Le syndrome de la mort subite du nourrisson (MSN) est une source d'angoisse majeure pour de nombreux parents. En France, ce syndrome se traduit par le décès soudain et inattendu de 300 à 400 bébés apparemment en bonne santé durant leur première année de vie, le plus souvent pendant leur sommeil. Comprendre les causes potentielles et adopter des mesures préventives est essentiel pour réduire ce risque.

Qu'est-ce que la mort subite du nourrisson ?

La mort subite du nourrisson désigne le décès inattendu d’un bébé de moins d’un an, apparemment en bonne santé. Cette affection dramatique touche le plus souvent les enfants de moins de 4 mois et préférentiellement les garçons. Le risque de mort subite du nourrisson est plus important pendant le sommeil. C’est la première cause de mortalité subite du nourrisson. La mort subite du nourrisson (MSN), dont le bilan effectué après le décès ne permet pas de retrouver une cause précise au décès, correspond environ à la moitié des cas de mort inattendue du nourrisson (MIN). Le terme de mort inattendue du nourrisson (MIN) est utilisé pour désigner le décès brutal et inattendu d’un bébé considéré jusque-là comme étant en bonne santé.

Les morts subites du nourrisson sont plus fréquentes entre l’âge de 2 et 6 mois, période de changements importants dans le fonctionnement de l’organisme du petit nourrisson. Elles sont également plus fréquentes en période hivernale, et concernent plus les nourrissons de sexe masculin. La mort subite du nourrisson se réfère spécifiquement à un décès survenant sans cause apparente, généralement pendant le sommeil, tandis que la mort inattendue du nourrisson englobe également d’autres causes, y compris des facteurs environnementaux ou médicaux. Il est important pour vous, parents, de comprendre cette distinction afin de mieux saisir les implications pour la santé de leur bébé.

Causes et facteurs de risque

Les causes exactes de la mort subite du nourrisson restent souvent inconnues. La ou les causes de la mort inattendue d'un nourrisson (MIN) ne sont souvent comprises qu'a posteriori : infections, accident de literie, maladies cardiaques, digestives, métaboliques… Toutefois, plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :

  • Position de sommeil: Il n’est pas recommandé de mettre votre bébé sur le ventre, aussi bien pendant la sieste que pendant la nuit. C’est une cause souvent évoquée mais difficile à démontrer après le décès. Coucher son enfant sur le dos est la mesure de prévention la plus efficace pour éviter la Mort Inattendue du Nourrisson. Cette mesure est notamment recommandée par tout le corps médical ainsi que par l’OMS jusqu’aux 6 mois de bébé minimum. Depuis que les pédiatres et les généralistes demandent aux parents de ne plus faire dormir Bébé sur le ventre, la mort subite du nourrisson a reculé de 76 % en l’espace de 20 ans.
  • Objets dans le lit: Le fait est que, dans près d’un tiers des cas, un objet tel qu’une couverture, une couette, un oreiller, un tissu, une peluche ou un jouet est retrouvé dans le lit du bébé. Pour prévenir tout risque d’enfouissement du bébé et ne pas gêner sa respiration, ne laissez aucun objet mou dans le lit.
  • Co-sleeping: Dormir dans le même lit que son bébé (co-dodo ou co-sleeping) augmente les risques de mort subite du nourrisson. Cette pratique représente environ 6 % des accidents de mort subite, soit un peu moins de trente bébés par an. En dormant avec votre bébé, vous le mettez en danger. Il peut s'étouffer sous les oreillers. Fatiguée par votre accouchement et les nuits entrecoupées, vous êtes moins vigilante, et risquez de "l'écraser". Votre attention est aussi diminuée en cas de consommation d'alcool. Faire du cododo pendant les 6 premiers mois de bébé. Le cododo facilite la surveillance de l’enfant par les parents, étant dans un état d’hypervigilance.
  • Température: L’auto-régulation de la température d’un bébé n’est efficace qu’autour de 18 mois à 2 ans. Ne surchauffez pas la chambre de votre enfant. La température idéale est 18°C, pas seulement pour éviter la mort subite du nourrisson, mais aussi pour garantir une bonne santé respiratoire à votre bébé. La température doit être comprise entre 18 oc et 20 oc. S'il fait chaud ou s'il a de la fièvre, il peut éliminer plus facilement la chaleur en trop.
  • Tabagisme: Il en est de même chez les bébés exposés dès leur naissance au tabagisme passif. L’alcool et le tabac pendant la grossesse augmentent le risque de mort subite. Non seulement, c’est néfaste pour la santé du nourrisson, mais cela perturbe sa tonicité les premiers mois de la vie. Un environnement fumeur est un facteur de risque de mort subite. C’est aussi un facteur de risque d’infections respiratoires, d’otites chroniques et de régurgitations (en diminuant le tonus du sphincter inférieur de l’œsophage). Autant de bonnes raisons pour ne pas fumer en présence des bébés et des enfants. Ni dehors, ni dans la maison. Il est conseillé d’arrêter le tabac dès le début de la grossesse, voire même dès la conception de l’enfant si possible. Le tabac constitue un facteur de risque majeur dans les cas de MIN. Le tabac passif représente aussi un risque pour bébé, il est donc indispensable de ne pas fumer dans la maison (que le nourrisson soit présent ou non).
  • Facteurs génétiques et médicaux: Une composante génétique a été retrouvée chez de nombreux nouveau-nés décédés subitement, sans expliquer réellement la cause du décès. Des germes sont retrouvés de manière plus fréquentes chez ces bébés décédés. Une anomalie cardiaque non décelée est une des hypothèses pour expliquer le décès de certains de ces nourrissons, qui auraient subi un arrêt cardiaque. Certains bébés semblent présenter plus de risques de mort subite que d’autres, notamment parce que l’activité de leur nerf vague - celui qui a en charge de ralentir les battements du cœur - est excessive. Infections, maladies, prématurité et petit poids de naissance semblent des facteurs de risque de mort subite du nourrisson. Appelée « orexine », cette protéine est située dans le cerveau et est responsable de la régulation du sommeil. Le docteur Rita Machaalani a expliqué, lors d’une interview donnée au Guardian, que : « Cela semble indiquer que ces bébés peuvent avoir eu des dysfonctionnements neuronaux. Au lieu de se réveiller durant leur sommeil comme d’autres enfants le feraient, ils continuent de dormir.
  • Prématurité et petit poids de naissance: Prématuré et petit poids de naissance, tabagisme pendant la grossesse, sont des facteurs de risques classiques.

Recommandations pour un sommeil sûr

Pour réduire le risque de mort subite du nourrisson, il est crucial de suivre les recommandations suivantes :

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  • Couchage sur le dos: Vous devez coucher votre bébé sur le dos. La recommandation des autorités sanitaires françaises date de 1994. Les conclusions des études scientifiques sur le sujet sont indiscutables pour éviter la mort subite du nourrisson. Coucher Bébé sur le dos, à plat, sur un matelas ferme et sans rien qui puisse le gêner durant son sommeil, c’est la règle d’or, y compris pour les courtes siestes. Tout d’abord, il est crucial de toujours coucher votre bébé sur le dos. C’est la recommandation principale qui permet à votre enfant de ne pas enfouir son visage dans le matelas à un âge où il ne pourra pas toujours se dégager. Ne mettez en aucun cas votre bébé sur le ventre pour dormir ! Ne le couchez pas non plus sur le côté, position trop instable.
  • Literie adaptée: La literie est un élément primordial. Les bébés ont besoin d’un matelas qui les soutient bien pendant leur sommeil. Un matelas trop mou augmente le risque d’étouffement du nourrisson quand ils commencent à se retourner. Le matelas de votre enfant doit être adapté au lit. Il pourrait se retrouver coincé si un espace trop important entre le matelas et le lit est présent. Attention aux espaces entre les barreaux également. Dès la naissance sur un matelas ferme, dans un lit rigide (par exemple, lit à barreaux) et sans rien qui puisse le gêner durant son sommeil, c'est la règle d'or. Le matelas doit être ferme et de dimensions exactement adaptées aux montants du lit.
  • Éviter les objets dans le lit: Tant que votre bébé n’a pas une motricité suffisamment développée, il faut éviter jouets, peluches, doudous dans son lit. Le doudou est tentant pour le rassurer, mais les risques de strangulation et d’étouffement existent. Pour prévenir tout risque d’enfouissement du bébé et ne pas gêner sa respiration, ne laissez aucun objet mou dans le lit. Attention aux tours de lit (réducteurs de lit) : trop épais, ils représentent un danger si Bébé y enfouit sa tête en dormant. Si vous en utilisez un, il doit être fin, ferme, bien attaché au lit et non rembourré. De même, le cale-bébé, la serviette roulée, les coussin, les cale-têtes sont à bannir : initialement prévu pour obliger l’enfant à rester couché sur le dos, il devient vite un piège si ce dernier se retourne. Toujours trop épais, le tour de lit représente un danger car Bébé peut enfouir sa tête en dormant. De même, le cale-bébé est a bannir : il n'y a pas d'intérêt à obliger l'enfant tout-petit à rester coucher immobile sur le dos, et quand l'enfant devient capable de se retourner, le cale-bébé devient vite un piège. Attention : Les cales-bébés ne sont pas sûrs.
  • Utilisation de la gigoteuse: La gigoteuse ou turbulette est à préférer avant les 2 ans de votre enfant. Il existe des gigoteuses été et hiver. Il faut éviter les draps, couvertures ; il risquerait l’asphyxie en s’entortillant dedans. C’est une des causes souvent évoquée dans la mort subite du nourrisson. Jusqu’à ses 2 ans, couchez votre bébé dans une « gigoteuse » ou « turbulette » pour toutes les périodes de sommeil, aussi bien la nuit que pour les siestes. N’utilisez ni couette ni couverture.
  • Position à plat: Votre bébé doit dormir à plat ! C’est recommandé pour la bonne croissance de sa colonne vertébrale, mais également pour éviter la mort subite du nourrisson. Les oreillers, c’est à partir de 2 ans !
  • Environnement sans fumée: Évitez de fumer ou de vous trouver dans une ambiance enfumée. Un environnement de sommeil apaisant et rassurant est la clé pour offrir à votre bébé un sommeil de qualité.
  • Ne pas surchauffer la pièce: Maintenir une température idéale pour la chambre de votre bébé est essentiel pour réduire les risques de mort inattendue du nourrisson (MIN). Veillez à ce que la pièce soit aérée chaque jour et gardée entre 18 et 20 degrés Celsius. Il est important de ne pas trop couvrir votre bébé, surtout s’il a de la fièvre. Optez pour des vêtements légers et évitez les couvertures épaisses ou les surcharges de vêtements, qui peuvent augmenter la température corporelle de votre enfant et rendre son sommeil inconfortable ou dangereux.
  • Pas d'animaux domestiques: Ne laissez pas vos animaux domestiques pénétrer dans la chambre de Bébé.
  • Suivi médical: Le suivi médical régulier des nourrissons est essentiel pour garantir leur santé et leur bien-être. Ces visites permettent de surveiller la croissance et le développement de l’enfant, offrant ainsi une occasion précieuse pour les parents de poser des questions et d’exprimer leurs préoccupations concernant la sécurité de leur bébé. En établissant une relation de confiance avec le professionnel de santé qui suit votre enfant, vous serez mieux informés des pratiques de soin adaptées et des recommandations de prévention, ce qui contribue à créer un environnement sécurisant pour votre enfant. De plus, un suivi médical régulier aide à détecter rapidement d’éventuels problèmes de santé, favorisant ainsi une intervention précoce et efficace.
  • Partage d'information: Chaque parent a un rôle à jouer dans la prévention de la mort inattendue du nourrisson (MIN). Comprendre et adopter des pratiques de sommeil sécuritaires est essentiel pour protéger votre bébé. Mais ce n’est pas tout : n’hésitez pas à partager ces informations avec votre entourage ! Des campagnes de sensibilisation, souvent menées par des professionnels de la santé, vous offrent des conseils pratiques sur les risques liés au sommeil des nourrissons. En appliquant des recommandations comme coucher votre bébé sur le dos, dans un lit dégagé, vous contribuez à réduire les risques de MIN.

Autres conseils

  • Consulter un médecin: Pour dormir, certains bébés ont plus de facilités sur le ventre. C’est souvent le cas lorsqu’ils souffrent de reflux gastriques importants. Dans ce cas, parlez-en à votre pédiatre ou allez voir un ostéopathe pour soigner les reflux. Pour la position ventrale, votre bébé a raison. Cette position n’est pas conseillé à son âge dans la prévention de la mort subite (MIN).
  • Surveiller les signes d'alerte: Pour finir, rappelez-vous qu’au moindre signe d’anomalie (fièvre, changement brusque de comportement, respiration difficile…), vous devez sans tarder emmener votre bébé chez un médecin ou un pédiatre.
  • Position ventrale pendant l'éveil: Quand il ne dort pas dans son lit, cette position l'aide à s'éveiller au monde qui l'entoure. Mais il peut, en votre présence, jouer un peu, chaque jour, sur le ventre. Cette position n'est pas une alternative au couchage sur le dos. Elle n'offre aucune sécurité, car elle est instable.

Importance de la prévention et de l'information

Une meilleure information des parents aurait dû faire chuter le nombre de morts subites du nourrisson, actuellement environ 250 à 350 par an en France. Pourtant, la France est l’un des pays européens où ces décès sont les plus fréquents. Malgré une diminution de plus de 75 % du nombre de décès suite aux campagnes nationales « Je dors sur le dos » et aux conseils de prévention autour du couchage dans les années 1990, le nombre de décès stagne depuis les années 2000. Depuis 1986, ces centres diffusent toute information sur la mort subite du nourrisson et prennent en charge les enfants décédés et leurs familles (selon les recommandations professionnelles de la Haute Autorité de Santé de 2007). Sources : Institut de Veille Sanitaire (InVS).

Par ailleurs, le site mpedia soutient une pétition lancée auprès du parlement européen, demandant l’adoption d’une législation interdisant l’utilisation commerciale ou officielle d’images de bébés endormis qui ne respectent pas les recommandations en matière de sécurité du sommeil. En effet, les photos de bébés endormis véhiculées par les médias et la publicité ne sont souvent pas conformes à ces recommandations : des études récentes indiquent que 80 % des visuels présents sur les paquets de couches en Europe correspondent à des pratiques de sommeil dangereuses[2].

Soutien aux familles

La perte d’un nourrisson en raison de la mort inattendue du nourrisson (MIN) peut avoir des conséquences émotionnelles dévastatrices pour les parents. Ce chagrin peut se manifester par des sentiments de culpabilité, de colère, de tristesse profonde et même de désespoir. Face à une telle tragédie, il est essentiel de reconnaître l’importance d’un soutien adéquat. Pour approfondir le sujet, nous vous encourageons à regarder cette vidéo de la chaîne de vulgarisation médicale WhyDoc.

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