L'utilisation du stérilet chez les femmes nullipares a longtemps fait débat. Autrefois, l'usage des stérilets était réservé aux femmes primipares (ayant accouché une fois) et multipares (plusieurs accouchements). Aujourd'hui, la pose d'un stérilet se fait chez la femme nullipare (terme pour définir la femme qui n'a jamais accouché). Malgré les mythes persistants autour de ce dispositif, il est à présent prouvé que le stérilet n'est pas réservé aux femmes ayant déjà accouché. Cet article vise à informer les femmes nullipares sur le stérilet Kyleena, en abordant ses avantages, ses inconvénients, et les considérations importantes avant de faire un choix éclairé.
Le rejet de la pilule et l'essor du stérilet
De plus en plus, les jeunes femmes rejettent la pilule. Nombre des personnes qui ont choisi le stérilet ne supportaient pas ou plus la pilule. Les adeptes de ce mode de contraception nous ont raconté leur réalité : pourquoi elles avaient choisi de se faire poser un DIU, et comment à quoi ressemblait leur quotidien depuis sa pose.
Témoignages de femmes ayant choisi le stérilet
- « Mon historique de pilules est semé d’embûches. La première (une micro-dosée) me donnait d’horribles migraines, la seconde des lombalgies, et les deux suivantes ont foutu en l’air mon cycle de manière assez surprenante. Je pouvais passer trois ou quatre mois sans saignement, et puis avoir mes règles pendant plusieurs jours… Oui, je sais : plusieurs jours n’ont rien d’étonnant. Mais au-dessus de 10 jours de ragnagnas, j’estime que mon corps me trolle. Il m’arrivait aussi d’oublier ma pilule, et au moins, avec le stérilet, pas de souci de ce côté-là. »
- « J’ai commencé à prendre la pilule à mon arrivée à la fac et tout s’est vraiment très bien passé, jusqu’à ce que je commence à vivre avec mon copain ! J’ai alors eu de vraies grosses frayeurs : “On est samedi, il est 21h, pourquoi ma plaquette me dit qu’on est jeudi ? De quand ça date ?”. J’avais des croix sur les mains, des alarmes dans tous les sens, une application spéciale, un post-it sur ma lampe de chevet… Et j’oubliais quand même ma pilule. Je n’y arrivais plus : après sept ans de très bons et loyaux services ma pilule et moi n’étions plus compatibles. J’ai donc un peu fureté dans tous les sens, je me suis renseignée sur les autres moyens de contraception. Le DIU cuivre était parfait pour moi : pas de risque d’oubli et pas d’hormones. Je ne sais pas pourquoi, mais j’en avais marre des hormones, mon corps me disait stop - je devais boire jusqu’à trois verres d’eau pour avaler ma pilule alors qu’avant je pouvais la prendre sans rien, et depuis quelques temps j’avais des boutons, des maux de tête, les seins hyper douloureux même en dehors des règles, et je faisais de la rétention d’eau. »
- « Mes mycoses à répétition ne se calmaient pas malgré mes efforts, et au début de l’année, j’ai lu que l’arrêt de la pilule pouvait favoriser l’arrêt des mycoses, ce qui m’a lancée. En parallèle, le passage à la coupe menstruelle m’a permis d’ouvrir les yeux sur des méthodes gynécologiques alternatives et m’a poussée à me renseigner sur les méthodes de contraception, notamment sans hormones. Je voulais, en plus d’une contraception sans hormones, une méthode sur le long terme (à la différence des préservatifs). Le stérilet en cuivre m’a tout de suite attirée : il est peu cher, remboursé, sans hormones, très peu contraignant et valable au moins cinq ans. »
Les différents types de stérilets
Pour rendre la pose moins douloureuse sur les utérus plus étroits des femmes nullipares, les laboratoires ont développé des versions plus fines et plus courtes de ces DIU.
Stérilets au cuivre
Les stérilets au cuivre constituent une contraception mécanique. Le manchon de cuivre agit comme un spermicide. La plupart des DIU au cuivre commercialisés en France sont proposés en taille standard et en taille short. Le stérilet au cuivre a un effet spermicide et rend les spermatozoïdes inactifs.
- Le NT 380 : modèle standard, efficace pendant 5 ans
- Le UT 380 : similaire, mais avec une forme légèrement différente
- Le Gynelle 375 : plus petit, adapté aux utérus de taille réduite
- Le Copper T 380A : efficace jusqu’à 10 ans
Mini stérilets hormonaux
Il existe deux types de mini stérilets hormonaux, développés par les laboratoires Bayer : Jaydess, et le petit nouveau Kyleena (commercialisé en 2018). Le mini stérilet Jaydess délivre 6 microgrammes d'hormones par jour, contre 20 microgrammes pour Mirena. C'est l'avantage du nouveau mini stérilet Kyleena : s'il est (à peine) plus chargé en hormones (9 microgrammes par jour en moyenne), il est efficace pendant une durée maximale de 5 ans, comme Mirena.
Lire aussi: Avis sur Kyleena pendant l'allaitement
- Mirena : le plus dosé (52 mg de lévonorgestrel), efficace pendant 5 ans
- Kyleena : dosage intermédiaire (19,5 mg), également pour 5 ans
- Jaydess : le plus petit et moins dosé (13,5 mg), efficace 3 ans
Kyleena : un choix pour les nullipares ?
Kyleena® est un SIU efficace pour une durée de cinq ans qui délivre dans l’utérus 12,6 microgrammes/24 heures durant la 1ère année de lévonoregestrel). Grâce au gradient endomètre-sérum, l’exposition systémique est faible. Kyleena® a été approuvé sur la base d’une étude randomisée de Phase III menée dans 11 pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine incluant 574 femmes nullipares et 878 femmes ayant eu des enfants. Le dispositif a démontré son efficacité et sa tolérance dans ces deux groupes, quels que soit l’âge des femmes et leur parité.
Bayer annonce aujourd’hui la mise à disposition de Kyleena® 19,5 mg, un nouveau système de diffusion intra-utérin (SIU) libérant une faible quantité totale de lévonorgestrel (LNG). Kyleena® est un système intra-utérin en forme de T de 28 mm X 30 mm, en plastique mou et flexible. Le tube d’insertion de Kyleena® est étroit (3,8 mm de diamètre) et facilite ainsi l’insertion. Dans les essais cliniques, ceux-ci considéraient qu’un diamètre de tube d’insertion de 3,8 mm rendait la pause facile chez 9 femmes sur 10.
Avantages de Kyleena
- Efficacité contraceptive : Kyleena est efficace pour une durée de cinq ans.
- Faible dose d'hormones : Kyleena libère une faible quantité de lévonorgestrel, ce qui peut réduire les effets secondaires hormonaux.
- Adapté aux nullipares : Des études ont démontré son efficacité et sa tolérance chez les femmes nullipares.
- Retour rapide à la fertilité : Après son retrait, les femmes ont retrouvé une fertilité normale. 71,2% de celles qui le souhaitaient, ont pu être enceintes dans les 12 mois suivant le retrait.
- Facilité d'insertion : Le tube d'insertion étroit facilite la pose.
Inconvénients potentiels
- Effets secondaires : Comme tout dispositif médical, Kyleena peut provoquer des effets secondaires, notamment des cycles menstruels irréguliers et des pertes vaginales durant les six premiers mois, de l'acné, des nausées, des maux de tête, une sensibilité mammaire voire des kystes ovariens bénins.
- Douleur à la pose : La pose peut être douloureuse pour certaines femmes, en particulier les nullipares.
- Modifications des règles : Le progestatif peut être mal supporté par certaines patientes et peut entraîner une diminution de l'importance ou de la durée des règles.
Pose du stérilet : ce qu'il faut savoir
Idéalement, la patiente doit consulter un médecin (gynécologue ou médecin généraliste habitué à la pose de stérilet) ou une sage femme, afin de recevoir une information complète et prendre une décision éclairée. "Beaucoup d'explications sont nécessaires. La femme doit connaître les désagréments éventuels pendant et suivant la pose du stérilet, comme les petites douleurs.
Préparation à la pose
- Faire les tests de dépistage des infections à chlamydia et à gonocoque : ils peuvent être réalisés en autotest, et sont proposés avant la pose du stérilet.
- La pose du stérilet se fait de préférence en fin des règles, pour réduire l'inconfort de la patiente et s'assurer de l'absence de grossesse. En plus, le passage dans le col de l'utérus est plus facile à cette période. En urgence post-coïtale, il est possible de poser un stérilet quelque soit la période du cycle.
Déroulement de la pose
- La patiente s'allonge, en position gynécologique, les pieds dans les étriers.
- Le professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme) insère le dispositif dans l'utérus.
Douleur et malaise après la pose
Les douleurs lors de l'insertion d'un stérilet semblent plus importantes chez une femme nullipare, bien qu'elles restent majoritairement tolérable. La douleur dépend de chaque femme. C'est pourquoi il est toujours possible pour le médecin ou la sage femme de prescrire des antalgiques et/ou des anti spasmodiques à prendre avant la pose du stérilet. La patiente reste libre de les prendre ou pas avant son rendez-vous", précise notre interlocutrice. Il s'agit d'ailleurs d'une recommandation de la HAS : "l'administration d'antalgiques avant la pose peut être proposée, notamment chez une femme nullipare dans la mesure où son risque de douleur est décrit comme plus élevé que chez la femme multipare."
Un petit malaise après la pose peut survenir. La patiente est pâle, transpire, elle a besoin d'air frais. Le stérilet est un corps étranger et son insertion peut être vécue comme un petit choc par l'organisme. À ce propos, de nombreuses patientes disent qu'elles n'ont pas été assez prévenues. La communication entre le professionnel de santé et la patiente est primordiale, au risque de se répéter.
Lire aussi: Fertilité Après Retrait du Stérilet Kyleena
Suivi après la pose
La surveillance et le suivi de la pose sont très importants. La patiente doit revenir pour vérifier que le stérilet est bien dans la cavité utérine, même si elle se sent à l'aise au quotidien.
Effets secondaires et risques potentiels
Comme pour tout dispositif médical, ces stérilets peuvent provoquer des effets secondaires, notamment des cycles menstruels irréguliers et des pertes vaginales durant les six premiers mois, de l'acné, des nausées, des maux de tête, une sensibilité mammaire voire des kystes ovariens bénins.
Effets indésirables liés à l'insertion
Les effets indésirables sont d'abord liés à l'insertion du stérilet : douleurs, contractions utérines et saignements. Il existe des risques d'expulsion et donc une possibilité de devenir enceinte. La perforation utérine est également un risque exceptionnel pendant la pose d'un DIU, tout comme la grossesse intra ou extra-utérine, même si elle est rare.
Effets sur le cycle menstruel
Des crampes dans le bas-ventre peuvent survenir, tout comme des ménorragies (règles plus abondantes et plus longues) suite à la pose d'un stérilet non hormonal ainsi que des troubles du cycle après la pose d'un stérilet hormonal. Le progestatif du stérilet hormonal peut être mal supporté par la patiente. Chez certaines, de l'acné peut apparaître, quand d'autres peuvent avoir une baisse de la libido ou un sommeil de moins bonne qualité. Quant au stérilet au cuivre, il augmente les règles en durée et en intensité. Il y a également un risque de spotting (saignement en dehors des règles).
Risque d'infection
Chez la femme nullipare et celle ayant déjà accouché d'ailleurs, nous craignons l'infection des voies génitales hautes, appelées salpingite.
Lire aussi: Conditions de déduction fiscale
Mythes et réalités sur les risques
De nombreuses idées reçues circulent sur les stérilets. Faisons le point sur quelques-unes :
- "Le stérilet peut migrer dans l'abdomen" : Extrêmement rare (0,001 %). La perforation utérine survient presque exclusivement lors de la pose.
- "Le stérilet rend stérile" : Faux. La fertilité revient immédiatement après le retrait.
- "Le stérilet hormonal provoque un cancer" : Au contraire, il pourrait réduire le risque de cancer de l'endomètre. Pas d'augmentation du risque de cancer du sein.
- "On ne peut pas utiliser de tampons avec un stérilet" : Totalement faux. Tampons, coupes menstruelles et protections périodiques sont compatibles.
Témoignages et expériences de patientes
Expériences avec Kyleena
Sarah, 30 ans : « J’ai opté pour Kyleena après avoir souffert pendant des années de règles douloureuses. Le changement a été radical ! Mes règles sont maintenant très légères, presque inexistantes. Plus de douleurs, plus d’anémie. Pour moi, c’est une véritable libération ».
Ophélie, 24 ans : Je craignais la pose du Mirena, surtout qu’on me disait que c’était plus difficile sans avoir eu d’enfant. Finalement, la douleur a été supportable, comme des crampes menstruelles intenses, mais brèves. Après six mois, je n’ai plus de règles du tout, ce qui est très pratique pour mon mode de vie actif ».
tags: #kyleena #stérilet #nullipare #avis
