Les kystes ovariens sont des poches remplies de liquide qui se développent sur ou dans les ovaires. Ils sont relativement fréquents chez les femmes et, dans la grande majorité des cas, bénins. On estime que 5 à 7 % des femmes développeront au moins un kyste ovarien au cours de leur vie. Les kystes ovariens peuvent survenir à n’importe quel moment de la vie d’une femme.

Types de kystes ovariens

Il existe deux principaux types de kystes ovariens : les kystes fonctionnels et les kystes organiques.

Kystes fonctionnels

Les kystes fonctionnels sont les plus courants, représentant environ 90 % des cas chez les femmes non ménopausées. Ils sont liés aux fluctuations hormonales du cycle menstruel et sont généralement bénins. La prévalence des kystes fonctionnels est d'environ 20 % chez les femmes en période d’activité génitale et de 5 % après la ménopause.

Il existe deux types de kystes fonctionnels :

  • Kystes folliculaires : Ces kystes se forment lorsqu'un follicule, la petite poche ovarienne contenant un ovule, ne se rompt pas ou ne libère pas l'ovule pendant l'ovulation. Au lieu de disparaître, le follicule continue de grossir et se remplit de liquide. Le kyste folliculaire (lié à des fluctuations du cycle menstruel) : ce type de grosseur résulte du développement anormal d’un follicule (petite poche ovarienne renfermant du liquide, dans lequel se forme et se développe un ovule).
  • Kystes lutéaux (ou du corps jaune) : Après l'ovulation, le follicule se transforme en corps jaune, qui produit des hormones pour préparer l'utérus à une éventuelle grossesse. Si une grossesse ne survient pas, le corps jaune se désintègre. Cependant, dans certains cas, il peut se remplir de liquide et former un kyste. Ou il peut s’agir d’un kyste lutéal (ou « du corps jaune ») qui apparaît après la rupture du follicule et la libération de l’ovule.

Les kystes fonctionnels sont transitoires et ont tendance à disparaître spontanément après deux ou trois cycles menstruels. Dans 90 % des cas, ils se résorbent de manière spontanée.

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Kystes organiques

Les kystes organiques se forment à partir des tissus ovariens eux-mêmes et ne sont pas directement liés aux fluctuations hormonales. Contrairement aux kystes fonctionnels, ils ne régressent pas spontanément et peuvent nécessiter une surveillance médicale et une prise en charge ciblée.

Il existe plusieurs types de kystes organiques, notamment :

  • Kystes séreux : Remplis d'un liquide clair et aqueux.
  • Kystes mucoïdes (ou mucineux) : Composés de plusieurs cavités séparées par des cloisons et contenant un liquide épais, voire pâteux.
  • Kystes dermoïdes : Contenant différents types de tissus, tels que des cheveux, de la peau, des dents ou du sébum. C’est un kyste bénin de 5 à 10 cm. Il provient de cellules immatures présentes dans l'ovaire, issues des ovocytes.
  • Kystes endométriosiques : Liés à l'endométriose, une affection dans laquelle le tissu qui tapisse l'utérus (l'endomètre) se développe en dehors de l'utérus. Ces kystes ont une paroi épaisse et parcourue de vaisseaux sanguins. La présence de kystes ovariens remplis de sang, en général asymptomatiques, peut également indiquer la présence d’une endométriose.
  • Kystes organiques : en général bénignes, ces tumeurs peuvent dégénérer. Elles doivent être retirées via une intervention chirurgicale.

Causes

Les causes exactes des kystes ovariens ne sont pas toujours connues. Cependant, plusieurs facteurs peuvent contribuer à leur développement :

  • Fluctuations hormonales : Les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel sont un facteur important dans le développement des kystes fonctionnels chez la femme en âge de procréer.
  • Traitements stimulant l'ovulation : Les traitements d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui stimulent l'ovulation peuvent augmenter le risque de développer des kystes fonctionnels. Un traitement pour stimuler l’ovulation (ou stimulation ovarienne), en cas d’infertilité et de recours à la procréation médicalement assistée (PMA).
  • Grossesse : La grossesse et ses bouleversements hormonaux favorisent aussi l’apparition de kystes fonctionnels de type kystes lutéaux, entre la 14e et la 16e semaine.
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Le SOPK est un trouble hormonal qui peut entraîner la formation de nombreux petits kystes sur les ovaires. À savoir ! Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal touchant entre 6 et 10% des femmes. Il se caractérise par une augmentation anormale de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires (pilosité excessive), perturbant ainsi la production d’ovules. Au lieu d’être libérés au moment de l’ovulation, les ovules se transforment en kystes, des petites poches remplies de liquide.
  • Autres facteurs : L’âge, les antécédents familiaux, des pathologies comme une endométriose, une infection pelvienne sévère peuvent également jouer un rôle.

Symptômes

Dans la plupart des cas, les kystes ovariens sont asymptomatiques, en particulier les kystes fonctionnels de petite taille. La présence d’un kyste est en général décelée pendant un examen médical. Un toucher vaginal (et parfois un toucher rectal) permettent de diagnostiquer la présence d’un kyste. La palpation aide le médecin à déceler la présence d’une masse séparée de l’utérus, indolore et tendue. Cependant, lorsqu'ils deviennent volumineux ou se compliquent, ils peuvent entraîner les symptômes suivants :

  • Douleur pelvienne : Elle peut être sourde et persistante, ou vive et soudaine si le kyste se rompt ou provoque une torsion de l'ovaire. Parfois quelques symptômes affectant votre quotidien La présence d’un kyste ovarien fonctionnel peut cependant générer de l’inconfort et des douleurs. Comme le mentionne Angélique lors d’une récidive, « j’avais des maux de ventre persistants en dehors de mes périodes de règles, notamment sur le côté gauche. Ce n’est jamais normal d’avoir mal ! N’hésitez pas à en parler à votre gynécologue. Lors d’un rendez-vous d’urgence, une échographie a permis d’identifier un kyste de la même taille que mon ovaire, soit environ 4 cm ! » Bien que la plupart des kystes fonctionnels ont le diamètre d’une cerise (1,5 cm), certains peuvent mesurer 5 cm ou plus. Vous pouvez ressentir des douleurs pelviennes (bas ventre), avoir un gonflement abdominal d’un seul côté.
  • Troubles du cycle menstruel : Variations des règles (irrégularités, saignements abondants ou spotting).
  • Saignements génitaux en dehors des règles (métrorragies) : Provoqués par une rupture du kyste ou une torsion d'ovaire. D’autres ont un saignement génital en dehors des règles (métrorragies) provoqué par une rupture du kyste ou une torsion d'ovaire.
  • Sensation de lourdeur ou de ballonnement abdominal : Sensation de lourdeur et de ballonnement au niveau de l’abdomen.
  • Envies fréquentes d'uriner (pollakiurie) : Si le kyste appuie sur la vessie. Si le kyste appuie sur votre vessie, il provoque des envies d’uriner fréquentes, en petite quantité (pollakiurie).
  • Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie) : Certaines femmes ont des règles douloureuses, des troubles intestinaux (constipation), ressentent des douleurs lors des rapports sexuels.
  • Troubles digestifs : Indigestion récurrente, constipation ou difficulté à vider complètement les intestins.
  • Nausées et vomissements : En cas de rupture ou de torsion du kyste.
  • Fatigue persistante : Fatigue persistante.
  • Vertiges : Vertiges.

Complications

Bien que la plupart des kystes ovariens soient bénins et ne causent pas de problèmes, certaines complications peuvent survenir :

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  • Torsion de l'ovaire : Le kyste peut entraîner la torsion de l'ovaire autour de son axe, ce qui interrompt l'apport sanguin et provoque une douleur intense. « L’ovaire peut se retourner sur lui-même compte tenu du poids du kyste. Le risque est alors de perdre l’ovaire car l’apport en sang dans cet organe peut être insuffisant. Dans ce cas, la douleur peut être aiguë et une opération d’urgence s’impose », selon la gynécologue d’Angélique.
  • Rupture du kyste : La rupture du kyste peut provoquer une douleur soudaine et intense dans la région pelvienne.
  • Hémorragie intra-kystique : Saignement à l'intérieur du kyste, provoquant une douleur intense dans la région pelvienne.
  • Infection : Rarement, un kyste peut s'infecter, entraînant de la fièvre et des douleurs.
  • Compression des organes voisins : Un kyste volumineux peut comprimer la vessie, le rectum ou d'autres organes pelviens, entraînant des troubles urinaires, digestifs ou des douleurs.

S’ils ne sont pas détectés à temps et surveillés (retirés si nécessaire), les kystes peuvent évoluer et entrainer certaines complications : une torsion, une hémorragie intra-péritonéale, une rupture entrainant une péritonite, une infection, une dégénérescence cancéreuse… Comment reconnaître une torsion ovarienne ou une autre de ces complications ? Elles provoquent en général de violentes douleurs au niveau du bas ventre et d’autres symptômes facilement reconnaissables (arrêt du transit, état de choc, contracture des muscles…).

Diagnostic

Le diagnostic des kystes ovariens repose sur plusieurs éléments :

  • Examen clinique : Le médecin procède à un examen gynécologique, comprenant un toucher vaginal, pour palper les ovaires et détecter d'éventuelles masses. L’interrogatoire : le médecin traitant (ou gynécologue) interroge la patiente sur ses symptômes et sur ses éventuels traitements en cours. L’examen gynécologique au spéculum : cet examen permet de vérifier l’état du col de l’utérus.
  • Échographie pelvienne : C'est l'examen d'imagerie le plus couramment utilisé pour visualiser les ovaires et les kystes. Une échographie abdomino-pelvienne ou endovaginale permet de localiser et mesurer le ou les kystes. Selon Angélique, « l’échographie endovaginale peut être intimidante. Si vous êtes mal à l’aise, signalez-le à votre gynécologue. » Lors d’une autre visite, « ma gynécologue a réalisé une échographie pelvienne classique. Les images étaient bonnes, elle n’a donc pas eu besoin de me proposer l’échographie endovaginale. » L’échographie permet de visualiser le kyste et de déterminer sa taille, son contenu, sa paroi et sa localisation. Ce bilan permettra de savoir si le kyste ovarien est malin.
  • IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : Peut être réalisée si l'échographie n'est pas concluante ou si le kyste est volumineux ou suspect. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) est proposée si le kyste est volumineux ou en cas de suspicion d’endométriose.
  • Bilan sanguin : Peut inclure le dosage de marqueurs tumoraux, tels que le CA 125, pour évaluer le risque de cancer de l'ovaire. Le bilan biologique consiste notamment à effectuer un dosage du marqueur tumoral CA 125, une substance produite en forte proportion par les cellules tumorales. Un bilan sanguin peut être prescrit si le kyste présente des risques d’être cancéreux, en particulier après la ménopause ou si un kyste organique est diagnostiqué entre 10 et 16 ans.
  • Cœlioscopie : Dans certains cas, une intervention chirurgicale mini-invasive appelée cœlioscopie peut être nécessaire pour examiner les ovaires et prélever un échantillon de tissu pour analyse (biopsie). Une échographie pelvienne et une cœlioscopie peuvent être réalisées.

Traitement

Le traitement des kystes ovariens dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de kyste, sa taille, les symptômes et l'âge de la patiente.

Surveillance

Dans de nombreux cas, en particulier pour les kystes fonctionnels asymptomatiques, une simple surveillance médicale est suffisante. Lorsque la patiente présente un kyste fonctionnel ovarien sans complication grave, une simple surveillance médicale est mise en place. Le médecin peut recommander des échographies de contrôle régulières pour vérifier si le kyste disparaît spontanément. Les kystes fonctionnels sont transitoires et ont tendance à disparaître spontanément après deux ou trois cycles menstruels. Angélique confirme : « Lors de chaque échographie de contrôle, ma gynécologue constatait que le kyste avait disparu », même celui qui mesurait 4 cm de diamètre ! La présence d’un kyste vous conduit donc à avoir une consultation de contrôle.

Traitement médical

  • Antalgiques : Des médicaments antidouleur peuvent être prescrits pour soulager les douleurs pelviennes. Pour gérer l’inconfort, Angélique a « pris des antalgiques. Au bout de quelques jours, la douleur s’est estompée et j’ai arrêté ce traitement. »
  • Contraceptifs hormonaux : La pilule contraceptive peut être prescrite pour réguler le cycle menstruel et prévenir la formation de nouveaux kystes fonctionnels. Toutefois, pour prévenir l’apparition de nouveaux kystes, le médecin peut prescrire un traitement hormonal en continu de type pilule, pour inhiber l’ovulation. Ce traitement hormonal est également applicable en cas de kyste ovarien endométriosique. Aussi, quel que soit votre mode de contraception (oral, stérilet), celui-ci n’est pas modifié.
  • Traitement hormonal : Le traitement hormonal des kystes fonctionnels n’est pas plus efficace que l’abstention.

Traitement chirurgical

La chirurgie peut être nécessaire dans les cas suivants :

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  • Kyste volumineux (plus de 5 cm) qui ne disparaît pas après plusieurs cycles menstruels.
  • Kyste organique suspect de malignité.
  • Kyste provoquant des symptômes importants ou des complications (torsion, rupture, hémorragie).
  • Le kyste dit fonctionnel ne disparaît pas à l’issue de 3 cycles menstruels, grossit (plus de 5 cm) ou change d’aspect.
  • Le kyste ovarien donne lieu à des complications : torsion de l’ovaire, hémorragie intra-kystique, rupture du kyste. Une intervention en urgence est alors nécessaire.
  • Le kyste est lourdement symptomatique : il entraîne la compression de la vessie ou du rectum, voire d’autres organes de la zone pelvienne. Il provoque des douleurs, des hémorragies, des troubles digestifs et mictionnels (constipation, ballonnements, pollakiurie, urgenturie).
  • Le kyste a un aspect suspect : si le kyste semble malin à l’échographie endovaginale, une biopsie ou une ablation complète peuvent être réalisées pour exclure la présence d’une tumeur.

Il existe deux principales techniques chirurgicales :

  • Cœlioscopie : C'est la technique la plus couramment utilisée. Elle consiste à réaliser de petites incisions dans l'abdomen pour insérer une caméra et des instruments chirurgicaux. L’intervention se déroule par cœlioscopie. Dans la grande majorité des cas, l’opération a lieu par cœlioscopie , sans ouvrir l’abdomen de la patiente. L’intervention se déroule la plupart du temps par coelioscopie.
  • Laparotomie : Elle nécessite une incision plus grande dans l'abdomen et est généralement réservée aux kystes volumineux ou suspects de malignité. Cependant, une laparotomie peut se révéler nécessaire si la biopsie révèle au cours de l’intervention une nature cancéreuse du kyste.

Selon l'âge de la patiente et la nature du kyste, le chirurgien peut procéder à :

  • Kystectomie ovarienne : Ablation du kyste seul, en préservant l'ovaire. Chez la jeune femme, seul le kyste est retiré pour conserver la fertilité de la patiente. Si vous n’êtes pas encore ménopausée, seul le kyste est retiré : c’est une kystectomie ovarienne. Le traitement conservateur (c’est à dire ne retirant pas l’ovaire mais simplement le kyste présent en son sein ; l’intervention consiste à ouvrir la paroi de l’ovaire et à détacher le kyste de l’ovaire) doit être privilégié pour préserver la fertilité mais aussi préserver la fonction endocrine (c’est à dire la sécrétion des hormones), en dehors d’un antécédent ou d’un facteur de risque oncologique.
  • Ovariectomie : Ablation de l'ovaire entier. L’ablation chirurgicale appelée kystectomie ovarienne s’impose aussi si le kyste est toujours présent trois mois après le diagnostic, s’il a pris du volume ou changé d’aspect. La technique de chirurgie utilisée, cœlioscopie ou laparoscopie, permet de préserver au mieux le fonctionnement de l’ovaire et de ne pas entraver votre fertilité.

Après l’intervention, une analyse de la substance ponctionnée permet de savoir si des cellules cancéreuses sont présentes.

Suivi post-opératoire

Le temps nécessaire pour se rétablir après une telle opération s’étale généralement sur quelques jours. Marchez régulièrement pour éviter les risques de phlébite. Progressivement, vous pourrez reprendre vos activités quotidiennes et sportives. Prenez contact avec votre médecin en cas de fièvre, douleurs abdominales, hématome au niveau de l’abdomen ou lourdeur au niveau des mollets. Quel que soit le suivi, opération ou non, Angélique a remarqué qu’à chaque annonce de présence de kyste ovarien fonctionnel, « il n’était pas facile d’en parler autour de moi ». Incompréhension de certains, méconnaissance d’autres qui peuvent parfois vous affecter. N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant ou à votre psychologue.

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