de grande taille peut entraîner une augmentation du volume abdominal, ce qui peut être perçu comme une prise de poids ou une distension abdominale.
  • Symptômes non spécifiques : Des symptômes tels que des nausées, des vomissements et une fatigue peuvent également être présents.

Diagnostic des Kystes Sécrétant la Bêta HCG

Le diagnostic des kystes sécrétant la bêta-HCG repose sur une combinaison d'antécédents médicaux, d'examen clinique, d'imagerie et de tests hormonaux.

Anamnèse et Examen Clinique

  • Antécédents médicaux : Il est important de recueillir des informations sur les antécédents menstruels, les traitements de fertilité, les antécédents familiaux de cancer de l'ovaire et les symptômes actuels.
  • Examen clinique : L'examen clinique peut révéler une masse pelvienne palpable ou une sensibilité abdominale.

Imagerie

  • Échographie pelvienne : L'échographie pelvienne est la modalité d'imagerie de choix en cas de masse ovarienne chez l'enfant. Elle permet de visualiser le kyste, de déterminer sa taille, sa forme, sa structure (kystique, solide ou mixte) et sa localisation.
  • IRM pelvienne : L'IRM pelvienne (plutôt que le scanner) peut être utile pour préciser la localisation de la masse et sa nature mais ne doit pas retarder sa prise en charge chirurgicale. L'IRM permet de mieux caractériser la composante tissulaire ou liquidienne de la masse et dépiste la présence de sang.
  • Scanner : Un complément scanographique peut montrer la présence d’une masse du médiastin antérosupérieur, de forme ovalaire, mesurant 10 × 9,5 cm, de contours réguliers et nets, et se réhaussant de manière hétérogène après injection du produit de contraste.

Tests Hormonaux

  • Dosage de la bêta-HCG : Un dosage sanguin de la bêta-HCG est essentiel pour confirmer la sécrétion de l'hormone. Il est important de noter que des niveaux élevés de bêta-HCG peuvent également être associés à la grossesse, il est donc crucial d'exclure cette possibilité.
  • Autres marqueurs tumoraux : En fonction de la suspicion clinique, d'autres marqueurs tumoraux, tels que l'AFP, le CA125, l'ACE et le CA19-9, peuvent être dosés pour aider à identifier le type de tumeur ovarienne.

Biopsie

  • Biopsie : Deux biopsies ont été réalisées. La première, scannoguidée, a décrit des lésions de tuberculose alors que tous les arguments cliniques et d’imagerie plaidaient en faveur d’une tumeur maligne.

Traitement des Kystes Sécrétant la Bêta HCG

Le traitement des kystes sécrétant la bêta-HCG dépend de plusieurs facteurs, notamment la taille du kyste, les symptômes, l'âge de la patiente, le désir de grossesse et la suspicion de malignité.

Surveillance

  • Surveillance : En dessous de 5 cm, une simple surveillance pourra être proposée avec une réévaluation échographique. La disparition du kyste lors du suivi est en faveur d'un kyste fonctionnel (kyste folliculaire ou kyste du corps jaune).

Traitement Médical

  • Traitements hormonaux : Les traitements progestatifs ou oestroprogestatifs ne doivent plus être utilisés.

Chirurgie

  • Kystectomie : En cas de découverte lors d'un épisode de torsion ovarienne, la kystectomie peut théoriquement être réalisée.
  • Coelioscopie : La prise en charge chirurgicale peut être réalisée par laparoscopie lorsqu'il s'agit d'un kyste unique, sans critère échographique ou macroscopique de malignité, avec des marqueurs tumoraux normaux et sans signe de sécrétion hormonale.
  • Laparotomie : Lorsque le kyste ne répond pas aux critères ci-dessus, il est recommandé de faire la résection par laparotomie pour limiter le risque de rupture intrapéritonéale.
  • Annexectomie : Dans les cas de tumeurs malignes ou de complications sévères, une annexectomie (ablation de l'ovaire et de la trompe de Fallope) peut être nécessaire. Chez les femmes jeunes, même dans les formes étendues et les stades avancés, on ne préconise pas une annexectomie bilatérale.

Chimiothérapie

  • Chimiothérapie : La chimiothérapie peut être indiquée dans les cas de tumeurs malignes, en particulier les tumeurs germinales immatures et les choriocarcinomes.

Kystes hépatiques

Les kystes hépatiques sont fréquemment rencontrés en pratique clinique quotidienne. Ils rassemblent un groupe de lésions hétérogènes qui varient en fonction de leur pathogenèse, leur présentation clinique, leur aspect en imagerie, et leur gravité potentielle. Les kystes hépatiques bénins sont heureusement les plus fréquents, mais d’autres lésions, parfois difficiles à distinguer d’un kyste simple, peuvent être malignes, voire engager le pronostic vital.

Classification

Plusieurs classifications des kystes hépatiques sont disponibles dans la littérature ; la plus répandue sépare les kystes hépatiques d’origine infectieuse et non infectieuse et, par extension, les kystes d’origine parasitaire et non parasitaire du foie, car les abcès à pyogènes, habituellement faciles à diagnostiquer du fait de leur présentation clinique et morphologique, sont souvent exclus des algorithmes diagnostiques. Cette mise au point concerne uniquement les lésions kystiques non parasitaires. Pour chacune d’entre elles sont communiquées les hypothèses physiopathologiques, les données épidémiologiques, l’histoire naturelle (en particulier le risque de transformation maligne), le traitement et, bien sûr les clés du diagnostic radiologique. Ces dernières sont résumées et simplifiées, dans la figure 1, qui concerne les lésions fréquemment évoquées dans les discussions diagnostiques. En dehors des kystes biliaires simples, qui dans leur présentation typique, peuvent être diagnostiqués par une simple échographie abdominale, toutes les autres lésions nécessitent la réalisation d’un scanner ou d’une imagerie par résonance magnétique (IRM), soit pour leur caractérisation (ce qui nécessite alors toujours une injection de produit de contraste), soit pour l’estimation volumétrique du parenchyme hépatique épargné (cas de la polykystose hépatique). Dans certaines situations diagnostiques ambiguës, ou pour guider la discussion thérapeutique, d’autres outils peuvent être utiles comme l’échographie de contraste, le PET-scan, la ponction du liquide intra kystique, ou la biopsie, et méritent d’être évoqués.

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Kystes biliaires simples

Les kystes biliaires simples sont actuellement les plus fréquentes des formations kystiques hépatiques. Ils peuvent être localisés partout dans le foie. L’appellation de « kyste biliaire », justifiée par la présence d’un épithélium analogue à celui des canaux biliaires, est toujours la plus utilisée, bien que jugée inopportune compte tenu de l’absence de communication de ces kystes avec les voies biliaires. Le kyste biliaire se définit comme une cavité unique, contenant un liquide séreux, limpide ou citrin, pauvre en éléments cellulaires, et ne communiquant pas avec les voies biliaires intrahépatiques (2). Il est bordé d’un épithélium cubique ou cylindrique analogue à celui des canaux biliaires. La composition du liquide intracavitaire est proche de celle de la fraction de secrétion biliaire indépendante des sels biliaires : même concentration hydroélectrolytique, faible concentration en protéines, présence d’IgA sécrétoires et de gamma GT à des taux supérieurs aux concentrations sériques. Il n’existe aucun transfert de grosse molécule entre le sang et le liquide intrakystique. Ces caractéristiques du liquide intrakystique permettent de distinguer les kystes simples des kystes biliaires communicants et des néoplasies kystiques. L’origine des kystes biliaires n’est pas clairement élucidée. Elle est probablement congénitale, et l’hypothèse la plus communément admise est la dilatation kystique d’une voie biliaire aberrante, ou d’un microhamartome (cf. infra). Des microhamartomes ont en effet été décrits associés aux kystes biliaires dans des séries autopsiques, alors fréquemment retrouvés dans la paroi des kystes ou à distance, dans les espaces portes.

Hamartomes

Les hamartomes, également appelés complexes de Von Meyenburg, hamartomes biliaires ou microhamartomes biliaires, sont de petits nodules non encapsulés (généralement < 5 mm), bien circonscrits, constitués de voies biliaires de forme irrégulière, souvent dilatées, bordées par un épithélium cubique bas, enchâssé dans un stroma collagène dense (13). On pense que les hamartomes sont la conséquence d’un remodelage interrompu de la plaque ductale au cours de la phase tardive, lorsque se produit le développement des voies biliaires intrahépatiques de petite taille, et qu’ils sont généralement adjacents aux zones portales. Les hamartomes biliaires constituent la variante la plus fréquente de la maladie hépatique fibropolykystique, survenant chez environ 0,6 % à 2,8 % de la population générale. Les hamartomes peuvent être associés à des kystes biliaires simples, une polykystose rénale, une fibrose hépatique congénitale et/ ou une Maladie de Caroli.

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