Introduction

Judy Warren, fille des célèbres démonologues Ed et Lorraine Warren, a grandi dans un monde à la fois fascinant et terrifiant. Son enfance, marquée par les enquêtes paranormales de ses parents, a été source d'histoires captivantes et d'événements troublants. Cet article explore la vie de Judy Warren, de son enfance à son rôle actuel dans la préservation de l'héritage de ses parents.

Une enfance hors du commun

Née le 6 juillet 1950, Judy Warren a passé la majeure partie de son enfance à Bridgeport, dans le Connecticut, où elle vivait avec sa grand-mère, Georgiana. Ses parents, Ed et Lorraine Warren, voyageaient souvent à travers le pays pour enquêter sur des phénomènes paranormaux, ce qui les rendait peu présents dans sa vie quotidienne. Georgiana a fait de son mieux pour prendre soin de Judy Warren, car ses parents voyageaient souvent à travers le pays et étaient absents de sa vie.

En grandissant, elle a étudié dans une école catholique et a mentionné plus tard que les gens n’avaient aucune idée de ce que Ed et Lorraine Warren faisaient pour gagner leur vie. Même si Ed et Lorraine étaient peu présents dans la vie de Judy Warren, cela n’a pas affecté sa relation avec ses parents.

Judy Warren, devenue adulte et ayant désormais le nom de Judy Spera, l'explique dans une vidéo : "Mon père me disait de ne jamais entrer dans le bureau (où étaient rangés les objets possédés). J'avais peur d'y entrer… " commente-t-elle. "Il y avait quelque chose de fascinant autour de cette poupée assise dans cette boite transparente. On avait parfois l'impression de voir ses membres bouger. Elle est censée être une simple poupée qu'adorent les petites filles, mais ce n'est pas du tout le cas. Je l'ai vue pendant de nombreuses années et j'en suis venue à en être terrifiée….Mes parents me disaient toujours de l'ignorer, de ne pas la regarder dans les yeux et j'ai toujours réussi à l'éviter…"

La rencontre avec Tony Spera et l'héritage Warren

Les choses changent lorsque Judy Warren rencontre Tony Spera en 1971. Tony, qui était officier de police à l’époque, a tout de suite sympathisé avec Judy, qui l’a même invité à l’une des conférences de ses parents. Il est intéressant de noter que Judy Warren a mentionné que l’enthousiasme de ses parents pour l’occultisme lui a toujours échappé et qu’elle a longtemps eu peur d’entrer dans le musée. Tony, quant à lui, semblait extrêmement intéressé par les enquêtes sur le paranormal, et des rapports affirment qu’Ed et Lorraine eux-mêmes lui ont montré les ficelles du métier.

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Lorsque Lorraine est décédée le 18 avril 2019, Tony Spera travaillait déjà comme enquêteur paranormal. En revanche, Judy Warren ne s’est jamais intéressée à l’occultisme et a découvert sa vocation ailleurs. Aujourd’hui, Judy Warren porte le nom de famille de Spera et réside à Monroe, dans le Connecticut, avec son mari. Aujourd’hui, le couple est désormais fier d’être parents et grands-parents. Ensemble, le couple s’occupe du musée occulte et, bien que Judy ait toujours peur du surnaturel, elle ne supporte pas que Ed et Lorraine soient critiqués !

L'impact de la célébrité des Warren

La renommée de ses parents a eu un impact significatif sur la vie de Judy Warren. Après la sortie de « The Conjuring » en 2013, leur vie est devenue difficile car des étrangers frappaient régulièrement à leur porte. Judy a même remarqué des voitures étranges garées devant leur maison, et une plainte pour violation du zonage a été déposée contre le musée, ce qui a entraîné sa fermeture.

Elle campe Judy Warren, fille du couple de célèbres enquêteurs du paranormal. Avant cela, la comédienne est à nouveau plongée au coeur d'une maison hantée dans Amityville Awakening, film d'épouvante s'inspirant librement de la célèbre affaire d'Amityville.

Les affaires les plus célèbres des Warren

Ed et Lorraine Warren ont acquis une renommée considérable en tant qu’enquêteurs et chercheurs dans le domaine du paranormal, affirmant avoir travaillé sur plus de 10 000 cas à eux deux. Leurs œuvres notables, telles que « The Conjuring », « Annabelle » et « The Amityville Horror », ont permis de faire connaître leurs enquêtes à un public plus large. Ils donnent souvent des conférences dans les universités, partageant les derniers résultats de leurs recherches et présentant des études de cas issues des enquêtes de Lorraine. Lorraine a souvent utilisé ses dons de voyance dans le cadre de ses activités, tandis qu’Ed était largement respecté en tant que démonologue religieux.

Voici quelques-unes de leurs affaires les plus célèbres :

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  • La maison hantée d’Amityville : Le 13 novembre 1974, Ronald DeFeo Jr. assassinait six membres de sa famille : ses parents, et ses quatre frères et sœurs. Il faudra pas moins d’un an pour que la maison du drame trouve de preneur. Les nouveaux habitants, George Lutz, Kathy Lutz et leurs trois enfants, n’y restèrent que 28 jours. Terrifiés par les phénomènes paranormaux qui s’y produisaient, ils avaient fait appel au couple Warren. Sur place, les époux Ed et Lorraine ont été témoins de voix étranges, de bruits assourdissants et de nuages d’insectes surgissants de nulle part. Lors d’une interview accordée à Yahoo, en 2013, la médium avait confié que cette affaire était de loin la pire qu’elle ait jamais eu à vivre.
  • L’effrayante Annabelle : Acheter des objets vintage et de seconde-main est rarement une mauvaise idée. Sauf, peut-être, lorsqu’il s’agit d’une poupée maléfique. Deux colocataires américaines l’ont malheureusement appris à leur dépends, en rapportant chez elle une vieille Raggedy Ann. Rapidement, elles se sont rendues compte que ce qu’elles pensaient être un objet innocent était en réalité possédé par un l’esprit maléfique d’une petite fille de sept ans : Annabelle Higgins. Sur place, les époux Warren ont béni l’appartement, avant d’emporter la poupée. Celle-ci repose encore aujourd’hui dans le musée de l’occulte, installé derrière la maison de Lorraine Warren. Cette dernière préférait d'ailleurs ne pas la regarder dans les yeux, de peur d'être hantée à son tour.
  • L’affaire poltergeist : Direction Londres pour l’un des cas les plus controversés de toute la carrière des Warren. En 1977, le couple s’envola vers la banlieue londonienne pour régler une affaire de poltergeist - définit par le Larousse comme « un phénomène paranormal spontané et répétitif, se manifestant par des déplacements ou lévitations d’objets, par des coups, etc. » Convaincus qu’une petite fille était bel et bien possédée par le démon, les époux ont dû faire face à la critique, persuadée que tout ceci n’était en réalité que la farce d'une enfant qui avait besoin d’attention.
  • La famille Perron : Tout a commencé en 1736, lorsqu’une certaine Bathsheba Thayer emménagea avec ses quatre enfants dans une grande maison d’Harrisville, à Rhode Island. Considérée comme une sataniste par les habitants de la ville, elle aurait assassiné trois de ses marmots avant de se pendre au fond de son jardin de 200 hectares. Bien des années plus tard, Roger et Carolyn Perron s’y installèrent, avec leur cinq filles. Sans, évidemment, connaître le passé de leur nouveau home sweet home. Rapidement, un esprit prit possession des lieux - les rumeurs veulent que ce soit celui de l'ancienne propriétaire. Celle-ci s’en prenait le plus souvent à la mère de famille, au point que cette dernière décida d’appeler les Warren. Malheureusement, leur présence ne fit qu’aggraver la situation. Le couple a par la suite été prié de quitter les lieux, sans avoir pu résoudre le problème.
  • L'homme loup-garou : Enfant, Bill Ramsey était un garçon comme les autres. Il aura fallu attendre qu’il souffle ses neuf bougies pour qu’il commence à manifester un étrange comportement. Adulte, il expliquera être posséder par un démon loup-garou. Une fois marié, il fera face à d’innombrable cauchemars, et développera des comportements inhumains. Après avoir attaqué l’un de ses amis dans une voiture, il sera interné pendant plusieurs années dans un hôpital psychiatrique. Les Warren, qui avaient eu vent de l’affaire, se rendirent à Essex, en Angleterre, accompagnés d’un prêtre. C’est là qu’ils pratiquèrent un exorcisme.

Judy Warren aujourd'hui

Aujourd'hui, Judy Warren porte le nom de famille de Spera et réside à Monroe, dans le Connecticut, avec son mari, Tony Spera. Le couple est fier d'être parents et grands-parents. Ensemble, ils s'occupent du musée occulte, préservant l'héritage de Ed et Lorraine Warren. Bien que Judy ait toujours peur du surnaturel, elle ne supporte pas que ses parents soient critiqués.

La célébrité et ses conséquences psychologiques

À première vue célébrité peut rimer avec futilité, actualité « people », évoquant un monde superficiel, artificiel et sans intérêt clinique particulier. Pourtant, pas une semaine ne se passe sans que des célébrités ne fassent la une des journaux, à l’occasion de comportements transgressifs, dangereux, de suicide ou d’accidents, d’addictions ou de décès précoce… Le clinicien s’interroge alors : comment comprendre la prédominance de la destructivité chez ces personnes adulées, riches, enviées, à qui tout semble réussir ?

Peut-être avez-vous entendu parler du « club des 27 », terme un peu cynique pour désigner le groupe de jeunes artistes morts brutalement à 27 ans : Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain etc…, et plus récemment Amy Winehouse. Les causes des décès sont essentiellement overdoses et accidents sous l’emprise de stupéfiants et d’alcool. C’est frappant et ça questionne… Pourquoi ?

En effet, une étude récente s’est attachée à calculer la survie des 100 artistes ayant commis les 1000 albums les plus renommés de tous les temps : d’Elvis Presley en 1956 à Eminem en 1999, et un chiffre est sorti, précis et implacable : 1,7. Si les relations entre création artistique, folie, drogues ont fait l’objet de nombreuses publications, la célébrité et ses conséquences psychologiques et identitaires ont été peu étudiées. La célébrité est par contre depuis longtemps un objet d’étude sociologique dans les pays anglo-saxons, au sein du courant des « Cultural Study ».

Il apparait que la célébrité s’inscrit dans une histoire, une trajectoire de vie. La présente conférence est issue d’un essai écrit avec Éric Corbobesse [Muldworf L. et Corbobesse E. (2011), Succès damné. Pour certains artistes, la célébrité va leur tomber dessus, les envahir et ils la subiront comme un mal nécessaire. Ce fut le cas de Jean-Jacques Rousseau. On l’appelle « Jean-Jacques », on veut à tout prix le voir… À partir de 1760, il vit cette notoriété comme un fardeau. Il parle de la « funeste célébrité », de la « célébrité des malheurs ».

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Pour bien d’autres, la célébrité est voulue, recherchée absolument. Le narcissisme est en quelque sorte la fondation du psychisme. Il est ce socle premier, permettant à l’enfant de se vivre comme unifié, évoluant dans une continuité, et sur lequel se bâtiront relations et expériences futures. Il est la base de notre sentiment d’identité. On sait depuis Freud et Winnicott que le narcissisme est avant tout issu de l’amour des parents, et singulièrement du visage et du regard de la mère. Le visage et le regard de la mère sont pour le petit enfant comme un miroir disait D.W. Winnicott. En d’autres termes l’enfant se sent exister parce que sa mère le voit, l’admire, le lui dit et le lui montre. Les repères parentaux positifs sont intériorisés, et deviennent des objets internes, stables et bienveillants, au plus profond de soi. Ces objets internes positifs, soutiendront le sujet, par la suite, quand il sera confronté aux échecs, au malheur, à la solitude. Ces blessures narcissiques seront surmontées grâce aux bons objets internes intériorisés, convoqués dans ces circonstances et qui aident à maintenir une confiance suffisante en sa propre valeur.

Quant à l’identité, c’est un terme qui vient de la psychologie sociale, d’utilisation récente en psychanalyse et qui comporte trois dimensions : physique, psychique et groupale. L’identité est d’abord physique, par la présence du corps sexué, son capital génétique, sa beauté ou pas ; ce corps est à s’approprier, à habiter, par ses expériences personnelles et ses relations aux autres. L’identité est aussi psychique, car le sentiment d’identité comprend une notion d’unité personnelle (je suis un être unique) et de continuité temporelle ; c’est dans cette dimension psychique de l’identité que s’inscrit l’image de soi, le narcissisme, fruit de son histoire affective personnelle et de ses identifications. Enfin, l’identité a une dimension groupale : l’axe vertical de la filiation et le nom que l’on porte, et plus largement, l’axe horizontal des liens d’affiliation et des sentiments d’appartenance, qu’ils soient culturels, religieux ou professionnels. Or l’identité de la star, de la personne célèbre, va inévitablement subir des déformations. Patrick Dewaere disait : « moi, on m’a trouvé dans une poubelle… », résumant ainsi sa biographie !

Si chacun a son parcours vers la célébrité, on est frappé par la répétition de certains événements de vie qui jalonnent la biographie des stars. Les carences parentales, des deuils précoces, et des traumatismes affectifs y sont surreprésentés. Or, on sait que les situations de traumatismes, de deuils, d’abandons survenus trop tôt, vont laisser des failles, des fragilités narcissiques durables : peur de ne pas être aimé, ou d’être abandonné. On peut citer rapidement et en vrac, le cas de Steve McQueen, dont le père pilote d’avion, a disparu à sa naissance, que sa mère abandonna et qui fut élevé par un oncle. Quand il a 12 ans, sa mère veut le reprendre et commence alors pour lui, une période de fugues, d’errance, de prédélinquance et qui se termine par son engagement dans la marine. Il commente sobrement tout cela en disant : « ma vie a été bousillée dès le début ». Exemplaire aussi est l’enfance de Marilyn Monroe (née Norman Jean), marquée par une succession de traumatismes affectifs. Les 50 biographies qui lui sont consacrées décrivent les dépressions, les errances et les ivresses de sa mère Gladys. La petite Norma sera placée tantôt chez des amis, de la famille, puis à l’orphelinat. Elle a 8 ans lors de l’internement final de sa mère et elle n’est alors qu’une fillette maigrichonne, bègue, plongée dans l’hébétude. Et personne n’y fait attention. John Lennon, élevé par son oncle et sa tante, éloigné de son père, perd sa mère à l’âge de 18 ans. Celle de Paul McCartney est morte quand il a 14 ans. Du coté des abandons, on peut citer le père de Romy Schneider qui part avec une partenaire quand la fillette a 4 ans ou le père Sofia Loren qui part à sa naissance.

Un deuil précoce représente un traumatisme psychique qui non seulement prive d’un apport affectif majeur, et d’un modèle essentiel d’identification ; mais ce trauma peut aussi s’accompagner d’un sentiment de culpabilité dit culpabilité du « survivant » : « pourquoi moi suis-je en vie ? ». Le manque d’un père, celui qui accompagne le sujet dans sa découverte du monde extérieur, celui qui donne son nom et inscrit le sujet dans la succession des générations, ce manque-là peut se faire sentir tout le long d’une vie. C’est ce que racontait Johnny Hallyday, 60 ans plus tard, à l’occasion d’une hospitalisation et d’un état confusionnel : « Le médecin m’a raconté que j’avais appelé mon père toute la nuit. Papa, vient me chercher, Papa…, c’est étonnant. Il m’a laissé tomber quand j’avais 6 mois. Pourquoi dans mon délire ai-je appelé mon père ? Nathalie Wood ne sait pas qui est son véritable père et Gary Grant ne sait pas qui est sa véritable mère. L’acteur Patrick Dewaere nous en fournit aussi un exemple émouvant. Il découvre fortuitement, à l’âge de 16 ans, en surprenant une conversation, que l’homme dont il porte le nom n’est pas son vrai père. Pour cet adolescent, les repères et les certitudes s’effondrent, et son identité vacille. Chez ce comédien qui jouera des « paumés » plus vrais que nature, son art s’est toujours doublé d’une quête d’identité. Jack Nicholson apprendra lui, à 37 ans, que ses parents sont en fait ses grands-parents et que Jane, qui passait pour être sa sœur, était en fait sa mère. Il déclarera avec humour, « je fais partie des bâtards et je crois bien que du sang royal coule dans mes veines ! ». Ce raccourci exprime son sentiment de dévalorisation qu’il déguise en mégalomanie, par le jeu et l’imaginaire. Ses extravagances, son comportement de séducteur effréné et ses excès d’alcool et de drogues sont bien connues.

Concernant les liens entre secrets de famille et création, c’est un sujet vaste qui mérite à lui seul un séminaire ; juste quelques mots… Des écrivains connus sont le fruit de secrets autour de leur naissance : Maupassant, Hergé, Aragon, dans des styles littéraires bien différents. Sur ce sujet on peut lire les textes de Serge Tisseron, entre autres. Pour Freud, le secret va produire une stimulation de la curiosité intellectuelle. Brando, James Dean, Jack Nicholson, se tourneront vers le théâtre pour exprimer et combattre leur mal-être. C’est la voie artistique qui leur permet dans un premier temps une certaine sublimation de leurs angoisses existentielles, c’est-à-dire une transformation de cette angoisse en quelque chose de positif. Pour d’autres, les mots revanche et reconnaissance collent bien à leur histoire. Revanche sur la vie, l’abandon, la pauvreté. La quête de célébrité accompagne alors le désir de reconnaissance sociale et de richesse. C’est ce qu’exhibent les rappeurs dans les clips : des kilos d’or, des grosses voitures et des filles à leurs pieds… images toute puissance et de consommation à outrance. C’est cette double impression de « non-vie », de no-life et de no futur que veulent fuir les milliers de candidats de la téléréalité. La plupart d’entre eux viennent de milieu peu favorisé, et ont des difficultés d’insertion sociale. Ils veulent tenter leur chance à tout prix et sont en guerre contre l’anonymat.

Le psychanalyste américain Heinz Kohut décrit très bien le devenir du sujet luttant contre une faille narcissique, c’est-à-dire contre un sentiment permanent d’impuissance ; celui-ci est dénié par le développement d’un « soi grandiose ». Il s’agit d’une personnalité narcissique avec un besoin extrême d’être admiré et de dominer. Dans une sorte de processus imaginaire d’auto-engendrement, l’anonyme devenu célèbre va enfanter d’un double qu’il va chérir. Dès le début de la notoriété, les limites vont commencer à s’effacer. La montée vers la célébrité n’est pas lente et progressive, mais se fait par brusques coups d’accélérateur. La célébrité a gommé les conflits et plus personne n’ose dire non à la star. Les limites tombent une à une : attendre, faire la queue, se voir refuser quelque chose parce que c’est complet, ou qu’il n’y en a plus ou que c’est trop cher… tout ça n’existe plus ! Les refus deviennent une agression face au sentiment d’omnipotence. C’est le syndrome de la grosse tête qui est fait de mégalomanie et d’arrogance. La star croit s’élever, en fait elle régresse à l’état de nourrisson capricieux qui veut tout et tout de suite. Gene Simmons, le bassiste du groupe Kiss, se vante du nombre de femmes qu’il a conquis pendant les tournées du groupe. Il en annonce 5000, et c’est loin du score que s’attribue Warren Beatty avec 10 000 conquêtes ! Julio Iglésias parle de son addiction au sexe, « je ne pouvais pas monter sur scène si je ne faisais pas l’amour avant ; et je voulais terminer le concert rapidement car je savais qu’une femme nue m’attendait dans ma loge… ». L’argent afflue et devient rapidement incomptable et la toute-puissance devient aussi financière. Cette toute-puissance s’accompagne d’une surestimation extrême de soi avec un recul croissant du principe de réalité. Le monde de la névrose s’est effacé, celui de l’interdit, des limites, de la frustration et de la Loi. Les caprices s’inscrivent dans ce fonctionnement : Madonna exige dans les suites qu’elle loue l’installation d’une salle de sport et un siège neuf dans les toilettes, qui doit être scellé sous l’inspection de son équipe. Citons encore Mariah Carey qui parait souffrir d’une addiction à sa propre image et demande à réserver non pas une suite mais un étage entier dans les palaces ou elle va, et exige que tous les écrans géants de télévision ne diffusent en boucle que ses clips, et les magazines où apparaissent d’autres stars qu’elle, sont bannis !

Mais si tous les souhaits, tous les fantasmes peuvent se réaliser, que devient le désir ? Convoquons une star française de la psychanalyse, Jacques Lacan. Pour lui, le désir est indissociablement lié au manque et à l’objet perdu, au paradis perdu de l’unité primaire avec la mère. Pour Lacan, le manque est au cœur de l’être, qu’il nomme le « manque à être ». Quand tous les désirs sont comblés, advient le vide : c’est la perte du désir, car il n’y a plus rien à désirer, attendre ou à espérer. Olivenstein parlait d’un « manque du manque ».

Le cinéma et la musique font partie de l’industrie du divertissement, dont les enjeux commerciaux sont immenses. La star court le risque d’être réduite à l’état de produit à la valeur variable et volatile : « Bankable » un jour, « has been » le lendemain. De plus, les stars sont des pièges à désir, par leur charisme et leur beauté. Les plus « glamour » vendront leur image pour des produits de luxe, parfums ou bijoux, les autres, en fonction de leur notoriété, vanteront les mérites de boissons gazeuses, d’assurances ou de denrées alimentaires.

L’intimité et la pudeur sont des barrières qui délimitent notre identité et elles vont être attaquées en premier. Si on fait un petit détour anthropologique, durant son évolution, l’être humain, en passant du déplacement à 4 pattes à la position debout, a été amené à cacher ses parties intimes (appelées anciennement parties honteuses), et ses fonctions excrémentielles. Leur dévoilement inattendu, produit un affect violent de honte, face au regard des autres, qui est alors effractant et insoutenable. L’intimité est partie constituante de notre identité, grâce à la construction et à la protection d’un espace privé non-partageable avec les autres. Les émissions de téléréalité reposent sur une exploitation mercantile de l’intimité. Dans la première d’entre elles, Loft Story, un groupe de jeunes est filmé 24 heures sur 24 à l’aide de caméras installées partout, jusque dans les salles de bain et les toilettes. Ces jeunes en quête de notoriété et de reconnaissance, sont en fait instrumentalisés et subissent une situation de désubjectivation.

Le rapport au corps et à la nudité est au cœur de l’intime. La nudité du corps féminin est objet de fascination et de désir, et les actrices en parlent très différemment les unes des autres. Il y a des nudités puissantes et triomphantes, comme celle de Brigitte Bardot dans « Le mépris » et dans « Et Dieu créa la femme » ou celle d’Emmanuelle Béart qui parle de l’énergie volcanique dégagée par son corps nu. Mais il y a aussi des nudités destructrices, comme celle de Maria Schneider, jeune actrice de 20 ans au moment du tournage du « Dernier tango à Paris ». Elle sortira humiliée et traumatisée de la scène désormais célèbre d’une sodomie facilitée par une motte de beurre… Même s’il s’agit d’une scène mimée, en partie improvisée avec Marlon Brando, Maria Schneider n’avait ni la maturité ni la solidité pour se préserver et définir ses propres limites. Cela pose le problème de ce que les actrices sont prêtes à donner de leur intimité et à sacrifier de leur pudeur à un metteur en scène.

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