L'avortement, qu'il soit spontané ou volontaire, est un sujet entouré de nombreuses idées reçues et de désinformation. Cet article vise à démystifier certaines de ces idées, à explorer les causes et les conséquences des avortements répétés, et à fournir des informations claires et basées sur des preuves scientifiques.

Introduction : Un Sujet Sensible et Entouré d'Idées Reçues

L'avortement est une question complexe, à la fois médicale et sociétale, souvent chargée d'émotions et de jugements. Il est essentiel d'aborder ce sujet avec objectivité, en s'appuyant sur des données factuelles et des études scientifiques rigoureuses. De nombreuses idées fausses circulent, alimentées par des militants anti-IVG, qui peuvent induire en erreur et causer de l'anxiété chez les femmes concernées.

Avortement Volontaire : Démystification des Idées Reçues

Plusieurs idées reçues persistent concernant l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Il est crucial de les déconstruire pour offrir une information claire et précise.

Idée Reçue N°1 : L'IVG Génère des Troubles Psychiques

Cette affirmation est fausse. Le "syndrome post-avortement" est une invention d'un militant pro-life américain sans qualification médicale. Les études sérieuses ne démontrent aucune différence significative en matière de troubles psychiatriques entre les femmes ayant subi une IVG et celles n'en ayant jamais fait l'expérience. Une étude publiée dans la revue Social Science & Medicine en 2008, qui prend en compte les antécédents de dépression, ne montre aucun lien causal entre l'IVG et les troubles psychiques.

Idée Reçue N°2 : L'IVG Met en Péril la Fertilité des Femmes

Cette affirmation est également fausse. Le Collège national des gynécologues et obstéticiens français a relevé en 2016 que l'IVG instrumentale n'est pas associée à une augmentation du risque d'infertilité ultérieure. Les risques de décès liés à l'IVG sont largement inférieurs à ceux liés à un accouchement.

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Idée Reçue N°3 : L'IVG Augmente le Risque de Cancer du Sein

Une étude de l'American College of Obstetricians and Gynecologists, publiée en 2009 et réaffirmée en 2018, a mis en évidence le fait que cette conséquence supposée de l'IVG relève de la légende urbaine. Les études les plus récentes et rigoureuses n'ont montré aucune relation causale entre l'avortement et l'augmentation du risque de contracter un cancer du sein. Il est cependant important de noter que les avortements non sécurisés, pratiqués dans des conditions d'hygiène précaires dans les pays où l'IVG est illégale, présentent des risques réels pour la santé des femmes.

Idée Reçue N°4 : L'IVG est Pratiquée par des Femmes qui N'Utilisaient Pas de Moyens de Contraception

Seules 3 % des femmes de 15 à 49 ans, ni enceintes ni stériles, ayant des rapports hétérosexuels et ne voulant pas d'enfants n'utilisaient pas de moyens de contraception, selon un rapport de l'Insee paru en 2017. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié en 2009 relève que 72 % des IVG sont réalisés sur des femmes qui étaient sous contraception.

Idée Reçue N°5 : L'IVG est Avant Tout Pratiquée par de Très Jeunes Femmes

Seules 7 % des femmes ayant recours à l'IVG étaient âgées de 15 à 17 ans au moment de la procédure, quand 42 % étaient âgées de 25 à 40 ans, selon un rapport de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publié en juin 2017.

L'IVG et la Stérilité : Un Mythe Démystifié

L’une des idées fausses courantes à propos de l’avortement est que cette procédure médicale peut rendre une personne stérile. L’une des études les plus importantes sur ce sujet a été menée par le Collège Américain des Obstétriciens et des Gynécologistes. Cette étude a révélé que l’avortement, qu’il soit pratiqué par aspiration ou par médicament, n’augmente pas le risque de stérilité chez les femmes. L’Haute Autorité de Santé, et d’autres études confirment ces conclusions en mettant en lumière le fait que l’avortement n’affecte pas la fertilité.

La raison pour laquelle l’avortement n’entraîne pas de stérilité est liée à la manière dont il est réalisé. Dans une société où il l’avortement est légal et réglementé, les avortements médicaux et chirurgicaux sont des procédures médicales sécurisées qui ne touchent pas les organes reproducteurs essentiels. Les avortements médicamenteux, qui impliquent la prise de médicaments sous surveillance médicale, sont généralement utilisés dans les premières semaines de la grossesse. Ils agissent en bloquant la production de l’hormone de la grossesse, la progestérone. Les avortements chirurgicaux, tels que l’avortement par aspiration, sont également très sûrs et ne provoquent généralement pas de stérilité. Ces procédures sont réalisées par des professionnels de la santé qualifiés et visent à retirer l’embryon ou le fœtus de l’utérus.

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Il est important de noter que les complications liées à l’avortement sont rares. Les cliniques et les médecins qui pratiquent des avortements sont soumis à des réglementations strictes pour assurer la sécurité des patients·es. De plus, l’accès à l’IVG sûr et légal est essentiel pour la santé reproductive des personnes. Elles devraient avoir le choix de décider quand et si ils/elles souhaitent avoir des enfants. L’avortement est un droit fondamental qui permet aux femmes de prendre des décisions éclairées concernant leur corps et leur vie.

Avortements Spontanés Répétés : Causes et Conséquences

Les fausses couches à répétition, ou avortements spontanés à répétition, se définissent comme la perte de grossesse consécutive avant la 20e semaine. Elles touchent environ 2 à 5 % des femmes et peuvent avoir des causes variées.

Causes des Fausses Couches à Répétition

  • Anomalies Chromosomiques : Elles sont responsables d'environ la moitié des fausses couches répétées. Ces anomalies peuvent être accidentelles lors de la fécondation ou être portées par l'un des membres du couple. Une consultation génétique peut être envisagée pour établir le caryotype sanguin.

  • Anomalies Utérines : Utérus cloisonné, bicorne, synéchies (accolement des parois utérines), endométriose peuvent gêner l'implantation de l'œuf et entraîner un avortement spontané. Des examens d'imagerie (échographie ou IRM pelvienne) permettent de détecter ce type de problème.

  • Dérèglements Hormonaux : Une insuffisance ovarienne ou d'autres dérèglements hormonaux (augmentation de la prolactine, déficit en œstrogènes/progestérone, problème de thyroïde) peuvent provoquer des fausses couches répétitives. Un bilan hormonal doit être réalisé au 3e jour du cycle.

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  • Causes Immunologiques : Le système immunitaire de la mère peut produire des anticorps qui rejettent l'embryon.

  • Facteurs Masculins : En cas de fausses couches à répétition, l'homme doit également passer des examens.

Conséquences des Fausses Couches à Répétition

  • Impact Émotionnel : Les fausses couches à répétition ont un impact émotionnel intense pour le couple, entraînant angoisse, anxiété et dépression. Solène, 32 ans, témoigne de la honte, de la culpabilité, de la tristesse et de la douleur qu'elle a ressenties après avoir avorté à trois reprises.

  • Conséquences Médicales : Elles peuvent entraîner des infections ou des hémorragies intenses pour la mère.

  • Risques pour le Fœtus : Les pertes à répétition peuvent être dues à des troubles chromosomiques qui donnent lieu à un embryon non viable.

Traitements Possibles

En fonction des résultats médicaux des examens réalisés, plusieurs traitements sont possibles :

  • Fécondation In Vitro (FIV) : En cas d'anomalies génétiques, chromosomiques ou utérines.
  • Traitement Hormonal : En cas de dérèglement hormonal, un traitement à base d'hormones spécifiques prescrites à un certain moment du cycle peut être efficace.
  • Aspirine et Héparine : En l'absence de causes identifiées, on donne parfois de l'aspirine (75 mg par jour) dès le début de la grossesse, ainsi qu'un anticoagulant, l'Héparine.
  • Chirurgie : Appliquée dans le cas d’anomalies utérines.
  • Thérapie Immunologique : Envisagée si le problème est lié à une réaction adverse envers le fœtus.
  • Conseil Génétique : Requis si la cause est provoquée par des troubles génétiques.

L'Expérience Personnelle et le Tabou de l'Avortement

Le témoignage de Solène met en lumière la difficulté du parcours pour avorter, les regards, les remarques, et la présence de sites anti-IVG. Elle exprime la honte, le sentiment d'être livrée à elle-même, et le manque d'écoute de la part des soignants. Elle souligne le tabou qui entoure l'avortement et le manque d'information sur les souffrances physiques et psychologiques qui peuvent y être associées.

Elle a souffert du tabou de l’avortement de plein de façons. En fait, pour elle le tabou est partout car en soi on ne parle jamais d’avortement, il n’y a pas de lieu ou de moment pour recevoir ces paroles. C’est tout ça que ça me renvoie.

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