Kyan Khojandi, figure incontournable du paysage audiovisuel français, s'est fait connaître grâce à sa série culte "Bref". Mais qui est vraiment cet homme discret, dont l'humour résonne avec tant de justesse auprès du public ? Plongeons dans son enfance, ses influences et les événements marquants qui ont façonné son parcours.
Une enfance rémoise entre chaos et ouverture
Kyan Khojandi est né et a grandi à Reims. Il décrit son enfance comme ayant été vécue dans une forme de chaos permanent : « J’ai grandi dans une forme de chaos permanent, dix personnes arrivaient d’un coup à la maison, on posait des matelas partout… ». Cette atmosphère particulière lui a permis de fréquenter des personnes de milieux différents, enrichissant ainsi ses perspectives et alimentant sa créativité.
Son père, géologue iranien, a fui la révolution islamique pour s'installer en France. Sa mère, d'origine picarde, est juriste et s'engage pour la défense des droits de l'homme. Elle est présidente déléguée de la Ligue des droits de l'homme en Champagne-Ardenne et s'adonne également au théâtre. Kyan a grandi dans un milieu modeste, où sa mère était parfois au chômage et son père en Iran. Il a perdu son père en 2019.
L'empreinte de la musique et du cinéma américain
Parallèlement à sa scolarité, Kyan étudie l'alto au conservatoire de Reims pendant quinze ans. Il possède l'oreille absolue et considère la musique comme un moyen d'exprimer son rapport à l'image, à l'ego et à la mise en scène de soi. Parmi ses collègues au conservatoire figure Jeanne Added, avec qui il a joué le "Requiem" de Mozart à l'Exposition universelle de Hanovre en 2000.
Kyan Khojandi est également un passionné de cinéma américain, notamment des films des années 1990 tels que "The Game", "Magnolia", "Pulp Fiction" et "Usual Suspects". Ces œuvres ont influencé la structure narrative de ses spectacles et scénarios, caractérisés par des histoires enchâssées, des flash-back, des ralentis et des digressions.
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De l'ennui créatif à "Bref", le tremplin vers le succès
Après une licence de droit, Kyan Khojandi s'installe à Paris et suit les Cours Simon. C'est une révélation : « c’est pour ça que je veux me lever tous les matins ». Il abandonne le droit en 2003 pour se consacrer pleinement au théâtre. Pour acquérir de l'expérience, il s'inscrit à toutes les scènes ouvertes de Paris. C'est à cette époque qu'il rencontre Bruno Muschio, alias Navo, avec qui il écrira plus tard la série "Bref".
Pendant ses années d'apprentissage, Kyan travaille notamment dans le magasin de décoration de son père. L'ennui qu'il y ressent lui permet de développer ses compétences en montage vidéo sur ordinateur. Il crée ainsi des "short comedies", dont "Bref", qui comptent parfois jusqu'à 130 plans en 90 secondes.
"Bref" est née d'une idée simple : faire une série entre potes qui comporte toutes leurs meilleures vannes, le tout en mode « rapid speech » pour la musicalité ! À la sortie du premier épisode, Kyan et Bruno sont contactés par Canal+ qui signe pour quarante épisodes diffusés dans l’émission Le Grand Journal. Le succès est immédiat, le public est conquis et en redemande !
L'ascension d'un artiste aux multiples facettes
Le succès de "Bref" propulse Kyan Khojandi sur le devant de la scène. Il est sollicité par des réalisateurs et joue dans plusieurs longs-métrages, notamment dans les films de Cédric Klapisch, Albert Dupontel, Alain Chabat et Lisa Azuelos.
Parallèlement à sa carrière d'acteur, Kyan continue d'écrire et de jouer ses one-man-shows sur scène. Ses spectacles, tels que "La Bande-annonce de ma vie" et "Une bonne soirée", témoignent de son humour singulier et de sa capacité à aborder des thèmes universels avec sincérité et sensibilité. Florence Foresti l'invite même sur scène à Bercy, une consécration pour l'humoriste.
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"Bref.2" : un retour attendu et réussi
Après plusieurs années d'absence, Kyan Khojandi a surpris son public en annonçant le retour de "Bref" avec une suite intitulée "Bref.2". La série, diffusée sur Disney+, aborde des thèmes plus matures tels que la quarantaine, les ruptures, le deuil et la renaissance.
Kyan Khojandi et Bruno Muschio ont écrit "Bref.2" avec une grande liberté, en s'inspirant de leurs propres expériences et de leurs observations du monde qui les entoure. Ils ont également fait appel à de nombreux amis et collaborateurs, tels que Laura Felpin, Baptiste Lecaplain, Bérengère Krief et Jean-Paul Rouve, pour donner vie à cette nouvelle saison.
Une enfance difficile marquée par la dépression paternelle
Kyan Khojandi s'est confié à plusieurs reprises sur son enfance difficile, marquée par la dépression de son père. Après avoir fui l'Iran, le père de Kyan Khojandi s'installe en France, mais il n'y trouve pas l'accueil espéré. Cette réalité teintée de racisme et d'isolement social le plonge dans une longue dépression.
Kyan Khojandi a grandi avec un père absent, qui passait ses journées sur le canapé. Il a également été confronté à la souffrance de son père et à la difficulté de vivre avec une personne dépressive. Malgré cette situation difficile, Kyan Khojandi garde de beaux souvenirs de son père, notamment son sens de l'humour et sa capacité à raconter des histoires.
Un artiste engagé et bienveillant
Kyan Khojandi est un artiste engagé et bienveillant, qui n'hésite pas à aborder des sujets sensibles tels que la dépression, le deuil et les inégalités sociales dans ses spectacles et ses interviews. Il est également très proche de son public et se montre toujours disponible pour échanger et partager ses expériences.
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Son parcours atypique, son humour singulier et sa sensibilité font de Kyan Khojandi un artiste attachant et inspirant, qui continue de surprendre et d'émouvoir son public.
Vie privée
On sait que Kyan Khojandi est marié à l'actrice, metteuse en scène et professeure au Cours Simon Christine Giua, mais il ne dévoile que peu de choses sur leur histoire d'amour. Si ce n'est qu'il lui doit la mise en scène de l'un de ses one man shows, La bande-annonce de ma vie. "J'ai rencontré ma femme sur Tinder", avait tout de même confié le principal intéressé au journaliste David Castello-Lopes. Kyan Khojandi est d'ailleurs un grand romantique. "Même après trois ruptures, je crois encore à la femme de ma vie. C'est beau l'amour parce que tu replonges, une fois tu n'y crois plus et après tu y crois de nouveau. Maintenant, je me suis marié et j'ai trouvé la femme parfaite. Et à lui de préciser : "J'ai rencontré une femme extraordinaire et c'est pour la vie. J'y crois à ce sentiment de c'est pour la vie. On s'est dit oui et pour la première fois de ma vie, je suis rentré chez moi. Je suis chez moi, avec elle. Je me suis guéri tout seul avant d'avoir rencontré quelqu'un.
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