John Barry, de son vrai nom Jonathan Barry Prendergast, était bien plus qu'un simple compositeur de musiques de films. Né le 3 novembre 1933 à York, en Angleterre, et décédé le 30 janvier 2011 à New York, il fut un véritable créateur d'ambiances sonores, un artiste capable de donner une âme aux images. Sa mort, à l'âge de 77 ans, des suites d'une crise cardiaque, a laissé un vide immense dans le monde de la musique de film. Retour sur la vie d'un homme dont les compositions ont marqué plusieurs générations, mais aussi sur les drames personnels qui ont jalonné son existence.
Un talent précoce façonné par le jazz
Dès son plus jeune âge, John Barry est bercé par la musique. Sa mère, pianiste classique, lui donne ses premières leçons. Son père, exploitant de salles de cinéma, lui permet de découvrir les partitions qui accompagnent les films, une expérience qui le marque profondément. Adolescent, il maîtrise déjà la cabine de projection et nourrit une passion grandissante pour la composition.
Après des études de piano classique, il se tourne vers le jazz et apprend la trompette. Son service militaire à Chypre lui offre l'opportunité d'étudier les arrangements pour jazz par correspondance. De retour en Angleterre, il fonde son propre groupe, The John Barry Seven, qui connaît rapidement le succès.
C'est au début des années 1960 que sa carrière prend un tournant décisif. Il compose ses premières musiques de film, notamment pour L'Aguicheuse d'Edmond T. Gréville. Puis, en 1962, il est appelé à travailler sur James Bond contre Dr. No, le premier volet des aventures de l'agent 007.
L'empreinte indélébile de James Bond
La contribution de John Barry à la saga James Bond est inestimable. Il réarrange le thème original de Monty Norman, créant ainsi une identité sonore immédiatement reconnaissable. Sa musique, à la fois cuivrée et sensuelle, colle parfaitement à l'univers de l'espion britannique.
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Il composera au total onze partitions pour James Bond, parmi lesquelles Bons Baisers de Russie, Goldfinger, Opération Tonnerre, On ne vit que deux fois et Au service secret de Sa Majesté. Ces compositions sont devenues des classiques, des incontournables de la musique de film.
Mais John Barry ne se limite pas à James Bond. Il explore d'autres genres, d'autres univers, avec le même talent et la même passion.
Un compositeur éclectique et récompensé
Au cours de sa carrière, John Barry collabore avec les plus grands réalisateurs et compose pour des films très différents. On lui doit notamment les musiques de Zoulou, Ipcress : Danger immédiat, Le Knack… et comment l’avoir, La Poursuite impitoyable et Vivre libre.
En 1966, il reçoit l'Oscar de la meilleure musique et de la meilleure chanson pour Vivre libre, devenant ainsi le premier Britannique à remporter ces deux prix. D'autres récompenses suivront, dont cinq Oscars au total.
Les années 1970 sont marquées par une grande diversité dans ses projets. Il travaille sur des westerns (Monte Walsh), des films historiques (La Vallée perdue, Marie Stuart, Reine d’Écosse, La Rose et la Flèche), des films de guerre (Guerre et Passion), des films fantastiques (King Kong) et des films de science-fiction (Le Trou noir). Il continue également à composer pour James Bond, avec Les Diamants sont éternels, L’Homme au pistolet d’or et Moonraker.
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Les années 1980 : la consécration
C'est dans les années 1980 que le style de John Barry atteint sa pleine maturité. Ses compositions sont de plus en plus lyriques, de plus en plus romantiques. Il utilise les cordes avec une virtuosité inégalée, créant des mélodies inoubliables.
Parmi les partitions les plus marquantes de cette période, on peut citer Quelque part dans le temps, La Fièvre au corps, Hammett, Frances, Les Aventuriers du bout du monde, Peggy Sue s’est mariée et Mascarade.
En 1985, il compose la musique d'Out of Africa de Sydney Pollack, qui lui vaut un quatrième Oscar. Ce film est un triomphe, et la musique de John Barry contribue largement à son succès.
Les dernières années : un héritage musical immense
Après une pause forcée pour des raisons de santé, John Barry revient en 1990 avec Danse avec les loups de Kevin Costner, qui lui vaut son cinquième et dernier Oscar.
Dans les années 1990, il ralentit son rythme de travail, mais continue à composer pour des films tels que Chaplin, Proposition indécente, L’Expert, Les Amants du nouveau monde et Au cœur de la tourmente.
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Il consacre également du temps à enregistrer des compilations de ses plus grands succès et des albums de musique de concert.
En 2001, il compose Enigma, qui restera sa dernière partition pour le cinéma. Il se retire ensuite progressivement du monde de la musique, ne faisant que quelques apparitions publiques.
Une vie personnelle tumultueuse
La vie personnelle de John Barry a été marquée par plusieurs mariages et des drames familiaux. Il s'est marié quatre fois :
- Barbara Pickard (1959-1963), avec qui il a eu une fille, Suzanne.
- Jane Birkin (1965-1968), avec qui il a eu une fille, Kate.
- Jane Sidey (1969-1978).
- Laurie (à partir de 1978), avec qui il a eu un fils, JonPatrick.
Son mariage avec Jane Birkin, alors âgée de seulement 17 ans, a fait couler beaucoup d'encre. Le couple a eu une fille, Kate Barry, qui est devenue une photographe renommée. Leur union a été de courte durée, mais elle a marqué la vie de Jane Birkin, qui a toujours gardé un souvenir ému de son premier mari.
La mort de Kate Barry en 2013 a été un coup dur pour John Barry, qui était très proche de sa fille.
