L'évolution des structures familiales et des attitudes sociétales a conduit à une plus grande diversité dans la façon dont les gens forment des familles. Parmi ces évolutions, l'insémination gay (insémination artificielle utilisée par les hommes gays pour concevoir un enfant avec une mère porteuse ou une coparente) et la maternité solo (femmes choisissant d'avoir des enfants seules, souvent par procréation médicalement assistée (PMA)) sont devenues des sujets de plus en plus pertinents et discutés. Cet article vise à explorer ces réalités complexes, à examiner les motivations, les expériences et les défis auxquels sont confrontées les personnes qui choisissent ces voies vers la parentalité.
Rencontres en ligne et la recherche de l'autre
Les rencontres en ligne ont transformé la façon dont les gens se connectent et forment des relations. Raphaël, 31 ans, partage son expérience sur Meetic, où il s'est inscrit par curiosité et ennui. Il a découvert qu'il pouvait discuter avec des jeunes femmes et créer des histoires, ce qui lui permettait d'avoir une activité littéraire tout en échappant à son travail. Bien qu'il ait rencontré des personnes très différentes de lui, il a finalement trouvé l'amour avec une femme partageant des centres d'intérêt similaires.
Serge Tisseron souligne le paradoxe d'Internet, où l'on peut contacter des personnes très différentes de soi et finir par s'associer à un « alter ego ». Sur Internet, il est important de se mettre en valeur et de se rendre « remarquable » pour se faire remarquer. Cependant, il est facile de raconter de « belles histoires » qui ne sont pas tout à fait vraies, ce qui peut entraîner des quiproquos. Malgré ces défis, Internet peut être un outil puissant pour trouver des partenaires et former des relations significatives.
Mariage à l'église et engagement à vie
Le mariage à l'église reste une institution importante pour de nombreuses personnes, représentant un engagement à vie fondé sur la foi et des valeurs communes. Marie, 30 ans, a grandi dans la foi catholique et a toujours envisagé le mariage à l'église comme faisant partie de son projet de vie. Elle a épousé Yann pour des raisons rationnelles, car ils s'accordaient bien et partageaient des goûts et des intérêts communs.
Yann, 30 ans, considère le mariage comme un engagement pour la vie qui engage toute la vie. Il a choisi un métier compatible avec le fait d'être deux et accepte d'être façonné par l'autre. Bien qu'il y ait quelque chose d'inéluctable dans le mariage, il ne se projette pas trop dans l'avenir. Le mariage à l'église représente un engagement profond et durable, fondé sur des valeurs partagées et une foi commune.
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Nouvelles formes de relations : Trouples, sex-friends, cougars, coparents
Les normes traditionnelles des relations évoluent, donnant naissance à de nouvelles formes de relations telles que les trouples (relations à trois), les sex-friends, les cougars (femmes plus âgées ayant des relations avec des hommes plus jeunes) et les coparents. Ces relations réinventent la façon dont les gens se connectent et partagent leur vie, pliant la norme à leurs désirs.
L'article mentionne également l'expérience d'une personne rejoignant le club des amateurs de plans cul après deux ans d'abstinence sexuelle. Elle réactive son compte Meetic en jachère, mais se lasse rapidement des chats virtuels. Son ami Richard lui fait découvrir Grindr, une application de géolocalisation pour gays, qui lui permet de trouver des partenaires sexuels rapidement et facilement. Pour les hétéros ou les bis, il existe Blendr, bien que cette application n'ait pas encore le même succès que Grindr.
Relations à distance et non-monogamie
Les relations à distance (LDR) sont une autre forme relationnelle qui a été transformée par les compagnies low cost et Internet haut débit. Certains subissent ces relations, tandis que d'autres y trouvent un épanouissement. Cécile, 29 ans, voit son amoureux partir à Londres pour évoluer, et ils se voient seulement quatre jours tous les mois ou tous les deux mois. Elle envisage de le rejoindre, mais hésite à franchir le pas.
Silvia, ingénieure installée à Paris, entretient une LDR avec Pauline, artiste et musicienne installée à Berlin, depuis huit ans. La longévité de leur relation repose sur une grande qualité de communication et des règles de fonctionnement. Elles ont décidé que la fidélité ne serait pas le principe fondateur de leur relation et vivent une histoire non monogame dans laquelle l'autre occupe toujours la première place.
Cougar et la recherche de la jeunesse
Les cougars, ces femmes de plus de 40 ans qui cherchent des hommes d'au moins huit ans plus jeunes qu'elles, sont un autre exemple de la façon dont les normes traditionnelles des relations sont remises en question. Janine Boisselier, 59 ans, a été élue miss Cougar 2011 et fréquente depuis six mois un homme de 40 ans. Elle explique que les hommes de son âge parlent de retraite et de vacances, ce qui ne lui correspond pas, et que leur corps est moins attirant. Elle rencontre des hommes plus jeunes au hasard, principalement dans les cours de théâtre et à Paris.
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Amitié sexuelle et la complexité des sentiments
L'amitié sexuelle, fruit des années 70 et de la dissociation sexe/amour, se fonde sur le postulat qu'il est possible de partager n'importe quelle activité physique avec ses amis, alors pourquoi pas le sexe ? Marjorie, 28 ans, pratique l'amitié sexuelle depuis deux ans et demi et rappelle les règles de base : se respecter et ne pas mélanger les sphères. Elle aimerait aussi un mec qu'elle aime et qui l'aime, mais elle ne va pas rester sur son canapé à bader.
Sébastien, 33 ans, est plus dubitatif et pense qu'il y en a forcément un des deux qui finit par se brûler et souffrir de voir l'autre évoluer en toute liberté comme si de rien n'était. La relation finit quelquefois par ne pas résister à l'équation sexe + amitié = amour, comme dans le cas de Miriam et Medhi, qui se sont mariés et ont eu un bébé après trois ans de relation physique.
Coparentalité et le désir d'enfant contrarié
La coparentalité est la rencontre et l'alliance pragmatique de deux désirs d'enfant contrariés, celle des homos et des femmes célibataires proches de la quarantaine. Les couples homos représentent 30 % des inscrits sur Co-parents.fr, et les femmes hétéros 60 %. Charles et son compagnon ont acheté avec la maman et la comaman de leur petit Julien une maison mitoyenne.
Fanny, 37 ans, décide qu'elle n'a plus envie d'attendre le mec parfait qui lui fera un gamin et s'inscrit sur Co-parents.fr. Elle rencontre d'abord un couple d'hommes, mais l'asymétrie la trouble. Elle préfère un schéma classique : un papa, une maman. Elle rencontre Franck, homosexuel célibataire, et ils tombent d'accord sur la procédure d'insémination à l'aide d'une seringue achetée en pharmacie. À la naissance du petit Georges, ils prennent un appartement ensemble, mais les choses se compliquent lorsque Fanny se rend compte que Franck n'est branché ni course ni ménage.
Maternités solo assistées par PMA : profils et trajectoires
Les maternités solo, où les femmes choisissent d'avoir des enfants seules par PMA, sont de plus en plus courantes. Une étude menée en France a analysé les profils et les trajectoires de ces femmes, révélant des motivations et des expériences similaires. La plupart de ces femmes sont hétérosexuelles, issues des classes moyennes supérieures, et ont choisi cette voie car elles n'ont pas trouvé le partenaire souhaité pour fonder une famille traditionnelle.
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Ces PMA ont lieu le plus souvent autour de la quarantaine, reflétant l'attente du partenaire jusqu'aux dernières limites de la fertilité féminine. Cependant, certaines femmes envisagent de se lancer dans un projet solo à un âge plus jeune qu'auparavant, témoignant d'une évolution des représentations de la famille et de la parentalité.
Désir d'enfant viscéral et transgression des normes
La plupart des femmes interrogées ne s'imaginent pas une vie future sans enfant. Elles justifient leur choix et témoignent de leur caractère transgressif en ce qu'il déroge au modèle normatif de la parentalité et de la famille. Dans le même temps, elles montrent une intériorisation des normes de genre à travers l'injonction à la maternité. Certaines d'entre elles décrivent des « conjugalités chaotiques » qui ne leur ont pas permis de fonder une famille.
L'âge constitue souvent un élément déclencheur, mais la mise en œuvre de ce « plan B » est aujourd'hui envisagée à un âge plus jeune qu'auparavant. Certaines femmes considèrent la maternité solo comme la forme familiale choisie d'emblée, sans avoir nécessairement cherché un partenaire auparavant.
Témoignages d'enfants élevés par deux mamans
L'article mentionne également les témoignages d'enfants élevés par deux mamans, soulignant que ces enfants sont aussi heureux et bien adaptés que ceux élevés par des couples hétérosexuels. Cependant, il est important de noter que certaines études ont soulevé des questions sur les différences entre les enfants élevés dans différents types de familles.
Études et biais potentiels
L'article met en garde contre la simple invocation d'études pour justifier des positions sur les questions familiales, car les études sont soumises à de multiples biais possibles, tant dans la collecte de données que dans leur analyse. Il est également important de se montrer prudent sur toute notion de causalité.
De plus, il y a un biais à s'en remettre à la scientificité pour une question qui relève en dernier ressort de choix éthiques et anthropologiques, c'est-à-dire philosophiques. Les enjeux de la paternité comme de la maternité, comme de la notion de santé ou de bien-être, ne relèvent pas seulement du constat ; ils relèvent de l'éthique, c'est-à-dire du souci de la croissance de l'humain.
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