Jarry, humoriste et animateur populaire, est aujourd'hui père de deux enfants, Mia et Sun, qu'il a eus avec son compagnon. Cependant, son chemin vers la paternité a été semé d'embûches, le conduisant à explorer différentes voies, dont l'adoption et la gestation pour autrui (GPA). Son expérience met en lumière les défis auxquels sont confrontés les couples homosexuels en France désirant fonder une famille.

Un désir d'adoption contrarié

Avant de recourir à la GPA, Jarry et son compagnon ont envisagé l'adoption en France, une possibilité ouverte aux couples homosexuels depuis 2013. Jarry avait engagé une adoption avec son compagnon. « Il faut savoir qu'adopter dans ce pays pour un couple homosexuel, c'est encore plus long et en plus, on vous donne des enfants 'à particularités' comme ils disent. Ce qui est absolument ignoble dans ce pays en 2019 », disait-il sur le plateau de Ça ne sortira pas d'ici ! En 2019.

Toutefois, ce processus s'est avéré ardu et décevant. Jarry a confié avoir essuyé des remarques blessantes de la part des services d'adoption français. "J'ai pendant des années souhaité adopter dans ce pays, on m'a toujours rappelé ma sexualité, en me disant : ce sera des enfants à particularités", a-t-il déclaré, visiblement peiné. Lors d'une visite à son domicile, une assistante sociale a même estimé que son appartement, bien que spacieux (90 m² avec quatre chambres), était trop petit pour accueillir un enfant, remettant en question sa capacité à être père. "Elle est venue me voir en me disant : 'Ah, ça va être un petit peu petit pour accueillir un enfant. On voit bien que vous ne savez pas ce qu'est un enfant.' Cette phrase…"

Face à ces obstacles administratifs et à ce qu'il a perçu comme un système discriminatoire, Jarry a finalement renoncé à l'adoption en France. "J'ai tellement honte de la France par rapport à l'adoption par un couple homosexuel", confie-t-il. "Comment en 2019, dans le pays des Droits de l'homme, on n'arrive pas à prendre en compte cela ?", s'interroge-t-il. L'humoriste a également souligné la lenteur des procédures, indiquant qu'on lui avait annoncé une attente supplémentaire de sept à neuf ans après déjà quatre ans de démarches. "J'étais déjà à quatre ans de démarche et on me disait qu'il fallait encore attendre entre sept et neuf ans", indique Jarry.

Le choix de la GPA aux États-Unis

Après avoir abandonné l'idée d'adopter en France, Jarry et son compagnon se sont tournés vers la gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis. C'est par ce biais qu'ils ont accueilli leurs jumeaux, Vic et Tim, nés en 2016.

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Ce choix n'a pas été facile pour Jarry, qui avoue avoir été initialement opposé à la GPA. "Moi je dis tout le temps, avant de faire cette GPA, j'étais opposé à la GPA. J'étais opposé au fait qu'on utilise une femme mais c'est simplement mon point de vue, a-t-il assuré, avant de poursuivre. Je n'avais jamais, je ne m'étais jamais penché sur la question. Et puis après, allez trouver une association qui accepte que les homosexuels adoptent. Je crois qu'il y a trois pays qui acceptent." Il a expliqué qu'il n'avait jamais réellement réfléchi à la question et qu'il avait des réserves quant à l'idée d'"utiliser une femme". Cependant, face à son désir profond de devenir père et aux difficultés rencontrées dans le processus d'adoption, il a reconsidéré sa position.

La paternité : une transformation profonde

Jarry est un père comblé et ne manque pas d'exprimer son bonheur d'avoir fondé une famille. Il partage régulièrement des moments de sa vie de famille sur les réseaux sociaux, tout en veillant à préserver l'identité de ses enfants.

Interrogé sur ce que la paternité avait changé en lui, Jarry a répondu avec émotion : "D'être normal. Cette phrase, elle est horrible, mais elle est vraie. C'est d'être normal, en fait." Il a expliqué que devenir père lui avait apporté un sentiment de normalité et d'épanouissement.

L'humoriste a également confié que ses enfants avaient transformé sa vie et qu'il était émerveillé par leur douceur, leur humour et leur attention aux autres. Ce 30 juin, il a ainsi fait une exception pour célébrer leur 9e anniversaire. Prenant soin de préserver au maximum l’identité de ses deux têtes blondes, l’humoriste a partagé une image de ses jumeaux, de dos, visages dissimulés. À l’image, on peut apercevoir Vic et Tim bras dessus, bras dessous, en train d’observer un coucher de soleil sur la plage. En légende du cliché, Jarry leur adresse un joli message : « 9 ans aujourd’hui mes amours ! Vous êtes incroyables, doux, drôles, attentifs aux autres et dès que j’entends Papa, mon cœur est bouleversé ! Merci pour la force et l’amour ! » Sans oublier de mentionner son compagnon : « Même si le monde est fou vous allez le contaminer pour qu’il devienne à votre image : tolérant et solidaire.

Engagement et prise de position

Fort de son expérience personnelle, Jarry s'exprime régulièrement sur les questions liées à l'homoparentalité et aux droits des couples homosexuels. Il déplore notamment le retard de la France en matière d'adoption et de GPA.

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Avec, le 27 septembre dernier, l'ouverture de la PMA (Procréation médicalement assistée) à toutes les femmes votée par l'Assemblée nationale , le sujet de l'homoparentalité est revenu sur le devant de la scène. Sans militer pour la GPA, auquel il a eu recours, l'humoriste Jarry déplore le retard de la France à ce sujet. "J'ai tellement honte de la France par rapport à l'adoption par un couple homosexuel", confie-t-il. "Comment en 2019, dans le pays des Droits de l'homme, on n'arrive pas à prendre en compte cela ?", s'interroge-t-il."Les politiques sont complètement en dehors des réalités"S'il est passé par la GPA , le comédien indique que c'est en raison des complications pour adopter en France.

Jarry critique également le manque de prise en compte de ces réalités par les politiques, estimant qu'ils sont "complètement en dehors des réalités, (…) de la vraie vie".

Un nouveau chapitre : l'adoption d'un chien

L'histoire de Jarry ne se limite pas à la paternité de ses jumeaux. Récemment, l'humoriste a agrandi sa famille en adoptant un chien, Smile. Après la mort de son petit carlin noir Youpi, il y a deux ans, l'avait fortement affecté. Il avait alors partagé un message déchirant sur ses réseaux sociaux."Youpi mon chien, 10 ans ensemble, et en ce jour du 13 juillet tu as rejoint le ciel, je suis inconsolable, anéanti et si triste. Tu as été mon premier chien et tu resteras le seul ! Tu as assisté à mes premiers pas sur scène […] tu as été là à la naissance des enfants que tu protégeais en dormant à côté d’eux. Finalement, il n'aura pas été son seul chien, mais cette nouvelle adoption est un très beau geste de la part de l'humoriste.

Cette adoption témoigne de son amour pour les animaux et de son désir de partager son bonheur avec un nouveau compagnon.

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