James Maitland Stewart, plus connu sous le nom de Jimmy Stewart, né le 20 mai 1908 à Indiana, en Pennsylvanie, et décédé le 2 juillet 1997, est une figure emblématique du cinéma américain. Sa carrière, riche et diversifiée, en a fait l'une des plus grandes stars d'Hollywood, laissant une empreinte indélébile sur le cinéma classique. Il est célébré pour sa polyvalence et son charisme unique à l'écran, incarnant des rôles mémorables dans une variété de genres.

Des Débuts Prometteurs à Hollywood

Issu d'une famille d'ascendance écossaise, James Stewart fait ses études à l'université de Princeton, où il étudie l'architecture. C'est là qu'il rencontre Henry Fonda. Cependant, sa passion pour le théâtre le conduit à Broadway, où il entame sa carrière d'acteur. Encouragé par Joshua Logan, il rejoint les University Players dans le Massachusetts, où il rencontre Henry Fonda et Margaret Sullavan. Son talent est rapidement remarqué, et il est sollicité par Hollywood.

Il fait ses débuts au cinéma et tourne dans des films comme "Vous ne l'emporterez pas avec vous" de Frank Capra. Il a été nommé à plusieurs reprises aux Oscars.

Un Héros de Guerre

En 1940, James Stewart prend une décision qui marquera sa vie à jamais : il s'engage dans l'armée de l'air américaine, avant même l'attaque de Pearl Harbor. Déjà pilote certifié depuis 1935 et ayant obtenu sa licence commerciale en 1938, il commence comme instructeur à Moffett Field, en Californie, formant des pilotes de bombardier tout en apparaissant dans des films de propagande pour le recrutement aérien.

En août 1943, il rejoint le 445e Groupe de Bombardement à Sioux City, Iowa, où il demande à servir activement. Déployé à Tibenham, en Angleterre, avec les B-24 Liberator, il mène vingt missions au-dessus de l'Allemagne occupée avec le 453e Bombardiers après sa reconstitution en mars 1944. Sa bravoure le mène à devenir chef d'état-major du 2e Groupe de Bombardement de la 8th Air Force et il est promu colonel en mars 1945, l'un des rares à passer de soldat à colonel en seulement quatre ans.

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Après la guerre, il continue dans la Réserve de l'Air Force, atteignant le grade de brigadier général en juillet 1959, faisant de lui l'acteur le plus gradé dans l'histoire militaire américaine. Sa dernière mission en février 1966 est comme observateur à bord d'un B-52 lors d'un bombardement contre les camps Vietcongs au Sud Viêt Nam, marquant la fin de sa carrière militaire.

Son service militaire lui a valu de nombreuses décorations, dont la Croix du service distingué, la Médaille de l'Air avec trois feuilles de chêne, la Médaille de la campagne américaine, la Médaille de la campagne européenne-africaine-Moyen-Orient avec trois étoiles de bataille et la Médaille de la victoire de la Seconde Guerre mondiale.

Un Acteur aux Multiples Facettes

Après son retour de la guerre, James Stewart reprend sa carrière cinématographique avec succès. Il marque les esprits dans le rôle emblématique de George Bailey dans "La vie est belle" en 1946 de Frank Capra, lui valant une nomination aux Oscars. Il incarne des personnages simples avec de fortes valeurs morales, bien qu'il ait parfois interprété des rôles de méchants. Sa collaboration avec Frank Capra, notamment dans "Vous ne l'emporterez pas avec vous" en 1938 et l'année suivante dans "Mr. Smith au Sénat (Mr. Smith Goes to Washington, 1939), est particulièrement marquante.

Acteur de prédilection d'Alfred Hitchcock, il figure dans quatre de ses films : "La Corde" en 1948, "Fenêtre sur cour" en 1954, "L'homme qui en savait trop" en 1956 et "Sueurs froides" en 1958. Il laisse également sa marque dans de nombreux westerns classiques, ainsi que dans des films comme "Harvey" en 1950, "Autopsie d'un meurtre" en 1959 et en tant que Glenn Miller dans "The Glenn Miller Story" en 1953.

Fort de son expérience aéronautique, il trouve un rôle approprié en incarnant Charles Lindbergh dans "L'Odyssée de Charles Lindbergh" en 1957 et apparaît dans d'autres films d'aviation comme "Le Voyage fantastique" en 1951 et "Le Vol du Phénix" en 1965. Dans un épisode de "The World at War" en 1974, il est interviewé en tant qu'ancien pilote de la Seconde Guerre mondiale.

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Stewart est célébré par l'American Film Institute, qui le classe troisième parmi les acteurs de légende et lui décerne un prix pour l'ensemble de sa carrière en 1980. En 1985, il reçoit un Oscar d'honneur pour ses 50 années de performances mémorables. Sa ville natale d'Indiana lui rend hommage avec The Jimmy Stewart Museum, tandis qu'une statue est érigée devant le Palais de Justice du comté d'Indiana pour marquer son 75e anniversaire le 20 mai 1983.

Vie Privée : Amour, Deuil et Famille

Célèbre pour sa discrétion, James Stewart épouse Gloria Hatrick McLean en 1949 et ils ont des jumelles, Judy et Kelly, en 1951. Gloria décède en 1994 des suites d'un cancer du poumon. Stewart adopte les fils de Gloria issus de son premier mariage, Ronald et Michael, et les élève comme ses propres enfants.

La vie de James Stewart est marquée par la joie de la paternité, mais aussi par la douleur de la perte. Son fils adoptif, Ronald, perd tragiquement la vie au Viêt-Nam en 1969. Ce deuil profond affecte profondément Stewart, qui avait lui-même servi avec bravoure pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1959, Stewart et Gloria participent à l'expédition controversée visant à sortir illégalement une relique du Yéti d'un monastère bouddhiste au Népal, à la demande d'un explorateur. Bien plus tard, il reconnaît cette implication.

Héritage et Hommages

James Stewart laisse derrière lui un héritage cinématographique immense. Ses films continuent d'être appréciés par des générations de spectateurs, et son style de jeu unique a influencé de nombreux acteurs. Il était connu pour son style de jeu hésitant mais sincère, incarnant des personnages simples avec de fortes valeurs morales, bien qu'il ait parfois interprété des rôles de méchants. Sa capacité à incarner des personnages à la fois vulnérables et courageux, ordinaires et extraordinaires, a fait de lui une figure attachante et respectée du cinéma.

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Le Jimmy Stewart Museum, situé dans sa ville natale d'Indiana, en Pennsylvanie, est un lieu de pèlerinage pour les fans de l'acteur. Il permet de découvrir sa vie et sa carrière à travers des expositions interactives et des objets personnels. Une statue de James Stewart est également érigée devant le Palais de Justice du comté d'Indiana, témoignant de la fierté de la ville pour son illustre citoyen.

James Stewart est décédé le 2 juillet 1997, à l'âge de 89 ans, laissant derrière lui un vide immense dans le monde du cinéma. Son talent, son intégrité et son engagement envers son pays font de lui une figure inoubliable de l'histoire américaine.

Filmographie Sélective

  • 1936 : Rose-Marie de W.S. Van Dyke
  • 1936 : Next Time We Love de Edward H. Griffith
  • 1936 : Small Town Girl de William A. Wellman
  • 1936 : Speed de Edwin L. Marin
  • 1936 : Après l'homme mince (After the Thin Man) de W.S. Van Dyke
  • 1937 : The Shopworn Angel de H.C. Potter
  • 1938 : Vous ne l'emporterez pas avec vous de Frank Capra
  • 1939 : Mr. Smith au Sénat (Mr. Smith Goes to Washington) de Frank Capra
  • 1940 : The Shop Around the Corner de Ernst Lubitsch
  • 1940 : Ziegfeld Girl de Robert Z. Leonard
  • 1941 : Viens vivre avec moi de Clarence Brown
  • 1941 : Pot o' Gold de George Marshall
  • 1946 : La Vie est belle de Frank Capra
  • 1948 : La Corde d'Alfred Hitchcock
  • 1948 : On a Gotta Stay Happy, de H.C. Potter
  • 1950 : Harvey de Henry Koster
  • 1952 : Sous le plus grand chapiteau du monde (The Greatest Show on Earth) de Cecil B. DeMille
  • 1954 : Fenêtre sur cour (Rear Window) d'Alfred Hitchcock
  • 1957 : L'Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis) de Billy Wilder
  • 1958 : Sueurs froides d'Alfred Hitchcock
  • 1959 : Autopsie d'un meurtre d'Otto Preminger
  • 1962 : M. Hobbs prend des vacances (Mr. Hobbs Takes a Vacation) de Henry Koster
  • 1964 : Les Cheyennes (Cheyenne Autumn) de John Ford
  • 1965 : Les Prairies de l'honneur (Shenandoah) d'Andrew V. McLaglen
  • 1965 : Le Vol du Phénix (The Flight of the Phoenix) de Robert Aldrich
  • 1966 : Ranho Bravo (The Rare Breed) d'Andrew V. McLaglen
  • 1968 : Bandolero! d'Andrew V. McLaglen
  • 1976 : Le Dernier des géants (The Shootist) de Don Siegel
  • 1977 : Airport 77 de Jerry Jameson
  • 1978 : The Magic of Lassie de Don Chaffey
  • 1980 : The Big Sleep de Michael Winner

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