Vous désirez ardemment un enfant, et pourtant, mois après mois, le test de grossesse reste désespérément négatif. Vous vous demandez pourquoi, malgré une bonne santé apparente et des cycles réguliers, la grossesse ne se concrétise pas. Il est important de comprendre que la conception d'un enfant est un processus complexe influencé par de nombreux facteurs. Voici quelques pistes pour explorer les raisons possibles et les solutions envisageables.
Les bases de la fertilité : un rappel
Avant de s'alarmer, il est essentiel de rappeler quelques notions fondamentales sur la fertilité.
- La fécondité n'est pas une science exacte : Même en étant au top de votre fécondité (idéalement entre 25 et 30 ans), chaque cycle d'ovulation n'offre qu'environ 20 % de chances de grossesse. Il est donc normal que cela prenne du temps.
- Le délai "normal" : Il est considéré comme normal qu'un couple en bonne santé prenne jusqu'à un an pour concevoir un enfant, même si la femme a moins de 35 ans. Environ un tiers des couples en bonne santé conçoivent au cours du premier mois d'essai.
- L'âge compte : La fertilité féminine atteint son apogée dans la vingtaine, puis décline progressivement, surtout après 35 ans. L'âge de l'homme a également un impact, bien que moins marqué.
- La période d'ovulation est cruciale : La fécondation ne peut avoir lieu que pendant une courte période, environ 2 à 3 jours avant l'ovulation et le jour même de l'ovulation. Avoir des rapports sexuels réguliers, en particulier pendant cette période, est donc essentiel.
- Après l’arrêt de la pilule : Après l’arrêt de la pilule, il faut attendre un certain temps avant que l’ovulation ne soit de nouveau optimale. Si certaines femmes tombent enceintes facilement après l’arrêt de la pilule, d’autres mettent plus de temps. En moyenne, on tombe enceinte 7 mois après l’arrêt d’une contraception hormonale. Contrairement à une idée répandue, la prise d'un contraceptif, même pendant plusieurs années, ne retarde pas la reprise de l'ovulation, au contraire même !
Causes possibles : explorer les différentes pistes
Si après un an d'essais réguliers (ou six mois si vous avez plus de 35 ans) la grossesse ne se produit toujours pas, il est temps d'envisager des investigations plus approfondies. Plusieurs facteurs peuvent être en cause, touchant aussi bien la femme que l'homme, ou relevant d'une combinaison des deux.
Facteurs liés à la femme
- Troubles de l'ovulation : L'ovulation est un processus complexe qui peut être perturbé par divers facteurs, tels que des déséquilibres hormonaux, le stress, un poids anormal (surpoids ou insuffisance pondérale), ou encore certaines conditions médicales comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Certaines femmes peuvent ne pas ovuler à chaque cycle.
- Problèmes liés aux trompes de Fallope : Les trompes de Fallope permettent le transport de l'ovule vers l'utérus et sont le lieu de la fécondation. Une obstruction des trompes, souvent due à une infection, une endométriose ou une intervention chirurgicale antérieure, peut empêcher la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde.
- Endométriose : Cette condition se caractérise par la présence de tissu endométrial (le tissu qui tapisse l'utérus) en dehors de l'utérus. L'endométriose peut provoquer des douleurs, des problèmes d'ovulation et des obstructions des trompes.
- Insuffisance ovarienne prématurée : Cette condition se produit lorsque les ovaires cessent de fonctionner normalement avant l'âge de 40 ans.
- Anomalies utérines : Des malformations de l'utérus, des fibromes ou des polypes peuvent rendre la nidation de l'embryon plus difficile.
- Facteurs liés au mode de vie : Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, une alimentation déséquilibrée, le stress chronique et un manque d'exercice physique peuvent nuire à la fertilité féminine.
Facteurs liés à l'homme
- Anomalies du sperme : La qualité du sperme est un facteur déterminant de la fertilité masculine. Des anomalies telles qu'un faible nombre de spermatozoïdes (oligospermie), une mobilité réduite (asthénospermie) ou une morphologie anormale (tératospermie) peuvent rendre la fécondation plus difficile.
- Insuffisance testiculaire : Les anomalies de la spermatogenèse sont de loin les causes les plus fréquentes d’infertilité masculine.
- Facteurs liés au mode de vie : Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, la prise de drogues, l'obésité, l'exposition à des toxines environnementales et une chaleur excessive au niveau des testicules peuvent altérer la qualité du sperme. Garder le smartphone dans la poche du pantalon expose le sperme et les testicules à des radiations électromagnétiques nocives.
- Problèmes d'érection ou d'éjaculation : Des troubles de l'érection ou de l'éjaculation peuvent empêcher le dépôt du sperme dans le vagin.
- Facteurs génétiques ou médicaux : Certaines conditions médicales, telles que les infections, les déséquilibres hormonaux ou les anomalies génétiques, peuvent affecter la fertilité masculine.
Facteurs liés au couple
- Incompatibilité immunologique : Dans certains cas rares, le système immunitaire de la femme peut attaquer les spermatozoïdes de son partenaire.
- Infertilité inexpliquée : Dans environ 10 % des cas, les examens ne révèlent aucune cause identifiable à l'infertilité. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de problème, mais simplement que les tests actuels ne permettent pas de le détecter.
Le rôle de l'hypersensibilité
La psychothérapeute comportementaliste Valérie Grumelin, spécialiste des problèmes d’infertilité, a constaté qu’un grand nombre de patientes présentant ou non des pathologies les empêchant de tomber enceinte, avait un profil hypersensible.
Dans le cadre de l’hypersensibilité sensorielle notamment, il n’est pas rare que le corps cherche par tous les moyens à se protéger, à commencer des intrusions. La spécialiste de l’infertilité a ainsi constaté beaucoup d’hypersensibilité chez les femmes infertiles en général, et chez celles souffrant d’endométriose ou encore d’ovaires polykystiques en particulier.
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En effet parfois, lorsque la femme devient obsédée par son désir d’enfant, la moindre remarque venant de l’extérieur peut la faire culpabiliser. Sa sensibilité est mise à l’épreuve, et des tensions émotionnelles commencent à l’impacter psychiquement, mais aussi parfois physiquement. A chaque cycle menstruel, elle stresse, se met la pression ainsi qu’à son mari qui ne sait plus comment la calmer. Lorsqu’elle voit ses règles apparaître, elle est triste et déçue. Elle pleure quelquefois en silence et garde tout en elle, se sentant incomprise et victime de l’injustice du sort.
Plus les mois passent, plus la perception d’un blocage de grossesse se fait distincte. Plus la question de son incapacité à procréer est lancinante, venant ainsi accroître sa sensibilité naturelle. Elle peut alors devenir hypersensible et développer une véritable aversion pour la PMA et la FIV, qu’elle ressent comme une espèce d’intrusion. Son corps se bloque, sa porte se ferme et elle se sent mal, que les choses ne se fassent pas naturellement… Au cours de son parcours en AMP, elle voit son corps changer, se remplir d’hormones, ce qui peut représenter pour elle également une sensation d’envahissement. Plus elle se sent « intrusée », plus son hypersensibilité la protège, tel que le ferait un bouclier !
Agir pour augmenter ses chances
Heureusement, de nombreuses solutions existent pour aider les couples à surmonter les difficultés de conception. La première étape consiste à consulter un médecin ou un spécialiste de la fertilité pour identifier les causes potentielles de l'infertilité.
Bilan de fertilité
Le médecin procédera à un examen clinique et prescrira une série d'examens pour évaluer la fertilité de chaque partenaire. Chez la femme, ces examens peuvent inclure :
- Analyses hormonales : pour évaluer la fonction ovarienne et détecter d'éventuels déséquilibres hormonaux.
- Échographie pelvienne : pour visualiser l'utérus, les ovaires et les trompes de Fallope.
- Hystérosalpingographie (HSG) : une radiographie de l'utérus et des trompes de Fallope pour vérifier leur perméabilité.
- Hystéroscopie : un examen visuel de l'intérieur de l'utérus à l'aide d'une petite caméra.
Chez l'homme, l'examen principal est le spermogramme, qui permet d'évaluer le nombre, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes.
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Améliorer son hygiène de vie
Adopter une hygiène de vie saine peut améliorer considérablement la fertilité. Voici quelques conseils :
- Adopter une alimentation équilibrée : Privilégier les aliments frais et non transformés, riches en fruits, légumes, céréales complètes, protéines maigres et bonnes graisses. Éviter les excès de sucre, de graisses saturées et d'aliments transformés. La consommation d’aliments de mauvaise qualité et hautement transformés contribue à des carences en nutriments, vitamines et micro et macro-éléments, tels que le magnésium, l’iode, le fluor, le zinc et le sélénium.
- Maintenir un poids santé : Le surpoids et l'insuffisance pondérale peuvent perturber l'ovulation et la production de spermatozoïdes. Une femme en surpoids peut avoir des difficultés à concevoir un enfant en raison de déséquilibres hormonaux. Il est recommandé de se rapprocher le plus possible de l’indice de masse corporelle idéal, car cela peut augmenter les chances de tomber enceinte.
- Faire de l'exercice régulièrement : L'activité physique modérée est bénéfique pour la fertilité, mais il est important d'éviter les excès, car une activité trop intense peut perturber l'ovulation. Pratiquer de l’exercice à intensité modérée est excellent pour la santé et pour la fertilité. Mais attention à ne pas en abuser. Passer plus de cinq heures par semaine dans la salle de sport à un rythme trop vigoureux peut diminuer vos chances.
- Gérer le stress : Le stress chronique peut avoir un impact négatif sur la fertilité. Trouver des moyens de se détendre et de gérer le stress, comme la méditation, le yoga, la sophrologie ou les loisirs créatifs. Être trop stressé.e ne nuit pas seulement à la santé du bébé lorsqu’on est enceinte, mais augmenterait par deux les risques d’infertilité. "Il pourrait agir au niveau du cerveau en altérant la production de neurohormones et/ou des hormones gonadotropes dans le système hypothalamo-hypophysaire", explique l'Inserm.
- Arrêter de fumer : Le tabagisme diminue la qualité des ovaires chez la femme et du sperme chez l’homme.
- Limiter la consommation d'alcool et de caféine : L'alcool et la caféine peuvent nuire à la fertilité.
- Éviter l'exposition aux toxines environnementales : Certains produits chimiques présents dans l'environnement, comme les pesticides, les perturbateurs endocriniens et les métaux lourds, peuvent affecter la fertilité. L'exposition à d’autres substances est mise en cause : "les polluants organiques persistants comme les PCB et les pesticides organochlorés ou encore certains perturbateurs endocriniens de type phtalates sont suspectés de perturber la fonction de reproduction.
Assistance médicale à la procréation (AMP)
Si les causes de l'infertilité sont identifiées et que les mesures d'hygiène de vie ne suffisent pas, l'assistance médicale à la procréation (AMP) peut être une option. Les techniques d'AMP les plus courantes sont :
- L'insémination artificielle (IA) : Cette technique consiste à injecter directement les spermatozoïdes dans l'utérus de la femme, en synchronisation avec l'ovulation.
- La fécondation in vitro (FIV) : Cette technique consiste à féconder un ovule avec un spermatozoïde en laboratoire, puis à transférer l'embryon dans l'utérus de la femme.
Prendre soin de son bien-être émotionnel
Les difficultés à concevoir un enfant peuvent être une source de stress, d'anxiété et de déception. Il est important de prendre soin de son bien-être émotionnel en :
- Communiquant avec son partenaire : Partager ses sentiments et ses inquiétudes avec son partenaire peut renforcer le couple et aider à surmonter les difficultés ensemble.
- Recherchant un soutien psychologique : Un psychologue ou un thérapeute spécialisé dans les problèmes de fertilité peut aider à gérer le stress, l'anxiété et la dépression.
- Rejoignant un groupe de soutien : Partager son expérience avec d'autres personnes qui vivent des difficultés similaires peut apporter un sentiment de réconfort et de compréhension.
- Se recentrer sur soi : Prendre du temps pour soi, pratiquer des activités relaxantes et se concentrer sur ses passions peut aider à réduire le stress et à améliorer son bien-être général.
Conseils supplémentaires
- Faire l'amour régulièrement : Faire l'amour tous les 2 jours, c'est le rythme idéal pour essayer de tomber enceinte ! Les spermatozoïdes restent performants pendant 3 jours en moyenne.
- Identifier sa période d'ovulation : Pour repérer sa date d'ovulation, il existe différentes techniques : Faire une courbe de température corporelle en prenant chaque matin sa température avant de se lever. Acheter un test d'ovulation permettant de connaître 24 à 48h à l'avance le moment de l'ovulation.
- Consulter un spécialiste : Si vous avez moins de 35 ans et que vous essayez de faire un bébé depuis 10 à 12 mois, il est conseillé de consulter. Si vous avez plus de 35 ans, consultez au bout de 6 à 8 mois maxi car le taux de réussite des PMA (procréation médicalement assistée) diminue un peu avec l’âge de la femme.
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