James Dean, l'incarnation de l'ado rebelle par excellence, a marqué le cinéma américain par son talent brut et sa mort tragique à l'âge de 24 ans. Sa disparition prématurée a contribué à façonner son mythe, faisant de lui une légende éternelle.
Une enfance dans l'Indiana
James Byron Dean voit le jour le 8 février 1931 à Marion, dans l'Indiana. Il est le fils unique de Winton et Mildred Dean. Issu d'une famille de fermiers méthodistes, son père abandonne ce métier pour embrasser la vocation de dentiste. En 1936, la famille déménage à Santa Monica, en Californie, où son père obtient un poste de praticien au sein de l'administration des vétérans. Le jeune James entre alors dans les rangs de la public school de Brentwood.
Le deuil et le retour aux sources
Un événement tragique marque profondément l'enfance de James Dean : la mort de sa mère en juillet 1940, des suites d'un cancer du sein. Il n'a que neuf ans. Ce deuil le plonge dans un abîme de chagrin et de désarroi. Séparé de son père, avec qui il ne s'entend pas, il est élevé par un oncle, dans une ferme du Midwest, plus précisément à Fairmount, dans l'Indiana, la ville natale de Winton, par Marcus et Ortense Winslow.
Très jeune, il s'absorbe dans les travaux de ferme les plus variés : équitation, chasse, élevage, conduite de tracteur, etc. La recherche des sports dangereux sera d'ailleurs constante chez lui et marquera son destin, qui oscillera toujours entre l'art et le sport. Après le remariage de son père, James Dean se trouve un père spirituel en la personne du Révérend James De Weerd, pasteur de l'église baptiste et homme d'église peu orthodoxe.
L'éclosion d'une vocation artistique
C'est au lycée de Fairmount que James Dean fait ses premiers pas au théâtre. Il y fait preuve d’une grande vivacité et d’une énergie débordante qu’il s’emploie à extérioriser à travers deux passions majeures : le basket-ball et le théâtre. En 1948, il se passionne pour les bolides, joue du tambour de Bali, apprend la clarinette et découvre en même temps le yoga et l'art dramatique. Il possède sa première moto, une Triumph, achetée d'occasion par son oncle.
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Le 21 juin 1949, le Révérend présente son élève au concours d'art dramatique amateur de l'État d'Indiana, qui a lieu à Longmont. Dean donne un extrait de The Madman (Le Fou), de Charles Dickens, et remporte une "statue de Perle" et son premier article de presse dans L'Éclaireur de Marion. À 18 ans, il obtient le premier prix d’un concours d’art dramatique, ce qui le conforte dans sa vocation naissante.
Les débuts à Los Angeles et New York
En 1949, James Dean revient à Los Angeles vivre avec son père (remarié). Il s'inscrit en licence de droit au collège de l'U.C.L.A., près de Santa Monica, et habite chez son père qui lui offre sa première voiture, une M.G. Au collège, il devient moniteur d'éducation physique et pense devenir entraîneur de basket-ball, mais au bout de quelques mois, il se voit renvoyé de la Faculté pour avoir boxé deux camarades. Abandonnant le droit sans regret, il suit les cours d'art dramatique de l'U.C.L.A.
Pour l'achat d'une nouvelle Triumph (800 dollars), il devient maître d'internat à mi-temps et figurant dans des spots publicitaires à la télévision. En septembre de la même année, le comédien James Withmore occupe la chaire d'art dramatique de l'U.C.L.A. C'est, pour James Dean, une rencontre importante, car Withmore dispense un enseignement anti-conformiste, très proche de la "Méthode" de Strasberg et s'intéresse particulièrement à lui.
En concours de fin d'année, l'élève tiendra à se tailler un rôle peu adapté à sa personnalité, celui de Malcolm dans Macbeth. Au cours de cette soirée, il fait la connaissance du journaliste William Bast, qui l'introduit dans les milieux snobs et intellectuels. Les studios Fairbanks lui confient son premier rôle important à la télévision avec un film religieux, Hill number one, où il défend le rôle de Saint Jean. Enfin, grâce aux relations de son ami Richard Shannon, il décroche deux figurations intelligentes dans Fixed bayonets et Sailor Beware, et un petit rôle dans Has anybody seen my gal ?
Sur le conseil de ses professeurs, James Dean décide de tenter sa chance à New York. De Californie, l'étudiant traverse l'Amérique en car et arrive à Manhattan à l'hiver 1951-52. Il se rend dans la 44e rue et descend à I'Iroquois Hôtel tout près de I'Actor's Studio. Il s'inscrit à l'agence Shure où l'imprésario Jane Dearcy lui trouve des pannes de deuxième et troisième annonceurs dans les émissions publicitaires de la chaîne de télé Video C.B.S. Malgré une certaine appréhension, il se présente à I'Actor's Studio où il est admis d'abord comme auditeur puis comme élève.
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Après sa première audition et le jugement de Strasberg, ses imprécations auprès de Jane Dearcy sont restées célèbres et appartiennent aujourd'hui à l'histoire du théâtre américain: "Il n'avait pas le droit de me traiter ainsi, c'est du viol mental. Il vous traite comme on traite un lapin dans un cabinet de vivisection. Quand je joue, je me sens tout nu, livré sans défense. Après cette audition, ses relations avec I'Actor's Studio ne se prolongèrent guère davantage et se réduisirent à quelques brèves apparitions.
En septembre de la même année, il se fait engager comme membre d'équipage sur un bateau de plaisance appartenant au producteur de théâtre Lem Ayers, obtient de lui une recommandation et en octobre, auditionne pour le rôle de Wally Wilking dans la pièce de Richard Wash, See the Jaguar, que met en scène Michael Gordon avec Arthur Kennedy et Constance Ford dans les rôles principaux. Il semble que Kennedy a insisté fortement pour qu'il obtînt le rôle. Dans cette pièce d'avant-garde chargée de lourds symboles, Dean est enfermé dans une cage et torturé sadiquement par Kennedy.
See the Jaguar est présentée dans le Connecticut, puis à New York et rencontre le même accueil glacial. Après six représentations, le spectacle quitte l'affiche, mais James Dean est cependant remarqué pour sa performance. Lors de la générale, le photographe Roy Schatt s'attache à lui et publie une série de photos avec légendes dans les magazines Life, Collier's et Red Book. Variety prophétise: "Dites à vos mémoires de retenir le nom de James Dean, vous en entendrez reparler d'ici peu".
L'ascension fulgurante
James Dean débute au théâtre à Los Angeles puis, grâce à ses relations naissantes avec des gens importants de la radio CBS, apparait à la télévision dans des épisodes de séries. De la même façon, James Dean débute au cinéma dans deux séries B, de façon non créditée : Le Jour où la Terre s'arrêta de Robert Wise, un film de science-fiction, puis le film de guerre Baïonnette au canon de Samuel Fuller, tous deux réalisés en 1951.
Mais tout cela ne va pas assez vite à son goût. Sa carrière étant dans l’impasse, James Dean court tenter sa chance sur les planches de Broadway. En novembre 1952, il entre au prestigieux Actor’s Studio. Très ambitieux, il s'y illustre, en 1953, dans l’adaptation du roman L’Immoraliste de l’auteur français André Gide. Il joue le jeune Arabe Bachir dans la pièce d’André Gide L’Immoraliste qui raconte l’histoire d’un mariage brisé par une liaison homosexuelle. James Dean met tant de passion, de nuance et de complexité à défendre ce rôle assez scandaleux pour l'époque que la fondation David Blum lui décerne le titre de "Best new actor of the year".
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Venu assister, cette même année, à l’une des rares représentations de la pièce, Elia Kazan, réalisateur de cinéma, est ébloui par l’intensité et la profondeur de jeu du jeune artiste et le visualise immédiatement dans la peau de Cal Trask, l’un des rôles de son prochain film, future œuvre mythique du cinéma américain : À l’est d’Éden.
La consécration cinématographique
Bien qu'inconnu à Hollywood, James Dean suscite la curiosité, puis l'intérêt, de la presse spécialisée, alors que des teenagers déjà conquis suivent ses amours malheureuses avec la jeune actrice d'origine italienne Pier Angeli.
À l'est d'Eden (1955)
Après quelques essais, Elia Kazan lui donne le rôle de Cal, un jeune révolté en quête de l’amour de son père, dans l’adaptation cinématographique du roman de John Steinbeck : À l’est d’Eden. Jouant le rôle d’un jeune homme qui tente désespérément d’obtenir l’affection de son père, Dean confond alors la fiction avec sa propre vie et entretient avec Raymond Massey (qui incarne son père) le genre de rapports qu’il avait avec son propre père ; tendues et conflictuelles. Beau, sensible, nonchalant, James Dean est le chouchou du public. La première de East of Eden, présenté devant six cents journalistes, fait de James Dean une vedette "overnight" (du jour au lendemain): la critique et la profession, qui le tenaient presque pour un imposteur, se rendirent à l'évidence. Le film sort en salles en avril 1955 et se place en premier place du box-office.
La Fureur de vivre (1955)
La même année, il enchaîne avec La Fureur de vivre (Rebel without a Cause) de Nicholas Ray : il est déjà considéré, surtout après l'accueil chaleureux réservé à À l'est d'Eden, comme la star emblématique de sa génération. Ado tourmenté, son incarnation de l’adolescent rebelle atteint son paroxysme dans La Fureur de vivre, réalisé en 1955 par Nicholas Ray. Il joue un garçon solitaire qui n’arrive pas à s’intégrer dans son nouveau lycée. L’acteur enchaîne avec deux autres grands succès. D’abord, La Fureur de Vivre (1955) réalisé par Nicholas Ray et dans lequel il s’illustre tellement qu’il en devient une icône, idole de toute une génération d’adolescents qui voit en lui, et à juste titre, le symbole d’une indomptable et irrésistible rébellion.
Géant (1956)
En mai 1955, le réalisateur George Stevens fait appel à lui pour son film Géant et lui confie un rôle de jeune employé d’une ferme texane qui s’enrichit et se retourne contre ses employeurs. Les deux stars du film sont Elizabeth Taylor et Rock Hudson, James Dean n’a, lui qu’un rôle secondaire. Cela ne l’empêche pas de crever l’écran. Géant (dont il partage l’affiche avec Elizabeth Taylor et Rock Hudson) marque la dernière participation de la carrière du jeune acteur… et de sa vie !
La passion de la vitesse et la mort tragique
Fasciné depuis son adolescence par la vitesse et les moteurs, le tournage du film terminé, il en profite pour consacrer plus de temps à sa passion. Il tourne même un spot télévisé pour la prévention routière. La fameuse scène de course de voitures que James joue dans La Fureur de vivre sera le point de départ d’une nouvelle histoire d’amour qu’il aura avec ce sport automobile et, par extension, avec la vitesse aussi enivrante que dangereuse. Il s’achète alors sa première Porsche 356 Speedster et parcourt une multitude de courses dont il en remporte certaines.
Alors qu'il tourne Géant, il s'achète une puissante Porsche Spyder. Le 30 septembre 1955, environ deux semaines après la fin du tournage du film, James Dean embarque Rolf Wutherich (son mécanicien) vers une nouvelle compétition automobile qui a lieu au nord de la Californie. Parti de Hollywood, le 30 septembre en début d'après-midi, il fonce sur l'autoroute 66, son bolide pouvant rouler à 300 km/h. A 15 heures il est arrêté pour excès de vitesse. Il quitte l'autoroute, profite d'une longue ligne droite pour accélérer encore. Il a le soleil dans l'oeil et ne voit pas la voiture qui débouche au croisement des routes 41 et 466.
L’acteur et son passager n’arriveront jamais à destination. A seulement 24 ans, il entre définitivement dans la légende. La légende de James Dean… La voiture de James et Rolf Wutherich, le mécanicien. Bakesfield, un policier donne une amende à Jimmy pour excès de vitesse. lui coupe la priorité. volant. la minuscule Porsche qui tente de l'éviter en catastrophe. course se fracasse sous le choc, projetant Wutherich sur le côté. volant, Jimmy est écrasé par la tôle.
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